Les rapports France-Algérie. Qui a besoin de l’autre !?

Algérie-France , vente concomitante: On vous vent le pétrole et l’intégrisme avec

 

Contribution de Abdelkader BEN BRIK

A propos de la dernière visite éclair du Ministre de l’intérieur Français et du Patron des ‘’Sévices Intérieurs’’ en Algérie, tout ce qui a été dit déjà avec Juppé a été redit ce dimanche dernier. Mais a-t-on assez souligné l’illusion et le malentendu qui, depuis le 5 juillet 1962 entretiennent l’idée selon laquelle l’Algérie serait le double de la France ? Ce commentaire est produit par les chevronnés de la politique des deux pays. Alors que les sept millions de Français musulmans, devenus Algériens indépendants gardent toujours les séquelles d’une guerre barbare qui  a duré plus  longtemps que la guerre de cent ans,  rallongée de 32 ans.

Certainement, comme nous l’avions consulté à maintes reprises auprès des politiques Français il existe toujours le rapport de proximité très ambiguë à conférer aux relations diplomatiques franco-algériennes, dont l’aspect demeure parfois conflictuel mais passionné. Du fait que certains adeptes de l’Algérie Française continuent à nos jours de considérer l’Algérien toujours l’indigène et le boy du colon, cinquante années après !   Durant le règne Mitterrandiste, l’Algérie a payé un prix plus que celui payé en 1954-1962. La politique de Mitterrand a toujours travaillé  dans l’unique but de l’isolement de l’Algérie, favorisée bien sûr par des extra pieds-noirs, nostalgiques de l’Algérie Française et il faut le dire les mauvais coups venus des extra des services Français. Alors que les Islamistes n’étaient en réalité ou se sont retrouvé malgré eux comme des dés que chacun manipulait et jetait à son tour. Une ingérence française déguisée dans la politique de l’Algérie qui a conduit un jour le militaire non diplomate, le général Liamine Zeroual à refuser de recevoir le Président Français à New-York. Alors que la seconde politique française durant cette période  s’est forcée à montrer au monde une fausse image, et contre vérité par un  « soutien sans condition  à l’Etat Algérien »

Alors de l’autre côté, comme nous l’attestons en suivant ces événements en France, des extras avaient toujours manipulé l’opposition algérienne, comme le cas d’un des chefs de Partis politiques actuels reconnus, qui avait bénéficié de soutien financier pour animer à Paris des journées de conférence. Un autre avait bénéficié d’un immeuble pour abriter ses sbires, une villa et la scolarisation des enfants. Certains politiques Français avaient supervisé l’autre guerre d’Algérie.

On se rappelle, en 1999, au lendemain de l’élection du Président Bouteflika à la Présidence de la République, il avait reçu la journaliste de TF 1 : Le Président dira d’un air autoritaire au micro de la journaliste : «  Dites à la France que l’Algérie est plus fiable »                                                 Les relations entre les deux pays s’étaient refroidies en raison de la position française, d’abord en 1992, le Président Mitterrand avait qualifié l’arrêt du processus électoral des  législatives ‘’d’acte pour le moins anormal’’ Ce qui avait suscité le mécontentement du pouvoir algérien et une protestation officielle du ministre des Affaires étrangères.

En 1999, certaines idées survivent aux leçons de l’histoire, la France décida alors de renouer le dialogue avec l’Algérie en dépêchant Jean Pierre Chevènement à Alger début juillet 1999 qui a été reçu par le Président de la République Abdelaziz Bouteflika. A son retour à Paris le 5 juillet, nous avons assistés à la conférence de presse qu’il avait organisée, mais il dira beaucoup de choses, il a même parlé des colons, des harkis, en donnant l’impression qu’il avait fait le voyage à Alger pour imposer des « conditions ». la France avait toujours activé à contre courant, avec l’accueil d’individus se réclamant « réfugiés politiques, les documents officiels que nous avons consultés nous donnent qu’entre 1989 et 1993 le nombre d’Algériens  demandeurs d’asile politique est passé de 101 à 1099, 14 nouveaux demandeurs enregistrés en 1993 et 10 en 1994, mais le nombre de demandeurs d’asile territorial, c’est-à-dire une immigration ordinaire se comptait par dizaines de milliers d’algériens hommes, femmes et enfants. Cet afflux s’est caractérisé par la suppression en décembre 1994 des dispositions dérogatoires favorables aux algériens en matière de délivrance de visas. Une violation des lois caractérisée que beaucoup d’algériens ignoraient jusqu’à maintenant. Cette violation de dérogations a d’ailleurs soulevé les protestations d’un certain nombre d’intellectuels français.

Ce qui se joue entre la France et l’Algérie depuis le début de cette année, est une nouvelle nécessité de sortir d’un tête-à-tête inévrtique pour arriver à accéder à une nouvelle formule de relation bilatérale plus égalitaire et surtout qui permet d’accepter les différences.

Le Projet d’incrimination du colonialisme  fait peur à la France Officielle

Attention, il faut le dire, ceci est une –Amana de nos Chouhadas- Le projet d’incrimination du colonialisme français, fait peur à la France officielle. Ce terme criminalisation est très important, il explique que les crimes commis et les massacres perpétrés par l’armée, la police, les colons armés contre la population algérienne pendant 132 ans sont appelés à être reconnus juridiquement.

Ce n’est pas de la repentance qu’on demande à la France. La France a oublié ses guerres coloniales et leur impact sur les occupés ou les colonialisés. Elle préfère parler du rôle positif de la colonisation plutôt que d’ouvrir la boîte de Pandore. La France se situe, officiellement, dans une espèce de déni. L’Algérie, dans son passé français, fait partie des sujets auxquels on ne veut pas accorder trop d’importance. La mémoire du conflit aurait probablement été traitée différemment s’il s’était agi de non Européens. Comme en France, pour les sujets qui concernent la colonisation -pensons à la reconnaissance de la guerre d’Algérie, en 1999, par les parlementaires-, c’est la voie législative qui a été privilégiée en Algérie. Eric Besson, le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, a d’ailleurs qualifié ce texte de trop “sensible”. Pour Thierry Mariani, il serait méprisant envers les harkis. Parce que le sujet est encore sensible, il faut absolument en parler. Rappelez-vous les cicatrices monumentales qu’a laissées la guerre de 1939-45 entre la France et l’Allemagne. Elles n’ont pas empêché le dialogue de se créer. Mais il a fallu une volonté politique extraordinaire pour l’entamer. Ensuite, peut-être faut-il s’interroger sur l’origine et la trajectoire des différentes personnalités politiques qui ont réagi à cette proposition de loi. Qui en France, n’est pas lié d’une manière ou d’une autre, aux anciennes colonies françaises? L’Algérie n’est pas neutre pour les Français, ni politiquement, ni socialement. Qui, chez les politiques, est en position de se remettre en question, d’admettre la réalité passée et les méfaits commis pendant la colonisation, puis la guerre?  Par ailleurs, je trouve déplacé que Thierry Mariani parle de mépris envers les harkis, lorsqu’on regarde de quelle manière la France les a parqués dans des camps à leur arrivée en 1962.  Depuis 1962 justement, la France n’a vraiment jamais reconnu ses torts? Les rares initiatives ne sont jamais parties du sommet de l’Etat et ont toujours coûté beaucoup d’efforts aux Français. En février 2005, l’ambassadeur de France en Algérie, Hubert Colin de Verdière, a reconnu l’existence du massacre du  8 mai 1945. Mais il l’a imputé aux dissensions entre communautés, au lieu d’admettre la responsabilité de la France. De même, le 8 février 1962, la police française a réprimé dans le sang, à Paris, une manifestation, rue de Charonne, contre l’Organisation Armée Secrète (OAS) et pour la paix. Les responsables, dont Maurice Papon, n’ont jamais été inquiétés. En 1966, la France a tiré un trait en amnistiant tous les événements liés à la guerre d’Algérie. Mais le dossier existe et existera tant que l’Algérie existe ! Il a fallu attendre 2007 pour qu’une plaque commémorative soit apposée sur les lieux des affrontements. Et ce n’est pas l’Etat, mais la Mairie de Paris, qui l’a renommé “place du 8 février 1962”.

Pourquoi la France tarde  tant à reconnaître sa responsabilité?

Après chaque conflit dans lequel la France a été impliquée, elle opte pour une politique de réconciliation nationale, afin d’éviter les conflits internes entre partisans de “causes” opposées. Ainsi, la France ne s’est pas débarrassée de tous ceux qui ont collaboré au régime de Vichy et leur a même permis, pour certains, de conserver leur poste après-guerre. Idem pour l’Algérie. La France a connu sur son territoire une organisation terroriste: l’OAS. Aujourd’hui, elle cherche encore à ménager les susceptibilités. Pour le chef de l’Etat, admettre la responsabilité de la France serait la dénigrer. Il l’a dit lors de l’un de ses déplacements en Algérie. Alors le Président de l’APN est appelé par tous les Algériens à ressortir le projet d’incrimination du colonialisme et le valider, avant les prochaines élections législatives et avant le 50ème anniversaire de l’Indépendance. Sinon l’histoire retiendra beaucoup de chose à dire, surtout ne pas trahir nos chouhadas !

Remarque : Certains médias en Algérie, évitent d’écrire sur le sujet, pour ne pas ‘’ mécontenter’’ les officiels français. Une simple Hypocrisie à cause d’un torchon appelé Visa !

A.BEN BRIK

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