Boko Haram, l’islamisme, le terrorisme et l’indifférence

Des cœurs battent plus qu’à l’accoutumée, ceux des femmes surtout, voilées ou non, que l’on dit voila un temps, tout passe. Les islamistes avaient commencé avec celles les cheveux au vent, mais maintenant, ils n’en ont cure, pourvu que ce soit des femmes ! Des têtes ourdissent le cauchemar à venir ; mourir et vite ! pensa l’une… 

  Par Louenas Hassani  

   Le silence. Le silence argile élémentaire de la musique. Le silence or et dorures sur les eaux polies et quiètes de l’âme. Le silence consentement en regard décochant la réciprocité à venir pour féconder un pays de notes, une prairie d’amour et de rencontre. Le silence de la brunante, rouge sanguin, qui pare les collines et les versants avant l’affalement, avant le coucher du jour et de la nuit dans le lit du couchant.

    Et le maquis du silence, dirait le poète, l’indifférence, cette autre moitié de la mort, dirait aussi Gibran. Le silence des peuples qui acceptent, se résignent, battent en retraite devant les rouleaux compresseurs des idéologues qui galvanisent les foules. Les foules, dirait-on, cette autre mère des tyrans. Les fumeroles de la lâcheté fument partout, le violeur héroïsé tantôt, déifié d’autres fois passe son chemin comme si de rien n’était. Silence ! On tue, viole, ravit, lapide, épure et déshumanise au nom de dieu le clément le miséricordieux ! 

   Le soleil s’est enfoui derrière les cimes du Djurdjura. Le temps porte encore l’empreinte de ses doigts rosâtres. Dans le bus, le poste cassette ronrone une musique mélancolique, sanglote dans les cithares qui gratouillent dans les fils intérieurs. Le silence est sépulcral, les âmes n’enfourchent plus les muses qui survolent les féeries, le pays à découvrir avec les oiseaux de la mémoire ; les cœurs ne revisitent plus la nuit torride, le baiser premier, le sein plantureux, la chevelure qui distille ses sucs pour la propagation des jonquilles, la ballade au bord d’une mer rassasiée d’azur, les pieds nus sur le sable chaud, l’air respirant la sel et le coquillage… et pour cause, le véhicule effrange la forêt du mythe tragique, les garrigues du meurtre, du génocide et du viol déifié. Jadis, que l’on raconte, c’était la forêt qui libérait de la condition coloniale affreuse, de nos jours, c’est l’espace du trépas dédoublé, la solitude mortifère qui ôte aux êtres leurs âmes comme on ôte aux champs leurs roses.
     –    Éteins la musique ! s’écrie un ami.

     –    Oui, vaut mieux ! fait un autre voyageur.

   Dans les fluettes lumières, les hommes et les femmes, solidaires pour une fois, ne serait-ce que d’attention, se regardent, conscients que le voyage, cette fois aussi, est odysséen, affronte les Charybde et Scylla de la mythologie, à ceci près qu’eux sont de chair et de sang.  S’en sortiront-ils cette fois encore ?  La rumeur colporte des propos étranges, grossit, se forme et se déforme comme une tornade. Jusque là, ça n’arrive qu’aux autres. Des morts, par centaines, femmes, hommes et enfants, par machettes ou hachés, émiettées ou décapités pour que leurs têtes couronnent les pieux des places publiques. Pour l’exemple, dit-on, pour l’exemple et que les gens intériorisent que les combattants d’Allah ne lésinent pas avec la lettre littérale.

    Voila plusieurs minutes, un temps qui coule goutte à goutte du sablier de l’éternité, que pas une voiture ne passe en sens inverse. Barrage islamique ? pensent tous les voyageurs sans vraiment oser tâter franchement l’idée. Il ne faut pas augurer pour le malheur, que l’on dit, non, il ne faut pas.

   Des cœurs battent plus qu’à l’accoutumée, ceux des femmes surtout, voilées ou non, que l’on dit voila un temps, tout passe. Les islamistes avaient commencé avec celles les cheveux au vent, mais maintenant, ils n’en ont cure, pourvu que ce soit des femmes ! Des têtes ourdissent le cauchemar à venir ; mourir et vite ! pensa l’une, certaine d’emblée que la nuit qui descend de son inexorable voile sur le temps est aussi la nuit qui trône de ses loques et empans sur le pays. Mais, moi, je suis mariée, je suis avec mon époux ! essaye de se rassurer une autre. Ne t’inquiète ! vient à bout de son soliloque son mari comme écoutant le fracas intérieur. Moi, je me tuerai, se dit une troisième. Le bus ralentit. Est-ce un virage, un galet ou… ou… eux ? Eux… quand l’ogre et l’ogresse n’ont plus de noms. Eux, les autres, ceux sortis de l’homme, et définitivement. 

   Le chauffeur marmotte une prière de croyant fervent. Que dieu protége, que dieu nous protége ! C’est eux. Une femme s’évanouit. Une autre, les mains en coupe, dirigées vers le ciel, implore dieu de tous ses sables profonds, de tout le désespoir qui sourd dans ses abysses. Un jeune homme, un soldat sans doute, sanglote dans les collines de son être, Verrait-il une autre fois sa mère ? Pardon ! me dit le rescapé. Oui, je dis. Le regard tombe sur la femme. Elle est belle, elle le savait.

   Dans le capharnaüm des humanités déchues, même trop tard, tout le monde en veut désormais à ce pneu crevé qui a fait que la nuit est diligentée. Car, la nuit, elle aussi, inspire les hommes, farfouille dans l’erg de leurs âmes. La nuit quand rôdent les rapaces de l’incertitude. Dix neuf femmes ! je comptai, me dit encore le rescapé. En avais-tu la tête ? Dans de tels moments,  on n’a la tête à rien, mais après, on se souvient que l’on a compté, que l’on a souri, pleuré… Alors ! je dis.  

   C’étaient eux. La rue est barrée par deux camions à l’endroit d’un virage étroit. Aucune chance d’aller outre ni de reculer.  Le chef est entré, a toisé des yeux, a intimé des ordres. Un homme beau, la barbe laineuse, l’estampe sur le front pour l’incontestabilité de la foi, et le regard ferreux. Les hommes et femmes ont les yeux baissés avec la sismologie intérieure propre aux cœurs secoués par les plaques tectoniques d’un genre nouveau. Elle ! a dit le chef. Elle, seulement ? Elle et toutes les autres. Et les hommes ?

   Ils ont prix quatre hommes. C’étaient de jeunes soldats contingents. Comment ont-ils su ? Ils étaient un autre pays. Ils les ont assassinés devant nous. Ils leurs ont coupés la tête avec des couteaux corrodés. Ont fignolé le tout avec des haches. Nous avons tout vu. Ou en tout cas entendu. Ils nous ont sortis pour voir. Même si on ne regardait pas, on entendait les cris déchirants, les hurlements de fin, de cessation, de renoncement du monde. L’affreuse inanité de la raison d’être, dirait Césaire. Nous étions à l’épicentre du cauchemar. Nous n’étions plus nous. Nous entendions des coups de feu. Des hommes et des femmes qui suppliaient, pleuraient. Remontez les hommes ! a dit le chef. J’étais vivant, je pensai.

     Une minute plus tard, on nous redescend. Brûlez le bus !  fait le chef. C’était donc que nous allons tous y rester. 

    Je me suis engouffré dans la forêt. J’entendais des coups de feu derrière moi. J’avais soudainement mal. Je me suis réveillé à l’hôpital. Plus tard, on m’expliqua que c’était l’armée qui patrouillait. Je serais mort de froid… et de chacals ! E les autres. Les hommes morts, les femmes violées, kidnappées, mariées au nom de dieu.

   C’étaient les années de plomb et de pesanteur. À Alger, une ballade dans les venelles était un défi, la nuit était d’abord dans les âmes. On mourrait pour un rien, pour un cheveu, pour un soupçon. Les femmes, par milliers, journellement, étaient kidnappées, mariées de force, violées pour assouvir la libido monstrueuse des hommes hissée de dieu. Les vierges terrestres en attendant celles du paradis, quand une idéologie sourd dans l’animalité première des hommes !   

   Quand les femmes étaient libérées par l’armée, violées, défaites, effacées, enceintes souvent dans un pays qui ne leur accorde même le droit d’avorter pour un viol, et qu’elles rentraient à la maison… leurs familles ne voulaient plus d’elle ; la religion, le patriarcat, l’islamisme surtout, finissaient de maçonner dans le cœur des hommes les fondations qui font qu’il est de la faute de la femme si elle violée, kidnappée. Souvent, elles n’avaient plus où  aller désormais. Elles dormaient prés des commissariats de police pour ne pas être re-violées  ou devenaient, dit-on, des «putes» ! C’est le sort réservé aux femmes dans les sociétés hypocrites qui jonglent, dribblent entre la vie et l’au-delà !

  Le silence, disais-je. Le silence qui tue, consent, approuve, applaudit, tolère. Aux USA, Anouar Haddam revendiquait le génocide toute honte bue, mieux, en se bombant le torse de ce statut révolutionnaire inespéré offert sur un plateau en or par des journalistes occidentaux. La chair humaine qui saupoudrait les murs n’interpellait plus personne, même pas les intellectuels. Les politicards, plumitifs et écrivailleurs disaient que le meurtrier était un héros, un révolutionnaire qui libérait le pays. On s’inventait une légitimité justificatrice du silence, de la lâcheté et de la poltronnerie pour masquer l’idée selon laquelle ça n’arrive qu’aux autres. À Paris et Marseille, les assassins de Tahar Djaout tonnaient que le poète était intolérant : il critiquait les islamistes majoritaires ! C’était quand tuer est moins pire que critiquer ! Autre invention islamiste, autre temps de folie. À Londres, les ordonnateurs des viols collectifs et des génocides publics étaient des sauveurs, des messies d’une nouvelle engeance. Bref, partout, on pensait que ça n’arrivait qu’aux algériens.    

   Je ne parle pas du pays état, mais du pays peuple et peuples, lui, qui était acculé dans la mémoire oublieuse. Lui, qui était dans une certaine mesure responsable, convainquait-on sans le dire, de ce qui lui arrivait. Nous mourrions au su et au vus de tous. Nos mamans, nos sœurs, nos filles, nos papas, nos amis, nos hommes, femmes, enfants étaient assassinés, hachés, émiettés sur la place publique. Dans les medias qui font le beau et le mauvais temps alors, les islamistes étaient rois incontestables et incontestés. Nous criions : aidez-nous ; au secours, aidez-nous ! Nous savions que ça n’arrive pas qu’aux autres. Nous en étions convaincus. Nous le sommes toujours. Nous savons les chemins méandriques que se taillent les fanatismes, tous les fanatismes, toutes les barbaries, dont l’islamisme en notre cas, dans la tête et cœur des gens. Arrose un champ de certitudes, il en naîtra des clous, des pieux ferreux et des armes à mettre dans le cœur des hommes!

  Le 11 septembre. Tragédie mondiale. L’oncle Sam est attaqué par des islamistes. Bilan, des milliers de morts, des centaines de milliers de familles endeuillées et une planète outrée. Qu’est que tu as dit tout à l’heure sur l’Algérie ? Que nous mourrions surtout à cause de l’indifférence mondialisée et de la connivence des hommes ; que ni nos morts ni, encore moins, nos mots et nos maux ne valaient leur pesant. Pourtant, nous savions que la haine quand elle puise dans des dieux légitimants, elle aseptise et brûle terres et cerveaux.  

   Si tu parles, tu meures, si tu te tais, tu meurs, alors parle et meurs ! disait Djaout. Nous étions ici, dans l’abîme, dans la perte tréfoncière, dans l’homme fié aux épaves, aux galapiats. Djaout a parlé ; il en est mort.

  Vingt ans plus tard. Les islamistes normalisés. Les femmes violées ? Savez-vous quoi, en Algérie, ça fait juste quelques mois depuis qu’elles sont considérées victimes du terrorisme islamiste alors que les terroistes islamistes sont, eux, réhabilités, récompensés par un salaire et un appartement. C’est la concorde, a décrété Boutef. Mais, avant, les femmes victimes étaient quoi ?  Vingt ans après. Les lâchetés fumaillent encore. La peur selle les têtes et est noyée sous des qualificatifs flatteurs. Au reste, l’islamisme défait militairement, reprend du poile de la bête politiquement. Les victimes d’hier offrent maintenant le cou à l’immolation sacrificielle. Vingt ans après. Et le merci qui va avec. Et la conviction colportée par le vent à la mode de l’exhalaison salafiste. 

  Vingt ans après. L’islamisme prend comme le feu dans la forêt de la civilisation. Dit pas de contrainte en religion en occident, il y est minoritaire ; tue, viole, exproprie, vote des lois puisées dans les déchetteries intériorisées des hommes dès qu’il est au pouvoir. Vingt ans après, François Hollande libère le Mali des islamistes sans qu’il n’ait jamais daigné, à aucun moment, les désigner d’islamistes. Le soldat combattait des inconnus, comme dit Boualem Sansal dans son Gouverner au nom d’Allah ; des hommes en effet sans noms, des êtres tout juste monstrueux quoiqu’ils coupassent des mains, lapidassent à tout va, pendissent à tout bout de champ. Ce n’étaient pas des islamistes. Tant s’en faut. Silence. Chut. Le Qatar et l’Arabie Saoudite ramènent leur magot en occident ; ils y emploient des gens. Chut. Ce ne sont pas des islamistes ! Silence, le pétrodollar  vend et achète tout. Que valent le principe, la vertu, le droit si l’on n’a pas l’emploi apte à mettre du pain sous la dent surtout par ces temps de disette.  

Boko Haram: est-ce vraiment une secte? 

    Boko Haram est une secte ! lit-on partout, des fous à lier sorti de l’espace temps. L’éducation occidentale est péchée, dit Mohamed Yusuf.  C’est une secte, ne lui en déplaise. Regardez la désignation : «Boko Haram, de sa dénomination abrégée en haoussa, ou Peuple engagé dans la propagation de l’enseignement du prophète Mahomet et du Jihad est une organisation terroriste au Nigeria fréquemment qualifiée de secte. Fondée par Mohamed Yusuf en 2002, l’organisation a pour objectif de faire appliquer strictement la charî’adans tout le pays4. » Pourquoi ce n’est pas une organisation islamiste ? Où puise-t-elle ses références ? Pourquoi les mêmes pratiques en Algérie durant les années 1990 sont islamistes alors que celles de Boko Haram ne le sont plus ? Pourquoi Boko Haram n’est pas désignée nommément, et uniquement, d’organisation islamiste et terroriste ? Mais, qu’est-ce que je raconte, les islamistes algériens sont blanchis… Ce n’étaient pas eux ! disent aujourd’hui les islamistes et les angelots.  

   276 lycéennes, des adolescentes, kidnappées par des gens qui puisent dans l’islamisme la légitimité du viol divinisé, ravies par des hommes malades qui ont le cerveau à la mauvaise place, pour, dit l’émir, les marier et les libérer des griffes du libertinage et de la débauche occidentaux. Secte ! dites-vous.

   Non. C’est de l’islamisme. C’est l’idéologie qui a ravi à la spiritualité l’islam pour en faire la doctrine du rejet et de l’exclusion, c’est l’idéologie qui enterre quotidiennement la spiritualité de nos mères pour la remplacer par l’islam propagé par le pétrodollar. Une idéologie qui n’a aucune place pour l’altérité, pour l’intériorité, pour l’autre, pour la différence, pour les femmes, pour la pensée. Une idéologie cultivée dans les déserts innombrables de l’homme, à l’endroit de défaites itératives, irriguée dans la pluie du ressentiment et éventée par le siroco négationniste. C’est l’idéologie qui a créé l’Arabie Saoudite moderne, une combinaison du pétrole extrait par la main dextre de l’occident au service d’une famille influente qui avait juste besoin d’un fakir aux idées saugrenues, vendeurs de médecine talismaniques et d’oraisons de cessation pour unir un peuple qui n’en a jamais été un. Et puis, le pétrole enfin décrété or élémentaire, les écoles du curage cérébral pullulent, les universités dites des sciences islamiques offertes en cadeau, un Tarik Ramadhan par là pour enfariner les brebis, un Karadaoui pour se foutre de la gueule de l’intelligence et en avant toutes les inédites bondieuseries, la Rukya à la place de l’hôpital, le verset à la place du scalpel et du bistouri, l’allégeance assis et agenouillés à la place de la marche altière et debout vers demain…

  Les filles seront violées au nom de dieu, mariées, engrossées par des pédophiles surgis d’un autre espace temps. Nourris non pas dans le néant, comme veulent nous faire croire les islamistes qui font les vierges effarouchées, mais dans des écoles et medersas qui enseignent l’extermination de l’autre, bannissent l’intelligence, annihilent l’ultime velléité apte à féconder un œil autonome.

  Mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde, disait Camus. Des terminologies et nouveaux concepts du genre islamiste salafiste versus islamiste moderniste… et quoi encore. L’islamiste est un fanatique, le fanatique est archaïque, asynchrone dans la définition horlogère du temps, est l’archaïque est l’antonyme de moderne ou moderniste. Le reste est littérature. Indigeste littérature.   

    La société occidentale se mobilise contre l’acte barbare. Tant mieux, si tant est que l’on nomme le chat un chat désormais, que l’on s’attaque non pas aux terroristes islamistes seulement mais d’abord, et surtout, à la pensée qui produit ce chiendent de la pensée, ces continents mortifères que l’on met dans la tête des mioches, ces renoncements à leur humanité la plus essentielle, ces escadrons d’illuminés qui menacent le vivre ensemble.  

  Un islamiste est un homme qui porte une Oumma, une guerre totale, une vérité indiscutable dans sa tête. La lettre est littérale et n’a pas besoin d’être expliquée, tant elle est l’explication. Il peut être sunnite et prendre une fatwa chiite pour argent comptant, comme il peut assassiner un Kharijite et faire appel à l’une de ses pratiques au besoin. La contradiction, il ne s’en embarrasse aucunement. Encore qu’il sache l’impossibilité d’une Oumma une et unique eu égard aux sectes, doctrines, écoles et points de vues disparates et fragmentés comme la glace de l’arctique au printemps, il est convaincu que c’est n’empêche possible. C’est comme cela, c’est fantasmatique, alors qu’il ne piffe même pas le chiite à côté de lui.  L’islam des parents et de l’ancêtre lui est un ramassis de conneries. La civilisation musulmane, même bâtie par des penseurs qui ne pouvaient raisonnablement construire une telle civilisation avec une pensée fanatique, leur est islamiste. C’est comme ça et c’est tout. Oui, en occident, il arrive de se dire démocrate et laïc, c’est selon. Cependant, à défaut d’y détoner de la poudre, ou d’y dégainer la fatwa, il attaque pour diffamation pour coudre les clapets bien effilés !

   Boko Haram est une secte. Un autre gain islamiste. Il y a pire que pire, comme quoi. 200 mille morts assassinés en Algérie. Karadaoui disait que c’était s’ingérer dans les affaires du Mali que de s’attaquer aux islamistes. Alors, y en-t-il encore pour dire que ce n’était pas bien que d’avoir libéré le Mali ? Silence.

   Des fous de dieu qui vont violer des fillettes. La chair, la prunelle des yeux, l’être cher de centaines de mamans et de papas, de milliers de familles. Le prétexte. Leur école est inconvenante. Leur enseigne le péché. Les appeler secte, c’est violer et kidnapper ces enfants une autre fois.

   Boko Haram fait exactement ce qu’ont fait le GIA et autres groupes terroristes islamistes. Fait ce que font et faisaient les talibans. Au nom de dieu, il met le couvercle étanche sur les consciences et tue, viole, vole, extorque. 1500 morts depuis le début de l’année déjà. Exactement ce qui se passait chez nous dans les années 1990. Mêmes méthodes, mêmes stratégies. Ailleurs, les islamistes ont compris que la violence se retourne contre eux ; ils préfèrent d’emblée noyauter les institutions, infiltrer les organisations. Mais l’islamisme est le même, à ceci près que d’aucuns le pratiquent et que d’autres le taisent et l’ornent de spécieuses phraséologies.

   L’islamisme est le même. Il n’a rien à voir avec l’intériorité des hommes. Il est incapable de faire une lecture historique sur le texte sacré. Aussi, la lapidation, la mort de l’autre, la flagellation, l’autre comme un butin de guerre, etc., lui sont-ils des devoirs, des choses actuelles, essentielles dans le charbon de sa définition de la foi, des cieux et de l’autre. Si l’humanité évolue, eh bien, le texte ne doit pas évoluer, il est immuable, il est vrai ! Si un musulman proclame son droit d’être laïc, il est apostasié. Un musulman n’a pas besoin pour lui d’être baptisé pour l’être, il l’est de naissance, et si il cesse de l’être… la fatwa, l’apostasie. Un américain qui se convertit à l’islam est un héros, un musulman qui se convertit au christianisme est un vendu, un égaré. Il a le droit de prêcher en occident… de brûler et d’emprisonner le chrétien chez lui. La liberté d’expression et la démocratie, il les revendique quand il est minoritaire… et quand il est majoritaire…

   Contre l’anti-littérature qui terrorise les enfants, il faut enseigner la littérature qui sourd dans les belles humanités de l’homme ; contre les prédicateurs et téléprédicateurs qui font pleurer les ouailles à coups de rimailles et de larmes versées publiquement, il faut enseigner la pensée, les infinis chemins qui mènent à la production d’une idée, d’une pensée, d’une phrase ; contre ceux qui enseignent la vérité une et unique, la religion vraie et juste, il faut enseigner la pensée que personne ne dit à son fils qu’il doit être chrétien alors que lui est juif… il faut enseigner la philosophie, l’anthropologie, la sociologie, toute la pensée qui augure pour la raison…

  Alors la foi sera cosmique, terrestre ou céleste, qu’importe, un rendez-vous avec nous-mêmes, une intériorité qui s’explique le monde alentour sans penser que la religion ou non religion du voisin est un fagot d’arguties…

   Alors, seulement ici, nous n’assisterons plus à ces assassins au nom des cieux, à ces violeurs, mandataires attitrés d’une nouvelle engeance. L’autre, le différent de nous, culturellement, religieusement ou même de couleur, sera une distance à parcourir, un voyage pour mieux arriver à soi. 

Par Louenas Hassani   

1 comment for “Boko Haram, l’islamisme, le terrorisme et l’indifférence

  1. Pierre Rouve
    May 13, 2014 at 08:21

    Un article admirable, sous tous ses aspects. Merci beaucoup

    Pierre Rouve
    http://www.laicitecapitalenationale.com/

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