50ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. Le temps des hyènes, des léopards et des loups

Contribution de Abdelkader BENBRIK

 Il est certain que ce n’est pas à travers ce prisme que nous devrions voir la révolution de notre cher Novembre. Nous l’avions déjà dit : au moment où déferlaient tumultueusement les périls, les appétits malsains, les opportunismes médiocres sur un pays jeune à peine la cinquantaine,  c’est elle qui, sans gesticulation ni discours incantatoire, au plus profond de la conscience et de la démarche disciplinée de la base militante de tout un peuple qui a tant souffert durant 132 ans et que toutes les résistances venaient de lui, jusqu’à celle de novembre 1954.                                                                                                                                                            50 années déjà, que le temps passe vite, c’était hier, un peuple, une communauté bien déterminée à vaincre, à se défendre grâce à sa cohésion, à ses valeurs propres, à ses sacrifices. Il s’agissait là, à l’origine, d’une constatation accompagnée d’un encouragement par lesquels la  petite communauté Algérienne de moins de sept millions d’âmes éparpillés à travers toutes les régions de cette Algérie, à leur tête la Kabylie,  avait  juré de récupérer sa souveraineté.

Que n’a-t-on pas dit dans les premiers temps de l’indépendance, au sein même d’un groupe d’idéologues proche du pouvoir, pour nier l’impact profond de cette révolution sur le peuple et sa façon à lui de l’adopter selon sa propre vision du monde, maladroitement sans doute mais en l’accordant avec ses épreuves passées et ses luttes récentes ! Par connaissance de la situation sociologique de leurs pays, certains de ces théoriciens algériens, dans leur hâte d’appliquer une recette uniforme, standard, passe-partout, à un ensemble de faits issus pourtant d’une autre sensibilité, d’une expérience vécue différemment, loin de lieux communs de l’imagerie coloniale, se mirent à appeler à l’aide les plus engagés d’entre les progressistes d’Europe qui étaient nos amis  et avaient participé à notre lutte de libération nationale mais que leurs employeurs « naïfs , eux-mêmes ignorants de la complexité de l’enjeu, ne se soucièrent pas d’initier à la réalité algérienne, compromettant ainsi leur effort de bonne volonté et rendant illusoire toute coopération efficace de leur part dans  un secteur purement technique. Cette ignorance du pays et de gens ; de la géopolitique et des motivations objectives des acteurs de l’histoire et également une constante bien algérienne qu’on ne déplorera jamais assez.                                                                                                                      50 années passées pour un pays comme l’Algérie, qui a déjà les signes de rupture entre gouvernants et gouvernés se montraient de plus en plus. Tout cela relevait et relève toujours de la perte des relais éprouvés de jadis, des points de repère et antécédents évoqués déjà, c’est-à-dire d’une grave rupture avec l’algérianité séculaire et moderne à la fois qui s’était affirmée contre vents et marées comme une discipline sociale, une culture et un facteur d’évolution, et cela malgré, bon gré.

Cette rupture, avec d’autres brèches sans cesse élargies, était synonyme aussi d’un tri invraisemblable  s’opérant dans la classification des choix qui faisaient moins de cas de certains périls immédiats ou susceptibles de compromettre  l’équilibre de l’économie  et de porter atteinte à la  cohésion nationale pour le long terme, que de ‘’menaces’’ présumées visant des valeurs et abstractions vénérables certes, mais dont la personnalité algérienne retrempée par les souffrances

50me anniversaire de l’indépendance, un demi-siècle passé depuis ce jour du 5 juillet 1962 où le peuple Algérien a décidé de se débarrasser d’une occupation colonialiste. Que le temps passe vite, Un lieu commun. Mais comment dire autrement quand, devant vous se trouve un fil d’éphémérides long de 50 ans. Quels en sont les événements marquants ? Que retenir ? Privilégier l’économique ? Le politique ? Le social ou alors le culturel ? Ou bien synthétiser le tout dans un discours qui chante les « hiers » heureux et qui promet des « demains » radieux. Ce n’était pas la solution. Enumérer ce n’est pas faire un bilan, faire un bilan c’est trop fastidieux aussi bien pour celui qui lit que pour celui qui l’écrit. Et puis tout cela ça fait comptable et l’Algérie de 2010 a besoin d’autre chose.

2012 regarde les années qui l’ont précédé. Il les juge, même. Il fouille dans les moindres détails, dans le moindre de leurs jours si des fois quelque part, dans un recoin oublié par le temps balayeur d’espace, ne se cacherait pas sournoisement le mensonge honteux des Nations. Ceci n’est pas un bilan avantageux ou de simple prestige destiné à marquer conventionnellement, ce demi-siècle de l’indépendance. Au contraire, il s’agit ici et surtout de « nous définir par rapport à la réalité omniprésente de la Révolution sans laquelle ce demi siècle n’aurait aucun sens, aucun poids sur notre devenir. Parce que le choix primordial étant la Révolution, il importe qu’on aille jusqu’au bout du processus de changement irréversible, homogène, à partir duquel une évolution générale, au rythme sûr, serait possible. Sans doute seront-ils quelques uns à faire une lecture « maligne » de ce texte, mais la réalité étant ce qu’elle est, palpable et incontournable.

 Quoiqu’il en soit, l’Algérie, pendant ce demi siècle, a fait quand même des structures en tous genre, d’institutions, d’acquis socio-économiques, de conquêtes internationales au triple plan des alliances et affinités agissantes, des amitiés et de la coopération ; de réflexes et d’habitudes des intellectuels pas toujours négatifs. L’industrialisation tant décriée par les inconditionnels du capital étranger, a contribué à inculquer le goût du travail collectif organisé. De plus, des maîtres-artisans de l’ancienne société algérienne des grandes villes qui fut victime, comme on l’a déjà dit, de la perte des relais techno-culturels, existe encore, eux ou leurs émules si méritants, en nombre restreint, certes, mais suffisamment pour sortir d’un injuste oubli.

Une révolution déclenchée par le peuple algérien qui est l’authentique famille révolutionnaire, déclenchée suite à toutes les méthodes terroristes employées par l’occupant. La misère des algériens comparée à l’aisance des colons pouvait à elle seule creuser ce fossé entre les deux communautés et l’antagonisme grandissant. Faut-il s’étonner que la masse des révoltés, ruraux  en majorité, soit la préfiguration de l’A.L.N  qui a pris les armes le 1er Novembre 1954 à 0 heures. Alors que les armes en réalité ne se sont pas tu durant toute la durée d’occupation colonialiste depuis 1830.

Les anciens résistants dans les rangs de l’Emir Abdelkader, de Bouâmama, d’El Haddad, de Boumaaza et de toutes les révolutions qui se sont succédées ont été purement et simplement déportés à la Nouvelle Calédonie. Le colonialisme Français a tout tenté pour éteindre le flambeau de la résistance sans résultat. Car le peuple algérien est le seul héro de cette résistance qui a duré 132 années et le 11 décembre 1960, il a dit son mot « OUI A L’INDEPENDANCE. ’Autorité d’occupation dégage’’ »

1 comment for “50ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. Le temps des hyènes, des léopards et des loups

  1. May 4, 2012 at 15:11

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