LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION

Des ripoux encore des ripoux

Contribution  de Abdelkader Benbrik (journaliste)

Atteignant facilement la majorité  du peuple, l’ex classe moyenne dans le temps du système socialiste, souffre aujourd’hui, avec le nouveau système économique du marché, le calvaire et le désordre avec un pouvoir d’achat qui ressemble à la guillotine. Alors que dirons nous des démunis complètement, et des suicides en cascade  et des départs clandestinement. Si les visas seront facilement attribués, pas moins de 2 millions d’algériens quitteront le pays en une semaine, diront les observateurs.

En face, une minorité, qui vivait dans de très bonnes conditions, Les supers villas avec piscine, jardiniers et gardiens, les comptes en banque en Algérie et à l’étranger. Les voyages en permanence et, maintenant, la scolarité de leur progéniture à l’étranger. N’est t-il pas du ressort de la majorité des « misérables malgré eux » de se demander d’où venait tout ce pognon ? Alors que le 5 juillet 1962, tout le peuple était égal dans la modestie. Et on connaissait très bien ceux qui  étaient des familles aisées, commerçantes dans leur situation, mais pas dans le gain facile et qui méritaient notre respect. D’autres  étaient classés ‘’Familles dévouées à la cause française’’

Cette majorité spectatrice, devrait aujourd’hui, avant demain, se mobiliser, et manifester son soutien total à une lutte contre la corruption ? Et en même temps dévoiler la réalité de beaucoup de partis qui se réclamaient intègres, où durant les campagnes des élections ne cessaient de se proclamer contre les maux sociaux et surtout contre le phénomène de la corruption. Alors quand le Président a déclenché la lutte, ils se sont rétractés. Aucun parti politique n’a soufflé un mot !! Encore les députés et les sénateurs dont la majorité du peuple attendait qu’ils se manifestent contre cette gangrène.

La corruption, la fraude, l’import export, le blanchiment d’argent, le pognon du terrorisme et les détournements. Ce sont là les facteurs principaux qui avaient appauvri la majorité, disons ‘’la famille misérable’’. Etant donné que depuis quelque temps, nous entendons parler de plusieurs familles en Algérie, à commencer par ’’la famille des Qmakem’’ ‘’la famille des harkis’’ ‘’ la famille des généraux’’’’ la famille terroriste’’ et enfin ‘’ la famille révolutionnaire’’ Alors  autant ajouter ‘’ la famille misérable’’. De cette façon en obtiendrait un bouquet varié. Et les misérables existeront dans la légalité, selon Victor hugo.

Cette majorité devenue misérable, la réalité sociale qui l’entoure leur donnait raison, de porter sa solidarité à cette lutte. Honnêtement, quand dans le même quartier l’exercice du grand commerce illicite, la vente de la pizza ou l’aventure du prête-nom à des importateurs bidon permettent d’éditer des fortunes colossales. Villas à plusieurs étages d’une laideur repoussante. Voitures super luxe pour les enfants, consommation ostentatoire de tous les équipements possibles envahissent notre quotidien et notre espace. Mieux, depuis les années quatre-vingt et surtout durant la période de la décennie noire, l’ostentation du luxe devient la marque de la réussite sociale. Et il n’existe pas d’autre manière sociale d’exprimer la réussite en dehors de l’argent. En fait, l’argent que l’on gagne et l’aisance qu’il donne restent le critère de vérité sur l’échelle des valeurs sociales sur les normes en œuvre dans la structuration de la société.

La situation de renversement des valeurs, de désordre des hiérarchies et des normes s’appelle l’anomie. Nous sommes en situation d’anomie depuis le début des années quatre-vingt dix si longtemps qu’elle a atteint sur l’esprit même des gouvernants qui savent qu’un commerçant dans les matériaux de construction gagne plusieurs fois plus d’argent qu’un Président de la République dans n’importe quel pays !! Et qu’un « monopoliste » des fruits gagne plus d’argent qu’un magistrat qui a passé la moitié de sa vie dans les études. Tout cela n’incite guère au respect des études et des personnes qui les ont faites! L’anomie n’est pas une situation statique, bien au contraire ! Plus elle s’installe, plus elle aggrave le désordre. Et, sous la poussée des facteurs sociaux, plus les gouvernements prennent des mesures caritives, plus ils aggravent la situation.

Tous les Algériens sont responsables de cette situation qui a enfanté des ripoux au sein de toutes les classes. Nous sommes responsables devant Dieu. (Qui de vous a observé un désordre doit le corriger… selon notre Prophète QSSl).

Abdelkader Benbrik

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