57ème anniversaire de la Révolution La place de l’étudiant algérien perdurait


Contribution de Abdelkader BEN BRIK (journaliste)

 N’oublions surtout pas, qu’hier, en quittant l’université de la domination, et le lycée pour le maquis, ils avaient affirmé : nous ne ferons pas meilleurs cadavres avec nos diplômes. Aujourd’hui ils se demandent s’ils sont toujours considérés ou s’ils feront de meilleurs cadres avec d’autres diplômes. Les étudiants Algériens sur tout le territoire national, sont de plus en plus déconsidérés, oubliés, marginalisés par le système en place. Nous apprenons tous les jours les problèmes de vie et d’études qu’ils rencontrent. Parfois plus gravement dans tous les domaines. Les étudiants algériens connus dans le passé comme fer de lance du pays, animés d’un patriotisme incomparable à ceux qui se prétendaient, par le langage, militants ! Aujourd’hui entassés dans des amphithéâtres où les professeurs mal payés s’égosillent comme un peu partout. Le phénomène actuel, est que progressivement, l’étudiant algérien perd son animation, son prestige d’être un homme de demain. L’activité estudiantine, culturelle, politique et sociale c’est une histoire du passé. Rien de tel aujourd’hui !  Ces étudiants algériens, ils ne sont pourtant pas exigeants, ils ne demandent pas le luxe. Ils savent très bien que les enfants de ‘’Siadna’’ sont inscrits dans les universités d’Europe, comme la fille de Khaled Nezar inscrite à l’université de Paris.  Ils ne demandent uniquement la résolution des problèmes, que quand ils sont solubles..

Tout cela ne les a jamais empêchés d’être présents à chaque fois aux grands rendez-vous de notre peuple-contre l’arbitraire colonial à partir du 19 Mai 1956 surtout, auprès de l’auto-gestion et de l’option socialiste dés l’indépendance et les premiers aux côtés de la paysannerie sans terre quand la Révolution Agraire a, enfin, mûri  au grand jour. Avant qu’elle soit victime de tous les complots ! Non, décidément, le mouvement étudiant algérien n’a rien à voir avec ce que l’on appelle contestation et corporatisme. Partie prenante des luttes de la jeunesse, il a lié son devenir à celui du pays. Voilà quelques pages au passé de cette histoire qu’il reste encore à écrire.

Au-delà des divergences, souvent idéologiques, qui opposent les historiens sur la nature et l’ampleur du mouvement étudiant algérien, il est néanmoins irréfutable qu’il demeure une réalité historique, d’actualité et d’avenir. Le mouvement étudiant constituait indéniablement un maillon important dans le mouvement nationaliste algérien dont la base politique était la contestation du phénomène colonial ; principe qui évoluera jusqu’à aboutir au rejet pur et simple du colonialisme, puis à une lutte armée…

                                        Le Passé glorieux  témoigne…

Dans les années 20, dans le feu de la contestation et de la prise de conscience des peuples colonisés, suite à la première guerre mondiale dont le caractère bourgeois et expansionniste n’était pas à démontrer naissait l’Etoile Nord Africaine, force politique organisée du mouvement national algérien. Parallèlement, l’Association des Etudiants Musulmans Nord-Africains en France (AEMNAF) cristallisait l’apport des étudiants au mouvement national algérien. L’AEMNAF est « une organisation qui en 1927, n’a cessé d’œuvrer pour la réalisation des objectifs communs politiques, syndicaux et culturels à l’ensemble des étudiants maghrébins en France”.  C’est de cette organisation pionnière “véritable creuset dans lequel s’est forgée la conscience nationale du mouvement étudiant maghrébin et qui devrait aujourd’hui se battre pour l’édification d’un Maghreb des peuples, c’est donc de cette organisation que sont nées l’Union Nationale des Etudiants Marocains, l’Union Générale des Etudiants Musulmans Algériens, la glorieuse UGEMA qui  a constitué en 1957, la première école de formation des services de renseignements Révolutionnaires.  Car l’année 1956, vit l’université et les écoles agitées par une grève  de grande envergure que les militants étudiants avaient mis longtemps à préparer suite à l’appel lancé par le FLN aux étudiants pour déserter l’université et de rejoindre la lutte armée. La grève fut d’autant plus violente qu’elle était le dénouement d’une lutte serrée entre deux tendances  qui avaient des visions différentes de l’issue de la guerre. La première tendance « futuriste » et « hésitante » clamait dans les amphis que l’avenir aura besoin des cadres pour la construction du pays et qu’il ne fallait pas se sacrifier. La base sociale de cette tendance futuriste était formée d’intellectuels petit-bourgeois inféodés au système colonial qui ouvrait les portes de l’université aux uns et les fermait au nez des autres, ceux des campagnes et des bidonvilles. La deuxième tendance, réaliste et vivant les sacrifices du présent était résolument engagée pour la grève générale et la lutte armée immédiate. Résultat : c’était, la grève, le réalisme et l’engagement avaient prévalu sur la peur et l’hésitation. Les étudiants et les lyciens  désertèrent  les bancs et rejoignirent en masse les rangs de l’ALN et les cellules du FLN à cette belle époque où le FLN était bel et bien une organisation révolutionnaire du sacrifice pour la patrie.

Que reste t-il aujourd’hui ?

Aujourd’hui, où nous vivons et commémorons le 57ème anniversaires de cette Révolution, l’étudiant algérien n’est plus impliqué, d’ailleurs il ne sait pas encore les grands principes de l’université, il ignore son rôle dans la société et dans le pouvoir aussi, On réfléchit à sa place, on ne lui donne pas l’occasion et l’envie de se sentir concerné !! Et c’est tellement grave que l’étudiant du présent n’a pas de futur. Son avenir n’arrive plus à se construire. Le présent a détruit le passé glorieux des pionniers. Où va l’étudiant. On a gommé l’esprit révolutionnaire du mouvement estudiantin… La suite, tous les algériens patriotes  la connaissaient.

A. Benbrik

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