Réalités spectrales d’ une revendication

 

 

Pour être complète, la lumière naturelle dite blanche doit se présenter sous forme d’un spectre qui contient toutes les couleurs allant de la moins énergétique (l’infrarouge) à la plus énergétique (l’ultra-violet) Entre les deux frontières visibles du spectre se trouvent des couleurs à énergie intermédiaire (le vert, le bleu..), comme dans l’arc-en-ciel. Si une couleur vient à manquer à ce spectre, la lumière resultante pâlit et devient incomplète.

C’est aussi vrai dans le cas d’une revendication politique. Pour qu’une revendication soit complète, elle doit se présenter sous forme d’un spectre qui contient toutes les énergies allant de la plus modérée à la plus radicale. Pour être complet, le spectre de la revendication berbère (kabyle) a besoin de toutes ses composantes allant des plus modérées comme le FFS et le RCD, Idir, Lounis Ait Menguellet… aux plus radicales comme Ferhat Mehenni, Matoub Lounès, etc. Chaque composante joue le rôle qui lui est assigné pour la complétude du spectre. Or un spectre, aussi bien lumineux que revendicatif, peut se comprimer ou se dilater à volonté selon des lois de la physique bien établies. Si on exerce une pression physique sur le spectre, il se comprime et la lumière vire vers le violet. Dans les conditions de basse pression, le spectre vire vers ses fréquences de basse énergie et la lumière rougit. De la même façon, une revendication politique se radicalise ou se normalise selon les pressions politiques exercées sur elle. Elle obéit aux lois de la réalité spectrale.

Voici quelques exemples à travers l’histoire récente ou les droits violés par une pression politique poussent le spectre normal d’une revendication à se manifester sous sa forme la plus extrême : l’ultra-violet.

En refusant de négocier les droits des Algériens avec le parti modéré de Messali Lhadj, la France comprime le spectre de la revendication vers son énergie la plus extrême et obtient le FLN.

Israël, en s’entêtant à ne pas négocier les droits palestiniens avec l’OLP, pousse le spectre de la revendication vers son extrême énergie et obtient le Hamas.

Le pouvoir islamo-bâthiste algérien, en s’entêtant à refuser de négocier avec les berbéristes modérés, l’intégration de la dimension berbère dans “l’équation Algérie”, comprime le spectre vers ses fréquences radicales pour créer Lounès Matoub… des autonomistes ou des indépendantistes.

Morale de la réalité spectrale : Tout droit violé vire vers l’ultraviolet. À qui la faute ? C’est la faute à la pression.

Rachid C.

 

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