Après 50 années d’indépendance LE SAVOIR ET LA CULTURE Quelle considération ?

Contribution de  : Abdelkader BEN BRIK

Les professeurs n’ont plus la cote, mal payés, mal logés, mal transportés, mal considérés Les intellectuels, les hommes de culture nationale, les journalistes, les Oulémas authentiques n’ont plus la cote à ce que qu’il semble clair. A l’heure où fleurissent le foot, les fast-foods, salons de thé, importation, chant du raï et danse du ventre. Celui qui choisit de vouer à la culture et au savoir fait juste figure de raté.

   Autres temps, autres mœurs : le détenteur du savoir et objet de vénération, n’est plus un modèle de réussite. Dur métier d’être lettré et diplômé dans notre époque : Au fait quelles sont les motivations qui poussent ces hommes et ces femmes à embrasser une carrière qui exige un don de soi total et une bonne dose de courage, par les temps qui courent ? Est-ce   « L’Amour de la Patrie » ?

   Dorénavant, nous ne pouvons pas incriminer nos enfants, s’ils s’en passaient de l’enseignement. Les exemples sont devant leurs yeux, ceux qui n’ont jamais connu l’école comptaient largement leurs milliards, alors que leurs professeurs et les intellectuels sont endettés jusqu’au cou ! Est t il possible d’obliger son enfant à opter pour un avenir miséreux, comme nous l’avons choisi pour nous-mêmes !?

Le bac qui était le rite d’initiation des temps modernes. Ses épreuves à une époque représentent  un passage important d’un état de dépendance vers un état de prise en charge, de responsabilité, que ce soit dans le monde du travail ou à l’université. N’a aujourd’hui aucune importance du moment que pour un simple poste qui nécessitait, il y a trente ans le CEP en exige aujourd’hui, le Bac plus 2 !! Le ridicule qui s’impose.

     Et maintenant, cette jeunesse « branchée » les oreilles bourdonnantes du Raï, ou du ballon rond, aurait elle une manière bien à elle d’exorciser les terreurs du bac ?

En vérité, aucune planification Pour l’avenir de la jeunesse et en particulier les étudiants. Seuls les enfants des responsables, des influents et des corrompus Qui sont privilégiés !

    Avons-nous planifié l’avenir du développement ? Affirmativement. Fondamentalement, la stratégie de développement à long terme a été définie en 1966, et partiellement mise en exécution par les deux plans quadriennaux (1970—1973 et 1974—1977). La « découverte » à la fin du premier plan, de la forte démographie et de la jeunesse de nos populations a renforcé la conviction de l’élargissement de l’emploi. Celui-ci devient un « but prioritaire majeur »

En gros, les deux plans s’articulent autour de trois axes dont le lien traduit la cohérence d’une démarche à l’origine d’une lutte permanente contre le sous-développement en tant que phénomène multiforme.

Pour concrétiser les espérances de cette Algérie qui venait de sortir d’un colonialisme aveugle qui a duré 132 années, il fallait engager ses cadres qui mal gré bon gré sont sortis des écoles sous occupation. Une génération qui a bien mené des négociations qui avaient aboutit au recouvrement de notre souveraineté. Mais cette génération allait se heurter dés le lendemain de l’indépendance à une lutte acharnée de certains descendants du maquis qui voulaient s’accaparer des postes politiques, économiques et culturels, alors que le nombre réduit à cette époque des intellectuels allait aussi se heurter à une situation difficile : outre son enracinement, sa formation la mettait devant un « fait accompli » céder la place aux gens du djebel, c’était cela le discours d’après indépendance.

   Peut-on expliquer également ce phénomène qui court à nos jours, par l’absence du « héros », qui aurait été incarné par un seul individu au sein de cette révolution qui a produit autant de symboles et mis à jour tant de valeurs et d’actes d’héroïsme. Si bien qu’à la fin des combats, des militants sincères ont eu le juste réflexe de lancer ce mot d’ordre :  « Un seul héros, le peuple » Mais d’autres oreilles ne l’entendaient pas, que les postes stratégiques qui devraient être tenus par des élites, des génies et des stratèges, ont été occupés par la plupart des descendants du maquis, sincères oui, mais beaucoup faisaient défaut de compétence dans le domaine. Ce qui nous a amenés jusqu’aux années quatre vingt avec la fameuse procédure de l’article 120, ce phénomène négatif est le facteur principal de l’irruption en masse » de faux moudjahidin et des fils de traîtres qui se sont accaparés de certains postes importants, alors que les élites fils du seul peuple héros, se sont retrouvés marginalisées dans leur propre patrie, mais très estimées sous d’autres cieux. Nul n’a le droit d’occulter la vérité.

C’est dur de descendre de vélo Pour se regarder pédaler 

Des centaines de rapports élaborés en ce sens durant les années quatre vingt et quatre vingt dix, par des services importants et transmis à qui de droit sont restés lettre morte !  On est arrivé à la Harga, aux multiples agressions dans les rues, aux renvois des élèves de l’école, à la violence scolaire…                                                                                                                                              Quarante sept années, après le jour J du recouvrement de l’indépendance. Un demi-siècle. Que le temps passe vite. Mais comment dire autrement quand, devant vous se trouve un fil d’éphémérides long de 50 ans. Quels en sont les événements marquants ?  2012 regarde les années qui l’ont précédée. Elle les juge, même. Elle fouille dans les moindres détails, dans le moindre de leurs jours si des fois quelque part, dans un recoin oublié par le temps balayeur d’espace, ne se cacherait pas sournoisement le mensonge, honte des Nations.

Nous ne pouvons faire un bilan c’est trop fastidieux aussi bien pour celui qui lit que pour celui qui  l’écrit. Et l’Algérie de 2012 a besoin d’autre chose. C’est peut être ce que nous avons essayé de faire, en hâte, nous vous le disons tout de suite. Non que nous cherchions votre indulgence en vous prévenant mais parce que c’est dur de «  descendre de vélo pour se regarder pédaler ».

 

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