A ces “Bons Pieux” qui nous souhaitent l’enfer

Pour chacune des religions monotheistes, l’enfer c’est pour les autres.

Il est difficile de comprendre pourquoi la plupart de nos musulmans ont le plus souvent tendance à violer la hiérarchie des priorités dans les piliers de l’Islam en accordant une plus grande importance au jeûne plutôt qu’à la prière. Beaucoup de gens dans mon entourage ne font pas la prière, ils draguent, ils consomment de l’alcool, ils trafiquent pour s’enrichir ou traficotent pour survivre, mais dès qu’il s’agit du carême, ils le font, toutefois, sans faire la prière et affichent un certain dédain qui va moralement jusqu’à soutenir la peine de mort à l’égard de ceux qui ne jeûnent pas. Pourtant il nous arrive au quotidien d’entendre ces mêmes jeûneurs de circonstance se plaindre de l’invasion de leur espace privé par des plus pratiquants qu’eux quand ceux-ci leur reprochent durant les 12 mois de l’année de ne pas faire la prière ou de consommer de l’alcool. Ces gens-là souffrent d’un manque de cohérence flagrant par rapport aux gens desquels ils se plaignent. Et moi, personnellement, je préfère un pratiquant cohérent qu’un pratiquant aléatoire.

A titre illustratif, durant le Ramadan 2010, une lectrice du journal Le Matin, du nom de Nabila, vivant à l’étranger, sans évoquer l’importance de la prière dans la vie de tout musulman, et non sans mentionner qu’elle est kabyle, exhibe jusqu’à l’arrogance sa fierté de faire le carême et compte énormément sur le « Bon Dieu » avec un grand B de régler la cravate infernale, le jour du jugement dernier, à ceux qui ne le font pas. On peut lire entre les lignes qu’elle se considère gentille comme Blanche Neige et munie d’ un ‘’cœur blanc’’ vierge de toute forme de mal y compris à l’égard d’une mouche. Mais, puisque, à ses yeux, une mouche serait plus digne de vie qu’un non jeûneur, libre à elle de se penser comme elle se présente. Après tout, la plus pieuse femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a. Confidence pour confidence, libre à nous, aussi, de répliquer que quand on se regarde dans un miroir déformant il y a violation de la notion de symétrie.

Nabila, le Bon Dieu tel que vous le concevez, est un être terrible qui a tous les pouvoirs, qui voit tout et qui ne pardonne finalement pas grand-chose et, qu’en valeur absolue les peines de son enfer sont largement plus importantes que les faveurs de son paradis. Un dictateur mythique comme aucune imagination schizophrénique n’en a jamais enfanté. Mais, puisque le pouvoir absolu corrompt absolument, vous trouvez malgré tout, le moyen paradoxal de l’affecter d’une bonté qui le déborderait. Pour ma part, s’il m’arrive de croire en Dieu, ce n’est certes, pas en celui que vous décrivez. Et je ne souhaite aucun malheur à ceux qui en croiraient autrement. Le bon Dieu est une entité abstraite et il a existé bien avant les religions ; c’est un sentiment intrinsèque qui nous permet de communiquer avec les forces cosmiques. C’est du moins ce que je crois sans exclure la possibilité de me remettre en cause. Je considèrerais l’éventuel fait d’abandonner mes croyances pour les vôtres par peur de l’enfer ou par espérance du paradis comme une véritable corruption intellectuelle. Pour moi, même les animaux sentent Dieu, peut-être, par besoin de se prolonger dans le cosmos et de ne pas se sentir seuls dans cet incommensurable univers parsemé d’étoiles qui brillent pour nous par la volonté de quelqu’un ou de quelque chose. L’expression naitre sous la bonne étoile ainsi que la configuration des signes du zodiaque nous renseignent sur notre instinct inné à vouloir se rattacher au firmament.

Imaginons, un peu, dans la brousse du Serenguetti, un lion qui court derrière une gazelle. Au moment où il met la patte sur elle, et, que, celle-ci dans sa profession de foi animale dise adieu au beau ciel gris, dans son dernier soupir, un coup de foudre descend du ciel, frappe le lion et le tue sur le coup. La gazelle s’en tire miraculeusement vivante avec, au bout du compte instinctif, le sentiment de vouloir remercier le ciel. Elle doit une dette au ciel, une dette qui se traduit par la foi. Idem pour les humains. Vous êtes au 5e étage entrain de regarder à la télé un match de la trempe d’Algérie-Egypte avec une attention particulière. Votre fils de 5 ans est entrain de jouer calmement au balcon avec des jouets que vous aviez mis à sa disposition pour la circonstance. Tout d’un coup, il échappe à votre attention, monte sur une chaise, se penche au dehors pour tenter de récupérer un objet flottant dans l’air, mollement tombé d’un des étages au dessus. Vous avez accouru pour le faire descendre de la chaise mais, hélas, vous étiez en retard de quelques centièmes de seconde. Pris par son élan, il effectue dans son déséquilibre une chute en plein sur le trottoir. Vous descendez les escaliers avec une vitesse qui n’a jamais été la votre, avec un espoir de voir se produire le miracle de le trouver en vie. Vous vous frayez un petit chemin parmi cette petite foule accourue à son secours, vous prenez votre fils entre les bras, il ouvre ses yeux et vous regarde comme revenu d’un monde lointain. Miracle des miracles, hormis quelques égratignures au niveau de sa joue, il était effectivement sain et sauf. Vous l’emmenez aux urgences pour vérifier son état de santé intérieur, le docteur vous confirme le bon état de santé de votre fils. Vous n’en revenez pas quand vous vous mettez à penser qu’il y avait des enfants qui sont morts en tombant tout juste de leur lit. Croyante que vous êtes, vous allez accéder à Dieu en récitant quelques versets coraniques, allez voir, probablement, l’imam de votre quartier pour lui demander de vous conseiller, conformément au rite malékite, la meilleure façon de manifester votre reconnaissance à Dieu. Dans pareille situation, un chrétien ferait la même chose avec sa bible et son prêtre, comme le ferait un juif avec sa Torah et son rabbin. Que ferait dans ce cas un athée qui éprouverait les mêmes sensations que vous ? Il se retrouverait, au même titre que vous, avec une dette à payer à quelque chose ou à quelqu’un. Dans le terrible désir de vouloir remercier son sauveur et dans son état de faiblesse que lui procure son sentiment de culpabilité, ses sensations seront tellement aussi vraies que les vôtres qu’il est à se demander si l’athéisme existe vraiment et ne serait-il , en réalité, qu’un artifice de calcul ou une quelconque conclusion philosophique découlant d’un raisonnement logique mais pas vrai. Que ferait, dans pareil cas, l’homme de Cro-Magnon qui ne connaissait ni Bouddha ni Vishnu, ni le dieu des religions hébraïques ? On se trouve tenté de conclure que le sentiment religieux est une réalité universelle propre à toutes les créatures, qui définit le lien naturel entre les êtres-vivants et leur créateur, et que la religion qui diffère d’un peuple à un autre, d’un prophète à un autre, n’est que l’interprétation humaine de ce sentiment religieux. Oui, dans mes tentations panthéistes, j’ai toujours tendance à croire que l’athéisme n’existe qu’en philosophie.

Et, c’est comme ça que, c’est, souvent, dans les moments difficiles que se manifeste naturellement notre instinct de croyance, d’où notre célèbre expression yamnou waqt errâd (ils n’évoquent Dieu que quand il vente). Les prophètes qui font partie des communs des mortels sont venus pour récupérer ce sentiment naturel et pur qu’ils traduisent à leur façon, dans un mélange de dogmes, de rites et de spiritualité pour l’aménager en une sorte de bureaucratie céleste qu’ils serviront aux hommes sous le nom de religion. Les prophètes des religions monothéistes ont défini un dieu qui excelle dans la pratique de la NAMIMA, serait-on tenté de dire. Le même Dieu, sous le nom de Yahvé, se rend, d’abord, chez les juifs pour leur murmurer dans l’oreille qu’ils sont son peuple élu, ensuite, il se rend chez les chrétiens sous le nom de Jéhovah pour leur confier qu’il s’est révélé à eux en chair et en os par Jésus interposé, et, enfin, chez les musulmans, sous le nom d’Allah, où il leur affirme que celui qui pratique une religion autre que l’Islam est, je m’excuse l’expression, entrain de « pisser dans du sable ». C’est à croire que le Dieu des différentes fois hébraïques pratique la doctrine de diviser pour régner. Ce qui explique, probablement, la haine surnaturelle, incurable qui a, de tout temps, géré les rapports de cohabitation des peuples juif, musulman et chrétien. La nature de Dieu ne dépend, finalement, que de la conception de chacun de concevoir le parfait. Ça devient une sorte de projection de soi à l’infini. Si l’on est bon, le Dieu serait un être infiniment bon, si on est mauvais, le bon Dieu serait un être infiniment mauvais. Mais, puisque nos chers pieux version chez-nous promettent de très bon cœur à ceux qui ne font pas le carême de finir dans la rôtissoire suprême, ils font partie de la deuxième catégorie et ils croient en un dieu à leur image, débordant de haine et assoiffé de vengeance envers ses créatures qui lui désobéissent et qu’il avait, pourtant, programmées, lui- même, à lui désobéir. Si vous faites le carême, je vous respecte en toute évidence, mais de là à vouloir en tirer une fierté qui vous la fait chanter gratuitement sur tout les toits, peut s’avérer, de votre part, symptomatique d’un manque de qualités évident. Je vous considère, de ma part comme plus cohérente que celui qui croit mais ne le fait pas, plus cohérente que celui qui ne croit pas mais le fait, et aussi cohérente que celui qui ne croit pas et ne le fait pas, toute proportion gardée concernant le bruit dans lequel vous faites baigner votre fierté qui vous pousse ainsi à vouloir assujettir le monde à votre dose de croyance. Cela me vient de ma façon d’apprécier, ici-même sur Terre, les gens qui vivent en conformité avec leurs idées et leurs croyances. La part du ciel, je la laisse à Dieu qui, vous en convenez, seul, en décidera. Tout le reste, n’est qu’une question de point de vue. Le monde est infini et à chaque homme est affecté un espace dans lequel existe une infinité de façons de le vivre. Ces espaces privés sont interconnectés et notre bonheur, ici-bas, dépend du respect de chacun du code de la convivialité. En toute humilité, je me sens meilleur que vous à partir du moment que c’est vous qui êtes venue m’agresser dans mon espace. De plus, vous trouverez un énorme plaisir à me voir bruler dans un enfer infini, alors que moi, y compris dans les moments les plus bas de mon humanité, je ne pourrai, en aucun cas, vous souhaiter pareil supplice. La moindre piété de votre part exigerait de vous de faire preuve d’un minimum de compassion et de prier Dieu de remettre sur le droit chemin ses « brebis égarées » que nous sommes et de pardonner notre égarement involontaire qui n’est dû qu’à notre façon de voir le monde. Car, après tout, comme disait Aristote, dans la vie, nul n’est méchant volontairement et tout mal dérive d’une ignorance qui se prend pour une science.

Finalement, les prophètes se seraient-ils trompés sur le compte de la configuration métaphysique de l’être éternel parfait à peu près de la même façon que le génie Rutherford s’était trompé sur le compte de la configuration électronique de l’atome ? Ils ont assimilé les rapports entre le créateur et le créé au rapport qui existe ici-même sur terre entre les gouvernants et les gouvernés, où l’art de manier la brosse demeure un ultime moyen de s’acquérir les faveurs du boss. Notre dieu c’est à peu près Saddam à l’infini. Saddam, aussi, ceux qui l’ont applaudi et chanté sa grandeur, il leur a assuré le Ferdous, ici-même sur terre ; ceux qui l’ont contrarié ou critiqué, il leur a fait vivre l’enfer terrestre. Après que Dieu ait créé l’univers en 6 jours, les religieux l’ont condamné à un dimanche éternel où il est réduit dans son fauteuil volant céleste à un simple comptable des erreurs humaines. Connaissant tout et contrôlant tout dans un monde immuable qu’il aurait conçu une fois pour toutes, et menant une vie sans surprises et sans mystères, il doit s’ennuyer à en mourir dans l’infini du temps et de l’espace. Le dieu est présenté comme un être éternel, mais si un jour il décide de mourir ça doit être probablement d’ennui.

La mécanique quantique aurait cessé d’avancer si les physiciens s’étaient obstinés à considérer comme vérité immuable le modèle lagunaire de l’atome de Rutherford. Mais comme la science est dotée de cette géniale capacité de se remettre en cause, elle a abandonné le modèle lagunaire de Rutherford pour adopter le modèle planétaire de son élève Niels Bohr, basé sur le principe des orbitales. Et depuis le modèle de l’atome ne cesse de se compléter à mesure qu’on avance dans la connaissance. De la même façon pour avancer et nous délivrer de cette haine mortelle et incurable qui nous retourne les uns contre les autres, il nous faut de soigner notre propre image pour parvenir à soigner l’image de notre Dieu, lui donner meilleur rôle que celui de comptable éternel. Les religieux de toutes les religions doivent, à l’exemple des physiciens, revoir leur principe de conception métaphysique du parfait pour définir à la lumière de l’expérience des hommes et des civilisations une meilleure façon de définir Dieu et les rapports entre Dieu et les hommes. À l’âge du nucléaire et, avec le développement rapide et incontrôlé de l’armement nucléaire, on a intérêt à ne pas trop se haïr si nous voulons continuer à exister. Si du moins on arrive à ralentir notre haine et à tenir bon, d’ici après l’an 2035, la date, selon la NASA, de débarquement des premiers terriens sur Mars, on pourra espérer que ces marsiens, ex-terriens, développeront, en peu de temps, une civilisation qui leur permettra de venir à notre secours en débarquant ici-même sur terre de la même façon que les américains, ex-européens, avaient sauvé l’Europe du fascisme, en débarquant en Normandie.

Rachid C

1 comment for “A ces “Bons Pieux” qui nous souhaitent l’enfer

  1. maz
    October 23, 2013 at 08:47

    les muzs new look …
    vous écrivez: “Il est difficile de comprendre pourquoi la plupart de nos musulmans ont le plus souvent tendance à violer la hiérarchie des priorités dans les piliers de l’Islam en accordant une plus grande importance au jeûne plutôt qu’à la prière.
    Beaucoup de gens dans mon entourage ne font pas la prière”….

    Je pense que les raisons tournent autour de l’accommodement ,baisse d’efforts ,repos en ligne de mire ,les veillées gavantes est festives sans mesure ,l’ambiance de fête contrairement à la prière ennuyantes qui nécessitent beaucoup de contraintes .

    ce sont des muzs new look ..on adapte la religion au lieux de s’adapter à la religion tellement contraignantes.

    Le musulman à la carte c’est pas une délire mais bien une réalité…
    chacun en fait en fonction de ses envies en respectant que le fait de rester à jeun toutes les autres contraintes on les mets de coté.on dort toute la journée le soir on fait la fête avec les excès et la gâchis alimentaires.
    fête et d’opulence .
    Que la panse éclate c’est cela loi foi des nouveaux mumuzs..

    c’est cela avoir la foi…en se gavant avec tous les excès au nom de dieu.
    Qui dit mieux !!

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