Hannachi, un président cynique, un président collant

 Avec la nième promesse de partir non tenue de Hannachi, nous remettons en ligne cet article que nous avons publié après son dernier passage sur BRTV.( Voir Vidéo  en bas du texte)

El Watan du 07 12 12 a écrit: Eternel comeback. Au lendemain du match nul ayant sanctionné le choc de la treizième journée entre la JS Kabylie  et ES Sétif (1-1), le président Moh Cherif Hannachi a annoncé sa démission après avoir été insulté par des supporters. Quelques jours après, il revient sur sa décision de partir. Le président aurait cédé aux sollicitations des joueurs et de son staff technique. Ce n’est pas la première fois que Hannachi annonce son départ et revient sur sa décision.   

Un cynique est quelqu’un qui connait le prix de tout et la valeur de rien. (Oscar Wilde)

Hannachi nous impose un choix concomitant : pour aimer la JSK, il faut aimer Boutef. Comme à l’époque des  grandes pénuries, où, pour acheter une denrée aussi rare que  la sauce tomate de l’inévitable Souk El Fellah, on nous imposait d’acheter les indesirables bottes en caoutchouc avec. L’astuce était de couler un stock de marchandise invendue et invendable par une marchandise dont la demande excèdait inéxorablement l’offre.

La JSK n’est pas une propriété privée de Hannachi, elle appartient à tous ses supporters en général, indépendamment de leur couleur politique. Hannachi se doit, avant tout, de respecter le sentiment Kabyle et d’éviter tout risque de conflit entre supporters là-dessus. La JSK est un club pas comme les autres. Il incarne, à la fois, une culture et une identité. Si le MCO, l’Entente ou le MCA n’ont pas ce problème, c’est parce que leur identité d’arabe est défendue jusqu’à l’excès par un pouvoir baathiste qui se veut plus arabe que les saoudiens. L’arabité, les algériens  en ont  tellement consommé que ça les fait roter. Quant à notre pauvre identité, monsieur Hannachi, le budget alloué à la promotion de la langue berbère doit être largement inferieur à celui destiné à la construction  et la gestion des prisons  destinées à abriter  « ces faiseurs de grabuge » qui la revendiquent.  Vous voyez à quel point, entre nos compatriotes arabophones et nous les berbérophones, nos destins identitaires sont diamétralement opposés.

Faire dépendre son destin économique  d’un journal comme Echourouk qui fait de ses insultes à notre égard et du mépris pour notre combat sa ligne éditoriale, c’est faire preuve d’un manque de respect évident envers nos revendications et notre sentiment à exister en tant que Kabyles. Sommes-nous, à ce point, masochistes,  au point d’assujettir notre succès à la  « bienveillance »  des ennemis de notre cause, de notre race  et de notre mouvement ?

A vrai dire, monsieur  Hannachi, vous nous avez mis devant un grand dilemme à tel point qu’on ne sait plus s’il est, ou non, de notre intérêt  de supporter la JSK. Surtout quand on sait qu’à travers le succès de la JSK, les plus grands gagnants dans l’affaire sont, avant tout, par votre grâce, Echourouk et Boutef. Sachant que majoritairement, on ne peut se partager avec ces indésirables partenaires  la même joie ensemble, nous voyons, en vous, à travers vos agissements,  un obstacle à l’union de la Kabylie autour de son Landmark de toujours : son club. Au fait, depuis quand les victoires de la JSK sont dédiées au president?  D’une part vous dites que vous ne faites pas de la politique, d’autre part vous confiez notre club à un journal qui ne fait que de la politique, et à un président qui ne sait pas faire autre chose que de la politique, et dont le portrait se trouve en permanence mêlé par votre conflictuelle attitude aux couleurs de la JSK, qui ont toujours symbolisé dans l’imaginaire local, voire national, le symbole de l’opposition au pouvoir central qui s’est toujours entêté à nous refuser ce qui nous revient, non seulement de droit, mais de nature. Ceci n’est pas uniquement valable pour Boutef mais pour toute personne qui représente le systéme contre lequel, par nature , à l’instar de tous les pays du monde, qui se respectent, notre mouvement revendicatif s’ oppose.  Un mouvement revendicatif qui fait allégeance aux autorités centrales est ce type de mouvement vidé de sa substance, si cher aux gouvernants  des républiques  bananiéres où tout se fait dans le sens du poil de l ‘omniprésent dictateur.

Non, franchement avec toutes ces victoires de notre cher club, dédiées à Boutef, par dessus toute son impopularité  dans une Kabylie rendue encore plus  mal à l’aise  avec le sponsor idéologique de ce journal , ajouter à cela, le transfert du terrorisme vers la Kabylie, les tentatives acharnées  de détournement de nos élites… paraît-il, même le combat de l’héroïque Matoub Louenes a failli subir un détournement par le pouvoir à travers les souffrances et l’innocence d’une mère  qu’ on  aurait tenté, à coup de manipulation et stratagèmes  sophistiqués, de  convaincre à  voter pour Boutef,…, on a une  impression qui frôle la certitude que des forces occultes internes à la Kabylie sont recrutées par le pouvoir pour vendre  l’âme de la Kabylie  au diable. En  s’attaquant aux symboles qui ont toujours désigné  notre union et notre force, le pouvoir cherche à vider notre mouvement de toute sa substance. L’âme kabyle est aujourd’hui corrompue, elle perd le poids  dans l’immense tas des considérations matérielles  des pertes et profits. Franchement, on sent qu’il y’ a un comme un nuage dans le ciel de Kabylie, qui n’a rien à voir avec le changement climatique. Monsieur Hannachi,  désolé de vous le dire, il y’a matière  à soupçonner que vous  y êtes, inconsciement ou deliberement, ne serait-ce qu’en partie, pour quelque chose.

Boutef, c’est votre ami, que Dieu vous le garde et  préserve votre amitié  en privé mais, de grâce ne l’associez pas à notre club. Vous avez tué ou, du moins, considérablement affaibli notre mouvement en livrant le noyau de son corps revendicatif aux domptions  par le pouvoir des énergies populaires. Après tout, votre président aussi inconstitutionnel que le contesté Bachar el Assad, n’avait eu,  dans des conditions de fraude à tout- va, qu’un chiffre gonflé, de 30 % des voix en Kabylie. Valait-il vraiment la peine de prendre le  risque de déplaire à 70% des  supporters potentiels de la JSK ? Le jeu, en valait-il vraiment la chandelle ? Seriez-vous cynique, à ce point, monsieur Hanachi, au point de ne  voir, à travers le symbole de la JSK, que le coté matériel de la chose ? Le bon Dieu nous déteste-t-il,  à  ce point, au point de  destiner, à notre cher club, comme  promoteurs  ultimes, des ennemis intimes comme le président Boutef et le journal Echourouk  qui signifie plutôt pour  nous, El Ghouroub ?

Votre cynisme a fait de la JSK une machine réglée à, plus ou moins,  gagner mécaniquement  des matchs, faisant fi du rapport affectif qui a, de tout temps, indissolublement lié, dans une sorte de contrat aussi naturel que moral, la Kabylie à son club fanion. Un contrat que vous avez, à travers votre penchant pathologiquement matériel  et ces alliances que vous nous avez fabriquées contre nature, vidé de toute sa substance. Et maintenant, parmi tout ce beau monde qui  réclame à l’unanimité sa sauce tomate, beaucoup désisteront à cause de ces bottes en caoutchouc que vous avez associées  par concomittance à leur produit desiré.

Hormis votre ardeur et, pourquoi pas, votre amour à la JSK, la seule raison évidente qui peut justifier votre maintien au sein du club, est bien évidemment vos résultats. Si vous continuez à associer le public dans votre allégeance à votre ami le président et à ce journal qui, faute de nous faire lire ses insultes, nous les fait jouer à travers ce club qui n’est pas le vôtre mais le nôtre, persiste et vous  empêche de penser les choses autrement, il nous est légitime, pour nous ,les supporters qui aspirent à une JSK  pure et digne, débarrassée des manipulations politiques , de souhaiter que la JSK cesse de faire de bons résultats, si c’est, malheureusement, le prix à payer pour provoquer votre départ qu’on aurait aimé sincérement ne pas avoir à souhaiter du moment que les résultats parlent pour vous, mais que vous utilisez malheureusement de façon abusive et extrasportive pour nous imposer votre façon réduite de voir le monde. De grands noms comme le MCO, le MCA, Le NAHD et l’ESS  ont été  relégués et ont réussi à remonter aussitôt, avec honneur et dignité.   Après tout, ne dit-on pas qu’un homme est celui qui peut se relever quand son cul est foutu parterre. Et comme un club est fait d’hommes, c’est valable pour le club aussi.

On ne souhaite vraiment  pas en arriver là, mais si monsieur Hannachi, vous n’arrivez pas à comprendre le sentiment  de la Kabylie envers son club, on souhaite voir se payer le luxe de vous voir partir avant  que  pareille chose se produise. Par reconnaissance à vos services rendus, on  vous promettra  de se rappeler, surtout, vos coups de ciseaux du temps où vous étiez stoppeur tout en rejetant vers les zones d’ombre  vos coups de gueule du temps de votre poste comme président. Avec un président  de sa république dans sa mauvaise santé, notre souhait  de voir la Kabylie réconciliée autour de son club, semble plus réalisable que votre souhait de remettre le maillot no 4 à votre cher ami  Boutef à l’occasion de son 4eme mandat qu’il décrocherait  par un play back stimulé de l’histoire électorale, au prix d’extravagants efforts  aussi inutiles que  burlesques contre, éventuellement,  Louiza Hanoune et quelques coureurs de carottes en quête de publicité. Un numéro 4 que vous avez si superbement et dignement porté, jadis,  à l’époque où l’autre icône, Slimane Azem, chantait un certain Mohand (Oukaci) qui avait retrouvé sa brebis égarée, sous un olivier. Ainsi soit-il, l’autre Mohand (Hannachi) nous aidera-t-il, sans grabuge, à retrouver, dans la sérénité, notre JSK perdue dans les interférences politiques à l’ombre  de bien fâcheux sponsors. Ceci dit, notre survivance en dépend, et nous y tenons.

Sans rancune aucune  monsieur Hannachi, votre présence nous honore mais le moral en souffre. Nous avons toujours été désolés pour les insultes à l’ égard de votre personne mais désormais nous ne le serons plus. Comme disent les anglosaxons enough is enough.

Abondonne la gloire avant qu’elle t’abondonne (auteur inconnu)

Message de Mohand ou M’hand à Mohand Cherif:

Anrouh ou qval ma nemsous (s’en aller avant de se déssaler, ou, partir avant de déplaire)

 

 

 

2 comments for “Hannachi, un président cynique, un président collant

  1. djamal aokas
    January 3, 2012 at 23:08

    ya toujours des lecheure de botte.

  2. Nacer de Montréal
    February 16, 2012 at 13:05

    Azul
    Bravo! C,est la meilleure analyse que j’ai lu jusque la sur Hannachi. je ne sais pas s’il va la lire ou pas. il faut penser à lui envoyer le texte par poste. les nouvelles technologies, ce n’Est pas son point fort. la preuve, La JSK ne possède même de site officiel. Enore une autre fois Tannemirt.

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