CARNAVAL FI DECHRA. Les supers Algériens et les trimeurs à 80 %. Les députés algériens « gagnent gracieusement » 300 millions chacun !?


Contribution de  Abdelkader BEN BRIK

Le quotidien Al Watan, nous a livré dans son édition du dimanche 15 janvier une information qui rentre dans le contexte de : ‘’Incroyable mais vrai’’ Du jamais arrivé dans un Etat qui respecte son peuple. L’information dit : 3 millions de dinars pour chaque député, c’est-à-dire pour l’ensemble, même pour Louisa Hannoun qui déclare toujours se battre pour la cause des pauvres. Cette information si elle se révélait exacte, ouvre le  droit à  chaque journaliste algérien d’actionner un VETO,  car distribuer de l’argent du peuple de cette manière est une haute trahison, me dira un vieux camarade journaliste. D’abord qu’on nous explique les raisons de cette prime gratuite, est ce uniquement à titre gracieux pour les mains levées à chaque présentation de projet ? Ou , y a t-il anguille sous roche, que  nous les journalistes nous ignorons ? 3 millions de dinars pour chaque député, alors qu’ils sont au nombre de 389 , cela fera débourser du trésor du peuple une somme de 1167 millions de dinars soit : 116 700 000 000 de centimes, en plus d’une « retraite » pas comme  celle les autres algériens calculée sur la base de 80 % sur 32 années de travail.

La suite nous préférons reprendre quelques passages de cette info de la nouvelle année, publiée aux Algériens dans le journal El Watan

   Pour services rendus, une sorte de prime à l’obéissance, les parlementaires s’en iront chacun avec une coquette somme avoisinant les 3 millions de dinars, représentant dix mensualités payées d’avance. «En attendant la retraite dorée», renchérit un député indépendant. Les parlementaires cumulant deux mandats et dix ans de cotisations auront droit à une retraite complète, soit l’équivalent de plus de 15 fois le SNMG.  Bien qu’imminent, l’adieu à l’hémicycle Zighout Youcef ne semble pas dépiter les «élus du peuple». Certains, ceux de l’Alliance notamment, croient même en leurs chances de faire partie de la prochaine fournée du régime, réélus à la faveur du fumeux «système des quotas» ou grâce à l’insondable loi de la «chekara», expression populaire désignant «l’argent sale» recyclé en politique pour l’achat, notamment, de mandats électifs. Pas de regrets ni d’état d’âme. Beaucoup de députés partiront avec la conviction du devoir accompli.

Plantureuse députée, épouse d’un entrepreneur aux mille marchés dans une wilaya du Centre, N. B. dit n’avoir qu’un seul regret, celui d’avoir voté la loi criminalisant les harraga. «Autrement, je pars la conscience tranquille. Je n’ai pas changé de ville ni amassé de fortune comme nombre de mes collègues qui ont fait de leur mandat une véritable machine à cash.» La députée ne veut pas être citée de crainte que ses chances de «réélection» ne soient compromises. «Je ferai comme Zorro qui ne dit au revoir que lorsqu’il arrive au sommet de la crête», lance-t-elle en s’éloignant.


«A l’APN, nous étions partagés dans l’appréciation de ce geste, se rappelle le député de Tlemcen, Mohamed Benhamou. Mais nous disions que ce n’était pas dans nos mœurs politiques. Le président Bouteflika lui-même n’a jamais daigné descendre au Parlement.» La coupe de l’humiliation est bue jusqu’à la lie. Aucune protestation des députés à l’APN.
La sixième législature ? «C’est incontestablement la pire de toutes», réplique l’ancien n°2 du RCD et député de Béjaïa, Djamel Fardjellah. Avec ses deux mandats de député (1997-2002 et 2007-2012), Fardjallah ne compte plus le nombre de fois où l’APN a été humiliée par le pouvoir et ses députés, donnés en pâture à l’opinion. Gavé de privilèges, rabaissé par un pouvoir exécutif omnipotent, le Parlement a servi d’alibi démocratique au régime, de pouponnière à sa clientèle. Mensualités mirobolantes (de 270 000 DA pour le député de base à 600 000 DA pour le président de l’APN), indemnités diverses (restauration, hébergement, téléphone, billets d’avion, crédits bonifiés allant jusqu’à 30 millions de dinars, etc.) l’APN a englouti en cinq ans plus de 2300 milliards de centimes, à raison de 450 milliards par an. Pour maître Benhamou, «l’APN a plus réglé les problèmes de ses pensionnaires députés que ceux des Algériens»

Les faits d’armes du parlement :

Charité bien ordonnée commence par soi-même. Un des premiers textes de loi votés par l’APN est celui relatif au statut de député,  en janvier 2008, quelques mois seulement après l’installation de l’Assemblée.  Le texte amendant la loi n°01-01 du 31 janvier 2001 relative aux membres du Parlement a suscité une grosse polémique et a écorné irrémédiablement l’image du député auprès de l’opinion.

Les députés se sont auto-augmentés dans des proportions plus qu’outrageantes. Pour enfoncer le clou, le président Bouteflika avait même saisi le Conseil  constitutionnel à l’effet de statuer sur la constitutionnalité du statut de député. Trop tard !

L’APN au service de la «maffia» de la fripe :

15 juin 2011. Le Parlement lève l’interdiction de l’importation de la friperie, une menace pour la santé publique, pour toute l’industrie nationale du textile et ses 18 000 travailleurs. L’article 27 de la loi de finances complémentaire, proposé par des députés RND, FLN et indépendants, a fait scandale. En novembre 2011, l’article en question fut abrogé.   

Viol de la constitution :

Mercredi 12 novembre 2008, le Parlement (APN et Conseil de la nation) est convoqué en congrès par le président Bouteflika pour entériner un certain nombre d’amendements à la Constitution de 1996, notamment l’article 74 qui limitait les mandats présidentiels à deux seulement. Résultat du vote : 500 voix pour, 21 contre et 8 abstentions. Les députés RCD quittèrent la salle en signe de protestation contre le viol de la Constitution.

 

1 comment for “CARNAVAL FI DECHRA. Les supers Algériens et les trimeurs à 80 %. Les députés algériens « gagnent gracieusement » 300 millions chacun !?

  1. February 14, 2012 at 19:23

    Continuez votre bon travail, je récemment tombé sur votre article et la lecture a été très agréable.

Leave a Reply

Your email address will not be published.