Chawki Amari parle du 13eme anniversaire de la mort de Matoub Louenès

CHRONIQUES POINT ZÉRO

Chanter tue

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

Chiffre porte-malheur ou pas, c’est quand même la 13e commémoration de la mort de Matoub Lounès et toujours pas d’avancées sur ce cas emblématique des années de terrorisme. L’Algérie officielle vit encore à un rythme de tortue asthmatique qui prend son temps en aspirant l’oxygène des autres, repoussant tout et n’importe quoi pour ne pas avoir à travailler, admettre et se justifier. Pourquoi 25 ans pour un métro, un siècle pour une démocratie et 13 ans pour un procès ? L’explication tient à un genre de profonde paresse intellectuelle doublée d’un mépris royal pour tous ceux qui attendent, divisant l’Algérie en deux entre ceux qui patientent et ceux qui possèdent l’heure, ces derniers étant généralement aux commandes.

Dans le cas du chanteur kabyle, le report perpétuel du procès de son assassin est bien sûr lié aux obscures circonstances du meurtre, le régime n’ayant jamais aimé les procès politiques, étant lui-même le premier suspect dans toutes les mauvaises politiques. Evidemment, ce report n’aide pas vraiment la situation à se normaliser. Qui refuse cette normalisation ? Le régime, encore coincé dans un anti-kabylisme primaire, allergique aux lois et à la justice, manipulateur sans conscience et calculateur sans humanité. Un procès aurait le malheur, pour lui, de rappeler à tout le monde sa nature. Un chanteur, farouche opposant au régime, se fait assassiner ; un suspect présumé est torturé pour qu’il avoue en être le responsable et son procès n’est toujours pas fixé au bout de 13 ans.

A travers ce cas d’école, tout l’historique des pratiques du régime apparaîtrait. Un chanteur assassiné est toujours quelque chose de dramatique. Dans le cas de l’Algérie, il aura été assassiné deux fois, la seconde étant peut-être la plus cruelle. A qui profite le pourrissement ? Celui qui détient la réponse à cette question est soit en exil, soit officier au DRS. Soit il est déjà mort.

Chawki Amari (El Watan)

3 comments for “Chawki Amari parle du 13eme anniversaire de la mort de Matoub Louenès

  1. June 29, 2011 at 14:49

    Webmaster, I am the admin at SEOPlugins.org. We profile SEO Plugins for WordPress blogs for on-site and off-site SEO. I’d like to invite you to check out our recent profile for a pretty amazing plugin which can double or triple traffic for a Worpdress blog. You can delete this comment, I didn’t want to comment on your blog, just wanted to drop you a personal message. Thanks, Rich

  2. June 29, 2011 at 15:06

    Buddy I really get a kick out of your WordPress blog. I linked to your blog on my site about the PSP-3000 so my visitors will look at your site also.

  3. Ameziane
    July 27, 2011 at 15:52

    L’Affaire Matoub: l’internationalisation s’impose!

    Dans cette affaire, le DRS avait agi par association: il a impliqué le RCD. La nouveauté du Régime militaire, et son bras armé le DRS depuis la “l’ouverture contrôlée” de 1989, est d’associer se alliés et valets dans ses besognes sanguinaires et propagandistes: le Coup d’Etat de 19892, l’interruption du processus électoral, la répression qui s’en est suivie, les massacres et autres crimes et forfaits des Généraux, nos faux-opposants et pseudo-démocrates ont été mis à contribution dans les médias nationaux et occidentaux, dans leurs démonstrations et démonstrations, déclarations et écrits, etc.
    L’internationalisation de cette affaire est inévitable, comme seul et dernier recours, car les divers Clans mafieux du Régime militaire sont unis et soudés dans ce cas d’assassinat politique….
    Il n’y’a pas de justice sous la Dictature militaire. C’est la justice aux ordres des Généraux criminels et mafieux. Ce serait naïf d’attendre quelque chose de positif de ces Généraux sanguinaires qui tiennent le pouvoir par la force répressive, les manipulations et provocations.
    Il est temps d’adopter une autre « production de discours», un “discours direct, radical, offensif”. C’est le seul discours qui mobilisera et aidera à «la prise de conscience» contre «l’ennemi commun» qu’est ce Régime criminel, La Junte mafio-militaire, La Dictature sanguinaire qui constitue le “mal originel”, la cause principale de tous les maux, la cause du mal et du pire ! Le démiurge ! “La question du pouvoir” étant la question fondamentale, première, principale! N’en déplaise à nos zygotes extrémistes!
    Un texte collectif, sous forme pétitionnaire en guise de « sommation de communiquer » ou “MISE EN DEMEURE” doit être adressé à ces sulfureux personnages dont les noms ont été cités et associés moult fois dans l’abondante littérature produite sur cette affaire. Les Ait Hamouda, Ferhat, Sadi, Ait Larbi, Khalida Toumi doivent être interpellés nommément par ce « genre d’écrit juridique » qui se pratique en Europe comme procédure normale, émise par des avocats ou huissiers. La formule rédactionnelle doit être confectionnée par des juristes, des journalistes et des militants associatifs, à envoyer par Lettre AR, et diffuser largement sur les sites partisans, militants et associatifs.
    Il est impératif de déjouer le stratagème du Régime criminel qui tente de nous jouer « l’arbre qui cache la forêt », le crime qui cache les crimes, les milliers de crimes, c’est d’ailleurs l’objectif visé par cette justice aux ordres du DRS qui fait trainer, piétiner et patauger cette affaire de meurtre politique…

Leave a Reply

Your email address will not be published.