Symptomes Intégristes de l’Amérique Puritaine

Keith Elison durant sa campagne de 2006Keith Ellison est né en 1963 à Detroit dans le Michigan, dans une famille catholique. A l’âge de 19 ans, il rentre à Wayne University in Detroit, dans le Michigan, l’état qui abrite la plus grande communauté musulmane aux Etats-Unis. C’est là, au contact des musulmans que le jeune Keith abandonne le catholicisme pour l’Islam. En 2007, Keith Ellison sera élu dans le Minnesota comme sénateur à la chambre des représentants, devenant ainsi le premier sénateur musulman américain. Jusque là, les choses faisaient bien l’affaire des conservateurs mais le jour où il déclara qu’il allait prêter serment sur le Coran et non su la Bible, ça a déclenché un tollé.
Questionné sur les circonstances de sa conversion, Keith s’expliqua comme ceci : « Je ne peux prétendre avoir été le plus dévoué des catholiques à l’époque de ma conversion . J’avais commencé à regarder autour et à me poser des questions sur les circonstances sociales du pays, les questions de justice, de changement. Quand j’ai regardé ce qui pourrait apporter du changement social,  de la justice à la société …j’ai trouvé l’Islam ». 

J’ai retrouvé dans mon disque dur cet article ci-dessous que j’ai écrit en 2007 en pleine effervescence du débat autour de ce détail religieux que les conservateurs avaient transformé en événement qui a fait couler beaucoup d’encre.

Il apparait de plus en plus clairement que les conservateurs américains ne sont rien d’autre que des ayatollahs aux yeux bleus. Avec, heureusement pour la planète, le pouvoir absolu en moins. Cela se confirme, encore une fois, avec l’élection du congressman musulman Keith Ellison. Une première dans l’histoire du congress américain. Comparativement au congress britannique qui compte 9 musulmans dans ses rangs, l’Amérique est loin d’être le champion du monde de la diversité-intégration.

Avec sa bonne foi en le seigneur et ses valeurs morales très au goût des conservateurs, le nouveau membre de la délégation du Minnesota aurait été un congressman modèle si le livre de son seigneur Allah ne s’appelait pas le Coran. Il a, contre toute attente, désagréablement déçu une bonne partie des  conservateurs de l’Amérique en annonçant publiquement qu’il utilisera le Coran à la place de la Bible dans son serment de sénateur. À en juger tout le bruit que ce   « petit évènement » a engendré, on aurait cru que le sénateur allait jurer sur un magazine du genre Play-Boy ou  Penthouse, ironisait un journaliste de « USA Today », l’un des 3journaux les plus lus  aux États-Unis avec  New York Times et Wall Street Journal ».

Cette classe de religieux zélés, en colère, entend organiser des marches de protestation pour s’opposer au choix “blasphématoire” du sénateur musulman. On n’a rien contre le fait qu’il soit musulman, avancent-ils, mais s’adresser au peuple américain via la Bible est une tradition américaine qu’il faut respecter.

Avec l’arrivée de deux nouveaux bouddhistes au congrès, c’est tout un débat autour d’une nouvelle définition de “l’Américain” qui s’annonce.

Le plus incommodé dans tout ça est, sans aucun doute, le président Bush lui-même. Comment va-t-il répondre à cette classe politico-religieuse qui l’a aidé à se hisser  à la tète de  la Maison Blanche, lui qui n’a pas arrêté tout au long de ses 2 mandats de fustiger les islamo-fascistes auxquels il reproche de vouloir  forcer le monde à se conformer à la foi musulmane ? Osera-t-il parler de judéo-christo-faschistes ? Réplique-t-on dans les milieux non conservateurs. Acceptera-t-il de forcer les gens de différentes fois, voire même athées, à jurer sur un livre ( Bible), qui ne leur fait ni chaud ni froid et de consacrer ainsi la primauté de la forme sur la substance ?

Aura-t-il besoin, le temps d’une méditation, de se tourner vers l’Iran pour recevoir une leçon de fond et de tolérance qui le mettra en concordance avec ses prêches politiques ? Doit-on lui rappeler que dans ce pays de l’axe du mal, un membre d’une minorité religieuse, élu au parlement est invité à prêter serment sur le livre de sa foi. À titre d’exemple, la communauté juive en Iran forte de 25 000 habitants sur une population iranienne totale de 70 millions, a réussi depuis longtemps, à élire un représentant au parlement iranien. On lui a proposé de jurer sur le livre de sa foi. Si ce député juif avait accepté de jurer sur le Coran, la société iranienne l’aurait probablement pris pour un imposteur ;et  c’est le moins que l’on puisse dire.

Rachid C.                                                                                                                                                                           

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