Les neutrinos de tous les espoirs

 

Plus rapides que la lumière,  les neutrinos, plus rapide que les neutrinos, le Bouraq ?

Un petit rêve de mollusque.

Albert Einstein (Ulm,Allemagne 1879- Princeton, New Jersey 1955). Cette photo date de 1921, l’année de son prix Nobel de physique.

Si un escargot qui ne manque pas de volonté, doté de la seule force de son instinct, et conçu par l’évolution pour ne pas évoluer, venait un jour à rêver de faire le tour de la Terre, on dira, triste rêve de mollusque, que sa durée de vie ne le lui permettra pas. Et si, l’homme doté de la structure  la plus complexe de l’univers, en l’occurrence son cerveau, décide un jour de faire le tour d’un cosmos moins compliqué que lui, serait-il «cérébralement»vainqueur ou  « mollusquement » vain ?

Tout est relatif dans la vie

Dans la vie de tous les jours, quand on dit que le lapin est  petit, que l’éléphant est grand, en physique relativiste ça ne veut strictement rien dire s’il n’est pas mentionné «  le relativement  à quoi ». Effectivement, le lapin n’est pas petit relativement  à la souris tout comme l’éléphant n’est pas grand relativement à la baleine, elle-même pas grande par rapport à l’océan où elle vit. Donc, quand on porte un jugement sur une chose c’est toujours par rapport à quelque chose d’autre. D’où le terme « relativité » pour designer la relativité du temps et de l’espace, ou pour dire, plus  simplement, que, finalement, dans l’univers ,tout est relatif. Selon la théorie de la relativité, justment, il n’existe pas de système de référence absolu.

Si le cheval est plus rapide que l’âne, et que le jaguar est plus rapide que le cheval, et que le jaguar est moins rapide que le son, le son est  cependant moins rapide que la lumière que rien ne peut dépasser ou même égaler en vitesse. La mécanique newtonienne est valable aux objets se déplaçant à une vitesse inferieure au tiers de la vitesse de la lumière, c’est-à-dire 100 000 kms par seconde. Au delà de cette vitesse, la théorie newtonienne cède sa place à la première partie de la théorie d’Einstein dite théorie de la relativité restreinte à laquelle les français associent comme Co-concepteur leur Physicien Henry Poincaré, comme pour sauver un 20eme siècle dominé par les anglo-saxons et les germaniques. Cependant la seule valeur absolue qui existe dans l’infiniment grand c’est la vitesse de la lumière. On ne peut l’atteindre qu’asymptotiquement mais, si jamais, on l’atteint ou  on la dépasse,  comme nous disait un ami modérément  pieux, fala houwa wa qoua illa bi lah pour signifier que les voies du seigneur sont impénetrables . Au sens quantique, la vérité absolue nous est interdite par le principe d’incertitude d’Heisenberg. Bonne nouvelle pour les menteurs, quel que soit notre degré d’approche de la vérité, il y’aura toujours une place au coin pour le mensonge.

Les neutrinos remettent en selle le Bouraq

Avec cette affaire de neutrinos, au CERN, qui dépasseraient la vitesse de la lumière, les religieux doivent bien se frotter la barbe. C’est, pour eux, la preuve par le Bouraq que l’homme peut voyager avec une vitesse infinie. En effet, ce coursier providentiel, avait, selon les musulmans,  transporté le prophète, durant la seule nuit  d’El-Isra wa El-Mi3raj, de la Mecque vers Jérusalem et de Jérusalem,  à  l’autre bout de l’univers  où se trouve le céleste office d’El3arch Er-Rahmane. Il revient dans la même nuit après lui avoir été présenté par l’archange Gabriel, les supplices de l’enfer et les délices  du paradis.

L’idée d’un voyage à la vitesse infinie était donc là. Et les religions, à la barbe de la théorie d’Einstein persistent et signent, jusqu’à nouvel ordre.  Mais, au fait, le terme Bouraq vient de l’arabe el barq qui signifie éclair. Et l’éclair c’est de la lumière, donc doté d’une vitesse dérisoirement finie, conformément à la théorie d’Einstein. A moins, donc, que le 7eme ciel ne se trouve que  quelque part dans les parages de notre système solaire, le voyage serait théoriquement impossible. Mais ne vous en faites pas, les religieux se débrouilleront, car, du fait de la grâce de Dieu, les religions leur offrent toujours une issue de secours. Quand on pèche en eau trouble, on ne laisse pas la chance aux autres de deviner la couleur du poisson qu’on cherche à attraper. Ce qui fait que quand un religieux parle science, il devient insaisissable, il n’a ni complètement raison, ni complètement tort. Là où on lui présente  une issue de secours il y va, tout en s’accaparant, au bout du compte, le mérite de l’avoir vue dans ses  rêves, il y’a longtemps de ça.

Un simple pressentiment de mon prof russe sur l’impossibilité relativiste du voyage

Selon, donc, la théorie de la relativité, la vitesse de la lumière  est égale à 300 000 kms par seconde. Elle représente la vitesse absolue dans l’univers, autrement dit indépassable. Discutant avec notre  professeur russe à propos de cette trouvaille, il l’avait qualifiée  de la plus mauvaise nouvelle scientifique de tous les temps. Et il nous disait qu’il avait un fort pressentiment que c’est faux. Elle tue tous les espoirs de l’homme de voyager, y compris dans sa propre galaxie : la Voie Lactée. Aussi logique que son raisonnement pouvait paraitre, on l’ avait soupconné d’ être dicté par des motivations communistes à l’egard d’ Einstein qui est mort à Princeton avec, à son actif, une “impérialiste” citoyenneté américaine.

Ayant un diamètre de 100 000 années lumières (une année lumière étant la distance parcourue par la lumière en une année), il faut à la lumière 100 000 ans pour  la traverser d’un bout à l’autre. Il faut, aussi,  à la lumière solaire, 2.5 millions d’années pour se rendre chez notre voisine la plus proche, en l’occurrence la galaxie d’Andromède qui se trouve à, « seulement »,  2.5  millions d’années- lumières de notre soleil. L’univers dont le diamètre est évalué  à 15 milliards d’années -lumières, il nous faut, pour le traverser, 15 milliards d’années terrestres !!!

Comparativement aux dimensions,  probablement infinies de l’univers, se déplacer avec une vitesse aussi limitée que la vitesse de la lumière est synonyme d’immobilisme. Notre rêve de voyager aux confins de l’univers  serait donc un rêve impossible !  Même un modeste voyage aux alentours modérément lointains  de notre  demeure cosmique, la Voie Lactée, ne nous est pas permis. Toute théorie, disait notre prof, aussi élaborée soit-elle, qui prévoit de stopper l’homme dans son évolution dans la conquête de la connaissance, est une théorie fausse ou incomplete, non pas par évidence, mais par nécessité. Le mouvement est éternel on doit l’étudier éternellement, disait Héraclite  le grec, au 5eme siècle av. JC.  Et, rien, selon notre russe, ni Newton, ni Einstein ne peuvent arrêter l’homme dans sa conquête de l’univers. Comme disait Omar Khayyâm,  avais-je murmuré, à mon prof pour  son plaisir de paraphraser ce qu’il voulait dire dans un français, un peu coussi-coussa,  « plus je considère les choses de ce monde plus je ne vois qu’insuffisance. Insuffisance depuis l’élève jusqu’au maitre, insuffisance dans tout ce que mère a enfanté ».

Notre prof russe qui avait 60 ans il y’a 30 ans, et  que j’espère ne pas avoir tué avant son heure, a de fortes chances, dans les conditions normales de longévité, de se retrouver  aujourd’hui dans son ultime demeure, quelque part, prés des mammouths sibériens. Il doit, aujourd’hui, bien danser dans sa tombe, en apprenant que la vitesse de la lumière est, à quelques vérifications prés, au CERN (Centre Européen de la Recherche Nucléaire), sur le point d’être dépassée. La formule E=MC² établie en 1905 n’aura finalement dansé qu’un siècle et 6 années.  Ce n’est pas un long chemin, comparativement à la théorie newtonienne qui avait tenu 4 siècles. De Euclide a nos jours, qui aurait cru que des droites paralleles se rencontreraient dans la géometrie de Lobatchevsky. L’ éspace-plan n’existe pas, ce n’est qu’une impression de l’ ésprit étalée sur la miniscule plage de linéarité de l’espace-courbe. En quelque sorte, la sphericité de l’ éspace nous fait prendre notre nez pour le bout du monde.Tout pense à croire que chaque théorie a sa date de peremption.

Une aubaine pour l’esprit religieux

Le Bouraq ou le coursier des prophétes. Souvent representé avec une tête de femme et une queue de paon.

On vous a révélé du savoir qu’une quantité infime, ceux qui croient en Einstein, Einstein est mort et sa théorie avec, ceux qui croient en Dieu,  Dieu est vivant et eternel, il ne meurt jamais, diraient comme d’habitude les religieux, et ce, à chaque fois que la science se remet en cause. Et ainsi va le monde, des taquineries religieuses se nourrit la science et des  “faux pas” de celle-ci ricane la religion, c’est donc, dans ce sens, un détracteur  enfantin mais nécessaire. Là, on quitte Einstein le physicien pour le rejoindre en philosophe quand il  disait que la science sans la religion est boiteuse, la religion sans la science est aveugle. Si Einstein semble s’être trompé sur le compte de la lumière, il ne s’est pas trompé sur la source  de l’obscurité.

Si le Bouraq avait quitté le Rocher de Jérusalem il y’a 14 siècles ou 1 400 ans, à la vitesse de la lumière, il devrait arriver aux confins de notre galaxie dans 86 000 ans. Peut-être, c’est à ce moment là  que les juifs et les musulmans parviendront à déposer le dossier de leurs lamentations au niveau du bureau ultime. Le Bouraq mettra un autre 100 000 ans pour revenir avec le plan de paix tracé par le seigneur via les bons offices de tous les prophètes de la descendance hébraïque. Et, c’est, peut-être, à ce moment là, que les musulmans et les juifs cesseront la guerre  du Rocher pour la  Paix des Etoiles.

Non, là, ma soif de voyager infiniment me fait rejoindre la religion : le Bouraq a dû voyager, je l’ éspére, à une vitesse infinie. Ou peut-être, existe-t-il d’autres formes de voyager.
Einstein lui-même avait senti que le savoir étouffe dans un espace-temps à 4 dimensions ; dans son bras de fer avec Niels Bohr, il a rejeté la fiabilité de la mécanique quantique basée sur des systèmes de probabilités, en lançant dans sa célèbre expression, que Dieu ne joue pas aux dés avec le monde. C’est pour cela qu’il avait affirmé que le savoir est saturé dans les 4 dimensions spatiotemporelles, et qu’ il faut aux physiciens, pour aller plus loin, de se mettre à la recherche de la cinquième dimension.

Une chose est sure, c’est que l’univers ou le multivers est à la portée de l’intelligence humaine tant que rien n’arrête la curiosité de l’homme de savoir ce qui se passe de l’autre coté de la colline cosmique. On sait aussi qu’à la vitesse de la lumiere, la formule de la dilatation du temps offre à l’homme une durée de vie eternelle: une petite minute à la montre du Voyageur de Langevin, c’est quelques milliards d’années dans  le calendrier  de sa fiancée qui l’attendrait au repos, ici-bas  sur Terre.

Rachid. C

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