Obama, Sarkozy, Merkel,… Dieux de la Pluie

Chronique de Barek Abas

 

Le régime algérien, lui aussi, affectionne ce jeu macabre de l’ennemi intérieur. Durant des décennies et à chaque malaise social, toute une région, la Kabylie berbérophone pour ne pas la citer, est accusée de toutes les tares : séparatisme, islamo-arabo-phobie, pion supplétif de la France.

Les dirigeants autoritaires des pays sous-développés en particulier sont connus pour leur imagination débordante à s’inventer des ennemis pour justifier leur maintien au pouvoir. Quand le régime est libéral, l’ennemi est le Rouge, le communiste voire l’Anarchiste. Quand le régime est Rouge, le bouc émissaire est le Blanc, le Capitaliste voire le Royaliste. Quand il est Militariste, toutes les couleurs sont ennemies avant que ce régime ne soit renversé souvent par un autre aussi Militariste. Le cas de régime Théocratique est semblable au Militariste, l’un chassant l’autre comme ce fût le cas de la guerre fratricide des chefs à Kaboul ou la Somalie aujourd’hui. Quand le régime est Bâtard et c’est souvent le cas des pays du tiers-monde multiconfessionnels ou multiethniques, l’ennemi est tout désigné : ce sont les minorités qui sont pointées de l’index au moindre mouvement de revendication citoyenne suite à un malaise intérieur social, économique, culturel ou politique. Celles-ci sont accusées alors d’être à la solde de puissances étrangères les utilisant comme des marionnettes. On invoque le Complot International, l’atteinte à l’unité et à la souveraineté nationales, l’ingérence dans la politique intérieure, les envies de spoliation des richesses nationales, les représailles pour telle prise de position internationale ou telle alliance, etc. Ces régimes, experts dans l’art de la manipulation et de la désinformation, se dotent de moyens inimaginables de propagande et de répression et s’entourent d’hommes de confiance issus en majorité des mêmes clan ou famille, des mêmes tribu ou régions, saupoudrés de « représentants » de service affiliés aux minorités du pays. Les médias lourds évidemment sont asservis et ne servent que les desseins du régime.

Ces méthodes insidieuses ne sont pas toutefois l’apanage exclusif des Etats tiers-mondistes. Il y’a eu l’Allemagne et ses « étoiles jaunes » du Nazisme. Il y’a eu les USA et la « chasse aux sorcières » du McCarthisme. Et, il y’a toujours, par intermittence, les crises du monde industrialisé et leurs « émigrés bouffeurs de pain » du Lepénisme.

Le régime algérien, lui aussi, affectionne ce jeu macabre de l’ennemi intérieur. Durant des décennies et à chaque malaise social, toute une région, la Kabylie berbérophone pour ne pas la citer, est accusée de toutes les tares : séparatisme, islamo-arabo-phobie, pion supplétif de la France. La mentalité de l’algérien lambda du Nord au Sud et d’Est en Ouest a changé à ce sujet, espérons-le. Certains baathistes nostalgiques des années de plomb reconvertis à l’islamisme chauviniste s’amusent de temps à autre à réactiver leurs vieux réflexes quand d’autres s’ingénient à inventer des choses saugrenues pour cacher leur incompétence et leur médiocrité. On se rappelle cette fameuse déclaration d’un Ministre de la Santé : « la grippe aviaire ne touchera pas l’Algérie parce que les oiseaux véhiculaires du virus ne franchiront pas nos frontières ». No comment !

Comme il est encore d’actualité, l’exemple de la Libye de Kadhafi est parlant de lui-même. Aucun régime au monde n’a atteint un niveau d’abâtardissement que celui de la Djamahiria. Tout est ennemi à Kadhafi. Ce nouveau prophète s’est investi d’une mission satanique de détruire toute chose à défaut de la changer. Son premier ennemi est son propre pays. Son instinct destructif de l’ennemi a commencé par «l’invention » de son model politique sans institutions. L’anéantissement de ce qui reste de la Libye est laissé à son clan, ses mercenaires bâtards et ses propres enfants.

Mais la meilleure, parce que toute fraîche encore en ce moment où le monde décerne les Prix Nobel dans toutes les disciplines, nous vient du Président iranien Mahmoud Ahmadinedjad. Ce mollah a affirmé Jeudi le 06 Octobre 2011 lors de l’inauguration d’un barrage que « les pays occidentaux ont élaboré des plans pour provoquer la sécheresse. Selon des rapports sur le climat dont l’exactitude s’est vérifiée, les pays européens utilisent des équipements spéciaux pour faire pleuvoir les nuages sur l’Europe et empêcher les nuages de pluie de parvenir dans la région du Moyen-Orient, Iran et tous les pays dont les cultures et les civilisations inquiètent l’Occident”. L’agence de presse iranienne IRNA a même déclaré « qu’il a commencé à pleuvoir juste à la fin du discours du Président ». C’est sûrement vrai avec un parterre de fanatiques entrés en transe en hurlant, tout en pleurant : « A bas les USA et Israël ! ». On comprendrait facilement les propos d’Ahmadinedjad s’ils avaient été pris au sens figuré pour exprimer la suprématie des puissances occidentales faisant « la pluie et le beau temps » pour reprendre l’expression consacrée. Ahmadinedjad aurait été plus crédible s’il nous avait révélé aussi qui était cette Puissance occulte qui déversait des cyclones sur le continent américain et dans quel but ! Que dire donc de cette ineptie si ce n’est que le peuple iranien, héritier de l’une des plus prestigieuses civilisations ne mérite vraiment pas un gouvernement aussi inculte qui détiendrait le Prix Nobel de la Bêtise.

L’Iran qui connait plusieurs périodes de sécheresse ces dernières années a pourtant toutes les ressources nécessaires pour résoudre les multiples problèmes cruciaux des iraniens comme précisément le manque d’eau et surtout la désertification avancée qui menace tout le pays avec les conséquences irréversibles sur la santé des populations, l’agriculture, l’érosion et la déforestation. Rien n’est plus facile que d’incomber à l’autre la responsabilité de ses propres maux générés par ses propres défaillances. Ce régime de « fous de Dieu » s’acharne à dilapider les rentrées financières de son peuple dans le financement et le soutien des Hazb-El-Allah et autres groupuscules mais surtout dans une course irraisonnée à l’armement. Ce pouvoir de malades ne sait-il pas réellement que les Occidentaux et Israël s’amusent pour l’instant à le voir tester ces missiles et autres gadgets et suivent de près ses, soi-disant, prouesses militaro-technologiques qui bouffent goulûment des milliards de dollars, essoufflant tout le pays jusqu’à sa ruine finale ? Ahmadinedjad croit-il vraiment que l’Iran accèdera un jour à l’énergie nucléaire, fût-elle, civile tant que lui et les ayatollahs sont au Pouvoir ? L’Iran théocratique peut jouer au feu jusqu’à un seuil donné avant que les bombardiers israéliens n’entrent en action sans aucun état d’âme comme ils l’avaient déjà fait contre l’Irak en 1981.

Ce régime qui, avant « d’inquiéter l’Occident » comme le croit naïvement Ahmadinedjad, inquiète en premier les iraniens eux-mêmes. Les iraniens ne retrouveraient la paix, la stabilité et le bien-être que s’ils se débarrassaient le plus vite possible de ce régime de charlatans moyenâgeux avant qu’il ne déclenchât l’Apocalypse programmée dans toute la région.

Barek ABAS

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