Les berbères, les kurdes, les nubiens,… sont-ils des obstables à l’Union Arabe?

Si l’esturgeon, dit-on, est universellement connu pour être un involontaire producteur de caviar, bien des peuples pacifiques sur cette planète, à l’instar du peuple berbère, peuvent être considérés comme des possesseurs involontaires de terres fertiles et convoitées. Ils étaient là, non par esprit de conquête, mais par une espèce de probabilité géométrique reliée à une  distribution aléatoire des populations sur la surface du globe. Religieusement parlant, le destin les a affectés, dans leur bagage génétique propre, vers là où ils se trouvent.

Situés dans la zone tempérée avec un soleil qui réchauffe  graduellement vers le sud, une pluviométrie  bonne à faire germer des graines et une neige tout juste pour  faire quatre saisons et couronner nos montagnes, les pieds chatouillés par le poisson, de titres de King et de Queen ,le pays de la Berbèrie a été, à travers l’histoire, le théâtre de toutes les convoitises. De l’est, il avait  reçu les invasions phénicienne, byzantine, arabe et turque ; du nord, celles des romains, des vandales, des espagnols et des français ; et du sud, l’invasion par les  sauterelles. Point de salut pour qui n’en n’a point, vous êtes cernés de partout, l’atlantique et les alaouites sont devant vous. Là haut, prés d’Arabsat,  vos montagnes ne vous protègent plus : Big brother d’Arabie is watching you.

 Air, terre, mer, désert, et maintenant ciel, nous sommes un peuple aux abois, notre disparition est imminente à moins que sonne en nous le gong des peuples qui se réveillent. Mais, au fait, en quoi notre disparition profiterait-elle au monde arabe ? Sommes-nous un obstacle à son union, la source de sa mésentente ?  Pourtant en Arabie, chez les arabes de souche où il n’ya pas le moindre berbère susceptible d’influence  dans les parages immédiats des sheikhdoms, l’Entente des Pétroliers  d’Arabie occuperait une piètre place dans le classement  mondial  des peuples qui s’entendent.

Le Yemen que les romains avaient surnommé l’Arabie fertile, par opposition à l’Arabie déserte, plus au nord (Arabie Saoudite), a une population de 24 millions d’habitants,  composée quasi exclusivement d’arabes de souche,  n’ayant connu  que des périodes de paix relatives depuis son independance en 1918,  survenue à la suite de la chute de l’Empire Ottoman. La population composée de 53% de sunnites contre 47% de shiites, s’est le plus souvent livrée  à des guerres civiles dont celle de 1994 qui a conduit à la réunification des 2 Yemen à la suite de la prise du sud par le nord. A ce jour, une grande instabilité demeure. Dans ce pays dénué de Kurdes, de berbéres et  de nubiens, ce sont les arabes entre eux qui se font la guerre.

En Syrie, les kurdes jouent un role minoritaire et ce sont tous les autres arabes qui se révoltent contre la minorité suprematiste alaouite au pouvoir. En Irak, aprés que les kurdes, depuis longtemps persucutés par Saddam aient resussi à se retirer au nord dans leur région autonome de Kirkuk autour de leurs importantes reserves de pétrole , les arabes de la shia et de la sunna se livrent à une haine fratrécide qui risque à tout moment de dégénérer en guerre civile.

Dans le coeur d’Arabie, les Emirats Arabes Unis (EAU)  sont  une fédération de  2,4 millions d’habitants dont plus de 60% d’étrangers. L’union des 7 émirats  s’étend sur une superficie de 83 600 km², avec Abu Dhabi se taillant la part du lion avec ses 67 600 km². Le deuxième émirat en superficie et, premier économiquement, l’émirat de Dubaï, mesure seulement 3840 km² et ses richesses lui appartiennent de facto, en premier lieu,  avant de contribuer à la prospérité de la fédération. Alors que les 5 autres émirats sont confinés dans un espace de quelques 12 000 km². Le plus petit émirat, Ajman, mesure à peine 260 kilomètres carrés. Comparativement, aussi,  le Bahreïn qui, rappelons, au passage, avait, depuis 2002 abandonné son statut d’émirat pour celui de royaume, possède  une superficie de 665 km².

A titre de comparaison  la superficie de  la wilaya de Tizi-Ouzou  mesure  3568 km², c’est-à-dire  qu’elle peut former à elle seule une fédération de plus de 13 émirats de la Taille d’Ajman ! Soit, aussi, plus de 5 fois la taille du royaume souverain du Bahreïn.  Les EAU sont la seule fédération du monde arabe, chaque émirat est représenté par un émir dont le pouvoir est héréditaire et absolu. Leur économie basée quasi absolument sur l’industrie pétrolière  assure aux émiratis la plus grande prospérité économique dans le monde arabe, et leur offre probablement le plus haut revenu au monde par habitant. Malgré des ressources  économiques certaines qui offrent aux émirs le luxueux pouvoir d’évoluer sur du velours, et malgré l’absence totale des « agitations »  berbère,  kurde ou nubienne, l’union des arabes de souche pratiquant la même religion, parlant la même langue et ayant la même histoire n’est pas aussi évidente que ça. En 1971 les émirats du Qatar et du Bahreïn qui faisaient partie de la fédération des Emirats Arabes  Unis ont pris la décision de faire sécession et d’opter  chacun pour sa  totale indépendance.

Aujourd’hui, quand on évoque le terme émirats arabes sans majuscule on sous entend l’inclusion, en plus des EAU, du Qatar et du Bahreïn, du  Koweït et du sultanat d’Oman.  Y’avait-il  une main de l’étranger quelque part  qui les a empêchés  de s’unir? Non, seulement dans la tête de Boumediene et de sa descendance putschiste.  Les intérêts ne convergent pas, un point et c’est tout, dira un vrai homme d’état digne de ce titre. Y’avait-il un émir qui a pris les chars et les avions pour empêcher les émirats sécessionnistes de faire sécession ? Non, aucunement. La sagesse avait prévalu dans la tradition bédouine ancestrale.

C’est bien navrant et triste de voir un minuscule état comme le Qatar d’une population de souche ne dépassant pas 100 000 habitants avoir plus de poids sur la scène internationale qu’un vaste pays comme l’Algérie fort de son histoire et riche de son sous sol qui continue à bâtir sur le cadavre souillé de ses propres institutions. La différence entre le Qatar et l’ Algérie n’est pas cette différence qui existerait entre le gigantesque et le minuscule, entre une histoire riche et une histoire plutôt calme, mais la différence qui existe entre une dictature  intelligente et entreprenante , égale à elle-même dans son histoire et ses réalités, et une dictature complexée, fade et inculte dénuée de toute forme d’imagination et d’esprit d’entreprise, incapable de  se doter d’autres repères en dehors de l’arabité et de la légitimité historique d’une histoire qui ne commence qu’après l’arrivée  de « siadna »les arabes, du continent asiatique, porteurs d’un message  dont ils disent, faussement, qu’il arabise et que, paradoxalement, ils qualifient d’universel.

 Nos héros qui avaient, bien avant, donné leur sang pour cette terre, soudainement, ne comptent plus. C’est bien navrant de voir des rues, des villes et des lycées nommés après El Khansa et Antar de la Djahilia arabe mais jamais après nos vaillants héros qui ont donné leur sang pour défendre cette terre contre la Maitresse du Globe en l’occurrence Rome ainsi que tous les envahisseurs que cette terre a  eu l’involontaire occasion d’accueillir. Ni Juba, le mari de Cléopâtre, Ni Hannibal qui est rentré avec ses éléphants jusqu’à la porte de Rome, et dont les stratégies de guerre sont enseignées dans les grandes écoles militaires du monde au même titre que celles de Plutarque, de Jules César  et d’Alexandre Le Grand, ni Jugurtha le roi Numide dont le corps est toujours prisonnier au Musée de Rome à ce jour, et que le pouvoir baathiste n’a jamais réclamé comme il l’avait fait  avec insistance avec le corps d’Emir Abdelkader  pour ne citer que lui, n’ont le droit à la mémoire de leur terre  et de leur peuple, auprès du pouvoir baathiste raciste et vain qui avait promis aux égyptiens de construire une Algérie selon les directives idéologiques de l’Egyptien Nasser , ce dictateur au rêve fichu, mort en perdant humilié, après avoir débité quelques fables nationalistes qui  serviront de fondements idéologiques à une Egypte qui s’écroule. Les révolutions aux roues carrées  qui démarrent sur les rails triomphalistes en  apothéose, se terminent, à la guerre comme à la gare, toujours en queue de poisson.

Si Qatar et les petits émirats du golfe, dont certains de  taille inferieure ou égale à celle de la wilaya de Tizi-Ouzou en terre et en population ont fait naître sans complexe des empires financiers autour  de leurs traditions et de leurs histoires arabe et bédouine, le pouvoir algérien  qui  se renie dans ses origines et son histoire n’arrive  même pas à doter Ouargla, la nourricière de l’Algérie, et  financière de ses guerres idéologiques au Sahara occidental et en Palestine , d’un hôpital  digne de sa générosité  extrême forcée… pour ne pas dire dépouillement.

C’est bien navrant de voir l’argent de Ouargla et de Hassi R’Mel faire la prospérité des députés- leveurs- de- bras , qui érigent  comme de véritables  colons du nord, dans une arrogance extrême,   de luxurieuses  villas  dignes de l’époque coloniale ou de l’Amérique antebellum, où les blancs  « civilisateurs » du  sud construisaient de gigantesques villas sous la souffrance des esclaves. Le pillage de notre sud par l’Algérie du nord est une réalité qui ressemble à toutes les réalités impérialistes ou coloniales.

 On imagine mal comment l’état de Ouargla  ou la république de Ouargla Autonome qui saura se faire designer une équipe dirigeante agressive dans la défense de ses intérêts, se laisserait se faire dilapider les richesses de son sous sol pour aller servir de prime abord, à un millier de kms plus loin, les frimeurs du Nord. Dans un fédéralisme qui se respecte on voit mal comment le pétrole de l’Alaska aille servir en premier lieu les bureaucrates de Washington ou, comment une autonomie comme le Québec  se laisserait abuser  dans ses traditions, ses particularismes  et ses  richesses par les autorités d’Ottawa. Dans le Texas, la ville de Houston était née du néant et c’est le pétrole qui l’a fait naître et grandir jusqu’à devenir la quatrième ville des Etats-Unis, dépassant en taille et en prospérité la capitale Washington. Charité bien ordonnée commence par soi-même, est un adage que tous les sages se partagent. Et le fédéralisme ou l’autonomie sont faits pour veiller sur son application.

Pour nos baathistes qui ne jurent que par tout ce qui vient d’Arabie, l’exemple  fédéraliste de la fédération des Emirats Arabes Unis, peut  bien les inspirer. Il demeure que le syndrome khaldounien des arabes unis pour ne jamais sunir leur colle toujours à la peau: avec ou sans les autres peuples.

3 comments for “Les berbères, les kurdes, les nubiens,… sont-ils des obstables à l’Union Arabe?

  1. Khelaf Seddaoui
    February 10, 2012 at 02:24

    Bonjour Rachid ,

    Dernierement , j’ai lu par hasard un article concernant les souffrances du peuple kurde sous l’occupation turc , arabe et perse . Je suis vraiment surpris par le nombre de similitudes que nous partageons .
    Pour plus voir :
    What is Mine is Mine; What is Yours is Negotiable
    Kurdishaspect.com – By Dr. Rashid Karadaghi

    http://www.kurdishaspect.com/doc110109RK.html

    Salutations amicales .

    Khelaf

  2. AZYM
    February 12, 2012 at 07:50

    C’EST LE COMPORTEMENT DES AMAZIGHSDHIMMIS QUI SONT A PLAINDRE.

    QU4ECE QUI LES EMPÊCHENT DE SE REVEILLER ET DE PRENDRE CONSCIENCE QU’ILS sont EN TRAIN DE SERVIR LEURS BOURREAUX?

    IL FAUT CROIRE QUE L’ISLAM a CETTE capaciter diabolique DE MUTER DES INDIVIDUS en zombies AU POINT DE S’Automutiler voir se trépaner.

    DEVINIR SA PROPRE NEGATION, C’EST FOU..

  3. Uqasi
    January 31, 2013 at 15:09

    mais quelle est donc cette malédiction qui fait que certains se targuent que leur influence s’étend sur tout un monde ou plutôt ont tout un monde alors que d’autres ne peuvent même pas se revendiquer de leur ancestrale parcelle de terre?! Quel est donc ce lien qui ferait d’un Rifain et d’un Quraishi des “frères”? Qu’aurait un Zenete en commun avec un Yemenite?…

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