Hawaii (I):Et si on se racontait un paradis terrestre ?

Waikiki Beach, Honolulu, (Ile d'Oahu,Hawaii)

 

(Helen Bevington, The Journey is Everything – L’Eden existe encore sur cette planète. Il suffit d’aller à Hawaï).

La ville de Waikiki Beach, près de Honolulu, dans l’état d’Hawaii, est probablement l’une des villes les plus belles des États-Unis. Un véritable paradis sur terre où pas la moindre mouche ne vient vous déranger tout au long des 12 mois de l’année. L’île d’Oahu où se trouve la capitale Honolulu, est un morceau de verdure posé sur le bleu de l’océan, soumis à une ventilation atmosphérique qui délivre un air d’une douceur typiquement tropicale au point où danser sous la pluie n’est pas un défi au mauvais temps mais un plaisir à vivre. C’est ici, au royaume préféré d’Elvis, que ce king avait tourné « Girls, Girls, Girls » et « Blue Hawaii ». C’est ici, à 4100 kms, à  plus de  5 heures de vol ou à 2 heures de décalage horaire avec Hollywood, qu’ont été prises les images à sensation primitive de « Jurassic Park » et de « Godzilla », comme c’est, aussi, ici, que semble se préparer le leadership planétaire de la fibre optique.

Le mouvement apparent du soleil par rapport à la position de l’île dans l’océan, est tel que l’ombre des palmiers et des gratte-ciels soit projetée de l’autre coté des plages qui reçoivent dans sa totalité leur quota en rayons du soleil. La taille des palmiers, élancée, ne semble pas intimider les arbres tropicaux environnants qui étalent par, choix, leur espace à l’horizontale. Les arbres qui courbent leurs branchages jusqu’à toucher le sol, ne le font pas dans le but de s’incliner. Les plantes, les fleurs, les oiseaux et, même, les poissons disposés dans leurs piscines d’eau, aux pieds des buildings, mènent, à s’y méprendre, une existence parmi les hommes comme citoyens à part entière. Dans ce havre de paix, la diversité des formes n’est qu’une espèce de symphonie jouée à la louange de la liberté, il n’y a point de déformé du moment que toutes les formes sont célébrées. La laideur naturelle n’existe pas, aux yeux des Hawaiiens, elle ne peut être qu’une beauté mal coiffée ou vue sous un angle mort ou inapproprié.

A titre d’illustration, le pic qui domine la ville de Waikiki Beach est le seul endroit apparent à être le moins couvert de végétation. On aurait dû le surnommer the Skin Head (le crâne chauve), mais, contre toute attente, on lui trouve un nom plutôt très honorable : Diamond Head, qui signifie tête de diamond. Ce nom est retenu par les autochtones comme pour s’être payé la tête de leurs envahisseurs britanniques. En effet, le nom Diamond Head a été donné à ce cratère vieux de plus de 100 000 ans, au 19e siècle par les marins britanniques qui s’étaient précipités sur le cratère à la conquête de ces objets brillants qu’ils avaient pris pour des diamonds, pour, finalement, découvrir, à leur grande déception, que ce n’était que des cristaux de calcite sans aucune valeur commerciale.

Il demeure que ce cratère, considéré comme le plus important de la planète, est aux yeux des Hawaïens une véritable icône qui offre, en plus de son intérêt géologique, une vue à partir de son sommet sur 360 degrés. Une trace de son éruption se retrouve dans les eaux de certaines plages, près du rivage. Le sol n’ y est pas composé de sable mais plutôt de roches éjectées du volcan à tel point que les nageurs qui ont les plantes des pieds sensibles, préfèrent rentrer dans l’eau, en sandales. L’éruption a eu lieu dans une période plus ou moins récente, ce qui fait que l’activité géologique n’a pas eu le temps de décomposer les roches en sable. 100 000 ans à l’échelle géologique qu’on exprime en dizaines de millions d’années c’est comme quelques heures dans la vie d’un homme. Pour plaisanter un peu, je parie que d’ici 500 000 ans l’activité géologique aura suffisamment de temps pour transformer le lit des plages hawaiiennes en sable. Et le pari est ouvert.

Ce décor, moitié fait, moitié créé, permet, via cette tendance à l’extase de la nature et de l’inspiration de l’homme, à chaque élément de s’exprimer en exposant ce qu’il y’a en lui de meilleur. Ici, à Waikiki, dans la partie sud de l’île, le pacifique mérite vraiment son nom. La température de l’eau est très agréable, et les vagues viennent caresser très en douceur le rivage d’été, de façon presque émouvante. Tard dans l’après-midi, les romantiques, les vrais et les faux qu’on appelle les wannabe (les pretendus), sans distinction, munis de leurs appareils, viennent filmer le beau coucher du soleil dans les dernières secondes qui lui sont comptées.

À l’inverse, dans la partie nord de l’île, le North Shore connu pour ses gigantesques vagues attire les surfeurs de tous les coins du monde, particulièrement, durant la période allant de novembre à Février. Ici, l’homme, comme suffisamment doué de conscience, n’intervient que pour empêcher la nature d’user, tel un enfant gâté, de ses caprices qui l’enlaidiraient sous l’effet même de ses excès. Revenue de ses folies, la nature reconnaissante, comme s’étant rendu compte qu’on n’a pas abusé d’elle, adoptera à son tour les édifices et les réalisations de l’homme comme étant une partie d’elle. Résultat : Hawaii c’est le business florissant dans une nature qui s’éclate en harmonie dans ses droits et ses devoirs avec l’œuvre de l’homme.

Waikiki Beach vue du Volcan Diamond Head

Le long de la rue principale de Kalakuaua qui longe le rivage, il y’a de tout pour oser parler de paradis. On peut se permettre tout ce que la terre a offert, on peut se permettre toutes les folies qu’avait créées le génie humain. C’est ici qu’Imelda Marcos, l’extravagante femme de l’ex-dictateur des Philippines, Ferdinand Marcos, venait, du temps du règne de son mari, chaque période de noël, faire son shopping préféré pour une somme sous avouée de 50 milles dollars. C’est ici qu’elle et son mari avaient résidé depuis leur évasion en 1986 jusqu’à la mort du dictateur en 1989 dans une villa que le gouvernement Reagan leur avait louée pour une somme de 40 millions de dollars en 3 ans, aux frais du contribuable américain, après que le gouvernement de Hawaii ait refusé de payer la facture. Marcos, en fuyant les Philippines sous la pression sociale, avait, à ses actifs, un montant estimé entre 35 et 100 milliards de dollars alors que la dette des Philippines était évaluée à 28 milliards de dollars, ce qui le classe, selon ses détracteurs, comme le plus grand voleur-chef-d’état de tous les temps.

Dans cette avenue “busy” comme une ruche, les gens de toutes les races, en véritables fils d’Adam, circulent dans toutes les directions sans se bousculer. Vous ne sentirez jamais le danger venir de quelque part ou croiserez un regard susceptible de vous froisser. Tous les passants, indépendamment de l’âge, de la race, de la foi, du sexe ou de l’origine, sont de véritables tireurs d’élite en matière de formules de politesse qu’ il est presque impossible, en cas d’accidentelle bousculade, de s’excuser le premier. Les boites de nuit et les bars ferment légalement à 4 heures du matin mais la ville reste éveillée H-24. C’est un vrai plaisir de voir, à 2 heures, 3 heures du matin, des jeunes adolescentes, seules ou en compagnie d’autres jeunes filles, habillées tel que le recommande le climat, longer, de façon très à l’aise et en toute sécurité, les avenues de Waikiki pour aller se permettre le plus normalement du monde un sandwich au Jack in The Box, ou s’acheter quelque chose de l’omniprésent ABC store, sans susciter des arrières pensées logées dans la partie la plus primitive du cerveau.

La mer, tel un ventilateur sur commande, délivre un air réglé à la convenance de l’homme. Les belles filles en bikini qui se promènent comme elles se baignent n’ont rien à envier à ces houris que nos dévots qui confondent entre amour et sex-machine nous promettent au nombre de 72 dans l’au-delà du ventre et du bas-ventre. On les regarde sans les toucher comme dans un film et, dans les voitures aussi belles qu’elles, elles montent et elles disparaissent comme si la beauté est volatile. Et, comme à la chasse, d’autres beautés les remplacent, alors que, de sous les majestueux buildings qui se dressent, les pieds dans l’eau et la tête dans les nuages, jaillissent dans des décors de fleurs et de plantes comme dans le paradis terrestre, des ruisseaux d’une éclatante beauté. Un vrai paradis construit par les hommes et pour les hommes et qui nous rappelle celui décrit dans le coran : Djanatou âdnine tadjri min tahtiha el anhar (Un paradis qui fait couler sous lui des rivières). Dans le réalisme hawaiien, un paradis ça se construit, un paradis ça ne s’offre pas.

Les prêcheurs chrétiens, spécialistes des présages apocalyptiques, considèrent, de leur coté, Hawaii et son émule de l’autre rive du mainland, San Francisco, comme Sodome et Gomorrhe des temps modernes. Dans le cadre de leur logique messianique, elles subiront le même sort que ces peuples qui ont basé leur liberté et leur bonheur sur un recul manifeste de la morale. La prophétie ou le souhait de nos prêcheurs de voir un jour ces 2 contrées rasées de la surface de la terre est basée sur les prévisions sismologiques selon lesquelles un tremblement de terre d’une puissance sans précédent, communément appelé “The Big One”, frapperait la Californie qui se verra divisée en 2 sous la violence du séisme. Il en résulterait un Tsunami qui irait jusqu’à engloutir les îles Hawaii. Ainsi les chrétiens qui, comme tous les religieux du monde, soufflent le chaud et le froid, remercieront Jéhovah pour avoir mis sa colère au service de leur dessein noir, tout en continuant à prêcher un Jésus qui veut du bien à tout le monde.

Champs d'Ananas à Hawaii

Au 19e siècle, l’économie hawaiienne était basée sur l’agriculture. La production de l’ananas, du riz et de la canne à sucre avait connu une telle prospérité qu’il aurait fallu faire appel à la main-d’œuvre japonaise pour pallier au manque de main-d’œuvre hawaiienne. Au total 225 000 japonais avaient débarqué dans l’archipel hawaiien. Dans ces 30 dernières années, le niveau de vie hawaiien a fait grimper les prix de la main-d’œuvre au point de voir un ouvrier des champs agricoles se faire payer au minimum 9 dollars l’heure. Cela a affecté le prix de revient des produits clés de l’économie hawaiienne au point de cesser d’être compétitifs. Comme la misère écrase les prix de revient, les patrons hawaiiens vont aller transférer leur agriculture aux Philippines où la main-d’œuvre est disponible à 5 dollars la journée ! Les Hawaiiens n’ont pas d’autre choix que de sauter sur une économie de substitution : Le tourisme. Cependant, on retrouve, toujours, comme par fidélité à la tradition, des champs d’ananas qui s’étendent à perte de vue et, même au McDo, comme pour faire dans l’originalité hawaiienne, des tranches d’ananas font partie du menu.

Pearl Harbor, Ford Island

L’archipel hawaiien est composé, principalement, de 8 îles alignées sud-est, nord-ouest et toutes nommées dans le langage hawaiien. La plus importante par la population est l’île d’Oahu où se trouve la capitale de l’état de Hawaii, Honolulu. Elle abrite à elle seule près d’un million d’habitants, soit 2 tiers de la population de l’archipel. À Ford Island, une minuscule île, administrativement rattachée à Oahu, se trouve le fameux port de Pearl Harbor, bombardé par les japonais le 7 décembre 1941.

La plus grande île par la taille est celle située le plus au sud de l’archipel. Elle s’appelle Hawaii ou, très souvent, Big Island, pour ne pas être confondue avec le nom de l’état. Elle est 2 fois plus grande que toutes les autres îles réunies. Sa population ne dépasse pas les 150 000 habitants. Elle est géologiquement la plus jeune de l’archipel et elle ne cesse de grandir sous l’effet de son intense activité volcanique. Sa pointe sud appelée aussi South Point est le point le plus méridional de tout le territoire des États-Unis. Pour attirer les touristes, elle s’enorgueillit de posséder une diversité climatique unique en son genre : Sur les 13 climats recensés par les climatologues sur l’ensemble de la planète, 11 d’entre eux se rencontrent dans l’île. Elle possède la montagne Mauna Kea qui, mesurée à partir des fonds marins, dépasse de plus d’un kilomètre l’Everest en altitude. Le touriste peut aussi observer la lave couler en direct du volcan le plus actif de la planète : Le Volcan Kilauea.

Outre les activités touristiques qu’offre le tourisme industriel, on peut résider à Kona et faire connaissance avec les champs de ce fameux café qui en porte la marque (Kona coffee) ou se rendre à Hilo pour visiter le monument dédié à l’explorateur britannique, James Cook ou observer des cow-boys à l’ancien mode s’occuper de l’un des plus grands stocks de bétail des États-Unis. Les 6 autres îles offrent, chacune, son lot de beautés et de richesses que les agences touristiques et les chaînes de télévision locales exhibent à coup de publicité en permanence. Ajouter à cela une incroyable facilite d’accès aux sites touristiques et la disponibilité de l’information en tout point de l’île, y compris dans des endroits perdus qu’on n’hésiterait pas à considérer comme isolés du reste du monde. Sans statistiques à l’appui, je me suis toujours dit que l’île la moins visitée serait, probablement, l’île de Molokai, pour avoir servi pendant une bonne période, sous la gestion de l’armée américaine, d’asile aux lépreux. (à suivre)

Rachid C

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