Conférence du Dr. Said SADI à Montréal: La dissolution du DRS comme préalable à la sortie de crise

De notre Correspondant à Montreal, Kamal Amari (journaliste)

 

Le Dr. Saïd SADI a animé le samedi dernier une conférence-débat à Montréal devant des centaines d’émigrants algériens, traitant la situation politique du pays ainsi que les solutions préconisées. Accompagné de Rafik Hassani, député RCD émigration (Nord de la France) et secrétaire national aux relations internationales, et de Y. Merrouche, délégué aux relations internationales.

Après une brève intervention du premier responsable du RCD – Canada A.SLifi , le Dr. Saïd SADI a commencé son intervention par une image métaphorique en qualifiant la situation politique en Algérie de ‘’ tempête politique’’. En privilégiant la politique directe, le président du RCD a rencontré la communauté algérienne installée au CANADA en vue de la sensibiliser et la responsabiliser quant à son rôle qu’elle devrait jouer devant une situation politique explosive.

Le conférencier a essayé de répondre à trois questions essentielles : Le pourquoi de la situation de délabrement du pays, l’évaluation de la situation réelle du pays et enfin les solutions préconisées. Autrement dit, Comment un tel potentiel humain, matériel et symbolique du pays a été dilapidé ?

Si le pays vit au rythme d’une crise endémique, pour Dr. SADI, il situe l’une des origines de la crise avec l’assassinat de deux ‘’ architectes ‘’ de la révolution algérienne en 1957 en l’occurrence Larbi Ben M’hidi par l’armée coloniale et de Abane Ramdane par la police politique du MALG. La désignation de Ben Bella à la tête du pays n’est qu’une suite de la France coloniale en voulant imposer des hommes les plus malléables possibles. ‘’ Nous ne sommes pas sortis du dérapage de 1957 à ce jour’’ déclare-t-il devant une assistance médusée.

La question de la désinformation n’a pas été omise par le conférencier en évoquant le rôle des services secrets qui continuent de façonner l’opinion publique à sa guise. ‘’ Plus de 100 000 agents secrets répartis dans tous secteurs d’activité’’ affirme-t-il. Cependant, officiellement aucune mission n’est confiée à ces agents secrets.

‘’ Le système politique algérien est plus dangereux qu’un parti politique islamiste’’, assène-t-il. Le Dr. SADI cite l’exemple du code de la famille de 1984, le plus archaïque du bassin méditerranéen n’est pas le produit des islamistes mais du FLN.

Pour le conférencier, la solution à la crise exige un préalable notamment la solution de la politique en l’occurrence le DRS. Le vrai problème du pays n’est aucunement le chef de l’État mais le système lui-même. Deux scénarios se présenteraient : soit le sursaut national ou l’implosion de la Nation qui est une véritable menace, martèle-t-il. Pour SADI, le chef de l’État n’a pas de projet politique. Sinon comment recruter 13 ministres d’une seule tribu. Cette forfaiture n’est qu’un message de désordre en maintenant le statu quo.

Par ailleurs, l’orateur explique la guéguerre entre l’Algérie et la France en avançant la véritable raison qui est l’asservissement du citoyen pour en faire un sujet et non un citoyen.

Évoquant les dernières révoltes en Algérie, Dr. SADI a insisté sur les dépenses faramineuses (près de 40 milliards de dollars en 06 mois) du pouvoir pour acheter la paix sociale. Mais ce n’est que partie remise avec le mouvement de grève qui serait enclenché dans différents secteurs. ‘’ On ne peut pas dire que le peuple se batte pas alors que près de 10 mille émeutes en 2010 et on dénombre plus de 10 mille en 2011’’, ajoute-t-il.

En outre, le leader de l’opposition démocratique a évoqué certains chantiers de réformes (libéralisation de l’audiovisuel, le nouveau code communal, le statut de l’avocat, …) lancé par le régime qu’il considère de fumisterie.

Si le pays continue encore de fonctionner en dépit de l’état de délabrement, c’est grâce au surplus de la rente, souligne-t-il.

Il invite l’assistance à redoubler de vigilance s’ils ne veulent pas voir leur pays se disloquer. Et il déclare refuser d’assumer le rôle plus que les autres car il relève de la survie de toute une nation. Autrement dit une question citoyenne et non partisane.

Le mouvement de révolte enclenché depuis le début de l’année 2011 dont le RCD est partie prenante, est une implication pour lui ‘’donner un sens politique’’ explique le leader de l’opposition.

Abordant la question de l’organisation des élections, SADI déclare que le parti ne cautionnera aucune élection si les conditions ne seraient pas réunies. Autrement dit sans les observateurs étrangers en nombre suffisant et qualifiés, le RCD ne participera aux prochaines échéances électorales. Le pouvoir hésite pour répondre même s’ils ont fini par répondre par un oui. Pour ce pouvoir, souligne SADI, le mot de l’État n’est qu’un bruit. Autrement dit, le régime agit en irresponsable. Des ONG spécialisées dans l’organisation des élections à travers le monde est une condition sine qua non pour toute éventuelle participation aux prochaines échéances.

Depuis 2004 l’UE a cessé d’envoyer des observateurs alibi parler en son nom, affirme le conférencier.

Dans le débat, SADI a eu à répondre à un certain nombre de questions relatives à l’alternative aux dictatures du pays du sud. Quelle forme d’organisation qui pourrait répondre le mieux à la situation de notre pays ? C’est vers la régionalisation, comme mode de gestion, que la majorité des pays s’oriente, déclare l’orateur.

La démocratisation des pays du Sud va dans le sens de l’Histoire comme c’est le cas de ceux qui ont déclenché la révolution algérienne en novembre 1954 contre la 4eme puissance militaire au monde, fait remarquer SADI, devant un public attentif.

Pour Dr. SADI, l’acte historique est dans le discours d’Obama à Accra (Ghana, 2009) lorsqu’il a lancé un message destiné aux dirigeants africains en matière de bonne gouvernance.

Enfin la conférence est clôturée par la vente dédicace de son dernier ouvrage : ‘’ Amirouche, une vie, deux morts, un testament ‘’, publié en 2011 par l’édition ‘’ voix libres’’ au CANADA.

Kamal Amari

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