Mécontentement populaire dans les villes d’Algérie

                                               

Contribution de Abdelkader BENBRIK (journaliste)

Le 1er janvier 2011, la population Algérienne c’est réveillée sur la hausse des prix de certains produits à large consommation, notamment l’huile et le sucre. Alors que le ministre du commerce a déclaré que cette hausse est tout à fait normale et les prix devraient marcher avec le cours international, laquelle déclaration est considérée par la population à majorité jeune chômeurs et étudiants dans des conditions très pauvres une atteinte à leur dignité. Qui veut duper, le ministre ? disaient-ils.

La majorité de la population algérienne souffre déjà de maux  de l’inflation et d’une croissance ralentie où la baisse du pouvoir d’achat persiste et se caractérise doublement.  Tout cela se situe dans un contexte socio-économique, où  une Mafia et des ripoux défient les lois de la république. La dette extérieure n’est plus qu’une histoire du passé et les caisses de l’Etat pleines à craquer de milliards de dollars. Les institutions du contrôle de l’Etat en panne, absentes sur le terrain. Les augmentations anarchiques et illégales des prix acculent à la misère la grande majorité  de la population et surtout les structures d’endiguement et de contrôle de la colère des travailleurs, des retraités et des chômeurs sont fissurées.

Devant tous ce marasme caractérisé, la presse algérienne demeure la grande muette et ne consacrait ses pages que pour des affaires minimes et déjà entre les mains de la justice ou sous enquête et ce n’est pas la liberté d’expression qui fait défaut.

Où veulent t-ils en revenir direz-vous ? Pourquoi ce préambule ? Juste pour nous dire dans notre pays, nous trainons encore beaucoup de complexes de culpabilité, des vielles rancœurs. Les choses ne sont jamais abordées directement. Certes, tout ce monde a fini plus au moins à comprendre qu’une « puissance sans scrupule » maintient une pression sur les pauvres algériens pour le pousser vers l’inconnu. Ils maintiennent le monopole d’importation et d’exportation. Ce sont ces gens là qui, hier donnaient raison à un terrorisme aveugle et sanguinaire. Bien que le Président Bouteflika quand il a accepté de venir diriger le pays, il avait trois priorités. Il s’agit de rétablir la paix, du passage d’une économie centralisée à une économie du marché et de l’instauration de la démocratie et de l’Etat de droit. S’agissant de la paix, le chef de l’Etat a déclaré qu’il « fera la paix et la sécurité en Algérie » quel que soit le prix : « Quoi qu’il me coûte ! » a-t-il précisé. Au chapitre des réformes économiques il a indiqué que du fait de la proximité géographique de notre pays avec le vieux continent, le peuple Algérien est « extrêmement exigeant ». Il veut ,par conséquent, se placer au même niveau de vie que les Européens (pourquoi pas !) C’est la raison pour laquelle le passage à une économie de marché était impératif « Quels que soient les sacrifices à consentir, nous irons vers une économie de marché a déclaré Bouteflika. Seulement, c’est le pauvre citoyen, cette majorité qui fait partie des sacrifices !! Quant à la troisième priorité, à savoir une véritable démocratie dans le pays et consacrer un Etat de droit, il a estimé que les réalisations en la matière sont jugées « prometteuses ». A ce propos. Il est revenu sur le parcours de certains pays, tels ceux de la France et de la Grande Bretagne, lesquels ont mis des siècles pour véritablement consacrer la démocratie. Le Président a indiqué au passage que le processus de démocratisation « est une culture qui, en Algérie, n’est pas encore mûre dans les esprits ». Aujourd’hui, la presse constate elle-même, que la pauvreté atteinte progressivement la famille Algérienne. Une minorité vit la belle vie au détriment de la majorité. C’est pourquoi une partie de ceux qui sont nés avant l’indépendance revendiquaient la nationalité française qu’ils possédaient avant le 3 Juillet 1962. Quant à une partie de la jeunesse, elle se jetait régulièrement et chaque semaine  dans des embarcations de fortune pour quitter le pays vers la rive Européenne. Ceci est une réalité à ne pas occulter. Les députés et les Sénateurs payés rubis sur l’ongle pour trouver une solution ne se sont jamais inquiétés de cette aventure suicidaire de la jeunesse algérienne et se sont empressés à valider les sanctions à leur encontre.

Cette minorité qui s’est accaparée des biens des Algériens et vit la belle vie, avec en sus les voyages régulièrement à l’étranger sans aucune contrainte de visa. Et même durant la période du Président Chadli Bendjedid, celui-ci a prévu de lancer la sécurité militaire aux trousses de ceux qui se sont enrichis illégalement. C’est pourquoi il voulait exécuter sur le terrain le slogan ‘’ Min Ayna Laka Hada ?’’  (D’où tu as cela ?) . Tout de même, il ne savait pas ou on n’a pas voulu lui expliquer la vérité : de quelle puissance cette mafia est si composée. Tout juste après, il y a eu les troubles du 5 octobre 1988, que le général Khaled Nezar qualifiera de «  chahut d’enfant » qui a forcé le Président à donner le feu vert à l’armée de réprimander à balle réelle le peuple dans la rue. Quatre années plus tard, pauvre Président Chadli déposera sa démission. La suite est connue. Création en cascade de Partis  Politique et puis ce fut la décennie noire. Hommes, femmes, jeunes, adolescents et bébés de ce pays seront assassinés.  Et le slogan ‘’ Min Ayna Laka Hada’’ s’est perduré et relégué aux oubliettes.

La privatisation des entreprises et les licenciements de centaines de milliers de travailleurs venus s’ajouter sur la liste des chômeurs et des démunis, rendant l’Algérie un pays riche à un simple pays sans ressources ni rentabilité.

La vérité cachée est l’impuissance pour une organisation des structures du pays qui devraient être ouverte pour tous les Algériens et pas seulement aux deux Partis FLN.  RND et leur allié le MSP !?

 A. Benbrik

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