Jeux olympiques: histoire, jeux et enjeux

Cet article nous enseigne l’histoire des jeux olympiques  depuis le 8eme siècle avant JC,ainsi que les gros enjeux politiques et économiques qui en se déroulent dans arrière-plan. 

Les Jeux olympiques (appelés aussi les JO, les Jeux, ou les Olympiques ; en anglais : the Olympic Games ; sont un événement international majeur, regroupant les sports d’été et d’hiver, auquel des milliers d’athlètes participent. Les Jeux se tiennent tous les deux ans, les années paires, en alternant Jeux olympiques d’été et Jeux olympiques d’hiver : 4 ans entre chaque Jeux olympiques d’été ou d’hiver et 2 ans entre les jeux olympiques d’été et ceux d’hiver. Originellement tenus dans le centre religieux d’Olympie dans la Grèce antique du viiie siècle av. J.-C. au ve siècle après J.-C., les Jeux ont été rénovés par le baron Pierre de Coubertin en 1894 lorsqu’il fonda le CIO (Comité International Olympique), les premiers Jeux olympiques modernes s’étant déroulés en 1896. Depuis lors, le CIO est devenu l’organisation gouvernant le mouvement olympique dont la structure et les décisions sont définies par la Charte olympique.

Pendant le xxe siècle, l’évolution du mouvement olympique a obligé le CIO à adapter les Jeux aux changements sociaux qui se sont produits dans le monde. Certains de ces ajustements inclurent la création de Jeux olympiques d’hiver, les Jeux Paralympiques, les Jeux olympiques de la jeunesse. Le CIO a aussi dû adapter les Jeux aux changements économiques, politiques et technologiques du xxe siècle. Par conséquent, les Jeux Olympiques sont passés de l’amateurisme pur, comme l’avait envisagé Pierre de Coubertin au professionnalisme. L’importante croissance des médias de masse engendra le problème du financement et de la commercialisation des Jeux.

Pierre de Coubertin

Actuellement, les mouvements olympiques comprennent les fédérations sportives internationales, les comités nationaux olympiques et l’organisation de comités pour chaque Jeux olympiques. La ville hôte est chargée d’organiser et de trouver des fonds pour les Jeux olympiques de manière à ce qu’ils soient en accord avec la Charte olympique. Le CIO décide aussi des sports présents ou non à chaque Jeux olympiques. La célébration des Jeux inclut de nombreux rituels et de symboles comme le drapeau olympique et la flamme olympique, ainsi que les cérémonies d’ouverture et de clôture.

 

Histoire

Jeux olympiques antiques

De nombreuses légendes entourent l’origine des Jeux olympiques antiques. L’une raconte qu’Héraclès construisit le stade olympique ainsi que les bâtiments alentours en l’honneur de son père Zeus, après avoir accompli ses douze travaux. Il aurait également défini la longueur du stade olympique en l’arpentant avec la longueur de son pied en avançant de 600 pas.

Les premiers Jeux olympiques sont réputés pour avoir pris place en 776 av. J.-C. sur l’initiative d’Iphitos, roi d’Élide. Cette année marque le début du calendrier olympique, selon lequel les années sont regroupées en olympiades. C’est également l’an 1 du calendrier grec adopté en 260 av. J.-C.Toutefois, il est probable que les Jeux aient été encore plus anciens, compte tenu de l’abondance des offrandes de l’époque géométrique retrouvées àOlympie. Dès lors, les Jeux gagnèrent en importance dans toute la Grèce antique, mais il existe près de 300 réunions sportives du même type, les agônes. On passe à plus 500 sous l’Empire romain. Les Jeux olympiques forment, avec les Jeux pythiques, les Jeux néméens, et les Jeux isthmiques, le periodokines, le « Grand Chelem » du sport grec.

Le programme des compétitions comprend des épreuves hippiques (chars à deux ou quatre chevaux) et des épreuves athlétiques dites de gymnastique (course à pied sur plusieurs distances, lancer du disque, saut en longueur, lancer du javelot, pentathlon1, lutte, pugilat et pancrace). Disque, longueur et javelot ne donnent pas de titre olympique mais font partie des cinq épreuves du pentathlon avec la course du stade et la lutte.

Coroebos ouvre le palmarès olympique officiel en remportant la course pédestre du stade en 776 av. J.-C. Parmi les autres principaux athlètes grecs des Jeux antiques, citons notamment Milon de Crotone (lutte, vie siècle av. J.-C.), Diagoras de Rhodes (boxe, ve siècle av. J.-C.), Polydamas de Skotoussa (pancrace, vie siècle av. J.-C.), Léonidas de Rhodes (course, iie siècle av. J.-C.) etMélancomas de Carie (boxe, ier siècle).

À partir de la septième olympiade (752 av. J.-C.), le champion olympique reçoit une couronne d’olivier sauvage, un ruban de laine rouge, la tænia, et une branche de palmier. Le Messénien Daikles est le premier champion olympique honoré ainsi.

Réservés d’abord aux seuls citoyens grecs masculins et riches, les Jeux génèrent une trêve olympique. Cette dernière n’arrête pas les conflits, mais autorise les athlètes et spectateurs à traverser librement des zones de guerre sans être inquiétés. La portée d’un titre olympique est considérable. Les champions sont d’authentiques héros populaires et sont couverts de cadeaux et d’honneurs à leur retour dans leur cité. Ils sont de plus pleinement professionnels depuis le ve siècle av. J.-C. et peuvent décider de défendre les couleurs d’une autre cité. Ces changements d’allégeance provoquent souvent des troubles, parfois importants, dans la cité « trahie ». On peut ainsi citer le cas de Astylos de Crotone (6 titres olympiques), qui passe de Crotone à Syracuseen 484 av. J.-C., provoquant de graves troubles à Crotone.

Un serment olympique en quatorze points6 régit l’organisation des Jeux depuis 338 av. J.-C. Le 10e point concerne les cas de tricheries qui sont nombreux et durement sanctionnés.

  • I. Être sujet hellène libre, ni esclave, ni métèque.

  • II. N’être ni repris de justice, ni d’une moralité douteuse.

  • III. S’inscrire à l’avance au stage d’un mois du gymnase d’Ellis.

  • IV. Tout retardataire sera hors concours.

  • V. Interdiction aux femmes mariées d’assister aux jeux ou de se montrer dans l’Altis sous peine d’être précipitées du rocher du Typaion.

  • VI. Pendant les exercices, les maîtres (entraîneurs) des athlètes devront être parqués et nus.

  • VII. Défense de tuer son adversaire ou de chercher à le tuer.

  • VIII. Défense de le pousser hors des limites.

  • IX. Défense de l’intimider.

  • X. Toute corruption d’arbitre ou d’adversaire sera punie du fouet.

  • XI. Tout concurrent contre lequel ne se présentera pas l’adversaire désigné sera déclaré vainqueur.

  • XII. Défense aux concurrents de manifester contre le public ou contre les juges.

  • XIII. Tout concurrent mécontent d’une décision peut en appeler au Sénat contre les arbitres : ceux-ci seront punis ou leur décision annulée si elle est jugée erronée.

  • XIV. Sera hors concours tout membre du Collège des Juges.

Suite à l’invasion romaine, les Jeux s’ouvrent aux non-Grecs. Le prestige des Jeux est tel que plusieurs empereurs y prennent part. Sur les conseils de l’évêque de Milan (Ambroise), l’empereur Théodose Ier interdit les Jeux en 393-394 en raison de leur caractère païen.

Rénovation des Jeux

Les jeux olympiques connaissent quelques timides tentatives de rénovation entre la fin du xviiie siècle, époque à laquelle on découvre les ruines des sites d’Olympie, et la fin du xixe siècle.
Il faut préciser que la rénovation des Jeux olympiques n’est pas seulement inspirée par les Jeux antiques. L’actualité de cette fin de xixe siècle influence nettement l’esprit de ceux qui vont initier le nouveau mouvement olympique. De même, l’inspiration puise également ses sources dans des pratiques profondément ancrées dans la culture européenne comme celle des joutes chevaleresques médiévales, dont on retrouve l’idée de franc jeu / fair play7.

La fédération omnisports française de PD USFSA fête son cinquième anniversaire le 25 novembre 1892 dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne àParis. À cette occasion, Pierre de Coubertin appelle à la rénovation des Jeux olympiques.

Deux ans plus tard, du 16 au 23 juin 1894, se tient également à la Sorbonne le « Congrès pour le rétablissement des jeux olympiques ». Devant l’absence de réactions à son appel deux ans plus tôt, Pierre de Coubertin parvient à convaincre les représentants britanniques et américains, mais aussi d’autres nations, notamment la Jamaïque, la Nouvelle-Zélande ou la Suède. Plus de 2 000 personnes représentant douze nations assistent finalement au congrès, qui vote à l’unanimité la rénovation des Jeux olympiques. L’autre décision importante prise à l’occasion de ce Congrès est la condamnation des règlements sportifs de certaines fédérations (britanniques notamment) excluant les ouvriers et les artisans au nom d’un élitisme social qui allait à l’encontre des idéaux égalitaires français. 

Jeux olympiques modernes

À l’origine, les Jeux sont exclusivement estivaux. Le patinage artistique et le hockey sur glace font ainsi des apparitions au programme olympique avant même la création de Jeux d’hiver, en 1924.

Après le succès initial des épreuves à Athènes en 1896, les olympiades de Paris en 1900 (qui virent pour la première fois des femmes participer aux épreuves, Charlotte Cooper étant la première championne olympique) et de Saint Louis en 1904 sont noyées dans les programmes des expositions universelles. Le premier athlète noir de peau à participer, à remporter une médaille, et à être champion olympique, est l’haitien d’origine Constantin Henriquez de Zubiera, en 1900.

Les jeux intercalaires de 1906 à Athènes, non reconnus par le CIO, marquèrent un regain d’intérêt du public et des athlètes, avec une participation très internationale alors que 80 % des sportifs ayant pris part aux jeux de Saint Louis étaient américains. Les nations européennes avaient en effet renoncé à faire le long et coûteux déplacement outre-Atlantique.

De 241 athlètes de 14 nations en 1896, les Jeux passent à 10 500 sportifs représentant 200 délégations lors des derniers jeux olympiques d’été. C’est désormais l’un des événements les plus médiatisés. Les jeux de Sydney en 2000 réunissent ainsi plus de 16 000 journalistes et diffuseurs. La dimension de l’épreuve est telle que cela pose des problèmes aux villes hôtes, que le sponsoring ne couvre que partiellement. Les villes hôtes profitent en effet des Jeux pour s’équiper en transports en commun et autres équipements sportifs, notamment. À titre d’exemple, le budget estimé des Jeux de Londres en 2012 est de 9 milliards de livres sterling.

Femmes aux jeux

En ce qui concerne les épreuves, les femmes ne pouvaient pas participer. On retrouve tout de même des noms de femmes dans les palmarès des vainqueurs de courses de chars. Cela tient au fait qu’on n’inscrivait pas le nom du conducteur, mais celui du propriétaire de l’attelage.

La nudité des athlètes lors des épreuves est parfois expliquée comme une conséquence de la victoire d’une femme lors d’une olympiade, alors que les participants concouraient encore vêtus. Cette pratique serait donc une tentative pour exclure les femmes des épreuves. Mais aucune explication sérieuse sur ce sujet n’a encore été donnée, les Grecs se contentant eux-mêmes d’anecdotes peu convaincantes8.

Jeux olympiques modernes

Contrairement aux jeux antiques, le programme olympique moderne est beaucoup moins stable. Chaque édition des jeux apporte ainsi son lot de nouveautés, nouvelles disciplines et nouvelles catégories. Le CIO est seul décisionnaire sur l’admission d’une discipline au programme olympique et il doit composer avec les Fédérations internationales gérant les disciplines. Ainsi, le programme des compétitions sportives ne propose pas l’ensemble des disciplines sportives, ni même la totalité des différentes épreuves possibles. Les jeux d’été comptent 302 podiums, et c’est un plafond que le CIO ne souhaite pas dépasser. Ainsi, nombre de sports sont écartés du programme, comme cela sera le cas du baseball et du softball après le jeu de 2008, tandis que d’autres disciplines souhaitant profiter de la vitrine olympique sont priées d’attendre. Les jeux mondiaux rassemblent certains de ces sports non-olympiques mais dont les fédérations internationales sont reconnues par le CIO. Jusqu’en 1996, ces sports pouvaient profiter du statut de sport de démonstration.

Le nombre des participants aux Jeux olympiques d’hiver est plus modeste avec environ 2 500 athlètes à Turin en 2006. Et du côté du programme, on cherche plutôt à l’étoffer. Certaines disciplines de salle ont été approchées pour passer des JO d’été à ceux d’hiver mais les fédérations internationales concernées ont refusé.

Afin de contenir l’expansion, le nombre d’athlètes participants aux Jeux est désormais plafonné à 10 500 en été et les participants doivent désormais réaliser des minima dans les disciplines chiffrées ou profiter de quotas olympiques gagnés lors des grandes compétitions précédant les jeux. Pour permettre à toutes les nations de participer, les minima sont à géométrie variable selon les nations et un Comité olympique n’ayant aucun athlète qualifié aux Jeux profite d’invitations, généralement en athlétisme, natation, judo ou haltérophile pour les Jeux d’été.

Jeux paralympiques

En 1948, Sir Ludwig Guttman, fermement décidé à promouvoir la réhabilitation des soldats de la Seconde Guerre mondiale, organisa une compétition sportive entre différents hôpitaux au même moment que les Jeux olympiques d’été de 1948 à Londres. Cette compétition, connue alors sous le nom de Jeux de Stoke Mandeville, devint annuelle. Durant les douze années suivantes, Guttman et d’autres continuèrent d’utiliser le sport comme thérapie de guérison. Au Jeux olympiques d’été de 1960 à Rome, Guttman réunit 400 athlètes pour concourir dans les ‘jeux olympiques parallèles’ et devinrent les premiers Jeux paralympiques. Depuis, les Paralympiques eurent lieu chaque année olympique, Séoul y compris en 1988.

Jeux olympiques de la jeunesse.

À partir de 2010, les Jeux olympiques accueillent les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), où les athlètes ont entre 14 et 18 ans. Les JOJ sont créés par Jacques Rogge, président du CIO, en 2001. La décision est approuvée pendant le 119e Congrès du CIO10,11. Les Jeux olympiques de la jeunesse d’été de 2010 se tiennennt à Singapour et ceux d’hiver en 2012, à Innsbruck enAutriche12. Ces jeux durent moins longtemps que les Jeux olympiques traditionnels. Ceux d’été durent douze jours et ceux d’hiver, neuf jours13. 3 500 athlètes et 875 officiels vont participer aux JO d’été de 2010, et 970 athlètes et 580 officiels aux JO d’hiver14,15. Les sports au programme coïncident avec ceux des Jeux olympiques traditionnels, cependant le nombre de disciplines et d’épreuves est diminué16.

Comité international olympique

Le CIO est fondé lors du Congrès olympique de 1894 à Paris. Il a pour mission d’organiser les jeux. Composé de 115 membres qui se réunissent au moins une fois par an, et élisent un président pour une durée de huit ans. Le mouvement olympique regroupe un grand nombre d’organisations et de fédérations sportives nationales et internationales, de partenaires médiatiques reconnus, d’athlètes, d’officiels, et juges et toutes les personnes et institutions qui sont d’accord pour respecter les règles de la Charte olympique17. Organisation de coordination du mouvement olympique, le CIO est responsable du choix de la ville hôte, la négociation des partenaires et des droits de diffusion, de superviser le programme du déroulement des Jeux olympiques, actualiser et approuver le programme sportif18.

Le CIO reconnaît 205 comités nationaux, selon des critères différents de ceux définissant un État au sens du droit international. De nombreuses dépendances prennent ainsi part aux jeux sous leur propre drapeau, tel que les BermudesPorto Rico ou Hong Kong, alors qu’elles sont légalement parties intégrante d’un autre État. Depuis 1980Taïwan participe sous le nom de Chine de Taipei, la République populaire de Chine refusant sa propre participation si Taïwan était présent sous le nom de République de Chine. Les Îles Marshall ont quant à elles été reconnues par le CIO le 9 février 2003.

Le mouvement olympique regroupe trois grands éléments:

  • Les fédérations sportives internationales régissent un sport au niveau international. Par exemple, la Fédération internationale de football association(FIFA) est la fédération internationale du football et la Fédération internationale de volley-ball est la fédération internationale qui régit le volleyball. On compte actuellement 35 fédérations internationales dans le mouvement olympique représentant chaque sport olympique19.

  • Le Comité national olympique (CNO) représente et régule le mouvement olympique dans chaque pays. Par exemple, le comité olympique français est le Comité national olympique (CNOSF) de la France. On compte aujourd’hui 205 CNO reconnus par le CIO.

  • Les Comités d’Organisation des Jeux Olympiques sont des comités temporaires responsables de l’organisation de Jeux olympiques spécifiques, un comité pour chaque ville organisatrice. Chaque comité est donc dissout après chaque Jeux, une fois que le compte-rendu définitif est donné au CIO.

Le français et l’anglais sont les langues officielles du mouvement olympique. La langue du pays organisateur des Jeux Olympiques est aussi utilisée. Toutes les annonces (comme par exemple celle du nom du pays lors du défilé des nations pendant la cérémonie d’ouverture) sont déclarées dans ces trois langues, dans cet ordre20.

Critique

Juan Antonio Samaranch

Le CIO a souvent été critiqué car c’est une organisation intraitable, avec plusieurs de ses membres élus à vie. Les directions de Avery Brundage et Juan Antonio Samaranch furent en particulier controversées. Brundage fut président du CIO pendant plus de 20 ans. Pendant sa présidence, il protégea les Jeux olympiques de toutes implications politiques préjudiciables21 Il fut accusé de racisme pour sa gestion du problème de l’apartheid avec la délégation Sud-Africaine et d’antisémitisme22. Samaranch fut accusé de népotisme et de corruption23. Les liens qu’entretenait Samaranch avec le régime de Franco furent aussi une source de vives critiques24. En 1998, on révéla que plusieurs membres du CIO avaient reçu des pots de vin de la part du comité d’organisation de Salt Lake City pour s’assurer que leurs votes iraient en leur faveur. Le CIO entama une enquête qui aboutit à la démission de 4 membres et à l’exclusion de 6 autres. Le scandale eut aussi pour conséquence la mise en place de réformes pour la sélection des villes organisatrices afin d’éviter ce genre de cas à l’avenir25.

Un documentaire de la BBC intitulé Panorama:Buying the Games diffusé en août 2004, retrace l’enquête qui eut lieu sur les pots de vin lors de la sélection de la ville organisatrice pour les Jeux olympiques d’été de 201226. Le documentaire montra qu’il était possible d’acheter les membres du CIO afin qu’ils votent pour une ville en particulier. Après la défaite de Paris pour les Jeux de 201227Bertrand Delanoë accusa en particulier Tony BlairPremier Ministre Anglais, et le comité londonien (dont Sebastian Coe était à la tête) d’enfreindre les règles des votes. Il cita comme témoin Jacques Chirac28. La sélection de Turin pour les Jeux olympiques d’hiver de 2006 fut aussi controversée. Marc Hodler, éminent membre du CIO, et en faveur de la ville concurrente de Sionen Suisse, affirma que certains membres du CIO avaient été achetés par le Comité d’organisation de Turin. Ces accusations menèrent à une enquête et desservirent la candidature de Sion en faveur de Turin29.

De l’ouverture à la clôture

Cérémonie d’ouverture à Sydney.

Le calendrier olympique, le déroulement des cérémonies et leur symbolique est le résultat d’une évolution. Ainsi, il n’y a pas de cérémonie d’ouverture en 1900 à Paris. Le drapeau olympique dessiné par Coubertin en 1913 apparaît aux Jeux de 1920 tout comme le serment olympique. La flamme olympique, symbolisant le lien entre jeux antiques et jeux modernes, est en usage depuis 1928. Depuis 1936 elle effectue un parcours sous forme de relais avant la tenue des jeux. Cette dernière innovation fut créée par Goebbels. Un hymne olympique existe depuis 1896. Cette pièce de musique grecque est officiellement hymne olympique depuis 1960. Le défilé des athlètes est la plus longue des séquences des cérémonies d’ouverture et de clôture. Le défilé est toujours ouvert par la délégation grecque et le pays qui accueille les Jeux ferme la marche.

Entre les cérémonies d’ouverture et de clôtures, deux semaines de compétitions se tiennent sur différents sites, parfois assez éloignés. Les athlètes sont logés dans un village olympique exclusivement réservé aux athlètes et aux entraîneurs. Les journalistes sont regroupés au sein d’un centre médias et ont un accès limité au village olympique des athlètes. L’organisation fait appel à des milliers de volontaires bénévoles afin d’assister les athlètes, les officiels, les journalistes et les spectateurs. L’une des traditions typiques des Jeux est l’échange de Pin’s entre délégations et médias. Les volontaires terminent souvent les Jeux couverts de ces épinglettes.

Une volontaire assiste les officiels lors de la cérémonie de remise des médailles.

La mascotte olympique apparaît officiellement pendant les Jeux d’hiver de 1968 à Grenoble. Depuis, chaque édition crée sa propre mascotte afin de symboliser les valeurs de l’olympisme.

Devise Olympique

La devise latine des Jeux olympiques est, depuis 1894, année du premier congrès olympique : citius, altius, fortius… (plus vite, plus haut, plus fort…). C’est Pierre de Coubertin qui proposa cette devise, empruntée à son ami dominicain, l’abbé Henri Didon.

Les langues en usage pendant les jeux sont, dans cet ordre, le français, l’anglais et la langue locale. À l’usage, le français recule pourtant clairement devant l’anglais au niveau de la signalisation sur les sites olympiques tandis que l’anglais est privilégié dans les discours des cérémonies d’ouverture et de clôture. C’est pourtant bien en français que débute la cérémonie de remise des médailles, comme le prévoit le protocole olympique.

L’extinction de la flamme olympique marque la fin de la parenthèse olympique.

Drapeau olympique

Conçu en 1913 par Pierre de Coubertin, il fut présenté officiellement au congrès olympique de Paris en juin 1914. Mais c’est seulement en 1920 aux Jeux d’Anvers qu’on le verra flotter pour la première fois.

Le baron Pierre de Coubertin expliquait lui-même : « Le drapeau olympique, on le sait, est tout blanc avec, au centre, cinq anneaux enlacés : bleu, jaune, noir, vert, rouge ; l’anneau bleu en haut et à gauche à côté de la hampe. Ainsi dessiné, il est symbolique ; il représente les cinq parties du monde unies par l’Olympisme et ses six couleurs d’autre part reproduisent celles de tous les drapeaux nationaux qui flottent à travers l’univers de nos jours. » Coubertin, Textes choisis, II, p. 470, 1931.

Récompenses

Si un athlète fait partie dans le classement définitif des huit premiers, il est récompensé par la première partie du diplôme olympique. Après la finale, on annonce les noms des huit premiers en commençant par la fin, et ils sont récompensés par la deuxième partie du diplôme. Quand est annoncé le nom du troisième athlète, celui-ci grimpe sur la marche du podium à gauche et il reçoit la médaille de bronze. Le second à son tour va sur la marche de droite et reçoit la médaille d’argent et le premier grimpe sur la plus haute marche du podium et on lui remet la médaille d’or.

Enjeux économiques et médiatiques

Au départ, le CIO trouvait ses fonds grâce à des sociétés partenaires. C’est lorsque Avery Brundage partit en retraite en 1972 que le CIO commença à explorer le potentiel de la télévision et le marché lucratif de la publicité qui s’offraient à eux30. Sous la présidence de Juan Antonio Samaranch, les Jeux commencèrent à s’intéresser aux sponsors internationaux qui cherchaient à associer leurs produits à la marque Olympique31.

Budget

Dans la première moitié du xxe siècle, le CIO avait un petit budget31,32. Président du CIO de 1952 à 1972, Avery Brundage rejeta toutes les tentatives de lier les Jeux aux intérêts commerciaux30. Il pensait que le lobby des intérêts des sociétés influenceraient les décisions du CIO30. Lorsqu’il prit sa retraite, le CIO avait 2 millions de dollars d’actifs. Huit ans plus tard, les coffres du CIO atteignirent 45 millions de dollars30. Ce fut d’abord dû au changement d’idéologie qui prôna l’expansion des Jeux grâce aux sponsors de sociétés et la vente des droits audiovisuels30. Lorsque Juan Antonio Samaranch fut élu à la tête du CIO en 1980, il désirait rendre le CIO financièrement indépendant32.

Les Jeux olympiques d’été de 1984 à Los Angeles restent une étape clé dans l’histoire olympique. Le comité d’organisation de Los Angeles, dirigé par Peter Ueberroth réussit à engranger un surplus de 225 millions de dollars, résultat sans précédent à l’époque33. Le comité d’organisation réussit à créer un tel surplus en partie grâce à la vente des droits exclusifs des sponsors à certaines sociétés33. Le CIO cherchait à avoir le contrôle de ces droits. Samaranch prit part à l’élaboration du programme olympique en 1985 afin de créer une marque olympique31. Faire partie du programme olympique est très exclusif et onéreux. Les frais sont de 50 millions de dollars pour 4 ans d’adhésion32. Les membres du programme olympique reçoivent des droits de publicité exclusifs et l’utilisation du symbole olympique, les anneaux olympiques, dans leurs publications et leurs publicités34.

Effets de la télévision

Les Jeux olympiques d’été de 1936 à Berlin furent les premiers Jeux à passer à la télévision bien que localement. Les Jeux olympiques d’été de 1956 furent les premiers Jeux à être diffusés internationalement et les Jeux d’hiver suivants virent leurs droits audiovisuels vendus pour la première fois. CBS déboursa 394 000 dollars pour avoir les droits américains et l’Union européenne de radio-télévision 660 000 dollars.

Durant les décennies suivantes, les Jeux devinrent l’un des terrains idéologiques de la Guerre froide. Les grandes puissances manœuvrèrent pour prendre le pouvoir politique et le CIO décida de prendre l’avantage de cet intérêt grâce aux médias. La vente des droits audiovisuels permit au CIO d’exposer au monde bien plus les Jeux olympiques, et ainsi générer plus d’intérêt, ce qui eut pour conséquence d’attirer les sponsors qui achetèrent des plages publicitaires. Cela permit au CIO d’augmenter les tarifs de ces droits. Par exemple, CBS déboursa 375 millions de dollars pour les droits de retransmission des Jeux olympiques d’hiver de 1998 à Nagano, tandis que NBC dépensa 3,5 milliards pour les droits de retransmission pour tous les Jeux olympiques de 2000 à 2008. Le nombre de téléspectateurs a beaucoup augmenté depuis les années 1960, notamment grâce à l’utilisation de satellite en 1964 et l’apparition de la télévision couleur en 1968. Les coûts pour retransmettre les Jeux étant très élevés, la pression d’internet, plus une concurrence rude au niveau du câble, le lobby de la télévision exigea que le CIO stimule les cotes. À la suite de cela, le CIO fit certains changements dans le programme olympique. Pour les Jeux d’été, les épreuves de gymnastique passèrent de 7 à 9 soirées et un gala en fin de compétition fut ajouté. Les programmes de natation et plongeon furent aussi développés. Enfin, le lobby de la télévision américaine réussit à imposer la date de certaines épreuves pour qu’elles soient diffusées en première partie de soirée aux États-Unis.

Controverse

La vente de la marque olympique prête des controverses. Le débat tourne autour du fait que les Jeux ne se distinguent plus des autres compétitions sportives commercialisées34. Certaines critiques furent lancées contre le CIO à cause de la saturation du marché pendant les Jeux de 1996 à Atlanta et 2000 à Sydney. Les deux villes étaient envahies par des sociétés et des marchands qui tentaient de vendre des marchandises en rapport avec les Jeux43. L’autre critique vient du fait que les Jeux sont financés par la ville organisatrice et le pays. Le CIO ne prend rien en charge et pourtant il contrôle tout et tire profit des symboles olympiques. Le CIO prend aussi un pourcentage de tous les bénéfices des sponsors et des émissions34. Les villes organisatrices continuent à rivaliser pour accueillir les Jeux, même si elles ne sont pas sûres de récupérer leurs investissements financiers44.

Olympisme et politique

 

Malgré les vœux de Coubertin, les deux guerres mondiales empêchèrent la tenue du rendez-vous olympique. Les Jeux de 1916 furent ainsi annulés pendant la Première Guerre mondiale, et ceux de 1940 et 1944 pendant la Seconde Guerre mondiale.

La politique s’empare parfois du symbole olympique. D’abord opposé à la tenue des jeux olympiques en Allemagne, Adolf Hitler utilise cette manifestation à des fins de propagande. C’est également le cas à Moscou en 1980. L’Union soviétique entra pourtant tardivement au sein du mouvement olympique. C’est en 1952 que l’URSS reprendra les compétitions sportives internationales en participant aux Jeux Olympiques d’été à Helsinki. Au fil des années ces Jeux connaitront un nouvel engouement pour le monde entier car on assistera à une guerre des médailles entre les États-Unis et l’URSS.

Boycotts politiques des jeux entre 1976 et 1984.

En 1956, les jeux sont boycottés par les Pays-Bas, l’Espagne et la Suisse qui manifestent ainsi leur désaccord avec la répression soviétique de l’époque en Hongrie. Lors de ces mêmes Jeux, l’Italie, l’Égypte, l’Irak et le Liban furent absents en raison de la crise de Suez.

En 1968, 1972 et 1976, de nombreux pays africains boycottent les Jeux afin de protester contre le régime d’apartheid sud africain. L’exclusion de la Nouvelle-Zélande est également réclamée, car son équipe de rugby s’était rendue en Afrique du Sud pour y jouer des matches. À Montréal, 21 pays africains et le Guyana manquent à l’appel. Précisons que le Président Senghor (alors Président d’honneur de la Fédération Mondiale des Cités Unies) avait célébré le jumelage symbolique du village olympique avec toutes les villes du monde pour en faire un village de paix et de fraternité, 4 ans après l’assassinat des athlètes Israéliens dans le village olympique de Munich. Il avait souhaité que la politique soit exclue des JO, c’est pourquoi le Sénégal et la Côte d’Ivoire sont restés et ont participé aux JO de Montréal. C’est aussi lors de ces Jeux que pour la première fois des athlètes ont été reçus chez l’habitant et que le soir ils étaient célébrés par les municipalités du Québec – fait unique dans l’histoire des jeux olympiques.

En 1972, lors des Jeux olympiques de Munich, un commando de terroristes palestiniens prit en otage onze membres de la délégation israélienne dans le village olympique. Peu préparée à ce type d’action, la police allemande a rétabli l’ordre au prix d’un massacre. Depuis cet incident, les polices des pays occidentaux comprennent des sections antiterroristes très pointues. De plus, la sécurité est renforcée autour des grands événements comme les jeux olympiques. Le village olympique est parfois comparé à un bunker.

En 1980, les États-Unis et 64 autres délégations boycottent les Jeux de Moscou en raison de l’intervention soviétique en Afghanistan. La France ou encore le Royaume-Uni ne sont pas solidarisés à ce mouvement et se rendent à Moscou avec quatorze autres nations occidentales. Le Comité olympique américain a tenté de passer outre l’ordre de boycott donné par la Maison Blanche. Il fallut que le président américain menace les athlètes d’interdiction de sortie de territoire pour faire plier l’USOC. En réplique à ce boycott, l’URSS et 14 de ses pays satellites boycottent les Jeux de Los Angeles quatre ans plus tard sous prétexte que la sécurité des délégations n’était pas garantie et à cause de l’installation de fusées Pershing américaines en Europe de l’Ouest. La Roumanie se distingua du bloc de l’Est en se rendant à Los Angeles.

En 1988, Cuba, l’Éthiopie et le Nicaragua boycottent les Jeux de Séoul pour protester contre la mise à l’écart de la Corée du Nord dans l’organisation des Jeux.

En 1996, lors des Jeux olympiques d’Atlanta, une bombe explose sur la place principale de la ville blessant plus de cent personnes.

Un mouvement de protestation, mené par Reporters sans frontières, tente de convaincre le plus de pays possible de boycotter la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pékin en 2008 pour protester contre le bafouement des droits de l’homme en République populaire de Chine. Ce mouvement de protestation se manifesta particulièrement durant le passage de la flamme olympique, notamment à Paris.

Extrait de l’article http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeux_olympiques

 

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