La révolution sociale aux Etats-Unis (Part III)

 

 

La décennie 70 : La politique devient personnelle

Jimmy Carter

L’incapacité des politiciens à résoudre les problèmes sociaux qu’ils avaient amplifiés à travers les conflits militaires a contraint la politique à céder du terrain à la pop culture. Un match nul contre la Corée du Nord et une guerre perdue contre le Vietnam, toutes les 2 payées cher en budget et en vies humaines, ont, à un certain degré, saccagé le moral de l’Amérique. Le communisme qu’ils avaient combattu sur d’autres continents sous-prétexte de ne pas avoir à le combattre à San Diego, est venu s’installer à 150 km de la Floride. Le souvenir du fiasco de la Baie Des Cochons qui avait propulsé Fidel Castro au niveau de star mondiale devait continuer à être vécu comme une humiliation pure et dure par toute l’Amérique. Durant toute la décennie 70, faute de convaincre, la politique devient personnelle.

 

La foi en la politique et en la puissance de l’Amérique a cédé sa place à la foi religieuse et au mysticisme. La liberté tout azimut adoptée par la génération GAP a eu son implacable revers de la médaille que certains aimaient designer comme une « Overdose de Liberté ». L’invention de la pilule a fait pulluler le sexe. Tout comme manger, boire et dormir, la sexualité devient bestiale sans l’art de la faire. La révolution des mœurs qui a conduit au « sex machine » et à la pratique de la sexualité en groupe avait résulté en des maladies vénériennes qui ont poussé les hippies à repenser leur modèle philosophique de la vie et trouver, toujours, dans le cadre de l’anti culture, un moyen de se repentir devant la providence. Jadis, pour échapper à la pression sociale, ces hippies avaient étalé à l’infini leur espace de liberté en se débarrassant de toute forme de barrière morale. Faute de nouveaux repaires pour leur nouvel espace, le concept de liberté leur a échappé au point de les égarer. Cette catégorie de hippies qui a osé braver l’autorité de l’Uncle Sam avait sauté de l’autre coté du cheval pour, curieusement, tomber entre les mains de dévots. Elle avait rejoint les Close-Knits Groups, des groupes religieux basés sur l’extrême dévotion, la discipline et l’isolation totale de la famille et des amis. Façon de dire que la plus simple façon de mieux contrôler son espace, c’est de le restreindre. Des parents organisés en Anti-Cult Movement étaient souvent contraints d’embaucher des « déprogrammers » pour tenter de soustraire leurs enfants à ces groupes de culte et les ramener dans le courant normal de la société (mainstream).Les églises désemplies au profit des philosophies orientales, commençaient de nouveau à se remplir au grand bonheur des conservateurs puritains. C’est Jésus, lui-même, qui a dit « ceux qui ne me rejoignent pas s’égarent ». Le retour à Dieu est un retour à soi, si vous ne savez pas pourquoi Dieu a choisi un tel chemin pour vous, lui, il sait. Votre salut dépend de votre capacité à suivre docilement et sans zig-zig la voie que dieu a tracée pour vous. Le triste incident mystique de 1978 à Jamestown, en Guyane, qui a vu plus de 900 disciples de Jim Jones s’être donnés la mort, a révèle à l’Amérique la puissance des cultes et l’efficacité de leur brainwashing (lavage de cerveau).

L’ énergie perdue dans les discours politiques aussi pointilleux qu’inefficaces a été récupérée par la pop culture et investie de façon plus naturelle dans la dynamique sociale. Sans rien céder de son histoire déjà démesurée, le Rock&Roll poussa d’un cran la colère populaire qui se traduira par la Punk Music. Ainsi les Ramones imposèrent leur style aux Etats-Unis à la manière des Sex Pistols en Angleterre. Le Beattle George Harrison, remis sur scène par son meilleur ami Eric Clapton, a réussi à réunir à la barbe des politiciens, dans un mémorable concert de Rock&Roll, de grands artistes de par le monde pour aider à soulager le Bangladesh en détresse. Et dés lors, la pop culture trouvera une honorable place dans le vide laissé, d’un coté par les discours rhétoriques des politiciens en quête d’une image de marque électorale et de l’autre, par les vœux pieux des évangélistes déconnectés des réalités terrestres. Dans une société rongée par la plus value, il y’avait urgence de cultiver le coté cœur de L’Amérique. Cette vie artistique a conduit à une prise de conscience chez les riches pour le désir de se débarrasser de cette image de Gargantua que leur a collée la vox populi depuis l’époque des barons-voleurs. Des programmes d’assistance aux pauvres financés par des particuliers dépassaient parfois l’aide gouvernementale. Même les stars hollywoodiennes étalèrent leur générosité à coups de millions de dollars pour cesser de paraitre dans leur écran comme de simples bibelots dans une alléchante vitrine. Que le beau soit toujours le camarade du bon, disait La Fontaine. Le cinéma déserté par la génération GAP regagna sa place dans la société en s’impliquant de façon plus réaliste dans le quotidien des hommes. De talentueux directeurs et réalisateurs comme Martin Scorcèse, Francis Ford Coppola, Woody Allen et Steven Spielberg ont réalisé des classiques à succès sensationnels (blockbusters) qui ont réussi à détourner de nouveau l’intérêt public vers le 7 eme art.

George Harrison

La décennie 70 s’est terminée en queue de poisson pour le président démocrate Jimmy Carter. L’invasion de l’Afghanistan en 1979 par les soviétiques et la prise, la même année, pendant 444 jours de 52 otages américains à l’ambassade Américaine de l’Iran de Khomeiny a montré les limites du champ de manœuvre de la puissance américaine dans le monde. Le communisme qu’on prévoyait en déclin du fait de son économie moribonde, le revoilà réafficher ses ambitions expansionnistes. Tout juste, à coté, s’ajoutait un volcan qu’on croyait éteint. Un volcan intégriste de la dimension d’un empire. Ces 2 empires de l’est, tous les 2 liberticides, chacun à sa manière, de la même manière qu’ils se confrontent entre eux, vont confronter le grand empire de l’Ouest qui place la liberté comme une vertu morale sans laquelle l’homme en tant qu’être humain ne peut se considérer comme tel. « Be Free Or Die » ! Était le slogan de l’Amérique durant sa guerre de l’indépendance contre l’Angleterre.

Une guerre entre 3 empires sans alliance, 2 de l’est et un de l’ouest, c’est du déjà vu dans l’histoire : Au commencement, il y’avait l’empire byzantin à l’ouest confronté à l’empire perse à l’est pendant au mois 3 siècles, puis vint l’islam pour lancer son empire au sein même des 2 empires ennemis. Si on met, aujourd’hui, Ben Laden à la place du prophète, l’empire soviétique à la place de l’empire perse, l’Amérique et l’Occident à la place de l’empire Byzantin, on aura ce qui ressemble à s’y méprendre à une sorte de play-back de l’histoire. A en croire Nosrta Damus, une guerre entre civilisations aura bien lieu et les moins civilisés, autrement dit les barbares gagneront la guerre et ça sera le règne de l’anarchie. Mais en nom de la liberté, les américains qui disposent du nucléaire, se disent disposés à sacrifier la moitié des habitants de la planète pour que l’autre moitié vive libre. Une autre option pour les terriens qui arrangerait certes Satan mais pas Dieu et les anges.

Comme la mission des extrémistes musulmans est d’islamiser la Terre entière, conformément à un passage coranique qui dit que la Terre sera habitée par les plus pieux de ses hommes, il ne semble pas y avoir de place pour le juste milieu. Après sa victoire sur le Sud, Lincoln s’adressa aux américains dans un discours célèbre sous le nom de Gettysburg Address et connu pour être le discours présidentiel le plus court de l’histoire de l’Amérique, comme ceci : “A nation of the people, by the people, for the people will never perish from the Earth” (Une nation du peuple, par le peuple et pour le peuple ne périra jamais de la Terre). De son coté, Ben Laden disait qu’avec peu de moyens et beaucoup de foi on peut venir à bout de n’importe quelle puissance. Dans ce bras de fer qui tient en haleine l’humanité, le dernier mot revient à celui qui insistera le plus. Et comme on peut le remarquer, rien n’insiste et persiste plus que les extrémistes musulmans. Ils travaillent comme de la rouille. Quand la rouille s’attaque à un métal elle finit par le ronger avec une rapidité proportionnelle au degré d’oxydation de ce métal. Car comme disait le chanteur de la folk music, Neil Young, the Rust Never Sleep (La rouille ne dort jamais). Le salut pour le monde libre serait-il, alors, de trouver un modèle de démocratie inoxydable ?  (A suivre)

Rachid C

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