Autonomie de la Kabylie: Tant bien que MAK !

 

 

 

 

Avec deux partis kabyles qui travaillent dans la légalité, la seule vraie résistance à notre effacement culturel semble être, apparemment, le relief ; il décourage les renards idéologues des vallées baathistes à joindre dans leur campagne arabisante nos villages kabyles, sur nos montagnes, perchés. Les acteurs du  FFS et du RCD qui avaient si bien activé dans l’illégalité semblent avouer leur inefficacité politique sous les sédiments de pétrodollars. Tels, Bougre D’âne et Bougre D’Andouille, nos deux partis ne font qu’un, sous le piège tendu par “10 Centimes Le Petit Franc” du sinistre clan d’Oujda. Pas la moindre manifestation d’envergure à mettre en garde le pouvoir, pas la moindre marche contre l’humiliant 3e mandat, pas le moindre fêtard ni pour Yennayer ni pour le 20 Avril.

Tout se passe comme si la Kabylie ne peut rien devant cette machine corruptrice du pouvoir.” Mère, le mur est haut!”, écrivait Kateb Yacine dans Nedjma. La seule force qui s’aventure tant bien que MAK  à faire du bruit autour de notre cause, c’est le parti du vieux et inébranlable routier de la cause, Ferhat M’Henni. Nos députés élus ont-ils pris du goût à la paie bien garnie qui a précédé la débâcle   constitutionnelle, et au parfum des secrétaires qu’ils soumettraient dans leurs bureaux à la promotion canapé. Leurs cris aussi forts soient-ils ne peuvent être perçus par une APN volumineuse et trop bien payée pour défendre les vieux réflexes du statut quo.  Les 19 députés du RCD, sur lesquels on compte défendre notre cause, par rapport à la totalité des membres de l’APN, ne représentent même pas une erreur de Calcul. Pour une Algérie berbère à 30%,  ce n’est même pas de la figuration. Faire attention au confort absolu, il corrompt absolument. La gloire se trouve sur le chemin épineux qu’emprunte le MAK plutôt que sur le chemin de roses tracé par le pouvoir. Tout se passe comme si, vis-à-vis d’un tel pouvoir, le seul moyen d’activer est de le faire en clandestinité. Au fait, ratifier une constitution qui ne nous reconnait pas et fonctionner sous les deniers d’un pouvoir qui décide au compte goutte sur notre capacité d’agir peut s’avérer être un dangereux leurre. Quand on accepte de jouer au domino avec un pouvoir qui change les règles de jeu à volonté et à sa convenance, quel que soit le nombre de combinaisons qu’offre le jeu, les règles et les pièces sont toujours les mêmes. Dès que c’est fermé, ça recommence.

L’Algérie, finalement, ne serait pas un produit de la culture et de l’histoire mais une sorte de propriété privée dont la définition et le destin dépendent de la personne ou du clan qui nous gouverne. De ce point de vue, l’histoire apparaitrait comme une garce du fait qu’elle  prend toujours le côté de celui qui la… raconte. On était gaulois sous la France, arabes sous le clan d’Oujda et ça se passera toujours comme ça tant qu’un colon en chassera un autre, tant que l’Algérie ne reviendra pas à ses fils qui l’aimeront dans toute sa réalité et sa dimension historique, d’est à l’ouest, du nord au sud. Il n’y a que ceux qui ne sont pas satisfaits de leur héritage nord-africain qui vont aller chercher leurs origines ailleurs. Les américains sont présents en Amérique depuis seulement deux siècles et aucun américain ne fait référence à ses origines anglaises, françaises ou allemandes. Ils se sentent tous américains et ils vivent pleinement leur américanité. Chez nous, les arabes sont dans la Berbérie depuis quatorze siècles et ils n’arrêtent pas de se référer au Yémen. Ces enfants d’Oujda qui nous gouvernent, sont-ils à la recherche d’une supériorité, genre alaouite, du Maroc où ils sont nés. Après avoir décolonisé selon l’axe Dunkerque-Tamanrasset, on se doit de le faire de nouveau suivant l’axe océan Indien-océan atlantique.

Terrible destin que celui de nous autres berbères que, ni les gaulois, ni les arabes n’en veulent entendre parler sur cette planète. Qu’a-t-on fait pour être si mal aimés sur notre propre terre ? Comment ose-t-on chanter les prouesses guerrières d’un Antar Ibn Chaddad dont on évoque à peine les origines éthiopiennes, et omettre de mentionner les exploits du carthaginois Hannibal, un vrai fils de l’Afrique du nord qui, après avoir conquis la péninsule ibérique, avait lancé une attaque avec ses éléphants sur l’Italie pour y demeurer pendant quinze ans à la porte de Rome. N’en déplaise au KKK d’Oujda, l’histoire le reconnait comme l’inventeur de la stratégie de guerre et lui réserve une place tant honorable aux cotés d’Alexandre le Grand, de Plutarque et de Jules César. D’innombrables films et de documentaires lui ont été réservés mais aucun n’avait eu la chance de paraitre dans notre “chacha”, ni aucune trace de lui dans nos manuels scolaires.

En 2009, au moment où les arabes des 2 Arabies, la vraie et la conquise, chantent dans le meilleur accueil du monde la grandeur de l’empire arabe dans une ville berberoromaine, les leaders du Congrès Mondial Amazigh se font intimider par la police à Tizi-Ouzou comme de vulgaires petits voyoux. Même les journalistes de Al Djazeera, semblent, en interviewant nos berbéristes, s’étonner de voir une région de 10 millions d’habitants réclamer sa langue et ses particularismes identitaires alors que l’Emirat de Qatar, lui-même, qui abrite Al Djazeera ne compte que 350 000 citoyens qataris et qu’il est né de sa sécession du Bahreïn après une rébellion orchestrée par l’Angleterre. Plus récemment encore, il a même pris la décision, de se retirer de l’Union des Emirates Arabes. Peut-on reprocher aux qataris qui ont, aujourd’hui, probablement, le PNB le plus haut du monde d’avoir fait sécession avec leurs voisins avec qui ils partagent la même race et la même langue ? Comble de l’ironie, ce sont eux qui semblent avoir un problème avec nos revendications. Savent-ils que toutes les populations de ces petits pays du Golfe réunis, chacun, autour de son puits de pétrole, ne font pas, en nombre, celle de la Kabylie ? Sans aucun doute, avec Al Djazeera qui concurrence CNN, ils le savent fort bien. Mais, comme dans toutes les logiques de deux poids, deux mesures, les non voyants ne sont pas forcément les aveugles.

Nous devons avoir cette autonomie de raconter à nos enfants nos héros dans nos livres d’histoire, de nommer nos rues et nos villages après nos femmes et nos hommes qui ont fait, quelque part dans le temps, la grandeur de notre peuple pour perpétuer leur courage et leur bravoure et de bien huiler la chaine de transmission des valeurs ancestrales afin de connecter nos générations futures avec nos aïeux , le seul moyen de sauvegarder notre mémoire historique que tente d’effacer notre pouvoir bathiste qui entretient une injustice culturelle abjecte à notre égard. Il faut, pour cela, avoir une certaine autonomie avec ce pouvoir qui veut taire ce qu’il y’a en nous de meilleur pour nous présenter comme un peuple tout juste bon à garder les chèvres, là haut, dans nos montagnes, tout prés d’Arabsat. Un profile que nous a forgé le pouvoir à coup de stéréotypes et de propagande au point que dans nos grandes villes, notre jeunesse éprouve de la honte à s’exprimer dans sa langue maternelle ou à s’affirmer comme berbère. Et, pourtant, il n’ya pas de domaine au niveau national ou africain où nous n’avons pas culminé, que ce soit dans la musique ou dans le sport, dans la culture, la littérature, la science, la technique et les arts. Il n’y a pas de bataille où nous n’avons pas donné le meilleur de nous-mêmes, les meilleurs de nos hommes pour la sauvegarde “de notre terre prospère où beaucoup de mères ont souffert”. La preuve que nos gènes qui gênent sont intacts et n’ont rien à envier à ceux qui veulent s’autoproclamer comme nos maitres d’Arabie. 19 000 kabyles avaient rejoint l’armée turque pour intercepter notre nouvel ancêtre le gaulois à Sidi Fredj, des milliers de nos Kabyles ont été déportés en Nouvelle Calédonie par ce même ancêtre pour avoir refusé de lui céder nos terres. Lors de la guerre d’Algérie nous avons été vaillants et contre l’Agression marocaine aussi. Nous avons toujours été braves et nous ne voulons pas d’un pouvoir qui cultive en nous ce sentiment de lâcheté afin d’abandonner notre identité pour une autre. Si des milliards de dollars sont investis pour qu’un compatriote d’Oued Souf puisse promouvoir et développer la langue de sa mère, pourquoi la langue de ma mère qui m’est chère ne jouirait-elle pas du même droit ? Je suis un algérien, n’est-ce pas, et plus algérien que moi c’est le déluge.

Où est donc, l’intérêt d’un berbère, jaloux de son identité et de sa culture, à ratifier une constitution qui s’adresse exclusivement à ses concitoyens arabes,voire, apparemment un peu plus aux citoyens d’Arabie qu’aux berbères d’Algérie? Qu’attendre d’un pouvoir qui, depuis 50 ans, ne sait pas unir 2 peuples sans les confondre? Dans un pays, c’est à peu prés comme dans une basse-cour: il y’a, non seulement, des poulets, mais aussi des canards, des oies ainsi que toute sorte de volaille; un bon gestionnaire doit tenir compte de la nature de chaque type de volaille, et s’énorgueillir de la diversité que présente sa basse-cour plutôt que de prétendre, pour les besoins de se faciliter la tâche, d’imposer aux dindons de se prendre pour des canards. De nos jours, nous vivons dans  une époque désignée sous le nom de siécle des minorités où, la notion de  pays uni et indivisible n’ est possible que dans la mesure où sont respectés avec distinction juste et naturelle, au non du désormais sacro-saint droit à la difference, à la fois les droits communs à chacun et ceux propres à tout le monde. La seule façon d’ unir les peuples, aujourd’hui, c’est de le faire conformément à cette fameuse maxime boudhiste: unir sans confondre distinguer sans opposer.Une Algérie unie  de la sorte, nous l’espérons vivement tous, y compris Ferhat Mehenni.

L’histoire moderne nous enseigne que des peuples unis dans la confusion, sous la baguette d’un dictateur, ont fini par se disloquer avec une violence proportionnelle à la pression d’essence idéologique qui les a maintenus inconfortablement ensemble, comme l’exemple du Soudan, de la Yougouslavie et de  l’URSS. Par contre les pays unis naturellement, loin de toute contrainte idéologique, dans le respect de leurs differences autour de leurs interêts  mutuels se rapprochent de plus en plus davantage,comme l’exemple des pays scandinaves ou de la communauté européenne.Après 50 ans d’un pouvoir égal à lui-meme dans son intransigeance baathiste, on est tenté de croire que le sentiment kabyle en particulier ou berbère en général  ne trouvera son écho que dans un projet de type federaliste ou autonomiste, et comme l’autonomie, en elle-même  n’ est pas un copyright reservé au MAK, alors en dehors du MAK qui dit mieux?
Pour moi, une chose est sûre, c’est qu’en présence de mes amis éthiopiens, arméniens, kenyans  ou  tanzaniens, qui exhibent avec une fierté apparente le statut académique de leurs langues respectives, je me sens lamentablement gêné de leur apprendre que ma langue, pour des raisons indépendantes de sa volonté et de la mienne, ne s’étudie pas.

Rachid C

Complement

 

3 comments for “Autonomie de la Kabylie: Tant bien que MAK !

  1. July 10, 2012 at 06:04

    Les mots des fois ne sont d’aucun effet part rapport à l’intensité d’un ressentis et la force que vous sentez en vous pour crier ,donc je me retiendrai et je ne me laisserai pas dominer par l’envie de oh combien nous voulons dire ,nous voulons accuser et je dirai presque envie de blasphémer :je dirais simplement merci Rachid d’être ce que tu es et de dire ce que tu dis GHERAB Abdellah

  2. Anonymous
    July 10, 2012 at 10:53

    HELAS LES KABYLES RIPOUX ONT VENDU LEUR ÂME…Ils viendra leur tour.

    avec l’accélération des évenments qui mettent en lumière l’accointance arabo islamique avec l’occident contre justement le peuple amazigh une énorme fissure et en train de mettre à nu ce complot infame et indigne des états qui se prédisent modernes et humanistes.

    Début d’espoir pour la vérité:
    Intervention de Jeremy Keenan dans le débat organisé par la chaîne anglophone d’Al Jazeera.

    DRS ALGERIEN AU CENTRE DES ORGANISATIONS MAFFIEUSES ET TERRORISTES EN ALGERIE COMME AU SAHEL.
    http://www.tamazgha.fr/Le-role-du-DRS-dans-ce-qui-se.html

    • Anonymous
      July 19, 2012 at 10:32

      il faudrait quand meme que tizi se reveille pour se defendre un peu…. depuis que l’acool coule a flot. il n’y a presque plus de revolte…… c’est hallucinant. mais il faut absoluement chasser le wahabisme de chez nous. comme le dit ait menguellet ettes ettes, le virus qui endort vient d’arabie saoudite !!!!.
      il faudrait que tout le monde se remettent au travail, c’est facile de critiquer le pays…. mais tizi n’a pas payer ses factures pendant presque 5 ans !!!!!
      plus personne ne parle en Kabylie de peur de represaille : C EST CA LA REALITE.
      les imbeciles qui parlent d’autonomie n’ont pas l air de se rendre compte que nous courrons tout droit dans le mur.
      l’autonomie de la Kabylie sera forcement ecraser dans un bain de sang.
      LA FRANCE ne fera rien…. ou alors attendra 1 petite semaine…. le temps que l’armee fasse son travail, et croyez moi,
      l’arme algerienne est tres performante…. on pourrait bouffer le maroc ET la tunisie en 48h.
      il ne faudra pas compter sur les emigres de france pour aider, ceux la viennent nous apporter leur merde chez nous,
      au point que les gamins de tizi et d’alger se baladent casquette de travers,
      ne respectent plus rien, pres a tuer et a voler pour de l’argent !!!!

      le seul et unique chemin, c’est le vivre ensemble.

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