Le Fusil Pensant

J’avais vingt ans et encore trois boutons d’acné
Que j’éclatais pour ne paraitre adolescent. 
On m’offrit un fusil pour servir une idée ;
A cet âge pensait-on qu’un fusil est pensant ?

Je quittai celle qui rêvait d’être ma fiancée
Et la tombe de ma mère qui ne fleurira plus.
Elle priera pour moi de là-haut, je le sais !
L’autre attendra mes vers sur ses pleurs retenus…

Je fus parachuté par trains, bateaux, camions
Dans des contrées qu’on m’a contées cannibales :
Enceintes s’éventraient pour manger leurs embryons !
Aussi devrais-je garder pour moi ma dernière balle.

J’avais alors tué des mères douces comme mère 
Violé des fillettes ne rêvant d’avoir qu’amants
Et je n’ai plus jamais su écrire un seul vers 
Ni arroser les fleurs sur la tombe de maman 

NB : Le 19 Mars 2012 signe le 50eme anniversaire du “cessez-le feu” de la Guerre menée par la France contre l’Algérie. Je dédie ce texte à tous les soldats appelés français enrôlés dans cette « guerre mensongère » et fratricide des deux cotés. J’en connais qui ont des remords terribles contrairement à M. Lepen et aux nostalgiques de ” l’Algérie française”. Les jeunes algériens d’aujourd’hui ne demandent qu’une chose : le respect mutuel entre l’Algérie et la France pour aller ensemble de l’avant sans rien occulter de nos passés douloureux. Et surtout PLUS JAMAIS çà nulle part dans le monde !

Barek ABAS – Béjaia, le 12 Mars 2012.

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