Kadou: le génie prodigue de la chanson kabyle moderne

Kadou: le génie prodigue de la chanson Kabyle moderne

Kadou est cet enfant terrible, un génie prodigue si l’on est de la chanson kabyle moderne. Dans un monde meilleur où le mérite paye, où le poème philosophique atteint l’homme dans sa quintessence, où la pollution sonore est hissée à l’art, notre artiste serait une mémoire, une mémoire collective à lui seul. Son album Hommage au mérite paru en 2001, à l’épicentre de la revendication berbère, durant le sinistre printemps désormais noir dans la tête de bien hommes, la saison pendant laquelle la vie de plus de 126 hommes a été fauchée dans la fleur de l’âge par la faux assassine de la négation et de l’absurde, a été le ruisselet vivifiant, le ruisseau revigorant qui repousse le désert, qui y a apporté une prairie d’humanité, qui y a instauré, à la barbe de la dune et du silence cacophonique, une oasis de notes, une métropole de douceur. Huit chansons puisées dans le cœur, dans la tête de l’enfant rebelle, du poète qui a horreur des sentiers battus, qui a horreur des oraisons psalmodiées à longueur de temps comme des litanies à mourir debout. Lhal Irouhen (le temps qui passe), Bougie de mes ancêtres, Infth I Wusan Adâdin ( laissez le temps s’en aller) et tant d’autres chansons, sont des hymnes à la réflexion existentielle; des mélodies, dont seul Kadou en a le secret, qui nous rappellent que la gifle magistrale que l’on peut administrer à l’erreur, à la face laide et enlaidie du nihilisme, est de le contrer par le beau, par le mot doux qui enfourche l’étalon des grands idéaux… Dans quelque temps, nous reviendrons avec tout l’album de l’artiste que nous tenterons d’analyser dans sa dimension philosophique, social…

 

 

 

 

Bougie  de mes ancêtres (Kadou)

Bougie cité de mes ancêtres
Toi qui fut berceau de grands maitres
Pourquoi ta flamme veut disparaître
Qu’ont fait de toi tous ces traitres
Où sont la joie et le bien-être
Qu’on voyait par tes fenêtres

Chantons ensemble
Pour que s’assemblent
Nos mains qui tremblent
Et le vide se comble
Chantons en chœur
Pour que ne meure notre bonheur
Bougie de nos cœurs

Toi la perle de toute l’Afrique
Avec tes monts, tes plages féeriques
Nous ont fait vivre des jours idylliques
Et ont fait de nous des nostalgiques
Nous te rendons cet hommage unique
En parole et en musique

Chantons ensemble
Pour que s’assemblent
Nos mains qui tremblent
Et le vide se comble
Chantons en chœur
Pour que ne meure notre bonheur
Bougie de nos cœurs

 

H. Lounes

 

 

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