Algériens de Nouvelle-Calédonie

Les Algériens de Nouvelle-Calédonie sont des hommes originaires d’Algérie et, pour une minoritékabyles du pacifique d’entre eux Tunisiens et Marocains. Ils ont été exilés en Nouvelle-Calédonie loin de leur terre natale entre 1864 et 1921. La majorité d’entre eux était constituée de prisonniers de droit commun envoyés dans des colonies pour purger leur peine. Environ 350 d’entre eux étaient des prisonniers politiques déportés et d’autres des relégués, c’est-à-dire des récidivistes.

Insurrections en Algérie

Les archives de la commune de Bourail dénombrent un total de 1822 « transportés », condamnés de droit commun dont une partie importante sont des condamnés pour des actes de rébellion réprimés par le Code de l’indigénat ou pour leur participation aux insurrections successives connues par l’Algérie lorsqu’elle a été conquise par la France.

Les plus célèbres sont les déportés qui ont mené et participé aux insurrections de 1870 et 1871 en Algérie, qui ont débuté à Souk Ahras et qui se sont propagées à Bordj Bou Arreridj et ont ainsi fini par la révolte des Mokrani en Kabylie. Cette révolte mena à la déportation de tous les instigateurs du soulèvement, notamment les familles Rezgui et Mokrani.

Les procès et l’errance pénitentiairecage_deportes

Le procès des 212 accusés de la révolte des Mokrani arrêtés en 1871 parmi lesquels figuraient 74 notables (caïds et cheikhs), a lieu à Constantine en mai 1873. La plupart est condamnée et envoyée dans les prisons de France métropolitaine, d’abord à Château-d’Oléron ou à Saint-Martin-de-Ré, puis ces dépôts devant fermer, ils sont transférés aufort de Quélern (près de Brest). Vingt-neuf d’entre eux sont laissés à Oran, ce qui embarrasse le gouverneur d’Algérie qui envisage un temps de les envoyer aux îles Marquises. Ils sont finalement envoyés au fort de Quélern, en passant par Marseille. Un autre groupe partage à Thouars la peine des communards.

Ceux qui avaient participé aux combats de Souk Ahras sont jugés devant la cour d’assises d’Annaba (Bône) en janvier 1872. Puis, en janvier 1873, sont jugés à Alger ceux des combats de Lakhdaria (« Palestro »). Comparurent devant des conseils de guerre à Constantine en octobre 1871 ceux qui ont participé aux combats de Bordj Bou Arreridj et à Alger en juillet 1872 pour ceux de Larbaâ Nath Irathen (« Fort National »)

En plus de la complexité des navettes interministérielles, la confusion vient du fait qu’en principe, les transportés doivent rejoindre la Guyane française, tandis que les déportés vont jusqu’en Nouvelle-Calédonie.

Population des déportés

D’après les archives de la commune de Bourail le premier déporté arriva en 1864 (un seul homme: Braham ben Mohamed) et les derniers en 1921 (2 hommes en déportation politique: Hassan Ahmed el Mahmoud et Mustapha Agha Mahmoud).

Le plus grand nombre de déportés sont transportés entre 1867 et 1895. Les 2106 survivants sur les 2166 déportés et transportés maghrébins (dont une centaine de Marocains et de Tunisiens) sont en majorité des Algériens arrivant par un total de 42 convois, ce qui signifie que ce n’était pas seulement les condamnés en 1873 pour l’insurrection de 1871. D’après la liste dressée par Louis-José Barbançon, 1981 seraient d’origine algérienne. Ceci démontre que les condamnés n’étaient pas seulement les déportés de l’insurrection de 1871 (qui étaient environ 200).

On estime que 45 % d’entre eux venaient du Constantinois, 23 % de l’Oranie et 32 % de l’Algérois (y compris la Kabylie), et que 7 % étaient âgés entre 16 et 20 ans, 54 % appartenaient à la tranche d’âge 21-30 ans, 31 % à celle des 31-40 ans, 7 % à celle des 41-50 ans et 1 % à celle des 51 ans et plus. On estime aussi que 51 % étaient mariés, 42 % célibataires, 5 % veufs et 2 % des divorcés.

Les déportés algériens étaient exclus des lois de 1870, 1872 et 1873 qui permettaient aux déportés d’être accompagnés par leurs femmes. Ainsi, séparés de leurs femmes par la force, certains épousèrent des communardes et d’autres épousèrent des Canaques

Transport des condamnés

Avant leur départ, tous les prisonniers recevaient un numéro de matricule. Trois itinéraires ont été empruntés : par le cap de Bonne-Espérance, par le cap Horn et par le canal de Suez avec des escales pour le ravitaillement en produits frais et surtout en eau douce.

Les voyages se faisaient à bord de voiliers: des clippers équipés de machines à vapeur, spécialement aménagés pour le transport de prisonniers. Ils ont parcouru 16 700 miles nautiques soit 30 928 kilomètres. Ces voyages duraient entre 140 et 150 jours. Les prisonniers dormaient sur des lits de camp escamotables ; ils étaient une soixantaine regroupés dans des cages. Pour leur nourriture, ils recevaient 800 grammes de pain, 2 fois par jour une soupe aux haricots, le mercredi et le dimanche de la viande, le vendredi du poisson ou du fromage.

Certains se laissaient mourir de faim. Les transports de prisonniers étaient classés en trois catégories :

  • Transportation (forçats) : 18 convois, 1 822 hommes de 1864 à 1897
  • Déportation (politiques) : 11 convois, 180 hommes de 1874 à 1921
  • Relégations (récidivistes) : 14 convois, 164 hommes de 1888 à 1897

Soit au total 42 convois avec 2 166 hommes, une soixantaine décédèrent au cours du voyage ou à l’arrivée.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Alg%C3%A9riens_de_Nouvelle-Cal%C3%A9donie

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