AQNAL: la laïcité est un fondement de la démocratie

Dans le cadre des consultations publiques organisées par la Commission des institutions pour débattre du Projet de loi numéro 60 sur la Charte des valeurs québécoises, AQNAL (Association québécoise des Nord-Africains pour la laïcité), pointe du doigt, lors de son intervention à la séance du 13 février 2014, les limites du système d’intégration des nouveaux immigrants. Elle dénonce le multiculturalisme, le laxisme de certains politiques et leur connivence manifeste avec la militance islamiste au Québec.

Par Saliha Abdenbi

 AQNAL

Au-delà d’une émigration économique, un choix des valeurs, une identité

AQNAL, dans son désir de se définir autrement que par la religion, propose de mettre en avant la laïcité, considérée comme une valeur universelle et non proprement occidentale. Ce qui en substance nous laisse à penser que la revendication d’AQNAL pour la laïcité, dans ce cas, est le produit d’un double processus. D’abord celui de la déculpabilisation quant à l’appropriation de cette même revendication par les peuples des pays musulmans ou des pays non occidentaux. Ensuite, un processus de sa légitimation dans le discours revendicatif qui a trouvé racine dans le rejet du paternalisme occidental, mais aussi dans la réclamation, sans complexe, de l’héritage du siècle des Lumières.

Il apparaît, ainsi, que la démarche d’AQNAL relève moins d’un défi que d’un choix assumé qui repose sur une construction intellectuelle élaborée par des Non-Occidentaux, en l’occurrence, des Nord-Africains, qui réclame la vérité de l’universalité des valeurs modernes : laïcité, égalité entre les hommes et les femmes, etc., et se démarque de ce fait « du discours des associations à caractère religieux qui revendiquent une appartenance idéologique sous couvert de l’Islam comme source première de leur identité » comme l’a souligné Akli Ourdja, cofondateur de l’association. Par ailleurs, AQNAL dénonce, outre le parti pris de la plupart des médias, « le profilage ethnico-religieux comme conséquence de la surenchère des accommodements religieux, dont souffre la communauté, vue à travers des clichés néo-orientalistes qui ne voient qu’à travers la religion » précise Ali Kaidi, également cofondateur d’AQNAL.

 

La citoyenneté, un exercice responsable

Enfin, la volonté affichée d’AQNAL de prendre part au parachèvement de la Révolution tranquille entérine son attachement à une même communauté politique, en l’occurrence, la nation québécoise en participant à la mémoire commune. Ce choix s’inscrit également dans la continuité de la lutte antérieure pour les libertés démocratiques dans les pays d’origine. De même, la détermination des membres d’AQNAL à exercer la citoyenneté, par leur participation aux débats publics, dénote un niveau de conscience politique accru de l’importance des enjeux sociopolitiques de la société d’accueil et le sens des responsabilités face au devenir d’une large frange de la communauté nord-africaine.

 

Par Saliha Abdenbi