Nationalisme arabe au “Maghreb”

 L’unité arabe fait son entrée au Maghreb par les livres, les journaux et les étudiants ayant fait leurs études en Égypte ou en Syrie ou leur pèlerinage à La Mecque. Des délégués maghrébins, dont le célèbre Messali Hadj ont pris part au Congrès de Jérusalem (décembre 1931), de Genève (septembre 1935) et du Caire (octobre 1938).

Certains chefs nationalistes maghrébins sont formés ou influencés par l’émir Druze Chékib Arslan.

Shakib_Arslan

Chekib Arslan , le druze qui a branché le mouvement national algérien au panarabisme, avec comme élément connecteur, Messali Hadj

L’émir entre très tôt en contact avec le cheikh tunisien Salah Chérif et le notable marocain de Tétouan, El-Hadj Abdessalam Ben Nouna. Il influence également Mohammed Bach Hamba, petit frère d’Ali Bach Hamba qui est l’un des fondateurs, en1907, du mouvement des Jeunes Tunisiens. L’émir Arslan établit également des relations avec les chefs de plusieurs partis indépendantistes : le Destour, l’Étoile nord-africaine de Messali Hadj et le parti de l’Action marocaine. Au Maroc, Chékib Arslan est le porte-voix de la campagne lancée contre le dahir berbère avec son journal : « La Nation arabe ». Il est aussi à l’origine du « pacte arabe » voté au Congrès de Jérusalem en 1931. Ce pacte devient l’inspirateur et le guide de certains chefs de partis nationalistes du Maghreb. Arslan devient alors « l’artisan de la transformation du panislamisme maghrébin en un nationalisme arabe à tendance islamique. »

Le nationalisme arabe à influencé de manière différente les partis politiques maghrébins. Il y eut au Maroc l’Union nationale des forces populaires (UNFP), un parti politique nassérien fondé par Mehdi Ben Barka en 1959. En Algérie, le FLN se constitue pour la lutte d’indépendance de l’Algérie, le mouvement regroupant un large échiquier politique même s’il est dominé par des nationalistes algériens panarabes comme Ahmed Ben Bella et Houari Boumédiène. En Tunisie, le Destour fondé par le cheikh Abdelaziz Thâalbi a une ligne idéologique résolument panarabe. Salah Ben Youssef, membre du Néo-Destour mené par Habib Bourguiba, ce dernier plus nationaliste tunisien que panarabe, voit en Gamal Abdel Nasser le leader incontestable du monde arabe. Le différend entre les deux hommes se fait en faveur de Bourguiba, Ben Youssef étant exclu du Néo-Destour avant d’être assassiné à Francfort en 1961.

En Algérie, dès 1949, durant la crise dite “berbériste”, le panarabisme de Messali Hadj est contesté par la frange qui visait à intégrer la dimension amazighe dans le mouvement nationaliste algérien (MTLD). Le 14 avril 1962, Ben Bella, dans un de ses premiers discours en tant que président, déclare: «Nous sommes arabes. Nous sommes arabes. Nous sommes arabes!» . Les prénoms berbères furent interdits parce qu’ils avaient une «consonance étrangère», Ben Bella fit fondre l’unique alphabet berbère entreposé à l’Imprimerie nationale. Plus tard, le président Boumedienne confisquera (en 1976) le Fichier berbère qui contenait un ensemble de publications sur des recherches écrites en alphabet latin. Au début des années quatre-vingt, des Algériens furent emprisonnés pour avoir organisé des cours d’enseignement du berbère à l’Université d’Alger ou parce qu’on aurait trouvé en leur possession un alphabet berbère.

La politique panarabe de Boumedienne est largement contestée dans les milieux berbérophone (Printemps berbère) et francophone, notamment à la suite des différentes politiques d’arabisation qui consistent à promouvoir l’arabe classique au déterminent du français dans l’enseignement et l’administration publique ainsi que le rejet des langues parlées : arabe algérien et berbère, considérées comme des « dialectes ». Après l’ouverture démocratique de 1988, un assouplissement vis-à-vis de la langue berbère va être opéré par la création du Haut Commissariat à l’Amazighité en 1995, la Constitution de 1996 mentionne l’amazighité comme une des «composantes fondamentales» de l’identité algérienne avec «l’islam et l’arabité», et en 2002, une modification de la Constitution adopte le tamazight comme «langue nationale»

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nationalisme_arabe

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