Les résistants!

De la cime, d’en haut, de tout en haut, l’échancrure de la montagne, elle lui arrive souvent de dormir sur un nuage, les Babors semblaient comme toujours nous narguer de l’œil. De là, la montagne étale son flanc, son flanc aux dorures qui délestait le soleil de son regard, et croule jusqu’à la mer. L’enchanteresse dirait le poète. Les kabyles ont toujours sacralisé l’élément, déifié ses sautes d’humeurs, ils savent qu’ils lui doivent la vie, ils savent qu’’un rien viderait le silo, assécherait la fontaine, attristerait la chaumière.  Aussi ont-ils, depuis des millénaires, dédié les plus sincères de leurs prières, de leurs espérances aux manifestations de la nature.

Paysage d'Aokas: journée maussade, mer agitée.Les villages, les grappes de maisonnées qui trônent aux pieds des Babors et qui se gargarisent des agneaux de la mer que malmènent la vague et le remous tout en dessous, ont quelque chose de miraculeux : elles résistent à l’érosion du temps, l’érosion quand c’est le temps qui moud, abrase, façonne, taille la personnalité d’un peuple, le peuple résistant.  Car, aujourd’hui demeurer intrinsèquement kabyle est un acte résistant, un doigt dans l’œil de l’absurde, un nez à la barbe de la négation, un cheveu dans la soupe de l’ogre…

Azzedine, Azzedine l’artiste, tout à son honneur et comme toujours vaquait de sa solitude et a l’air d’éternellement papilloter de ses muses en attendant de gratouiller sa mandoline, une nuit d’amnésie à l’orée du rideau sonore de Vava Lvhur. Sassi, l’œil humecté, accoudé à l’estaminet, sirote son philtre magique journalier pendant qu’il dégaine sa traversée des cinq continents jadis quand il était un jeune et vaillant marin. Oh! Des anecdotes croustillantes qui t’arrachent des larmes lorsque tu t’apprêtes à quitter ce village des mille et un phénomènes. Lmajid, le fameux Loussfour, l’oiseau de bon augure, flanqué comme à son accoutumée de son sac gonflé de pacotilles, il s’arrête de temps à autre pour soumettre ses cheveux à un nuage pelliculaire; il a le temps de prodiguer un verbe, une phrase, une anecdote, une sagesse. À un voyageur égaré qui cherchait la poste, il répond sans brancher : « Peut-on se perdre dans une rivière? Marche jusqu’à trouver!». Une rue commerçante et pas deux. Trouve alors! Sur les barreaux, des arbres y ont à nouveau poussé, tant mieux, des jeunes bien nippés et aux cheveux brillantinés s’adonnent à la chasse des perdrix. Un regard aura bientôt prétexté une traque civilisée. Chez Zahir, dans le berbère, le café ou l’estaminet, un autre lieu de mémoire d’Aokas, des enseignants, des ouvriers, des chômeurs, des étudiants rêvent de changer le monde, de grignoter un peu de ce bleu azur à l’horizon. Tous, ou la plupart en tout cas, rêvent d’un pays où il fera enfin bon vivre; un état-nation comme dirait un ami communiste où l’on s’empressera à s’arracher des bras de Morphée, le sommeil que d’aucuns, eu égard à la friperie politique d’Alger, veulent définitif. Comme notre ami Laayachi, un jeune rêveur qui souriait comme il respirait, qui s’était immolé pour ne pas assister à nouveau à l’infâme. Notre village en est triste, la rue commerçante ne répercute plus l’écho mélodieux de son : « Aya Kawkaw! Cacahuettes! Cacahuettes!».

La mousse impénétrable du café dans la tasse quelque peu égueulé accueille une autre bouche. L’ami ne me demande même pas l’autorisation. Goulûment qu’il y boit. Un café comme un lieu de rencontre pour définir une patrie. Algérie. Kabylie. Car, aucune arrière pensée, mon ami croit que c’est comme ça et il a plus que raison. Aokas serait autre sans cela.  Hcen, dans le café attenant prodigue inlassablement son anti-culture. Subversif comme une armée, il n’a cure du temps qui a son empreinte indélébile sur ses flancs. Malicieux, intelligent, fécond, il explique à bon entendeur que la Kabylie est trahie, l’école usine la péremption, les politicards fabriquent du consentement. Le Noam Chomsky du village!  Les enseignants, de jeunes passionnés pour la plupart, empêchent le manuel scolaire taillé à la barbe de l’histoire d’atteindre la quintessence de nos enfants. La plupart sont à l’orée du départ, ils n’en peuvent plus de ces islamistes qui pullulent. L’exil, la lâcheté guetteuse. Oh! Nous en sommes tous concernés. Mais, chapeau bas pour votre travail contre l’amnésie, pour remembrer le fracas. 

Le platane, cette soupente de notre mémoire, affiche ce jour là la mort de l’un de nos enfants. Un jeune homme noyé du côté du Lac sans fonds. Il était me dit-on une lumière d’humanité. Que dieu ait ton âme cher ami, cher voisin, cher cousin. Aux funérailles, mon oncle me raconte une histoire : un milliardaire malade qui n’a aucun visiteur dans sa chambre à l’hôpital. Pire, à son enterrement, me dit-il encore, il n’y en avait que trois voitures noir métallisé. C’est vous dire la solitude. Avait-il ou était-il maintenant? Non, maintenant, à l’épicentre de l’ultime vérité, les hommes disent : qui était-il? Ce qu’il avait est d’emblée poussière, car, le pauvre, combien de mémoires se donneront-elles la peine de l’évoquer? Pas beaucoup, pour sûr.

Le lendemain, une autre affiche, 93 ans, dit-elle, sauf qu’il s’agit d’un grand homme qui a combattu corps et âme pour libérer son pays : « Ah! Si le colonialisme pouvait revenir, dit Lousfour, il s’outrerait de ce qu’a fait de nous l’indépendance! ». La maman d’un ami aussi est partie réclamer son lot du ciel. De l’exil, il a enfourché l’oiseau mécanique et a vu sa mère avant qu’elle parte. Il était triste mais s’est dit qu’il l’a vue quand même. L’exil, notre lâcheté je vous disais.  

Les tchatcheurs sur le web tendent des rets aux cartes de résidences. Partir! Disait Ben Jelloun. Les mariages, revers du platane de mauvais augure. Tout le monde se marie. Les femmes se gargarisent de youyous assourdissants, taquinent le mari et l’épouse, la décence kabyle d’annoncer la nuit torride et Ô combien méritée. Les cortèges jonchent les rues, les rues double-six disent les phénomènes de Lota pendant que des militants s’ingénient à nous expliquer que ce n’est point du ressort de nos élus. Ils ont peut-être raison, la Kabylie, a dit Saïd Sadi à la conférence, se doit d’expirer pour éteindre l’ultime velléité démocrate au pays, l’ultime soubresaut révolutionnaire. Mais, elle n’expire pas, loin s’en faut, les enseignants, les berbéristes, les autonomistes, les femmes,  les honnêtes gens, les honnêtes entrepreneurs, directeurs, ouvriers, mâcons, serruriers, fellahs, etc., bref, ceux et celles qui empêchent le pays de totalement chavirer, je vous disais.

Il y a les revenants, pas de l’au-delà, ceux qui voient et ne voient que la poussière, que les mauvaises choses, il y a ceux qui se raffolent de l’étreinte de l’être cher, qui essayent d’aider du peu qu’ils puissent, qui intègrent le pays de l’enfance. Quel est géographiquement le meilleur pays au monde? Il n’y en a pas. Le meilleur pays du monde transcende toutes les considérations sociologiques, mythiques, historiques, politiques. Eh bien, immanquablement, le meilleur pays est le pays de l’enfance. Le pays qui a la mémoire de nos chairs, l’empreinte de nos escapades, l’insouciance de nos égarements, le rire de nos dix et vingt ans, la correction du parent, la réprimande du cousin ou de l’oncle. La patrie est la mémoire, et cette mémoire aucun homme au monde, fut-il le plus grand tyran de l’histoire, ne peut l’extirper de nos méninges; il ne peut l’en chasser…

Et toi pourquoi tu ne pars pas? Le fis-je exprès à un ami. La terre et le sang, me dit-il. Il m’en a cloué le bec. Il est heureux. Le matin, tôt le matin, épaulant son fusil de chasse, mille et un stratagèmes pour qu’atterrisse une perdrix ou un lièvre le soir dans la poêle de la smala. Je lui ai dit qu’il n’y avait aucun pays au monde qui peut t’offrir ce gâteau de bonheur. Il le savait. Aux eaux aurorales, quand accouche la nuit de son jour, on entend déjà son cri galvanisant son chien chasseur. Flambeau, s’appelle-t-il. Flambeau sautille, renifle, traque une piste, enfonce le museau en glapissant dans le buisson rugueux.

Des associations militent. Des hommes qui apportent leur tantinet de savoir pour que l’on puisse sacraliser enfin un arbre, vivre pleinement ses convictions, arracher à la laideur des pans de beauté. Chacun y va du mieux qu’il peut. Les résistants contre l’amnésie. Ils ne veulent pas partir ceux-là, ils se sentent investis d’une grande mission. Mon dieu, que serait la Kabylie sans ces gens!

Une déchetterie au bord de la vague, volonté délibérée, dit encore Sadi, et la rumeur colportée aux quatre vents : il y en a un anaconda. Les plus superstitieux jurent l’avoir vu ou entrevu. Les déchets et résidus se soulèvent à son passage,  parait-il même qu’il a dévoré une brebis, non! Une vache! Oh! Mon ami l’enseignant, a sa trouvaille cependant : «Il y a deux sortes d’anaconda, ceux qui t’épargnent quand ils trouvent ton goût fade et ceux qui te dévorent même fades et insipides. Les braconniers, les corrompus sans scrupules! »

Saison des prunes, des poires, des pommes et des fraises. Les arbres et les plantes ploient sous la charge des fruits. Un panier a vite gratifié le voisin qui n’a pas l’arbre pourvoyeur. Nous tissons la toile de notre patrie. Donner parce qu’il le faut. Ce n’est pas vrai, les gens ne sont pas tous individualistes et rancuniers. La vie bat, quoi que l’on dise, son plein. L’exilé occupe un piédestal, en juge et oublie que l’exil a insidieusement et inconsciemment vermoulu l’objectivité de son regard.

Sourire luné et regard où larmoie une chandelle, grand-mère m’amadoue et me dit que je n’étais jamais parti. Étreinte de sœurette, retenue de père et charge émotionnelle incommensurable de mère, ma patrie m’annonçait à mon enfance, me vouait à mes eternels paysages; verdure avec l’or qui assèche la cime de l’herbe, potager familial où les légumes prêchent la parole du parfum comme nulle part ailleurs; une tomate échancrée, mon dieu! Elle me nargue de ses eaux juteuses et abondantes, le parfum des sulfates mordore encore sa peau. La galette au feu, le feu aux moignons qui crépitent, toute fumante, guette le festin. Aucun repas au monde n’égale ce repas frugal. La gastronomie des sentiments! L’odeur me noyauté, emprunte un parcours inédit, comme dirait Kadou, donne de la patte à droite et à gauche, s’étale dans le corps, le cerveau. Je mange ma Kabylie pour renaitre de la société de consommation où le légume à un goût caoutchouté : «Ne mage pas trop! Dit mère, il y a de la sardine à midi». La sardine de chez nous est une autre page dans la littérature du goût.  

            Les estivants arrivent, affluent de partout, des garages vétustes accueillent par dizaines, tout est bon pour se faire un peu d’argent. Commencent les embouteillages monstres, les parkings, dit un taxieur, Bejaia à 20 kilomètres est à la portée d’un véhicule après  3 ou 4 heures de colères, d’invectives, de querelles, de forte adrénaline. Tout est fait pour qu’étouffe la Kabylie. Vas-y voir du côté des wilayas contigües. Les tunnels et rues de Jijel font oublier que l’on est à quelques coudées de la Kabylie. Idem pour Sétif. La Kabylie est victime de son insoumission.  Saïd Sadi a dit que toutes les wilayas consomment les enveloppes allouées à leur développement hormis bien entendu les wilayas indomptables et insoumises. L’ami! Tu payes cher tes vocations Katebiennes et Mammeriennes.  Tu payses cash ta haine des lampadaires!

             Dans les funérailles de la mère de mon ami, que dieu ait son âme, la discussion accoste en Palestine. La terre est-elle vraiment à elle? Israël est-il un état fondé religieusement? Quelqu’un, un chrétien convaincu, nous explique qu’Israël est dans son droit. Et la Palestine? Lui avons-nous dit. Les évangélistes sont convaincus de l’Armageddon. Que penses-tu du christianisme? me dit-il. Bien entendu, chacun a le droit d’être ce qu’il veut, mais je pense sincèrement que l’évangélisme et l’islamisme sont dangereux pour notre société. L’évangélisme est pour le christianisme ce que l’islamisme pour l’islam. 

            Dans la librairie Gouraya, la librairie du premier étage comme on aime dire, sur la grande rue commençante de Lekhmis, il y a de tous les livres; des classiques, de la philosophie, de la sociologie, de la littérature pour adultes et pour la jeunesse, sauf que… Le livre y coûte deux sacs de semoule. 2000 à 4000 DA le livre. Comme il n’y a aucune politique livresque au pays, les amoureux du livre y vont de leurs propres moyens : 15 euros, 1500 DA donc! Pourtant, des lecteurs, il y en a. L’édition Barzakh y fraye un tant soi peu son chemin. Mohamed Arkoun y coûte grâce à l’édition 500 dinars. Bravo. Comme quoi qu’il importe encore pour d’aucuns de diffuser du savoir. L’édition publie aussi de jeunes auteurs pour ceux intéressés.

            En sortant de la libraire, une affiche clouée à un arbre me tape à l’œil : le mardi prochain, à la maison de culture, une troupe théâtrale d’Iferhounen présente une pièce intitulée Inayas Jeddi (grand-père a dit), tirée de La guerre de deux mille ans de Kateb Yacine. Qu’à cela ne tienne, me dis-je, j’y serais, elle est gratuite en plus, autant en faire profiter la famille.

Mardi. Le soleil fore de son plomb dans les têtes, une canicule qui dit-on avoir emporté des vies ce jour-là, nous avons loué une voiture, 17 heures, l’heure de la pièce semble tellement lointaine que les arbres auront tout leur temps pour se dénuder de leur dernier feuillage. Il fait dix milles degrés en conjuguant le béton, la poussière, les voitures, les colères et les mensonges des boutiquiers. 17 heures enfin, dieu merci, la salle est climatisée pourtant mi-vide. Le metteur en scène nous explique, avertit les âmes sensibles de quelques minutes qui peuvent heurter. Vous l’aurez compris, les minutes quand les arabes conquièrent l’Afrique du Nord, la Berbérie, la Numidie. Kahina, enfin Dihya, dit que son dieu est terre et est à portée de ses sens.

La pièce est magistrale. Le metteur en scène retrace deux milles ans de notre histoire; l’antiquité, les romains, les vandales, les français, les turcs, les guerres, l’indépendance, le multipartisme et enfin la cacophonie. Le génocide qui effeuilla notre partie de ces meilleurs fruits : Djaout, Boussebsi, Medjoubi, Matoub, Alloula, Lyabès, Yefsah, etc. Kenza, la fille de Djaout, y était belle. Les actrices aussi. Elles étaient exquises dans leurs robes kabyles avec leurs voix suaves et leurs crinières au vent. Les applaudissements étaient rythmés, chaleureux, jusqu’au passage indiqué. Juste une vingtaine de paires de mains. J’ai compris le baromètre de l’applaudissent. L’impensable et l’impensé dans la société musulmane comme disait le penseur Mohammed Arkoun. Les acteurs de la troupe encensaient le meilleur en eux, tant et si bien que Massinissa, Jugurtha, Kahina étaient à la portée de notre imagination.

En regardant à gauche et à droite, je vis des vieilles, de jeunes femmes, des hommes, les larmes aux yeux. Le metteur en scène a creusé dans le cyclone de notre histoire et en a extrait la quintessence qui fait de nous ce que nous sommes. Le bruit des sabots, les chants dans les moissons, les épousailles qui fortifiaient les liens, la démocratie dans les Djemââs. Jugurtha était à notre portée, nous le voyions qui chevauchait son étalon sauvage sans selle et qui empoussiérait la colline et la plaine partant défier Rome, Rome la despote.

Un jeune homme à côté de moi a applaudi tout le long de la présentation sauf quand Dihia exaltait sa confession païenne, une terre déifiée qu’elle disait pouvoir toucher, embrasser, voir. Était-ce de la faute du jeune homme? L’école qui programme la négation de soi.  Le rideau s’était fermé sur une ovation de reconnaissance et de dénouement. Nous savons d’emblée que des hommes et des femmes perpétuent Jugurtha. C’est plus que rassurant.

En sortant de la salle, sur la cour de la maison de culture une exposition de peintres qui peignaient en direct. Des centaines d’œuvres  parait-il destinées pour la maison de culture qui a pris en charge les artistes. Ouchene Smaïl y magnifiait des morceaux de toiles et y faisait parler la nature comme a fait parler Michel Ange son Moïse, la statue célèbre.  Du reste, notre grand peintre et sculpteur a fait don de l’une de ses œuvres à Saïd Sadi qui était ébahi par l’intervention du peintre-sculpteur. L’Algérie vivra grâce à vous, répondit le chef du RCD.

Il était déjà tard, la brunante ensanglantait déjà l’horizon, sur la rue nationale menant à la maison, des boutiques jonchent les bords.  Autant profiter d’une glace de par la chaleur torride. Tichy, la dévastée par le béton, survit de son bleu mordoré dans la mer qui s’étire, paresseuse, au dessous de nous. Des jeunes s’y barbotent, chutent des rochers noirâtres qui salivent d’écume. Plus aucune trace de l’événement récent quand on a chassé les bars à prostituées. Une autre épineuse question. Doit-on se prendre à la prostituée ou à la mafia? Deux visions s’y affrontent. Le phénomène est endémique, grave, pathologique, pourtant, je crois que la faute n’est pas à la prostituée mais à la mafia ce que vous voulez…

La rue double-six du village guette, défie les conducteurs, un hoquet que le mécanicien accourt. Les autorités n’en ont cure, toujours l’argument du qu’est-ce que faire. Les camions, les pelles, la terres, tout cela existe pourtant… à défaut de colmater avec du goudron prodigué en contre partie de la soumission.

Oh! Que pourrais-je encore dire. Oui, il y a cette chose, enfin cette patrie ou ce pays, l’Algérie. Je l’ai vue, j’ai bu goulument de sa fontaine de jouvence. Pas celle de l’état, celle des politicards, des fripouilles, des voleurs, des pirates, non, celle qui accouche de somptueux paysages. Un crépuscule comme celui, quotidien,  qui verse ses eaux ensanglantées dans notre méditerranée et qui, bien avant, caresse de sa main jusqu’au frisson nos collines et nos montagnes, avant qu’il ne s’affale, extenué mais heureux, derrière la montagne d’Imma Thadrath pour une nuit de torpeur et d’oubli.

La rosée aura déjà enivré la flore, dans les maisons, les discussions sont chaudes, animées, chacun y va de son rêve, de son projet. Demain est le même, même si c’est toujours un autre jour, un autre jour de résistance.  Car, il faudra durer, durer, disait Jean Sénac, et debout.

 

        Lounes. H

 

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