Capitalisme versus Communisme : L’épopée americaine

Complexe de Watergate qui abrite le quartier general du Comité Democratique National A Washington, DC

Les capitalistes ont donné une accélération insupportable au train de vie des hommes, mon dieu, serait-on tenté de soupirer, puisque le monde est infini et éternel, on doit le courir éternellement pourquoi donc le courir aussi vite.

Après la 2e guerre mondiale l’Europe était en ruines. Pour l’aider à faire face aux sirènes communistes, le ministre des affaires étrangères Georges Marshall est venu avec l’idée géniale d’un plan appelé ERP (Eureupean Recovery Program) ou plus communément le Plan Marshall, qui consistait à dégager une somme de 13 milliards de dollars pour aider les pays d’Europe à reconstruire leurs économies respectives. Au total 16 pays ont répondu favorablement à l’offre américaine. D’autres qui ont refusé ‘’la corruption capitaliste’’ ont rejoint la Russie communiste, de force ou de gré, dans leur rêve d’une société égalitaire, pour former le groupe de l’est. Si le plan Marshall avait porté ses fruits économiquement, il avait failli dans sa mission de stopper l’expansion du communisme à travers la planète.

Adam Smith (1823-1890)

La victoire des communistes maoïstes, en Chine, en 1949, avait vraisemblablement fait trembler l’Amérique qui se sentait menacée dans son propre pays. L’Amérique ne pouvait s’empêcher de se rappeler cette phrase de Lénine écrite dans ses Œuvres ‘’… Une fois qu’on a le Mexique, l’Amérique nous tombera dans les mains comme un fruit mur’’. La guerre contre les communistes avait commencé en pleine guerre de Russie, en 1917, où s’illustra un certain John Edgar Hoover par la déportation de milliers de nationalistes russes. En 1924, le FBI était créé avec ce même Edgar Hoover comme directeur, une fonction qu’il exercera en conformité avec sa vocation anticommuniste jusqu’à sa mort en 1972 malgré la controverse qui l’avait accompagné tout le long de sa carrière.

En 1950, lors de la guerre de Corée, les américains s’étaient engagés, pour la première fois, militairement, dans une guerre contre les communistes. Le commandement de cette guerre a été confié à l’illustre héros de la guerre du pacifique contre les japonais, Douglas Mc Arthur. La course à la conquête du monde était engagée entre communistes et capitalistes. L’objectif américain était de libérer la Corée du Sud envahie par les communistes de la Corée du nord de Kim Ill Sung. Les forces américaines, conjointement avec les forces de l’ONU ont été surprises par une armée chinoise super équipée et bien entrainée par les soviétiques. La guerre s’est terminée en 1953 sur un accord qui a donné à chacune des 2 Corées, ses territoires d’avant la guerre. Cette guerre qui a couté à l’Amérique 53 000 hommes et sa place au fameux general Douglas Mc Arthur, pour avoir, sans consulter son président Truman, pris la responsabilité de menacer la Chine de l’arme atomique, est à mettre sur le compte de la doctrine paranoïaque de Truman qui disait qu’il vaudrait mieux combattre le communisme en Asie plutôt qu’à San Diego. Cette guerre qui s’est terminée par une demie-défaite plutôt qu’une demie-victoire, les américains ont préféré la mettre aux oubliettes, ils l’ont de ce fait surnommée the Forgotten War.

Karl Heinrich Marx (1818-1883)

Partout dans le monde, les mouvements nationalistes soutenus par les soviétiques avaient déclenché des insurrections contre les puissances coloniales dans le cadre de leurs efforts pour l’indépendance. La doctrine léniniste-marxiste était un bon stimulateur pour libérer l’énergie emmagasinée dans le magma de la dignité humaine pour aiguiser les consciences nationales contre les armées sophistiquées des puissances coloniales. Tous les pays africains étaient sous la domination coloniale à l’exception de l’Ethiopie. Le premier pays africain à avoir obtenu l’indépendance était la Libye en 1951. L’onde de choc indépendantiste qui a démarré de Libye’ allait, au bout de 30 ans, gagner toute l’Afrique. En 1980, avec le Zimbabwe indépendant, toute l’Afrique était libre. Le rêve de Bob Marley était atteint. Dans sa chanson ‘’Zimbabwe’’, il avait chanté Every man gotta right to decide his own destiny (à chaque homme est affecté le droit de décider de son propre destin).

Les années 50 ont été dominées par les 2 mandats du président républicain Dwight David Eisenhower, un autre général héros de la 2e guerre mondiale qui a conduit le débarquement de Normandie en 1942. Il avait débarqué en 1943 en Algérie pour combattre les troupes du général allemand Rommel, bien connu sous le nom du renard du désert. Si ma source est bonne, c’est, à partir de l’hôtel St Georges à Alger qu’il avait planifié l’invasion de l’Italie dans le cadre de l’opération Torch. Son hystérique ‘’Effet Domino’’ qui préconisait que si le Vietnam venait à tomber entre les mains des communistes, les autres pays de l’Asie finiraient par subir le même sort, avait conduit les américains à se convaincre de la nécessité d’empêcher à tout pris la prise du Vietnam par les communistes.

La France, l’alliée de l’Amérique, allait récupérer son Indochine composée de la Cochinchine (Vietnam), du Laos et du Cambodge, qu’elle avait conquise depuis 1867 comme sa part du gâteau asiatique après que les britanniques avaient conquis la Chine lors de la 2e Guerre d’Opium. La France sera contrainte de concéder son Indochine aux Japonais pendant la 2e Guerre Mondiale. Un mouvement indépendantiste qui a démarré contre les japonais, dirigé par l’intraitable Ho-Chi-Minh, surprendra la France par sa résistance et la violence de ses attaques la contraignant à demander de l’aide à son allié l’Amérique qui s’engagera à coups de millions de dollars à aider la France à conserver le Vietnam pour l’épargner de l’occupation communiste. En 1953, la France libéra le Laos et le Cambodge pour se consacrer au Vietnam. A peu prés la même tactique qu’elle choisira en Afrique du Nord, libérant le Maroc et la Tunisie pour se consacrer à l’Algérie. Peine perdue, car, en 1954, après la fameuse bataille de Dien Bien Phu, Ho-Chi-Minh, victorieux, avait contraint les français à rentrer chez-eux où les attendait à leur porte une guerre d’une même durée mais d’un autre type, une guerre à ne pas perdre : La Guerre d’Algérie. La perte de l’Indochine française avait mis à nu la vulnérabilité de la France et aurait stimulé les algériens dans leur récupération de l’Algérie française.

Joseph Mc Carthy (1908 – 1957)

Les conquêtes communistes sur les plans idéologique, militaire et aérospatial, avaient poussé la fièvre rouge à prendre des dimensions hystériques allant jusqu’à pousser les administrateurs de Washington à soupçonner jusqu’à leurs propres ombres. Certains de ces administrateurs à la tête desquels se trouvait le puissant sénateur du Wisconsin, Joseph Mc Carthy, sont allés jusqu’à soupçonner qu’il y’avait au niveau de l’administration fédérale, des agents subversifs qui travaillaient pour les soviétiques. Le gouvernement américain avait, dés 1950, chargé Mc Carthy d’enquêter à ce sujet. Il déclencha une véritable chasse aux communistes mettant sur la liste noire des milliers de citoyens sur la base d’un simple soupçon. Son indécence l’avait poussé jusqu’ à accuser l’armée américaine de coopérer avec les communistes lors d’un procès télévisé qui a duré 35 jours et qui s’était achevé au même titre que sa carrière.

Les américains ont appelé les sinistres années du Mc arthisme “La Chasse Aux Sorcières” par allusion à celle qui a conduit en 1692 les habitants de Salem dans le Massachussetts à pendre 19 sorcières qu’ils avaient arbitrairement désignées comme responsables des malheurs de leur communauté. Parmi les personnalités taxées de communistes pour avoir demandé plus de justice sociale ou pour avoir tout simplement été contre la guerre du Vietnam, il y avait l’actrice Jane Fonda, l’écrivain Ernest Hemingway, le journaliste et écrivain John Steinbeck-  auteur du livre ‘’Les Raisins De La Colère’’ (the grapes of wrath)-  qui raconte l’humiliation subie par les fermiers américains des Grandes Plaines lors de leur exode vers San Joakin Valley en Californie. En effet, en plein milieu de la Grande Dépression des années 30, une sécheresse sans précédent avait frappé particulièrement l’Oklahoma et les états environnants provoquant l’exode de 4 millions de personnes qui ont pris corps et biens la désormais historique Route 66 en direction de la Californie où ils seront soumis a’ une exploitation inhumaine par les riches propriétaires californiens. Le terme Oakies donné aux habitants de l’Oklahoma était parfois poussé dans sa péjoration jusqu’à la signification de  sous-hommes.

John Edgar Hoover (1895-1972)

Le chanteur Woodie Guthrie considéré comme le chanteur le plus aimé de l’Amérique, qui a accompagné les fermiers dans leur exode le long de l’historique Route 66 connue sous le nom de Désolation Road ou encore de Mother Road et qui relie Chicago à Los Angeles avait composé une chanson intitulée ‘’This Land Is Your Land’’ qui a touché profondément le cœur des américains au point où le sénat était envahi de lettres demandant qu’elle soit admise comme hymne national américain à la place de Star Spangled Banner. Mort en 1967, il avait son nom dans la liste noire du Mc Artisme ; son fils ainé Arlo Guthrie, l’un des animateurs de Woodstock lui succédera à la fois dans la liste et dans la chanson engagée. Le livre de Steinbeck, considéré par l’université américaine comme le plus bel ouvrage de  littérature américaine de tous les temps, sera repris en film par le réalisateur John Ford, starring Henry Fonda. Le livre de Steinbeck avait reçu le prix Pulitzer en 1940 et son adaptation au cinéma par John Ford a été classée par la librairie du Congress parmi les 25 films qui ont une valeur historique des plus significatives.

Cette sécheresse qui a suffoqué les habitants des Grandes Plaines sous un ciel couvert de nuages de poussières secs et sans pluies, dignes des scènes de film sur l’apocalypse, demeure gravée dans la mémoire des américains sous le nom de Dust Bowl (cuvette, saladier de poussière). Ainsi 4 millions d’américains se sont retrouvés dehors, contraints de céder leurs terres et leurs maisons aux banques qu’ils ne pouvaient plus payer. Condamnés à errer dans leur désarroi extrême, ils seront récupérés sans aucune forme de compassion par des propriétaires capitalistes profiteurs de la misère humaine pour les faire travailler à 4 sous dans des conditions inhumaines. Devant cette réponse métallique du capitalisme vis-à-vis de la condition humaine, beaucoup d’américains se sont retrouvés séduits par l’humanisme communiste à tel point que dans les années 50, Hollywood, la plus grande machine propagandiste du monde, allait tomber entre les mains des communistes.

George Catlett Marshall (1880-1859)

En 1950, le physicien britannique Klaus Fuchs a été inculpé pour avoir donné les secrets de la bombe atomique aux soviétiques. Son arrestation a conduit à celle, à New York des physiciens Julins et Ethel Rosenberg pour la même inculpation. En 1953 ils étaient exécutés. Leur exécution demeure contestée à ce jour.

En 1949, les soviétiques construisent leur première bombe atomique, en 1955 leur première bombe à hydrogène ; en 1957, ils deviennent avec le lancement de Spoutnik, les premiers à avoir mis sur orbite un satellite, ouvrant ainsi sur un fond de guerre idéologique les portes à la conquête de l’espace, marquées techniquement, en gros, par les missions Apollo et Soyouz. En 1958, les communistes de Fidel Castro renversent le régime proaméricain de Batista.

En 1960, le démocrate John Fitzgerald Kennedy, un jeune aristocrate du Massachussetts a été élu à la tête de la maison blanche. Dans son programme qu’il avait appelé New Frontier et, en tant que premier président catholique dans l’histoire des Etats –Unis, il avait pour missions principales de débarrasser les catholiques des préjugés et des stéréotypes que leur a collés la majorité protestante et, plus ambitieux encore, d’envoyer des hommes sur la lune avant la fin de la décennie soixante. Tout le monde se rappellera sa célèbre phrase : Je remercie les russes de nous avoir réveillés. En 1961, les soviétiques surprennent de nouveau, en envoyant Youri Gagarine, à bord de la capsule Vostok1 dans l’espace faire le tour de la Terre. La même année, le Mur de Berlin sera construit.

De plus en plus insupportable pour Kennedy et l’administration américaine était l’idée de voir s’instaurer un pays communiste à 150 km des côtes de Floride. Kennedy avait alors chargé la CIA d’entrainer secrètement 1500 ressortissants cubains pour les envoyer renverser le régime de Castro. Une fois sur le terrain, ces forces avaient reçu une raclée aussi rapide que dévastatrice pour le moral de l’Amérique. Cette raclée sera rentrée dans l’histoire sous le nom du Fiasco De La Baie Des Cochons. Alors que Kennedy s’apprêtait à envahir île, Castro fort de cette victoire aussi bien militaire que psychologique poussa le bouchon plus loin et invita les soviétiques à venir installer leurs missiles dans Son île. Cela a conduit, en 1962 à la fameuse crise des missiles de Cuba. Kennedy, furieux contre une telle décision décida d’envoyer 19 navires de la flotte américaine pour s’interposer en barricade contre les navires soviétiques qui transportèrent des missiles à destination de Cuba. Loin d’être intimidés, les bateaux soviétiques foncèrent droit vers cette barricade. Au moment où tout le monde retint son souffle devant une guerre nucléaire qui avait pris l’air d’inévitable, les bateaux russes, comme par miracle, fîrent demi-tour, au grand soulagement de la planète. En revanche, les américains durent renoncer à l’envahissement de l’île et procéder au retrait de leurs missiles installés en Turquie du fait de leur susceptibilité à atteindre les territoires soviétiques.

Hồ Chí Minh (1890-1969)

En 1963, Kennedy est mort, assassiné à Dallas. Pour les démocrates et le reste du monde, il a eu le mérite d’avoir sagement négocié le conflit de Cuba avec les russes, évitant à l’humanité une guerre nucléaire certaine. Pour les républicains, il n’a pas été à la hauteur de la détermination américaine à combattre le communisme, il avait selon eux, fait trop de concessions aux russes. L’Amérique qui combattait le communisme sur les 5 continents avait du mal à le voir s’installer à 150 km de leurs côtes.

La même année, un pauvre remplace un riche à la maison blanche. Le démocrate Lyndon Baines Johnson popularisé sous le nom de LBJ, sera désigné comme successeur de Kennedy à la Maison Blanche. Ayant, lui-même connu la pauvreté dans son Texas natal, il était venu avec une série de programmes très ambitieuse qu’il avait appelée Great Society (Grande Société), promettant aux américains de mener une guerre contre la pauvreté et de mettre fin à la guerre du Vietnam. S’il avait réussi dans la premiere partie de sa mission, il aura catégoriquement échoué dans sa deuxieme.

Après le retrait de la France en 1954, l’Amérique s’était engagée progressivement à aider les anticommunistes du Sud Vietnam dans leur guerre contre les communistes du Nord. Dans la tête de LBJ, le seul moyen d’en finir avec la guerre du Vietnam était d’écraser la résistance communiste. Pour convaincre les américains de la nécessité de s’investir plus dans cette guerre, il a rapporté que les bateaux américains avaient été attaqués par les Viets dans le détroit de Tonkin. Cette ‘’ bonne mauvaise nouvelle’’ l’a aidé à obtenir le feu vert du sénat pour commencer à envoyer des troupes dés 1964. Les américains finiront par découvrir plus tard, que cette attaque vietnamienne dans le détroit de Tonkin n’était qu’un pur mensonge de leur président, ce qui a alimenté les masses populaires dans leurs motivations à s’exprimer de plus en plus fort contre la guerre du Vietnam. Le nombre de Hawks (faucons), partisans de la guerre du Vietnam, diminuait progressivement au profit des Doles (colombes), opposants à cette guerre.  Dans la rue on chantait : hey, hey, LBJ, how many kids did you kill today (hé, hé LBJ,  combien d’enfants avez-vous tués aujourd’hui).

Le 31 janvier, alors que l’Amérique était, jusque là, bercée par les discours officiels d’une guerre sur le point d’être gagnée, a été choquée par le Viet Cong qui a déclenché dans le cadre de l’opération Tet (nouvel an vietnamien) une série d’attaques sur les 36 plus grandes villes du Sud Vietnam, certaines bases américaines ainsi que l’ambassade américaine à Saigon. Sur ce, le président Johnson, à la fin de son mandat, avait déclaré qu’il devrait quitter la maison blanche renonçant à sa candidature de réélection présidentielle. Il avait déclaré secrètement, qu’il s’était trop investi dans cette guerre pour pouvoir l’abandonner, et qu’il n’y avait pas d’espoir de la gagner pour devoir la poursuivre.

Võ Nguyên Giáp (aout 1911- centenaire au mois d’aout 2011)

Cette même année, 1968, le républicain Richard Nixon a été élu comme successeur de LBJ à la maison blanche. En 1969, la mort, probablement, par suicide d’Ho-Chi-Minh ainsi que l’envoi par la NASA à la barbe des soviétiques d’un équipage de 3 hommes à bord d’Apollo 11 sur la lune, remontèrent le moral à une Amérique qui en avait tant besoin. Le rêve de Kennedy d’envoyer un homme sur la lune a été réalisé dans les délais prévus, avant la fin de la décennie 60. Cette même année le festival de Woodstock a eu lieu. Le président Nixon avait promis de mettre fin à la guerre du Vietnam en trouvant un compromis avec les communistes. Il s’était même permis, contre le gré de beaucoup, de visiter la Chine. L’espoir qu’avaient placé les américains sur leur président dans ses efforts pour une paix avec les communistes du Vietnam était sérieusement ébranlé, lorsqu’en 1970 il avait pris la décision de, secrètement, bombarder le Cambodge et le Laos pour empêcher les nord-vietnamiens, de ravitailler à travers ces 2 pays voisins, le Sud Vietnam, en soldats, armes et munitions. Ce bombardement rendu public, la police américaine, dépassée par l’ampleur des manifestations, était amenée à tirer sur les manifestants faisant 4 morts à l’Université de L’Ohio. Les américains n’arrivaient plus à saisir l’objectif de cette guerre ; dans les champs de bataille le moral des troupes était saccagé par la violence des combats ; en public, les manifestants dénonçaient le racisme des blancs en se demandant comment se fait-il que la population noire qui ne comptait que 11% de la population américaine comptait pour 23% des victimes de la guerre.

Cette pression sociale avait poussé Nixon à réduire de moitié son effectif militaire au Vietnam dés 1972 sans pour autant cesser ses raids sur le Cambodge et le Laos. Cette même année, alors que Nixon préparait sa campagne de réélection, éclata l’affaire du complexe de Watergate où se trouvait le quartier général du parti démocrate à Washington, DC,  lorsque 5 personnes très proches du président Nixon s’y étaient infiltrées avec l’intention prouvée de voler des documents démocrates. Devant son évidente culpabilité, Nixon n’avait pas d’autre choix que de démissionner volontairement sous peine d’être démis de ses fonctions par le sénat, lequel cas, lui ferait perdre ses droits et privilèges de président. En aout 1974, le président Nixon devint le 1er président américain à avoir démissionné.

En 1973, l’Amérique et le Vietnam avaient entamé des négociations de paix à Paris. Toutes les forces américaines s’étaient retirées du Vietnam et plus de 500 prisonniers de guerre américains avaient été retournés à l’Amérique. Quelques milliers de civils américains étaient restés au Vietnam ainsi que quelques militaires à l’ambassade américaine de Saigon. En 1975 les communistes violèrent la trêve du cessez-le-feu et fîrent leurs derniers assauts sur toutes les villes du Sud Vietnam, provoquant la fuite de 5 millions de réfugiés vers Saigon et les côtes vietnamiennes. Le 29 avril 1975, la station américaine de Saigon diffusa la chanson ‘’White Christmas’’ comme signal d’évacuation. Un hélicoptère évacua à partir du toît de l’ambassade les derniers américains, le gouvernement du Sud Vietnam se rendît. Les communistes qui avaient commencé leur guerre de libération contre les japonais en 1940, ont fini par avoir le contrôle intégral de leur pays unifié. Les américains ont admis avoir perdu cette guerre qui leur a couté 58 000 hommes et des pertes matérielles évaluées en  milliards de dollars, ils ont décidé pour la mémoire, de l’appeler the Lost War (la Guerre Perdue).Une grande partie de vietnamiens qui avaient fui le Vietnam, s’en alla s’installer à Orange County au sud de la Californie pour former la plus grande communauté vietnamienne en dehors du Vietnam.

Cette guerre du Vietnam avait donné au top de l’universalité au moins 2 héros de la dignité humaine. Il s’agit d’Ho-Chi-Minh (Oncle Ho) et du général Giap. Ils avaient combattu successivement, héroïquement, le Japon, la France et Les Etats-Unis. En 1976, Saigon, la ville la plus peuplée du Vietnam sera rebaptisée Ho-Chi-Minh Ville, et le General Giap, le héros entre autre, de Dien Bien Phu et de l’offensive Tet, rentrera dans l’histoire par cette célèbre phrase que beaucoup d’écrits lui attribuent : ‘’L’impérialisme est un mauvais élève, il connait mal l’histoire des peuples’’.

Mais comme les communistes sont de bons révolutionnaires mais de mauvais créateurs de richesse, le Vietnam qui a cru mettre fin à sa misère se retrouve avec l’un des PNB les plus bas du monde. Depuis 1975 à ce jour, rien ou presque n’a été fait. Dans la mentalité des communistes, tout se passe comme disait Laura Ingraham de Fox News,comme si la seule façon de défendre les pauvres c’est de déclarer la guerre à la richesse, ils sont capables de faire la guerre à tout le monde sauf au prix de revient. Le communisme serait une doctrine philosophique qui aide le prolétaire à retrouver sa dignité mais inefficace dans la réalisation de sa prospérité. Le capitalisme lui impose une compétition agressive où tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. Dans un monde ou le loyal l’emporte sur le moral, les hommes se trouvent coincés dans une jungle de lois où seuls les meilleurs en vice et en vertu peuvent relativement se débrouiller. Les capitalistes ont donné une accélération insupportable au train de vie des hommes, mon dieu, serait-on tenté de soupirer, puisque le monde est infini et éternel, on doit le courir éternellement pourquoi donc le courir aussi vite. Notre bref séjour dans ce bas-monde se trouve soumis à une telle fuite en avant qu’on n’a même pas le temps d’apprécier le paysage ou de s’attarder devant les délices de la vie. A en discuter avec les vietnamiens d’Orange County , ils sont, presque, tous unanimes qu’au Vietnam on dit que, même les arbres, s’ils peuvent , un jour, quitter ce pays, ils n’hésiteraient pas à le faire. Ah ! Si seulement, on pouvait vivre à l’américaine et travailler à la soviétique.

Capitalisme ou communisme ? A chacun ses vices et ses vertus, ses avantages et ses inconvénients ; l’idéal serait de trouver un équilibre entre les deux où les vices et inconvénients se minimisent, où les vertus et les avantages s’additionnent. Cet équilibre ne sera possible que quand l’homme aura atteint un certain degré de conscience. Capitalisme et communisme, Einstein les rejeta ouvertement tous les deux, leur préférant le socialisme. Ce qui lui attira les foudres du Directeur du FBI Edgar Hoover et son exclusion du projet Manhattan. Si, aujourd’hui, le capitalisme a tué le communisme économiquement, il n’a pas, pour autant, tué le sentiment égalitariste, apparemment, inné chez l’homme. D’où la renaissance possible du communisme avec les dérives accumulées du capitalisme au fil des temps. Probablement sous d’autres formes. A titre d’ironie, le Right Wing américain pose la question suivante : Pourquoi la Russie n’est plus communiste ? Réponse : Parce que tous les communistes de Russie sont dans les universités américaines.

Au moment où des efforts déployés à coups de traités avec les soviétiques par l’Amérique pour mettre fin à son épopée anticommuniste, la prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran en 1979 par les islamistes de Khomeiny, imposa à l’Amérique un autre type d’épopée : L’épopée antiterroriste dont le coup d’envoi officiel a été donné en septembre 2001 au sacrifice de Twin Towers. Est-ce de cette epopée que voulait parler, autrement, le film tourné en 1968 par Stanley Kubrick, intitulé ‘’2001 : Odyssee de l’Espace’’. Si oui, attachons nos ceintures pour un spectacle hors du commun, des hommes et des singes il y en aura.

Rachid C.

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