Bon week-end musical avec Cherif Kheddam et Demis Roussos (A la mémoire de Cherif Kheddam)

 Pour honorer la mémoire de l’un des grands  monuments de la chanson Kabyle, Cherif Kheddam, décédé, aujourd’hui, le 23 janvier 2012, nous remettons à la une l’article et les vidéos que nous avons proposés à nos lecteurs dans notre page culturelle du Week-end dernier. Il est de ceux qui ont quitté ce monde aprés avoir bâti  une  éternelle demeure dans le coeur des leurs. 

Artemios (Demis) Ventouris Roussos, origine: Grec, né à Alexandrie (Egypte) en 1946

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BIOGRAPHIE DE DDA CHERIF KHEDDAM QUE DIEU LUI ACCORDE LONGUE VIE

Né le 1er janvier 1927 à Aït Bou Messaoud en Haute Kabylie, Cherif Kheddam est l’ainé de cinq enfants et dont le père était un homme pieux et respecté.

Cherif Kheddam appartient à une modeste famille maraboutique affiliée à la confrérie des Rahmania.

En 1936, son père décide de l’envoyer à l’école française située à 17 km. Toutefois, les conditions étant dures, il change d’avis et l’envoie chez Cheikh Oubelkacem de la zaouïa des Boudjellil, située en face de Tazmalt, dans la wilaya de Bgayet pour poursuivre l’acquisition de la haute culture lettrée.
En 1942, il termine son cursus coranique.

A l’âge de 12 ans il débarque à Alger pour travailler comme journalier dans une entreprise de construction à Oued-Smar.
Trois années plus tard, suite à une dispute avec son patron, il quitte Oued-Semar.
En 1947, Chérif Kheddam quitte l’Algérie pour la France. À son arrivée, il s’établit à Saint-Denis puis à Epinay.
De 1947 à 1952, il exerce dans une fonderie et, de 1953 à 1961, dans une entreprise de peinture. Parallèlement à son dur métier, Cherif Kheddam prend des cours de solfège le soir chez des particuliers.

C’est donc dans le contexte de l’émigration que Chérif commence à pratiquer la musique et le chant. Tahar Djaout écrit à propos de l’exil de Chérif Kheddam : “C’est en France où il arrive à l’âge de 21 ans qu’il découvre vraiment l’art : la chanson maghrébine, arabe ou occidentale, les films égyptiens. Chérif Kheddam s’intéresse à tout cela de façon presque ludique. S’il y a chez lui une “arrière-pensée” professionnelle, il ne se prend pas pour autant au sérieux, ne pense pas pouvoir un jour vivre de l’art. Pour la chanson kabyle de l’époque, la scène était occupée par Slimane Azem, Cheikh El-Hasnaoui et Alloua Zerrouki. (…) Tout en demeurant sensible à toute belle musique, Chérif Kheddam se sent de plus en plus attiré par l’art occidental. Il découvre la musique classique, s’en imprègne, éprouve pour elle un grand penchant.”

Sa première chanson Yellis n tmurt iw (Fille de mon pays), enregistrée le mois de juillet sur un disque 78-tours grâce au concours d’un ami français, libraire de profession. La diffusion du disque par la RTF (Radio-Télévision française) lui assura un certain succès.
Malgré son premier succès, Chérif kheddam chante dans des conditions toujours difficiles. Il mène deux activités diamétralement opposées : le travail dur de l’ouvrier et la création artistique qu’il tentera de maîtriser pleinement.

Chérif Kheddam persévère dans cette voie grâce à l’encouragement de ses amis, en particulier Madame Sauviat, disquaire, spécialisée dans la chanson orientale, qui, ayant remarqué la qualité de cette chanson, le dirigera vers Pathé Marcon qui lui établit un contrat en 1956.

Il compose pour Radio Paris, puis pour l’ORTF plusieurs morceaux exécutés par le grand orchestre de la radio sous la direction de Pierre Duvivier. D’autres pièces sont interprétées en 1963 par l’orchestre de l’Opéra comique.
Mais du côté de ses confrères chanteurs, on a compris que la démarche de Chérif Kheddam est une démarche d’avenir. Ainsi la rencontre avec Ahmed Hachelef, directeur artistique, sera également importante dans la carrière de l’auteur. Les affres de l’exil et de la guerre d’Algérie le poussent au repli sur soi et à la création. De cette situation paradoxale naît l’œuvre musicale de Chérif qui va se tourner vers une carrière professionnelle.

Conscient de l’indigence qui affecte le patrimoine musical enfermé dans une tradition sclérosée, il tente de l’enrichir, de le rénover sans gommer ses caractéristiques. Il a su créer un espace d’expression ouvert sur la modernité, imposer une rigueur au niveau de la création qu’il n’a pas manqué d’inculquer aux jeunes chanteurs. Il a en effet, encadré des groupes et formé des émules de la chanson moderne qui, aujourd’hui encore, se réclament avec fierté du maître. Parmi eux, on trouvera des noms connus dans la chanson militante amazighe : le groupe Yugurten, Ferhat Imazighen Imoula, Idir, Aït Menguellet, Malika Domrane, Nouara, Ahcène Abassi…

Pendant l’année 1958, Chérif Kheddam composa et enregistra certaines de ses plus belles chansons : Nadia, Djurdjura, Khir Ajellav n’Tmurtiw, entre autres. Chérif Kheddam, qui a une très haute idée de la poésie, ne se considère pas comme un poète : il a répété à qui veut l’entendre que, pour lui, la musique est plus importante que les paroles, témoigne Tahar Djaout. Et pourtant, les compositions poétiques de notre chanteur sont d’une extrême sensibilité, d’une rythmique envoûtante faisant mouvoir un appareil métaphorique d’une originalité certaine. Qu’il chante la femme kabyle, la montagne du Djurdjura, l’exil, la patrie, l’indépendance, l’amour et ses déboires, Chérif Kheddam exalte des valeurs esthétiques indéniables et s’éloigne du moralisme ambiant ayant marqué certains chanteurs de l’époque. La chanson Alemri est un exemple de réussite poétique et musicale qui fait partie des œuvres éternelles de l’auteur.

En 1963, Chérif Kheddam rentre au pays et prend contact avec la Chaîne II de la radio nationale qui l’engage aussitôt. Il avait animé plusieurs émissions de radio, mais c’est avec Ighennayen Uzekka qu’il sera connu et hautement apprécié pour avoir déniché des talents, conseillé et encouragé les nouveaux venus au monde de la chanson. Son émission équivalait à un sévère jury qui donnait le quitus à un avenir artistique pour le candidat ou le conseil pour s’éloigner d’une aventure où il risquerait de perdre du temps et de l’énergie pour rien.

Il est aussi sollicité comme professionnel dans une commission d’écoute en kabyle et en arabe au sein de l’ex-RTA. C’est grâce à lui que la chorale du lycée Fadhma-N’soumer fut créée. L’idée se propagea aux autres établissements jusqu’à sélectionner plus tard les chorales du lycée Amirouche et du lycée El Khensa, d’où sortira par exemple la célèbre Malika Domrane. Chérif Kheddam prit sa retraite administrative en 1988.

Peut-on parler de Chérif Kheddam sans citer Nouara, la diva qui l’a accompagné dans un grand nombre de ses chansons et à qui il a composé des poèmes et des musiques ? Cet heureux mariage artistique entre deux sommets de l’art est sans doute un exemple unique dans la chanson kabyle en matière d’harmonie, de symbiose esthétique et d’affinités électives.
Tiré du blog de algeriartist

http://bouzeguenecentre.skyrock.com/2980988733-BIOGRAPHIE-DE-DDA-CHERIF-KHEDDAM-QUE-DIEU-LUI-ACCORDE-LONGUE-VIE.html

 

 

 

 

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