Le Christianisme, de l’Empire Romain à l’Empire Américain.

 

Jesus Christ

Après l’invasion de Rome par les Wisigoths, les autres  tribus germaniques désignées par les romains sous l’appellation ‘’ barbare’’, avaient traversé le Danube à l’assaut de l’Empire Romain, provoquant en 476  la chute de  sa partie occidentale.  Les francs sous Clovis, avaient occupé la Gaule Centrale qui deviendra la France, les Wisigoths, l’Espagne, les Ostrogoths, l’Italie, les Saxons et les Jutes, la Grande Bretagne et, enfin, les plus antipathiques de tous, les Vandales, l’Afrique du Nord. Leur carnage est rentré dans le dictionnaire sous le nom de vandalisme comme synonyme de terrorisme. Comme on ne choisit pas son colon, la Tamazgha  entamera, depuis, son petit signe indien  à recevoir les invasions des tribus les plus viles de chaque espèce. Ainsi, des tribus arabes, elle recevra les Banu Hillal,  de l’Empire Ottoman, les pirates Barberousse, et, de la France, ses va-nu -pieds de  Pieds Noirs.

La désintégration de l’empire romain a donné naissance à différentes nations de différentes tailles qui devraient,  grosso modo, aboutir  à la formation de l’Europe Occidentale d’aujourd’hui. Entre-temps, à Byzance rebaptisée Constantinople, aujourd’hui, Istanbul, fleurissait sous l’Empereur Romain, Constantin Le Grand, l’Empire Romain Oriental ou l’Empire Byzantin. En 1054 l’église de Constantinople, considérant l’égarement de l’Eglise Catholique Romaine, va définitivement rompre avec celle-ci  en prêchant une nouvelle forme de catholicisme : L’Orthodoxie.

La prise de Constantinople par les Ottomans en 1453 avait conduit à la  fermeture de la Route de la Soie aux européens. Ne pouvant s’en passer de leurs épices et de leur soie dont ils s‘approvisionnaient à partir de la Chine et de l’Inde via La Route de la Soie, les européens devaient à tout pris trouver  une alternative à cette route en  contournant d’une façon ou d’une autre l’empire ottoman. Comme le besoin et la nécessité sont,  dit-on, les parents de la créativité, c’est de cette fièvre commerciale asiatique qu’est née  d’abord, chez les portugais, l’idée  d’atteindre l’Inde par les côtes atlantiques africaines. En 1488 le portugais Bartolomé Dias atteignit le Cap de Bonne espérance en Afrique du Sud. Apeurés par les légendes locales sur les monstres marins qui renversaient les navires dans l’Océan Indien, lui et son équipage ont dû rebrousser chemin. Ce n’est qu’en 1498 que l’explorateur Vasco De Gamma reprendra avec succès cette expédition pour atteindre les côtes de Calcutta. Entre temps, 6 ans plus tôt, en 1492, l’italien Christophe Colomb a réussi à convaincre le roi et la reine  d’Espagne de lui financer une expédition qui lui permettrait d’atteindre l’Inde et la Chine  par l’ouest.  Christophe Colomb était mort dans son entêtement, disait-on, d’avoir découvert l’Inde et la Chine. Les futures expéditions ont fini par prouver que les nouvelles terres découvertes par Christophe Colomb etaient au fait inconnues aux européens, elles seront, pour quelques temps, désignées sous le terme Novus Mondus (Nouveau Monde) avant d’être rebaptisées  en 1507 America en l’honneur de l’explorateur italien Amerigo Vespucci. Et que la Terre que Christophe Colomb avait prise pour la Chine s’avérerait n’être  que l’île de Cuba. Comme pour une terre prédestinée à la diversité des cultes, dans l’équipage de Christophe Colomb, il y’avait,  dit-on, parmi la majorité chrétienne  6 juifs et un nombre indéfini de musulmans.

Le vendredi 12 octobre 1492, après deux longs mois de mer, Christophe Colomb pose le pied sur une île des Bahamas.

Affaiblis par les péchés de l’église, le christianisme s’était condamné à une sorte d’hibernation dans les monastères pour aller au fin fond de lui-même se ressourcer en matière de spiritualité à fin de tenter une reconquête du terrain perdu. Il a dû par le passé tricher avec Jéhovah dans le but de séduire par le compromis le cœur des populations païennes en adoptant, contre les directives du Seigneur, certaines de leurs pratiques les plus chères. L’exemple le plus illustre est la date d’observation de la fête de noël. La date de naissance du Christ n’étant pas connue avec précision, l’église avait choisi de la célébrer le 25 décembre pour la faire coïncider avec la fête chère aux païens du Dias Natalis Solis Invicti, autrement dit le Jour de Naissance du Soleil Invincible. Cette fête, considérée par beaucoup comme née de l’influence de la culture païenne  sur l’église catholique, restera officiellement  indésirable chez les protestants américains  jusqu’ en 1870 où elle sera décrétée par le sénat comme jour férié. Comme il m’est presque impossible de parler du protestantisme sans évoquer Saint Augustin, j’évoque, au risque de me répéter ce qui suit : En quête de nouvelle dorure pour redorer son blason, le christianisme avait trouvé en l’évêque de Bône, Saint Augustin, l’artisan nécessaire à son expansion. Envoyé par le pape prêcher le christianisme en Angleterre, il a fini par fonder  le monastère de Canterburry et convertir au christianisme les peuples et le roi d’Angleterre. Son livre Confessions où il a eu le courage et l’honnêteté de révéler ses propres péchés, a engendré un certain culte pour la vérité qui servira  de base à la formation, au 16eme siècle, de l’église protestante qui inspirera l’Amérique  dans son projet fou de réaliser la cité de Dieu qui a fait l’objet du titre du second livre de Saint Augustin.

Le christianisme a continué son petit bonhomme de chemin dans l’obscurité du Dark Age pour devenir sous Charlemagne la religion officielle du Saint- Empire Romain. La prise de Byzance par les turcs en 1453 avait provoqué la chute de l’empire byzantin. Fuyant la persécution,  des grands noms de toutes les disciplines   sont venus s’installer en Italie et plus particulièrement à Florence. C’est de cette ville en Toscane, que des artistes de talent  comme Leonard de Vinci et Raphael avaient réussi à séduire l’Europe au point de la renouer avec  ses habitudes gréco-romaines marquant par là le début de la Renaissance. Certains historiens situent cette époque avec celle de l’introduction en Europe des chiffres dits arabes par l’italien  Leonardo Fibonacci connu aussi sous le nom de Leonard de Pise; un savoir  qu’il avait acquis au 12eme siècle à Bougie  où son père avait résidé comme commerçant  sous la dynastie des Almohade. Ces chiffres, il les a nommés dans son livre Al Abaci , chiffres hindous. Ils deviendront par le temps, chiffres hindou-arabes avant de finir en chiffres arabes, tout court, dans nos manuels scolaires sous l’idéologie baathiste en quête de raisons à   confirmer la supériorité de la race arabe sur les autres races  qu’elle domine. Tout comme Archimède a failli devenir Archi Ahmed. L’alphabet dit arabe qui est aussi celui du  persan, du  kashmiri, du  sindhi, de l’ourdou, du  kurde… est araméen d’origine et plusieurs peuples se le revendiquent.

King James I of England (1566-1625)

Par les temps qui ont couru, un bras de fer tenace s’est développé entre le clergé et la noblesse quant à la gestion des affaires sociales. Pendant que les rois surtaxaient les citoyens pour construire des châteaux à la hauteur de leur puissance, l’église répliquait en amassant de l’argent pour les cérémonies grandioses et la construction des  cathédrales et monuments extravagants  qui n’honoraient en rien la gloire de Dieu. En 1524, un mouvement de protestation dirigé par Martin Luther King s’est soulevé en Allemagne pour protester fondamentalement contre la vente des indulgences et l’extravagance de l’église catholique romaine. Ce Mouvement avait, aussi, exigé que la bible soit traduite dans les langues des peuples auxquels elle s’adresse. Les gens qui ont rejoint Martin Luther King dans leurs protestations ont été appelés les protestants. Ce mouvement s’était propagé à travers la France, la Suisse et la Hollande mais, ça sera en Angleterre  qu’il prendra racine grâce au chagrin insoluble dans le catholicisme du roi Henry VIII. Sa femme Catherine d’Aragon, n’ayant pas pu lui donner un héritier mâle au trône, le roi insista auprès du pape de Rome de bien vouloir délivrer une fatwa chrétienne lui validant le divorce mais le pape refusa. Ce refus a conduit le roi à prononcer son divorce d’avec  le catholicisme  pour épouser le protestantisme qu’il tentera d’imposer  à toute la Grande Bretagne.  Sous le règne d’Elisabeth I une série de guerres a eu lieu entre  l’Angleterre protestante et l’Espagne catholique. Des antécédents entre espagnols et anglais se sont signalés  à maintes reprises dans les côtes atlantiques quand Elisabeth chargea le fameux pirate Francis Drake d’attaquer les riches  cargaisons espagnoles  en provenance du Nouveau Monde. Le roi d’Espagne Philip II qui était aussi Co-monarque d’Angleterre, en bon dévot catholique,  avait tenté de renverser sa demie-belle sœur Elisabeth I qu’il considérait comme hérétique pour la faire remplacer au trône par sa femme Mary I. Celle-ci fut emprisonnée puis exécutée  en 1587 par Elisabeth I après avoir commis des massacres dans les communautés protestantes, qui la feront rentrer dans l’histoire anglo-saxonne sous le nom de Bloody Mary  (Marie la sanguinaire). Son nom est aujourd’hui cité, à peu prés, au même titre que le Grand Lustucru pour faire peur aux enfants dans le noir.

Forte de cette victoire, Elisabeth I poussa plus loin son arrogance en allant supporter la révolte d’une Hollande qui sympathisait avec le protestantisme, contre l’occupation espagnole. Furieux, le Roi Philp II lança sa puissante armada sur l’Angleterre avec la bénédiction du pape Sirius V qui considéra cette invasion comme une croisade contre les hérétiques protestants. Aidés par un temps de chien pour les catholiques et une mer très agitée, les anglais parvinrent à vaincre  la puissante armada  mettant, ainsi, fin au mythe de l’invincibilité de la flotte espagnole. Malgré la bénédiction du pape, Jéhovah, en maitre de la pluie et du beau temps  dût prendre le coté protestant. La reine Elisabeth I continuera à imposer le protestantisme à toute la Grande Bretagne à l’exception de l’Irlande du Sud qui demeurera catholique à ce jour

Les hostilités entre catholiques et protestants, se propagèrent  à travers le reste de l’Europe pour atteindre leur paroxysme avec la défenestration de Prague en 1618 qui déclenchera la guerre de 30 Ans qui  s’achèvera  en 1648 avec le Traité de la Westphalie. La Défénestration de Prague est ainsi nommée pour immortaliser l’action d’un groupe de protestants bohémiens, en colère, qui se rendit au deuxième étage,  dans le château de Prague, balançant  par la fenêtre 2 gouverneurs catholiques. Par  chance, les 2 gouverneurs atterrirent sur un tas de fumier et s’en sortirent sains et saufs. Effectivement, les catholiques  traduiront ce miracle par la sympathie de Jéhovah pour la cause catholique. Pendant cette guerre, s’est illustré le Cardinal Richelieu qui donnera au reste de la planète une raison supplémentaire de ne pas trop faire confiance à la France. En effet, après avoir violemment éliminé l’influence du protestantisme en France, il eut l’idée ou la ruse d’aider les autres états protestants de l’Europe à gagner la guerre contre l’Espagne catholique des Habsbourg, alors première puissance d’Europe. Cette tactique aidera les protestants à gagner la guerre  contre la puissante Espagne et à faire émerger, effectivement, la France comme nouvelle puissance d’Europe. Cette guerre provoquera une migration des protestants d’Europe vers l’Amérique.

En Novembre 1620, le Mayflower débarque à Cape Cod dans le Massachussetts.

Revenons à la Grande Bretagne. En 1600, un groupe religieux, dans une Angleterre déjà protestante, avait exigé du roi James de pousser plus loin ses reformes dans le but de purifier l’église. Ces partisans de la purification seront  désignés sous le nom de Puritains. Parmi ces puritains, il y’avait des radicalistes qui avaient décidé de rompre catégoriquement avec l’église de l’Angleterre. On les appellera, ironiquement, les pèlerins. Le roi leur a offert deux choix : S’intégrer ou déguerpir (Shape in or ship out). Munis d’une foi inébranlable, les pèlerins avaient choisi la deuxième option. En 1620, 102 personnes dont 52 puritains, s’étaient embarquées dans le port de Plymouth à destination du Nouveau Monde à bord d’un bateau qu’ils avaient baptisé  Mayflower (fleur de mai). Ils avaient planifié d’attirer en Virginie à Jamestown où John Smith  avait installé la première colonie anglaise dans le Nouveau Monde, mais les tempêtes avaient décidé autrement. Mayflower avait atterri  à Cape Cod dans le Massachussetts dans un endroit que les pèlerins baptiseront, par nostalgie, Plymouth.  Ils y bâtirent une colonie à partir de laquelle ils lancèrent les principes de fondement de l’Amérique. L’Amérique  les appellera les Pères Fondateurs ou tout simplement les Pères Pèlerins. Ils furent bien reçus par la tribu indienne des algonquins qui les aida à s’adapter à l’environnement américain. L’année d’après, grâce aux techniques indiennes, les pères pèlerins réussirent une bonne récolte. Ils invitèrent ainsi, à titre de reconnaissance pour le Seigneur, leurs amis indiens pour fêter ensemble cette bénédiction du ciel. Ainsi naquit le Thanksgiving  ou le jour d’action de grâce que les américains fêteront très sérieusement chaque dernier jeudi du mois de novembre.

Roger Williams (1603-1683) Fondateur de l’état de Rhode Island et pére de la laicité américaine

Ces Pèlerins  finiront par installer un régime basé sur l’intolérance religieuse pire que celui qu’ils avaient combattu en Angleterre. Ils avaient réclamé la liberté du culte mais tout juste pour eux-mêmes, ils avaient même la corde raide et rapide pour les gens qui n’étaient pas de leur avis, écrivait à peu prés Roger Williams, un respectable puritain pour dénoncer l’intolérance des pères fondateurs. Pour s’en débarrasser, ils décidèrent de le mettre dans un bateau et de le renvoyer en Angleterre. Il réussît à trouver un moment opportun pour fuir le Massachussetts et aller acheter de la terre aux indiens à Rhode Island où il fonda la ville de Providence pour y instaurer un régime laïque où, pour la première fois sur le sol américain, tous les gens de toutes les fois eurent le droit de voter.

Un autre homme, William Penn, qui croyait en la liberté du culte, a acheté aux indiens la terre où il fonda la Pennsylvanie, une colonie qu’il désigna à l’origine à un groupe d’amis appelés Quakers, mais qu’il a ouverte par la suite à tout le monde. Les Quakers étaient chassés partout à l’exception de Rhode Island.  La plus grande ville de Pennsylvanie, Philadelphia, qui signifie en grec Amour Fraternel, symbolisait bien l’amour et la fraternité entre les hommes. Après avoir été derrière l’abolition de l’esclavage,  les Quakers n’ont jamais cessé d’être à l’avant-garde des mouvements  pour la non-violence, les droits à la liberté et à la justice  pour tous dont s’efforce tant bien que mal de faire jouir à ses citoyens l’Amérique  contemporaine.

Cette forme de protestantisme a fini par ouvrir le droit à l’interprétation individuelle de la bible, à peu prés, de la même façon que la démocratie ouvre, en politique, le droit à l’interprétation individuelle de la constitution. Si la démocratie permet l’émergence dans un cadre constitutionnel  de plusieurs  partis politiques, ce protestantisme fera naitre plusieurs congrégations  dont les plus importantes sont les luthériens, les presbytériens, les anglicans, les baptistes et autres dénominations.

Les protestants sont les premiers européens à avoir démarré le peuplement de l’Amérique US. Ils présentent, aujourd’hui, 70% de la population US. L’arrivée massive à la fin du 19eme siècle et au début du 20eme, des populations de l’Italie, de l’Allemagne, de L’Irlande et de l’Europe de l’est a augmenté la population catholique qui ne cesse de se multiplier grâce à  l’arrivée massive des hispaniques du Mexique et de toute l’Amérique Latine. Elle est aujourd’hui estimée à 50 millions d’individus, soit à peu prés,  20% de la population américaine. L’Amérique a élu en 1960 son premier et seul président catholique de son histoire, John Fitzgerald Kennedy, qui sera assassiné à Dallas, en 1963, soit, une année avant la fin de son mandat.

William Penn (1644-1718) fondateur de la Pennsylvanie et de la societé des Quakers.

La religion occupe une grande place dans la vie des américains ; avec, seulement, 12% d’athées et d’agnostiques, l’Amérique est de loin le pays le plus croyant du monde industrialisé. Sans être des fanatiques religieux, il y’a une respectable dose de religion dans presque chaque américain lambda. L’américain travaille dur, les jours de semaines, s’éclate dans les clubs et les discothèques les jeudi-vendredi-samedi  et, le dimanche il se rend à l’église pour donner sa part à Jéhovah. La religiosité de l’élite politique est, par contre, symbolisée par cette réponse de l’ex  gouverneur du Wisconsin, Jesse Ventura à qui on a demandé, un jour, de se présenter aux présidentielles : ‘’Je ne suis pas suffisamment religieux, répondit-il, pour prétendre à la présidence américaine’’.  Il ajouta : ‘’ Contrairement à Bush, Dieu n’a jamais eu l’occasion de me parler’’.

Ainsi va la vie  au pays du slogan In God We Trust. Il reste à savoir, avec  le dollar en déclin, si une éventuelle  chute de Wall Street  ne risque pas de condamner Jéhovah à une sorte d’Exile On Main Street, écho de l’un  des meilleurs albums des sixties qui a fait la grandeur des Rolling Stones.

Si l’empire Occidental avait trouvé sa Renaissance avec l’introduction des chiffres dits arabes, l’Empire Moyen-Oriental trouvera-t-il, peut-être, la  sienne  le jour où il enfantera  son équivalent oriental de Leonard de Pise, qui va convaincre  l’Orient d’adopter l’alphabet latin à la place de l’alphabet dit arabe? Comme ça, l’eau qui s’écrit chimiquement H2O coulera dans le sens de l’écriture.

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