Diversité des langues : Richesse ou malédiction ?

Tour de Babel

Si, linguistes, ethnologues et sociologues contemporains considèrent,  la diversité des langues comme une richesse, ce n’est pas le cas pour les baathistes et l’ancien testament. Du moins selon sa version la plus répandue, où elle serait, plutôt, le résultat d’une  malédiction qui s’était abattue sur l’humanité. Dans le livre la Genèse, l’ancêtre des hébreux, Nemrod, arriere arrière petit-fils de Noé, connu aussi pour être un très grand chasseur, avait pris la décision d’engager son peuple dans la construction, à Babylone,  d’une tour tellement haute qu’elle atteindrait les jardins de l’Eden, sans avoir à passer par la volonté de Dieu. Le seigneur aurait  pu opter  à  sa façon classique de régler ses comptes à sa défiante humanité par sa  destruction pure et simple mais, ayant vu, par expérience, que ce moyen n’a jamais permis aux humains  de  se doter de plus de sagesse, il avait opté pour un moyen beaucoup plus sophistiqué à savoir créer au sein de la communauté de Nemrod  le tumulte par la confusion du langage. D’un coup les éléments de la communauté de Nemrod se sont retrouvés à parler  une diversité de langues. Dans l’impossibilité de communiquer, ils étaient obligés d’abandonner le projet de la tour.  D’où le terme ‘’Babel’’ qui signifierait, en hébreu, confusion.

Langue berbere : 38eme dans le monde
Dans ce cas de figure, la diversité des langues serait, bibliquement parlant,  le résultat d’une punition.  Allons nous, de ce fait, évoluer  vers le parler d’un même langage une fois notre peine purgée ? Avec toutes ces   langues qui disparaissent par an, on aurait, plutôt, tendance à le croire. Aujourd’hui, parler une dizaine de langues les plus parlées dans le monde suffirait  pour se débrouiller, quasiment, dans n’importe quelle contrée de la planète. Selon le Guinness Book Of Records, 400 langues sont déjà frappées d’extinction, et celles qui restent, disparaissent au rythme d’une langue par 2 semaines. Selon Wikipedia, dans la catégorie des langues parlées par plus de 100 millions d’habitants, 9 langues seulement sont recensées avec, en 5eme position, l’arabe avec ses  221 millions d’usagers. Dans la catégorie des langues parlées entre 50millions et 100 millions d’habitants, on recense 13 langues parmi lesquelles le français et l’allemand. Dans la catégorie des langues parlées entre 10 millions et 50 millions d’habitants, on recense 46 langues avec en 16eme position le berbère  parlé par 30 millions d’habitants, Touareg non inclus. Sur  plus de 6800 langues recensées par l’organisation Ethnologue à travers la planète, un quart est parlé par moins de 1000 personnes!!! La notion de l’irréversibilité de la mort d’une langue n’aurait, pour l’instant, que l’hébreu comme exception à la règle. Le berbère occupe honorablement la 38eme place sur un total évalué à prés de 7000 langues ! C’est aussi honorable pour nous de remarquer que des peuples aussi agressés que nous avaient disparu de la circulation historique  il y’a de ça très longtemps. Comme la diversité des langues est donc perçue comme dans ce récit biblique par les politiciens comme un facteur  “désunificateur”, ils se sont retrouvés avec l’obsession de vouloir retourner au monde pré- nemrodien .

A en compter le nombre d’agressions qu’on a subies sur notre propre sol par les différents envahisseurs aussi féroces les uns que les autres, notre existence, ici bas, dans ce monde, relèverait d’un miracle.

Another brick in the wall
Nous ne voulons pas d’une éducation basée sur le contrôle  de la pensée, tout ce qu’elle peut nous offrir c’est de devenir une autre brique dans le mur. Dans cette vision floydienne exprimée dans l’album The Wall, se trouverait l’autre interprétation  du message biblique.
Les partisans de la diversité qui voient en la diversité des langues une bénédiction tiennent, à peu prés, le raisonnement suivant:
La diversité des langues et des cultures a toujours été un sérieux  casse-tête pour les monarques  du monde dans leur volonté  de soumettre tout ce qui leur tombe sous la main à leur strict contrôle. L’idéal, pour un chef autoritaire, a, de tout temps, été d’aligner par n’importe quel moyen tout le monde sur son opinion, de remplacer le multiple par l’un, le polychrome par le monochrome, la divergence spontanée par la convergence forcée, le nombre infini d’opinions par une opinion  unique. Dans le meilleur monde des mondes version chef, on obtiendrait un monde où les rapports gouvernants-gouvernés sont  à l’image d’un berger et de son troupeau de moutons. Bienheureusement pour la diversité, la biologie a fait en sorte que les humains pensent différemment. Les libertaires et les partisans de la diversité  ainsi que le Right Wing américain qui préconise une forme de gouvernement  réduite, ont donné d’autre interprétation au non aboutissement du projet biblique de la tour de Babel. Selon eux, Dieu avait donné la permission à Nemrod de construire la  tour pour se rapprocher des jardins de l’Eden exigeant de lui que cette tour  soit construite en pierres. Découragé par l’immensité de l’ouvrage, l’effort et le temps que ça devait lui prendre, Nemrod, tenté par la loi du moindre effort,  décida pour se simplifier la tâche de construire  son  édifice en briques. Dieu le punira dans son entreprise rebelle en dotant les hommes de Nemrod de plusieurs langues pour échapper à son autorité.

Le message dégagé par les partisans de la diversité et les libertaires, est que Dieu avait créé les hommes différents à l’image des pierres, il est ordonné à tout mortel monarque de composer avec. La tour de Babel qui représente l’algorithme  modèle  de la famille humaine doit être construite de pierres et non de briques, c’est au maçon de contenir le rôle et la place de chaque pierre  dans l’édifice universel avec pour le Right Wing la règle cruelle mais évidente que certaines pierres n’auraient pas de place dans l’édifice. Selon cette philosophie, il n’existe pas de système sociopolitique susceptible d’intégrer tout le monde. Ainsi les pierres qui ne peuvent tenir le coup, doivent être remplacées dans une logique de changement par les pierres les plus en forme. Seul un système basé sur la compétition peut permettre l’amélioration continue de la tour et sa résistance à l’épreuve du temps. Ainsi les pierres qui ont leur place dans la tour  garderont le souci de garder leur place et celles éjectées, l’espoir de rejoindre un jour l’édifice. Une tour adaptée au temps et à  la vision changeante des hommes où rien n’est définitivement gagné tout comme rien n’est définitivement perdu.  L’accomplissement collectif passe d’abord par l’accomplissement individuel. C’est ce genre de raisonnement qui a poussé l’icône du conservatisme américain  Glenn Beck de Fox News à proposer aux républicains  de reprendre dans leur campagne le slogan d’Obama « Yes, we can » et de le changer en « Yes, I Can ».
Le left wing et les progressistes trouvent cette théorie trop cruelle, elle sacralise la compétition aux dépens de l’humanisme. Nous vivons dans un monde où la société et le gouvernement qui la représente doivent accorder un minimum de dignité à leurs  enfants, il ya un minimum social admissible au dessous duquel l’individu ne doit pas descendre. Et que pour avancer en paix dans ce monde nous devons avancer ensemble, doucement mais surement, de façon responsable  et ne jamais confondre vitesse et précipitation.  Une accélération de notre train de vie qui échapperait à notre  contrôle risquerait de couter cher à l’humanité entière. Enfin, disons qu’ entre la dictature prolétarienne et un capitalisme qui aurait pour stade suprême l’impérialisme, la famille humaine  espère bien trouver un jour une place pour un bonheur partagé.

Dans les régimes semblables au nôtre, l’individu, à l’image d’une brique, symbolise une entité soumise, inintelligible  taillée sur mesure pour satisfaire à la commodité du chef. Dans ce monde régi par la logique du rien- pour- rien, un gouvernement qui nous donne (ce qui nous appartient) est un gouvernement à qui nous devons  céder en,  contrepartie, nos  libertés et nos droits. Dans pareil édifice, la notion de brique qu’il faut à la place qu’il faut se retrouve dépourvue de sens du moment que toutes les briques sont les mêmes, répétées mécaniquement par la précision d’un moule à l’infini.  Dans ce sens, une société qui s’élève par la volonté du chef est une société tirée par les cheveux, l’esprit critique et imaginatif, très peu sollicité, les éléments qui la composent ne sont que des unités statistiques inconcevables en dehors d’un groupe et qui trouvent leur sécurité dans leur appartenance à un ensemble. Elles sont, contrairement aux pierres, conçues par la volonté du chef et non par celle du seigneur. Le chef, pour sa commodité, a toujours tendance à ne pas considérer ses subordonnés tels qu’ils sont mais tels qu’il voudrait qu’ils soient. Et la volonté de Dieu en prend un sacré coup d’homme.

Les baathistes et leur farce de l’Islam qui arabise.
Contrairement à nos politiciens qui défendent à leur avantage l’idée d’un monde ‘’mono’’ comme monolithique, les sociologues et les ethnologues considèrent  cette diversité comme une richesse et voient en toute langue disparue tout un monde qui disparait avec. Autrement dit, la disparition des langues conduit à un monde linguistiquement et culturellement appauvri. N’en déplaise aux imposteurs de l’idéologie baathiste, le Coran considère la diversité aussi comme une richesse et affirme que Dieu avait créé des peuples différents pour échanger. Et ordonne, aussi, quelque part, dans l’une des sourates, de parler aux peuples dans la langue qu’ils comprennent.  Grace au mouvement protestant, la bible, le livre le plus traduit du monde, s’adresse aujourd’hui à la famille humaine avec prés de 3000 langues. Pour nous les berbères, tout se passe comme si le Dieu Baathiste est un dieu qui a regretté de nous avoir créés ainsi. Notre identité et notre langue sont le résultat d’une erreur divine monumentale. Il a, de ce fait, envoyé les partisans  de la sinistre idéologie baathiste avec pour mission de nous arabiser pour corriger son erreur de Genèse. Ainsi les croyants en Dieu continueront à exister dans le génome et la langue que Dieu leur a affectés, ceux qui croient aux privilèges de l’idéologie dominante et rémunératrice vont finir par abandonner leur nature pour rejoindre l’idéologie baathiste et sa couleur annoncée par Ben Bella à partir de Tunis sous le slogan raciste de l’Algérie 3 fois arabe. Le slogan ‘’je suis berbère mais l’Islam m’a arabisé’’ est une malicieuse  invention baathiste qui a poussé conséquemment les berbères  à la recherche d’une religion qui les accepterait tels que Dieu les a créés. Les baathistes algériens ressemblent à s’y méprendre aux sionistes qui sont derrière la création de l’état d’Israël. Si comme il m’est arrivé de le mentionner, les sionistes, athées dans leur majorité, avaient crée l’état d’Israël en jouant sur la fibre religieuse de la Terre Promise, les baathistes algériens,  marxistes- léninistes ou maoïstes qui parlaient au nom du hizb, de la révolution et du peuple ont utilisé la formule de l’Islam qui arabise pour assoir leur idéologie baathiste porteuse d’un empire   uniformément arabe qui  s’étendrait  sans discontinuité de l’océan indien à l’océan atlantique au mépris de tous les peuples qui s’y trouvent, là, depuis la nuit des temps.

Constante de Hubble et constantes nationales
L’idée du peuple de Nemrod qui a explosé sous la colère de dieu pour donner naissance à différentes langues, différents peuples et différentes civilisations ressemble à celle du big bang des astrophysiciens, selon lequel, l’univers, de masse infinie, était contenu dans un volume infinitésimal. En explosant, cet univers primordial avait donné des galaxies, des étoiles, des planètes ainsi que toute une panoplie d’objets célestes  accessibles ou pas à nos moyens d’observation. Comme cette diversité ou complexité céleste peut ennuyer certains astronomes ou astrophysiciens oisifs, le Big Bang linguistique qui découle de l’effritement de la nation de Nemrod, unie dans la paresse et la monotonie au grand plaisir du chef, n’arrête pas d’ennuyer nos politiciens qui se cherchent un monde simplifié, façon tribu, qui conviendrait à leur étroitesse d’esprit qui aspire à plus de commodité,  en transformant, au mépris de la diversité, un  peuple pluriel en un peuple unitaire.

L’expansion de l’univers va, cependant, se poursuivre jusqu’à  atteindre une certaine limite déterminée par la constante de Hubble et au delà de laquelle l’univers subira une sorte de Big Bang à l’envers, le  Big Crunch, qui le ramènera à son état d’univers primordial. Ainsi soit-il, l’univers culturel algérien qui subit la loi de l’expansion baathiste finira sous l’effet des constantes nationales par faire  atteindre ses limites à la  bêtise nationale, ce  qui provoquera son Big Crunch culturel  qui nous fera retourner vers l’Algérie originale qui devait démarrer, non sur les chapeaux de roue des lois de ces Nemrod putschistes, mais sous les lois générées démocratiquement par le congrès de la Soummam.

Et Dieu créa la diversité et les baathistes rêvent de la supprimer dans le seul but de satisfaire leur insatiable esprit de conquête. Tel  le Big Bang cosmique qui a abouti à partir d’une boule d’énergie à la création d’une infinité  d’objets célestes, le Big Bang linguistique avait créé à partir de la langue de Nemrod, un firmament  multiculturel dans lequel chaque langue s’affirmerait comme une étoile, et les idéologies, comme le baathisme, les trous noirs destinés à les éteindre.

Rachid C

5 comments for “Diversité des langues : Richesse ou malédiction ?

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