Hollande renforce avec la recherche française les liens affaiblis par Sarkozy (voir video)

François Hollande: “Merci à toute la recherche !”

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Investi aujourd’hui dans ses nouvelles fonctions, François Hollande a adressé ses «premiers mots de président» au monde de l’éducation et de la recherche. Il souhaite placer la science au sommet d’une « nouvelle hiérarchie des valeurs ». Une rupture marquée avec le quinquennat précédent.

François Hollande serre des mains à l'Institut Curie après avoir rendu hommage à Marie Curie, la célèbre physicienne. (Remy de la Mauviniere/AP/SIPA)

François Hollande serre des mains à l’Institut Curie après avoir rendu hommage à Marie Curie, la célèbre physicienne. (Remy de la Mauviniere/AP/SIPA)

Jules Ferry et Marie Curie : en rendant hommage à ces deux personnalités de l’histoire française, le président de la République fraîchement investi a donné le ton et rompu radicalement avec son prédécesseur, qui entretenait des relations houleuses ou distantes avec le monde de l’enseignement et de la recherche.

François Hollande a rendu hommage au «législateur Ferry», au «bâtisseur» de l’école républicaine, laïque et gratuite. Tout en se démarquant de l’homme politique qui avait commis une «faute politique» en défendant la colonisation, il a rappelé que le combat de Jules Ferry pour l’école pour tous avait été mené «à un moment où beaucoup […] ne connaissaient pas le bonheur du savoir».

Après son discours dans le jardin des Tuileries, au pied de la statue de Jules Ferry, François Hollande s’est rendu à l’Institut Curie, rue d’Ulm à Paris, où il a déposé une gerbe au pied de la statue dédiée au couple de chercheurs, en présence de leurs petits-enfants, Hélène Langevin-Joliot et Pierre Joliot.

Le nouveau président a salué en Marie Curie la femme de science -deux fois récompensée par un Prix Nobel- et la femme née en Pologne, Maria Sklodowska, venue en France pour ses études. Après avoir serré les mains de nombreuses personnes dans la cour de l’Institut, il a salué les personnes rassemblées aux fenêtres, les gratifiant d’un «Merci à toute la recherche !».

Nouvelle pyramide des valeurs

Un peu plus tôt, aux Tuileries, devant d’anciens ministres de l’Education nationale (dont Jack Lang, Lionel Jospin) et des chercheurs comme le mathématicien Cédric Villani, François Hollande a souligné que «la connaissance, le goût d’apprendre, la jubilation de la découverte, le sens de la curiosité intellectuelle, sont des trésors auxquels l’école à vocation à préparer». Il a rappelé son engagement de 60.000 embauches au cours de son mandat. Le nouveau président de la République a également appelé de ses vœux l’établissement d’une «nouvelle hiérarchie des valeurs au sommet de laquelle se situera la science, l’intelligence, la recherche, la volonté d’apprendre et de transmettre. Voilà les vertus qui seront les plus reconnues et les mieux respectées, bien davantage que l’argent.»

Le ton du nouveau président tranche vivement avec celui de Nicolas Sarkozy, en particulier lors de son discours sur la recherche et l’innovation de janvier 2009, qui avait jeté un froid et provoqué un mouvement de fronde. «Je veux pas être désagréable, déclarait alors Nicolas Sarkozy devant un parterre de présidents d’université, de responsables d’instituts de recherche, de directeurs de laboratoires, mais à budget comparable un chercheur français publie de 30 à 50% en moins qu’un chercheur britannique dans certains secteurs… Evidemment si on veut pas voir ça… je vous remercie d’être venus, y’a de la lumière, c’est chauffé… mais enfin c’est une réalité ! » (voir des extraits)

Emmanuel Saint-James, président de l’association Sauvons la Recherche, se félicite du maintien de la promesse des 60.000 embauches par François Hollande et de la reconnaissance accordée à la culture scientifique. Cependant, le monde de la recherche et de l’université reste dans l’expectative des réformes –et il y a fort à faire (lire Redonner aux chercheurs le temps de faire de la science). Les mesures concrètes sont attendues au tournant, dans l’école comme à l’université et dans les organismes de recherche.

«Nous sommes en butte à la fascination du chiffre, la réduction drastique des moyens alloués aux équipes de recherche, la distribution brouillonne des moyens, l’excès d’évaluation, le pilotage technocratique et une bureaucratie ubuesque. Nous accusons des réformes mal coordonnées et inefficaces depuis 5 ans, qui multiplient les accès à des financements dont les demandeurs ne comprennent pas la logique» écrivaient deux neurobiologistes de renom, Yehezkel Ben-Ari et Joël Bockaert, dans une pétition lancée au début de l’année 2012, Halte à la destruction de la recherche.

«L’expectative est teintée d’espoir, précise aujourd’hui Emmanuel Saint-James, alors que nous n’en avions plus depuis cinq ans». Des assises de l’enseignement et de la recherche –très attendues- devraient être prochainement organisées.

Extraits du discours de janvier 2009 de Nicolas Sarkozy, montés avec des réactions et des commentaires:

 

Sciences & Avenir.fr

15/05/12

http://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/20120515.OBS5624/francois-hollande-merci-a-toute-la-recherche.html

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