Le poème du fou.

Venez dit Agtit[1]

Le fou du hameau

Venez que je vous raconte

Mes envies d’oiseau     

 

Mêmes moches

De là-haut

Vous êtes une œuvre d’art

Une œuvre en pointillé

C’est vous dire un point dans un tableau!

 

Venez dit Agtit

Le fou du hameau

Venez que je vous raconte

Mes envies d’oiseau

 

La nuit a prêté son secret au dictateur

Il y en avait toutes les recettes du crime

Même comment on cuisine une colonisation

En se servant d’une grassouillette libération

 

Venez dit Agtit

Le fou du hameau

Venez que je vous raconte

Mes envies d’oiseau

 

Deux ou trois tire-d’aile

Me voila chaussant un nuage

Pour déflorer le bleu de l’éther

Avec son azur de jouvencelle

 

Venez dit Agtit

Le fou du hameau

Venez que je vous raconte

Mes envies d’oiseau

 

L’azur n’est pas l’enfant de la tribu

Pour qu’on y poste des sentinelles

Qui surveillent sa virginité

Dieu merci que le ciel ne soit pas à vous

 

Venez dit Agtit

Le fou du hameau

Venez que je vous raconte

Mes envies d’oiseau

 

Le silence n’est pas de la tribu

Libre, il accepte de coucher

Avec le bruit…

Regardez la belle musique

N’est-elle pas le fruit des deux?

 

Venez dit Agtit

Le fou du hameau

Venez que je vous raconte

Mes envies d’oiseau

 

L’autre jour j’ai quémandé un riche

Le Bourgeois un peu chiche

Un peu de ton cœur retentira-t-il

Un jour dans ma sébile?

Hautain, plains-toi à dieu, me dit-il

Je lui dis que c’est ce que je viens de faire

Et qu’a-t-il dit? me dit-il

Que je vienne à toi pardi!

Parce que m’a-t-il dit

Ne me reste fichtrement rien

Tout est dans la besace du Bourgeois

 

Venez dit Agtit

Le fou du hameau

Venez que je vous raconte

Mes envies d’oiseau

 

Je vous raconte l’histoire du peuple soumis

Qui refuse de reconnaître son ennemi

La tête croulant sous le joug de l’anathème

Mais qui pense que l’honneur de l’homme

Ne peut habiter ailleurs qu’entre les jambes d’une femme

 

Venez dit Agtit

Le fou du hameau

Venez que je vous raconte

Mes envies d’oiseau

 

Là-haut c’est sûr

Je suis tout intouchable

Par votre maladie transmissible

Et incurable

Que vous nommez «nationalisme»

 

Onelas

 

 

 

 

 

 

 

 

 


[1]– Un oiseau.

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