LES HOMMES DE L’HISTOIRE FENDI Abdallah, AMAR LE KABYLE et L’EMIR Abdelmalek

Boufatis (Wilaya d' Oran)

Contribution de Abdelkader BEN BRIK*

Emir Abdelkader , berbere de la tribu des Ait Ifran (Mascara 1808- Damas 1883)

L’Histoire de l’Algérie demeure ‘’cadenassée’’ par des gens qui n’admettent que ceux qui leur semble marcher avec leur fausse histoire. Depuis 1986, date du début de nos recherches et investigations dans un des créneaux de l’histoire authentique de la résistance et révolution algérienne et tous les résultats réalisés, à ce jour j’ai compris beaucoup de choses et j’ai appris aussi certaines vérités, mais j’ai rencontré devant moi un mur, une muraille, un silence glacial et aucune compassion pour mettre à la portée et à la lecture de tous les Algériens et non Algériennes aussi, une toute petite histoire d’un groupe de valeureux combattants qui s’est sacrifié pour que vive cette patrie l’Algérie.

Pour donner un aperçu, nous commençons par citer, les deux combattants pour la liberté de l’Algérie, il s’agit de FENDI Abdallah ould Sidi Souleimane Bousmaha et  Amar le Kabyle. Le premier est le chef suprême de l’armée algérienne au temps de l’Emir Abdelkader, le second est son adjoint. Fendi Abdallah, né à Saint Louis aujourd’hui Boufatis à une trentaine de kilomètre à l’Est d’Oran, frère de lait de l’Emir Abdelkader, il organisa la défense armée de l’Algérie et devint chef de l’état major de l’armée, son adjoint Amar le Kabyle, un algérien de la Kabylie. Les deux hommes ont combattu côte à côte contre l’invasion française à partir du 3 juillet 1830.

Pour pouvoir entrainer son armée, Fendi Abdallah, créa plusieurs institutions, à travers le territoire algérien et pour une grande caserne, Fendi Abdallah n’hésita pas à acquérir de son propre argent une grande terre dans la commune de Boufatis appelée à nos jours terres de Moulay Smain, selon l’acte de propriété enregistré au tribunal d’Oran, dont nous avons pu obtenir en 1990 une copie de l’achat de ce terrain  évalué à 20kilos et demi d’Or, remis par Fendi Abdallah de son propre chef. C’est au dit terrain qu’a eu lieu la fameuse bataille d’El Macta pendant deux jours dans laquelle l’armée d’occupation a enregistré de lourdes pertes : plus de 800 soldats tués et autant de blessés. Fendi Abdallah tenant le coté Ouest et Amar le Kabyle le côté Est. C’est dans cette bataille que les généraux français ont déclaré leur défaite à Paris.

Au niveau de l’état civil de Benfréha en 1986 nous avons constaté sur place et sur un registre de l’état civil les empreintes de cette famille Fendi. Voir facsimile du document reproduit tel qu’il a été rédigé par l’autorité d’occupation à cette époque. Sur l’extrait du registre-matrice sont inscrits les observations suivantes :’’ Fendi Abdallah chef d’une armée rebelle, fondateur et chef d’état major de l’armée de l’Emir Abdelkader, né à legrand, il défendit l’Algérie contre les français sous les ordres de l’émir Abdelkader de 1812 – 1847, il voulait exterminer les français. Après l’arrestation de l’émir, il souleva une deuxième armée contre le général De Lamoricière 1847-1849, puis contribua à la défaite de l’armée française. Le général lui-même échappa à plusieurs attentats, il avait anéanti la planification militaire en Algérie et jeta le trouble à l’intérieur des officiers du général de Lamoricière. Fin 1849, il demanda de l’aide au roi marocain mais celui-ci avait culbuté sa demande, blessé et arrêté avec son lieutenant Amar le Kabyle à El Macta, interné à Versailles (…) condamné à mort, après le 1er prairial, il fut exécuté sur ordre militaire à Toulon. Amar le Kabyle,  se donna la mort en apprenant l’exécution de son chef’’.

Des héros parmi les héros Algériens d’une époque que nous avons tous oubliée et dont les ‘’historiens’’ ne parlaient jamais.

Après l’assassinat des deux patriotes algériens, Fendi et Amar, le fils Fendi, Abdelkader reprendra la lutte, beaucoup de kabyles se sont joint à lui, mais hélas, sans aide extérieure, surtout que les marocains avaient combiné avec les colonialistes français de maintenir un siège du coté de la frontière Ouest. Fendi Abdelkader fut arrêté, jugé et condamné à mort à l’âge de 31 ans. Sa sœur Aïcha comme l’indiquait l’observation des autorités d’occupation :’’ Elle épousa son cousin, belle et spirituelle, elle joua après l’exécution de son frère un rôle actif, elle lutta contre les infidèles de sa famille, mais sans succès, elle s’enfuit à Damas.

Enfant de Fendi Abdallah.

Depuis, et malgré nos recherches, nous n’avons pas encore reçu de ses nouvelles (traces) en Syrie.  

FENDI MOHAMED L’ARTISAN DE LA WILAYA V

ET PREMIER MARTYR DE LA REVOLUTION GUILLOTINE

Encore, poussant nos recherches, on se retrouve en 1953, avec le petit fils de Fendi Abdallah, il s’agit de Mohamed fils du Chahid Abdelkader. Mohamed, depuis 1953, il préparait la révolution de Novembre 1954. Il recruta des hommes pour cette révolution parmi eux Ben Haddou Bouhadjar qui devient le Colonel Othmane chef de la wilaya V et M. Abbas qui devient Commandant, chef de la 2ème région militaire à l’indépendance. Fendi Mohamed ne survivra pas jusqu’à l’indépendance, il a été arrêté par les autorités d’occupation : coupable de haute trahison et complot envers la République Française et outrage au drapeau, condamné à mort, il sera exécuté le 20 décembre 1955. La cour Martiale prévoit en temps de paix comme en temps de guerre : la surveillance par la haute police envers cette famille FENDI  privée des droits mentionnés en l’Art. 42 à perpétuité.   Toutes nos recherches sur les traces d’Amar le Kabyle sont demeurées infructueuses. Toujours nous lançons l’appel à tous ceux qui peuvent contribuer pour faire connaitre La Famille d’Amar le Kabyle, compagnon et combattant de l’Emir Abdelkader, d’enrechir cet article.

Cette famille, s’est sacrifiée pour l’Algérie, ses biens spoliés par le colonialisme Français, les terres de Fendi, demeurent à nos jours, en 2012 nationalisées, alors que l’unique membre de cette famille qui demeure en vie est FENDI Lakhdar, un ancien Moudjahid, officier de l’ALN, qui a quitté la vie militaire en 1966, il n’a jamais cessé de revendiquer la restitution des biens spoliés par la France et nationalisés par l’Algérie indépendante. Dans les documents, on découvre que les terres de Fendi à Beni Ounif et à Boufatis (Oran) spoliées par le colonialisme français ont éte redistribuées aux colons et aux amis fideles à la France’’, famille très dévouée à la cause Française en Algérie’’. Durant les années quatre vingt dix, un expert a été désigné par la justice pour délimiter les biens de Fendi pour une éventuelle restitution, mais à ce jour aucune nouvelle, et toutes les procédures sont tombées à l’eau. C’est-à-dire les biens de cette famille de Martyrs et de loyaux combattants demeurent NATIONALISES.

(A suivre avec le dossier de l’Emir Abdelmalek El Djazairi).

*Journaliste d’investigation

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