Qui ne songe qu’à soi quand sa fortune est bonne…

 Les deux voyageurs

Le compère Thomas et son ami Lubin
Allaient à pied tous deux à la ville prochaine.
JPEG - 643 octets Thomas trouve sur son chemin
JPEG - 643 octets Une bourse de louis pleine ;
Il l’empoche aussitôt. Lubin, d’un air content,
JPEG - 643 octets Lui dit : pour nous la bonne aubaine !
JPEG - 643 octets Non, répond Thomas froidement,
Pour nous n’est pas bien dit, pour moi c’est différent.
Lubin ne souffle plus ; mais, en quittant la plaine,
Ils trouvent des voleurs cachés au bois voisin.
JPEG - 643 octets Thomas tremblant, et non sans cause,
Dit : nous sommes perdus ! Non, lui répond Lubin,
Nous n’est pas le vrai mot, mais toi , c’est autre chose.
Cela dit, il s’échappe à travers les taillis.
Immobile de peur, Thomas est bientôt pris,
JPEG - 643 octets Il tire la bourse et la donne.
Qui ne songe qu’à soi quand sa fortune est bonne
JPEG - 643 octets Dans le malheur n’a point d’amis.

Jean-Pierre Claris de FLORIAN

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