Hawaii (III): De Hawaï à l’Afrique du Nord, les autochtones résistent pour qu’ils existent

Selon les historiens, les premiers habitants des Îles Hawaï sont des polynésiens venus principalement de l’île de Tahiti sur des canoës. Cet archipel composé de huit îles principales sera unifié en royaume sous le règne de Kamehameha Le Grand pour la première fois en 1810.

Les Îles Hawaï sont accidentellement découvertes par le britannique James Cook en 1778 dans sa recherche du fabuleux Northwest Passage qui relierait l’Alaska à l’Asie. Il les a nommées les Iles Sandwich, en l’honneur du comte de la ville de Sandwich (Earl of Sandwich) en Grande Bretagne. Ce comte était décrit par ses contemporains comme l’homme le plus immoral de son temps, ce qui a conduit beaucoup à se demander comment est venue à James Cook l’idée de nommer de telles îles paradisiaques après un tel personnage. Cook (qui signifie cuisinier) a-t-il tout simplement voulu faire un sandwich ?Ou, alors, un simple coup de brosse à son boss.  On disait de ce compte qu’il passait plus de temps à jouer au poker qu’à faire le travail pour lequel il était payé. Tellement absorbé par les jeux, aux moments des repas, il ne pouvait quitter sa table pour aller manger là où c’est convenu. À la place, pour calmer sa faim, il avait inventé l’astuce de se faire servir une tranche de viande insérée entre deux tranches de pain. D’une main il tenait ses cartes et de l’autre son repas. Tous les joueurs, autour de lui, avaient fini par l’imiter dans cette nouvelle multi-tasking form de jouer le jeu de l’estomac tout en étant fidèle à son vice. Ainsi était né le fameux sandwich qu’on sert aujourd’hui par millions, au quotidien, dans tous les fastfood du monde. Si le nom de ce comte avait pris aussi populairement dans l’univers de la pop culture et de la restauration, il n’aurait pas eu le même impact dans celui de la géographie.

Les indigènes de Hawaï, par souci de cultiver l’esprit de bienveillance qu’ils appellent dans leur langage local “Aloha spirit”, débaptiseront les Îles Sandwich pour les rebaptiser les Îles Hawaï, probablement en l’honneur d’un explorateur légendaire local. Autrement dit, pas de Beni Hawaï pour les Benou Hilal anglo-saxons. Les Îles Hawaï, par leur situation géographique qui offre des déplacements directs et sans obstacles aux trois continents américain, asiatique et océanique, ont vu se constituer en leur sein l’une des sociétés les plus diversifiées de l’Amérique. Hawaï est, en outre, le seul des 50 états de l’Union où se côtoient le Dollar et le Yen. La présence des Japonais se remarque partout à l’exception des musées de Pearl Harbor du fait, sans doute, qu’ils leur rappellent les mauvais souvenirs de la 2e guerre mondiale.

L’influence d’une importante émigration portugaise qui date du 19e siècle, se retrouve dans cet instrument de musique à corde, si cher aux Hawaïens, qu’on appelle ukulele. Outre l’immigration japonaise et portugaise, il y avait aussi une forte immigration chinoise et coréenne. Un groupe de missionnaires du New England a pu convertir pacifiquement les autorités hawaïennes au protestantisme au début du 19e siècle. La France avait envahi l’archipel pour imposer le respect du catholicisme et avertir les autorités hawaïennes d’adopter une attitude respectable à l’égard de la minorité catholique que la communauté protestante avait tendance à marginaliser.

Les 20% d’autochtones qui participent, aujourd’hui, à l’ensemble de la population hawaïenne, ont imposé le respect et l’admiration des autres populations de l’Archipel en investissant pour la promotion de leur culture et de leur bien-être social avec l’aide de la politique de prospérité du gouvernement américain via la fluidité dans les investissements et les affaires.

Le roi Kamehameha Le Grand (1758 – 1819). il a unifié les iles Hawaii en royaume en 1810

Chez nous, l’arrogance panarabiste continue dans ses insultes à bannir les Ait Yenni pour les bénir en Beni Yenni. Un président qui vient en hôte en Kabylie pour promettre plus de grabuge à 10 millions d’habitants pour avoir demandé une culture ancestrale qui leur tient tant à cœur alors que, de l’autre coté, il abdique devant une poignée de quelques centaines de djihadistes avec qui ses généraux qui l’ont élu n’avaient pas pu en découdre pendant une dizaine d’années et au prix de 200 milles morts. S’il y avait de l’aptitude à produire du grabuge, monsieur le président qui ne devait plus l’être, pourquoi ne pas le prouver contre cette poignée de terroristes qui a massacré des villages entiers au lieu de les supplier de cesser de nous terroriser au nom de la Réconciliation Nationale ? Puisque vous y êtes, pourquoi au nom de cette même paix qui vous est chère, n’essayez-vous pas d’apaiser les kabyles au nom de la Réconciliation Historique ? Tout se passe comme si, par vos provocations et vos menaces, vous planifiez de faire descendre les extrémistes religieux de nos montagnes pour les remplacer par les extrémistes kabyles, faisant mine d’ignorer qu’ils sont mieux adaptés au terrain.

À Hawaï, l’explorateur anglais J. Cook a payé de sa vie sa non considération dont il était réputé pour les peuples indigènes, il fut assassiné en 1779 par de simples soldats à travers lesquels s’était manifestée la fierté hawaïenne. Comme toute insulte payée dans le montant qui lui est dû conduit à la réconciliation et à la paix des braves, il s’est érigé à Hawaï, à l’endroit où le sang de James Cook avait coulé, un monument à la mémoire de cet explorateur britannique, autour duquel, au grand profit des vivants, se sont développées des activités économiques liées au tourisme. Il est aujourd’hui présent, dans ses défauts et ses qualités, dans les livres hawaïens d’histoire où les faits sont racontés au plus précis possible de leur connaissance historique.

Plus haut, sur le globe, sur la partie la plus au nord du continent américain, l’État d’Alaska, riche de son or noir (le pétrole) et de son or rose (le saumon sauvage), était le premier état de l’Union à demander son indépendance et, dans le mouvement indépendantiste de l’état de l’Alaska, se trouve le mari de la candidate malheureuse à la vice-présidence dans la campagne de McCain, Sarah Palin.

Plus bas, vers le sud, dans les Andes, on déboulonne les statues de Christophe Colomb qui a ramené la civilisation à coup de malheurs et d’extermination des ancêtres des populations qui se souviennent et qui refusent d’oublier par devoir moral d’honorer leurs ancêtres.

Chez nous, en Algérie, c’est l’inverse, c’est plutôt le sang de notre reine Dihya qui avait coulé. Un sang que plusieurs générations de Berbères n’arrivent pas à honorer. Si l’histoire avait fait disparaitre les Incas pour avoir failli venger leur dernier roi Atahuelpa assassiné par le conquistador espagnol Francisco Pizzaro pour avoir refusé de se convertir au christianisme, sommes-nous condamnés à disparaitre pour les mêmes motifs que les Incas pour ne pas avoir su honorer la mémoire de Dihya quand on sait que pas la moindre ruelle ne porte son nom alors que des villes entières sont nommées par les autorités bâthistes après son assassin Okba Ibnu Nafâ. C’est, probablement, cette dette non payée envers Dihya et tous les héros de notre terre antique qui nous a toujours empêchés d’avancer. Il continue à pleuvoir sur notre sol l’humiliation et la légende à coup d’oubli et de recul. Doit-on continuer comme un troupeau d’hommes à solliciter la gentillesse de l’agresseur pour qu’il cesse de nous traiter comme un point de discontinuité dans l’étendue de son empire ou doit-on compter sur notre aptitude à continuer d’exister dans nos réalités et nos mythes ? Il se dresse devant nous un défi pour survivre dans l’image que dieu nous a assignée. Notre résistance ici-bas qui se limite à un simple champ revendicatif est disproportionnée par rapport à l’agression impériale qui s’abat sur nous à tel point, qu’en 50 ans de revendication et de militantisme, nous n’avons presque pas bougé de notre point de départ.

L’Érythrée qui a commencé son combat à peu près au même temps que nous, se retrouve aujourd’hui avec son indépendance, sa langue à l’école, son drapeau, sa télévision, etc. Tandis que nous, on tremble encore à l’idée d’une autonomie qui va prendre en charge nos particularismes identitaires dans une Algérie unie en harmonie dans la diversité culturelle plutôt que désunie dans la confusion panarabiste qui nous propose une union de dupes qui ne colle plus avec le réveil des peuples et des minorités qui, désormais, savent distinguer entre une union des uns avec les autres et une union des uns aux dépens des autres.

Ironie de l’histoire c’est le pouvoir d’Alger qui nous agresse qui a présidé en l’an 2000, à Alger, les médiations entre l’Érythrine et l’Éthiopie. Une petite histoire de chameau préoccupé avant tout par la bosse du dromadaire.

Elvis, l'autre King de Hawaii, jouant de l' Ukulele(ou-kou-lee-lee) , une icone de la musique hawaiienne.

Le seul des 50 états à avoir été un royaume, l’état de Hawaï, tire aujourd’hui sa fierté et sa prospérité de ses particularismes culturels et ethniques. En quittant la Polynésie, il y a probablement plus de 6 siècles, les autochtones hawaïens ont laissé derrière eux des tribus qui ne savent pas, à ce jour, allumer le feu alors qu’eux, aujourd’hui, ils se préparent à envoyer des hommes dans le cosmos. Aujourd’hui, grâce à un pouvoir impérial américain qui a muri au point de considérer les différences linguistiques et ethniques comme des richesses, le peuple autochtone ne fait face à aucune contrainte morale, à aucun stéréotype qui le diminuerait dans sa citoyenneté d’américain ou le toucherait dans son amour propre en se voyant contraint à renier ses ancêtres sous prétexte qu’ils sont des aborigènes. Il a choisi le protestantisme comme religion sans que celle-ci ne lui exige de renoncer à sa culture polynésienne au profit de celle des habitants de Nazareth. L’église qui a reconnu sa participation dans la destitution du royaume hawaïen en 1893, s’est excusée, officiellement, aux cotés de Bill Clinton, auprès du peuple hawaïen. Du statut de territoires, l’archipel hawaïen est le dernier de la liste à passer au statut d’état pour devenir, 50 ans plus tard, l’un des états les plus influents de l’union des États-Unis d’ Amérique.

Et, malgré tout, ça revendique encore

 

 

 

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