Mhenni Ait Ouamirouche: De l’amour et de l’humour pour casser du tabou

A la mémoire du chanteur Mhenni Ath Ouamirouche décèdé le 19 avril 2012 d’un arrêt cardiaque à l’âge de 74 ans

Dans la première vidéo Mhenni répond au pouvoir baathiste qui le force à une  « travestisation » identitaire, à changer ses origines berbères, nord africaines au profit de celles arabes et asiatiques. A l’égard du baathiste et son ramage, il  tient à peu près ce langage:

Tu m’as saoulé d’éloges sur ta famille et tes ancêtres 
M’ entrainé dans la confusion au point de renier les miens
Comprends-tu que moi, aussi, j’ai mon père, tout comme lui, il a le sien
Mon Dieu! Comment as tu fait pour oser tenter de l’effacer de ma mémoire
Mais il viendra un jour où je partirai à la recherche de mon histoire

 

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=bJiNe5n1Zlc

 

 

Le chanteur Mhenni Ath Ouamirouche décède d’un arrêt cardiaque

20 avril 2012

La culture et la chanson kabyles en deuil

La culture et la chanson kabyles sont une fois de plus orphelines. Les artistes partent l’un après l’autre. Jeudi dernier a aussi été une journée noire pour la chanson kabyle.

La nouvelle du décès du chanteur et ancien animateur de la radio kabyle Mhenni Amroun, dit Ath Ouamirouche, est tombée comme un coup de massue sur le monde artistique en général et  celui de la chanson kabyle en particulier. Mhenni est parti rejoindre ceux qui l’ont précédé, ce jeudi vers 11 h dans son domicile à Bouzeguène, à 60 km à l’est de Tizi Ouzou. Mhenni a presque tout chanté.

L’amour dans sa célèbre chanson «A Djedjiga» en duo avec la diva Nouara,  l’identité et l’attachement à sa culture et ses origines dans «Tetsecekire-iyi-d jeddik» (tu glorifiais ton grand-père), comme il a chanté des duos avec Anissa, Nouara et la défunte Hnifa.

Né le 3 décembre 1938, Mhenni a, comme les enfants de son époque,  passé sa tendre enfance dans son village natal de Bouzeguène. A l’âge de huit ans, il fréquente les bancs de l’école d’Aït Ikhlef.  En 1952, son grand-père l’emmène à Marseille. Le soir, il a suivi une formation en soudure pendant deux années. Une année après  le déclenchement de la guerre, il intègre la Fédération de France du FLN avant de rallier la troupe artistique du FLN. Dès son retour au pays en 1963 avec ses compagnons Mdjahed Mohamed, Cherif Kheddam, Taleb Rabah, Abchiche Belaïd, il fut engagé à la chaîne II où il intégra la troupe dirigée par Mohamed Hilmi, Ali Abdoun,Djamila.

Son parcours des plus atypiques a été aussi jalonné par une carrière théâtrale et cinématographique avec des représentations des plus remarquées.  Dans le quatrième art, on notera que durant les années 1970, il a joué, dans l’adaptation en kabyle de «La Colline oubliée» de Mouloud  Mammeri, le rôle de Mokrane.  Dans le monde du cinéma, il jouera en compagnie de Mustapha El Anka dans «Aïch betnach» ou encore «Si slawech» etc. Mhenni Ath Ouamirouche a été inhumé hier après-midi dans son village natal en présence d’une foule nombreuse. Les présents sont venus de plusieurs régions de Kabylie en dépit du mauvais temps. Plusieurs artistes et chanteurs kabyles ainsi que des responsables politiques de la wilaya de Tizi Ouzou ont tenu à accompagner l’artiste à sa dernière demeure.

  http://news80.com/2012/04/20/le-chanteur-mhenni-ath-ouamirouche-decede-dun-arret-cardiaque/

B. B.

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