Notre mercredi Poètique avec le poète errant, Si Mohand Ou Mhand : “l’amitié bafouée”

SI MOHAND Ou M’HAND est l’un des pivots de la poésie algérienne, monument de la tradition orale kabyle (Algérie). Né vers 1845 dans le village de Chéraouia, et il est mort en 1906. Ses œuvres sont d’une grande émotion. Qualifiées de plus légères que l’air, elles sont imprégnées de grandeur d’âme et de son attachement à ses valeurs ancestrales et à sa terre bénie, la Kabylie.

Poète de l’exil et de la souffrance, il a eu un destin amer et tumultueux, marqué par les secousses de la vie qui ont ébranlé l’Algérie. Éternel errant, il vivait d’expédiant. Il a usé d’un verbe tranchant et d’un verbe rebelle pour dénoncer les injustices et les souffrances de son peuple, dépossédé par les colons, affaibli par la grande famine de 1868. Il a d’ailleurs dû fuir son village, avec toute sa famille. Et Si Mohand n’hésitait pas à se servir de la poésie pour répondre à toutes ces injustices.

Les deux écrivains algériens, Mouloud Mammeri et Mouloud Feraoun ont su faire revivre à travers leurs œuvres l’héritage de Si Mohand.

L’AMITIE BAFFOUÉE
(extraits)

Tandis que les vautours sont au pouvoir
Le faucon est exilé
Le reniement détruit l’amitié.

J’ai juré que de Tizi-Ouzou
Jusqu’à Akfadou
Nul ne me fera subir sa loi.

Nous nous briserons mais sans plier :
Plutôt être maudit
Quand les chefs sont des maquereaux.

L’exil est inscrit au front :
Je préfère quitter le pays
Que d’être humilié parmi ces pourceaux.

Si ma raison n’était pas égarée
J’aurais condamné le kif
Dont profitent les gens indignes.

Il est source d’inégalité
Il a enrichi l’esclave
Le sage est resté en arrière.

O mon dieu quelle injustice !
La toléreras-tu encore ?

 

source:http://zighcult.canalblog.com/archives/2005/11/13/904815.html

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