Au tout début de l’Etat Islamique, les accords Sykes/Picot

Comprendre d’où vient le vent

Si vous voyez deux poissons  s’entretuer, quelque part dans l’océan indien, c’est qu’il y’a un anglais dans les parrages. (attribué à Nehru)

J’ai créé la Jordanie avec un crayon, un aprés-midi au Caire (W.Churchill)

Sykes

Colonel Sir Mark Sykes, (1879 –  1919)

Picot

François Georges-Picot ( 1870 – 1951), diplomate français, grand-oncle de Valéry Giscard d’Estaing

hussein

Hussein bin Ali, (1854 – 1931) le dernier chérif et émir de la Dynastie hachémite à régner sur la Mecque. Son fils ainé Ali le remplace en 1924, mais tout juste pour une année: les saouds le défont en 1925.

lawrence

Thomas Edward Lawrence (1888 – 1935) archéologue et officier de l’armée britannique. L’affiche montre l’acteur britanniqure,Peter O’Toole, dans le role de Lawrence, dans le film fleuve ”Lawrence d’Arabie”, tourné en 1962.et très souvent cité par lec critiques comme le meilleur film de tous les temps.

 

 

 

 

 

 

ajrad

Originellement chantée par Slimane Azem pour dénoncer le colon français qu’ il traite d’essaim de sauterelles venu dévaster son pays, cette chanson a été reprise par le chanteur Matoub Louenés pour dénoncer l’envahisseur du jour, l’idéologue baathiste, qui refuse de devenir nord-africain, résolu, au nom d’un panarabisme rampant et agressif, à effacer son identité, sa langue et sa culture.

 

 

 

 

Bref aperçu historique sur la première guerre mondiale

En  l’an 1914, l’héritier au trône de l’empire catholique austro-hongrois, l’archiduc François Ferdinand, a eu la terrible maladresse de choisir le 28 novembre comme  date de sa visite,  en compagnie de son épouse, à Sarajevo, capitale de  Bosnie Herzégovine où vivait une minorité orthodoxe serbe. Cette date est, en effet, celle de la Saint-Guy, une fête importante pour les orthodoxes, qui coïncide, de triste mémoire historique pour les serbes, avec l’annexion de la Serbie, en 1389,   à l’empire ottoman.
Sur cette double frustration historico-religieuse, un extrémiste serbe, orthodoxe,  considérant cette visite comme une double provocation, tire sur Ferdinand et sa femme et les tue sur le coup. L’Allemagne, déjà frustrée et en colère contre la France et le Royaume Uni pour l’avoir quasiment exclue du partage de l’Afrique et de l’Asie, au nom du pangermanisme, pousse l’Empire austro-angrois à déclarer la guerre à la Serbie; la Russie, au nom du panslavisme, se ronge du côté serbe. Ainsi 2 alliances se constituent:
La Triple Entente constituée de la Russie, de la France et du Royaume Uni, et à laquelle se joindront le Japon, l’Italie, la Roumanie et les Etats-Unis.

La Triple Alliance constituée de l’Allemagne, la Hongrie et l’Autriche,  et à laquelle s’ajouteront le royaume de Bulgarie et l’Empire Ottoman.

Les Européens, l’Empire ottoman et la Route de la Soie

L’entrée en guerre de l’empire ottoman est lourde de conséquences pour les alliés de la Triple Entente qui se voient privés du Canal de Suez et de la stratégique route de la soie reliant l’Europe à l’Asie via l’incontournable Empire Ottoman. Aussitôt,  la France et l’Angleterre  prirent la décision de le détruire. Déjà par le passé, ce fameux empire, en s’emparant de l’Empire Byzantin au XI siècle, avait coupé cette fameuse route aux européens, portant un sacré coup à leurs activités économiques. Comme le besoin, dit-on, est le père de l’imagination, cela  a poussé les européens à réfléchir sur d’autres moyens d’atteindre l’Inde et la Chine  en contournant l’incontournable Empire Ottoman.  Ceci conduira aux grandes expéditions portugaises qui consistaient à atteindre l’Asie par la voie maritime en contournant l’Afrique via les 2 océans atlantique et indien et, en 1492, au grand voyage financé par les espagnols à l’initiative de Christophe Colomb qui préconisait d’atteindre l’Inde par l’Ouest. Croyant avoir atteint l’Inde, Christophe Colomb nomma les populations du continent américain, les indiens, et mourut, parait-il, avec l’idée que Cuba était la Chine.

Lawrence d’Arabie rencontre Hussein Ben Ali, chérif de la Mecque

Comme c’était couteux de rentrer en guerre directe avec l’Empire Ottoman, la Grande Bretagne  et la France avaient  misé sur son effondrement de l’intérieur, en soulevant contre lui les populations arabes sous sa domination, visiblement agacées par la montée en puissance du nationalisme ottoman. C’est alors que le  Royaume-Uni envoya, à cet effet, en Arabie, un officier de l’armée britannique. Son nom était Thomas E. Lawrence, largement popularisé par le fameux film Lawrence of Arabia (Lawrence d’Arabie) tourné en 1962, starring Peter O’Toole, et considéré comme le plus grand film de l’histoire du cinéma.

La mission de Lawrence était de trouver une alliance parmi les chefs puissants arabes pour combattre l’empire ottoman. Il leur promettra pratiquement tout, et en plus de la lune et des étoiles, une chose particulièrement déterminante pour le courant de l’histoire, et dont nous vivons aujourd’hui à travers Daech  les retombées historiques : La souveraineté sur un nouvel empire arabe de la Grande Syrie. The United Arab Kingdom of Greater Syria qui va remplacer l’ empire Ottoman.  Lawrence trouva en  le hachémite  Hussein Ben Ali, chérif de la Mecque depuis sa designation par les ottomans en 1908, qui a toujours rêvé d’un empire panarabe, un allié idéal. Ainsi  naîtra le panarabisme.

Rivalités entre les familles hachémite, Al Saoud et Al Rachid

Les hachémites sont avec les Saouds et Al Rachid les 3 familles rivales qui se sont disputé à travers l’histoire le contrôle  de la péninsule arabique.

Le terme hachémite vient du nom de l’arrière-grand-père du prophète, Hashim  Ibn Abdul Manaf  (mort bien avant l’avènement de l’islam), de la tribu des Quraychites, riche et commerçante, qui avait dominé la Mecque au VII siècle, et dont la dynastie des hachémites se réclame la descendance. Cette dynastie avait régné sur la Mecque depuis le xe siècle avec une imperturbable autorité, fournissant la totalité des chérifs et des émirs sous tous les empires qui se sont succédés, des fatimides aux ottomans, en passant par les seldjoukides, les ayyoubides et les mamelouks. La famille Al Rashid avait le contrôle sur le sultanat du Nedjd, la partie orientale de la présente Arabie Saoudite. La famille des saouds, un peu dans son hibernation historique, était à la recherche d’une idéologie susceptible d’aiguiser ses appétits de conquête.

Naissance du wahhabisme

Au début du 18eme siècle, Mohamed Ben Abdelwahab, chassé de son village natal, dans le Nedjd, pour ses prêches d’un islam sunnite hanbalite jugé trop fondamentaliste,  trouve refuge quelques kilomètres plus loin dans un petit émirat géré par Mohamed Ibn Saoud. Celui-ci séduit par les prêches de son hôte lui donne sa fille au mariage pour sceller une union pour un projet de création d’un royaume musulman qui aura pour idéologie, le wahhabisme et, pour bras armé, les saouds. Ce type d’alliance entre le livre saint  et l’épée, on le retrouve sur le drapeau de l’Arabie Saoudite d’aujourd’hui, il  est, aussi, connu chez les chrétiens sous le titre de ” l’alliance  du sabre et du goupillon ”. Pour ainsi dire que pour se maintenir sur la voie du seigneur la bonne parole ne suffit pas si on ne la met pas à la pointe de l’épée. Pour ces religieux des ténèbres l’amour de Dieu ne s’obtient pas par son infusion progressive dans le cœur de l’homme, mais par la soumission de celui-ci par l’épée. Il est dit que pour ceux qui n’ont pas eu l’amour et l’affection nécessaires pour accéder au paradis via sous- les- pieds- de- leur- mère, il leur est donné l’option d’y accéder via les ombres des épées. C’est-à-dire en tuant ou en se faisant tuer.

Hussein Ben Ali lance la Révolte Arabe contre l’Empire Ottoman (1916-1918)

Le chérif Hussein Ben Ali, qui rêvait d’une conscience arabe pour contrer la montée en puissance du nationalisme ottoman, adhéra aussitôt au plan de Lawrence. En 1916, assisté de ses 2 fils Fayçal et Abdullah et, avec l’aide de l’armée britannique, il réussit sans grande peine à unir et à soulever toutes les tribus du Hedjaz, jusqu’en Syrie, contre l’Empire Ottoman. En 1917, Hussein Ben Ali, alors chérif et émir de la Mecque, fut reconnu internationalement comme roi du Hedjaz. En 1918, il libera  Damas de la présence ottomane. En 1920,  son fils cadet Fayçal devint Fayçal Premier, roi de Syrie puis d’Irak, son deuxiéme fils Abdullah devient Abdullah Ier roi de Jordanie. En 1924 avec l’abolition de l’Empire ottoman, Hussein s’autoproclama calife de tous les musulmans et declara son fils ainé Ali, roi du Hejaz.

Tout allait pour le mieux dans le meilleur monde des alliances, si ce n’était sans compter avec le plan strictement machiavélique de la Grande Bretagne et de la France. Remplacer un « état fort ottoman » par un « état fort arabe » n’était pas du tout de leurs intérêts. Pour maintenir cette région hautement stratégique sous leur contrôle il ne fallait pas l’unir mais plutôt la diviser.

Les Accords Sykes-Picot, un complot contre les  hachémites

Tandis que les négociations de Lawrence d’Arabie avec les arabes faisaient bon chemin, les Français et les Anglais, parallèlement, négociaient en secret, sur le dos des arabes, le partage du Moyen Orient après la chute programmée de l’Empire Ottoman. Ces négociations secrètes conduites, côté britannique, par Sir Mark Sykes, et côté français par François Picot, avec le consentement de la Russie et de l’Italie, aboutiront en 1916 au plan de partage du Moyen Orient et rentreront dans l’histoire sous le nom des accords Sykes-Picot.

Un véritable coup de poignard dans le dos des arabes qui verront les promesses de Lawrence partir en fumée. Il n’est plus question d’un monde arabe unifié en Grande Syrie, mais d’un Moyen Orient divisé en 5 zones sous le contrôle franco-britannique. Ainsi la Syrie et le Liban reviendront à la France, l’Irak, la Cisjordanie et la Palestine seront sous le contrôle britannique.

En 1921, la Palestine est divisée pour la première fois. Sous le mandat britannique à la ligue des nations, la région à l’est du fleuve Jourdain est nommée Transjordanie et sera offerte comme un cadeau de mariage au hachémite Emir Abdullah, l’autre fils d’Hussein Ben Ali, qui devient Abdullah premier de Jordanie. La région à l’ouest du Jourdain, reviendra aux juifs. Ce n’était pas officiellement un état hébreu, mais tout simplement un lieu géographique où les juifs persécutés en l’Ukraine et mal aimés en Europe venaient y trouver refuge et sécurité.

Coup de théatre historique, après la révolution d’octobre 1917, la Russie tsariste, désormais entre les mains des bolcheviks, se retire de la  Triple Alliance. En 1918, le gouverneur de Petrograd (Saint-Petersbourg, puis Leningrad de 1924 à 1991) fouille dans les archives et tombe accidentellement sur une copie des accords Sykes-Picot, et l’envoie aussitôt aux autorités ottomanes. Celles-ci pour convaincre les arabes à se désolidariser de la Triple Entente l’envoient aussitôt à Hussein Ben Ali. Celui-ci, furieux, demande des explications aux autorités britanniques qui lui répondent par leurs intentions, guère rassurantes, de tenir leurs promesses conformément au plan de Lawrence.

Les arabes n’ayant pas d’autre choix, continuèrent à combattre les ottomans, mais un climat de méfiance s’installa désormais entre le chérif Hussein et les signataires des accords Sykes-Picot. De cette inconfortable relation naîtra chez les britanniques l’idée de se défaire du chérif hachémite, Hussein Ben Ali, désormais gênant.

Les hachémites, selon Lawrence d’Arabie

Les hachémites ont été décrits par Lawrence d’Arabie comme promoteur d’un islam tolérant qui croit en la coexistence des religions et des cultures, le chérif Hussein  Ben Ali, natif d’ Istanbul, comme un romantique qui rêvait des jardins de Cordoue et cette cité conviviable andalouse décrite par le juif Maimonide comme la cité où les juifs avaient connu leur plus grande prospérité depuis le royaume de Salomon. Ils étaient favorables à la venue massive des juifs en Palestine où juifs et arabes vivront en paix les uns à côté des  autres, son fils Fayçal était même signataire avec Weizmann de la déclaration Balfour pour la création de l’état juif.  Mais les rivalités occidentales en avaient voulu autrement. Le bloc soviétique au nom de l’anti-impérialisme, et l’Allemagne du 3eme Reich, exclue de sa part de gâteau afro-asiatique, useront de toutes leurs influences pour soulever, contre la présence franco-britannique, des peuples qui, désormais, occupent des pays qui, jusque-là, n’avaient jamais existé, dessinés à coup de crayon conformément aux intérêts franco-britanniques par de distants faiseurs de cartes, indépendamment de la culture et de l’histoire propres à chacun de ces peuples

Hussein Ben Ali, un fédérateur gênant pour les anglais

La rapidité et l’aisance avec lesquelles Hussein Ben Ali a  pu réunir les tribus arabes contre l’empire ottoman et sa vision unificatrice du monde arabe ainsi que son consentement pour  la création d’un état juif pouvaient conduire les hachémites à fonder un état fort au moyen orient qui remplacerait l’Empire Ottoman, ce qui n’était pas du tout de l’intérêt franco-britanique. C’est alors que vint l’idée aux britanniques de se débarrasser du pouvoir hachémite et de le confier à leurs ennemis de toujours : Les Saouds. Prêchant  une interprétation rigide de l’Islam, le Wahhabisme, exclusif et résolument anti sioniste, les saouds sont hostiles  à l’idéologie relativement  tolérante et unificatrice des hachémites.

Le wahhabisme antisioniste, intolérant à l’égard de tout le monde, potentiellement  « désunificateur », va maintenir le Moyen Orient sous un état tensionnel permanant qui empêcherait l’émergence d’un état fort sur les ruines de l’Empire Ottoman, susceptible de contrarier les intérêts franco-britanniques dans la région. Sur l’échiquier politique de la région devaient figurer des républiques bananières version pétrolière qui serviront dans leur statut de pions les intérêts des rois, à savoir l’Angleterre et la France. De cette chute de l’empire ottoman, les vraies têtes de turc étaient les arabes et les juifs. Les arabes, maltraités par les turcs, et  à qui on a promis la Grande Syrie, et les juifs, persécutés en Ukraine et mal-aimés en Europe, à qui on a promis un état prêt à habiter où ils pourront exercer leur souveraineté en toute sécurité.

 Les Saoud chassent les hachémites de la Mecque et de Médine

En 1924, Abdelaziz Al Saoud qui avait auparavant repris Riadh à la famille rivale Al Rachid, soutenu par le Foreign Office et l’armée britannique  s’empare de la Mecque  et de Médine mettant fin à 10 siècles de règne de la dynastie hachémite, mais comme Abdelaziz Al Saoud n’était pas de la descendance du prophète, il ne pouvait prétendre au chérifat de la Mecque, c’est alors qu’il y entra en pèlerin et se déclara gardien des 2 saintes mosquées. Après l’échec des premier et deuxième états saoudiens, la famille Saoud qui régnait dans le Nedjd s’empare du Hedjaz hachémite et crée de la connexion des deux, en 1932, l’Arabie Saoudite moderne conformément au contrat moral signé entre Mohamed Al Saoud et Mohamed Abdelwahab, deux siècles plus tôt.

La découverte du pétrole en Arabie Saoudite en 1938 permet aux saouds  d’assurer une paix sociale et de minimiser  les risques de voir ses 2 familles rivales, hachémite et Al Rachid, soulever les masses populaires contre leur royaume.

Traversée du désert  pour les hachémites

Commence alors une longue route de désolation pour les hachémites. La Syrie qu’on a donnée à Fayçal en 1920, se voit, immédiatement après, conformément aux accords Sykes-Picot, sous le contrôle français. Fayçal, après une révolte avortée contre les français, dut s’exiler en Angleterre. A titre de consolation, le Royaume-Uni  lui dessine un pays dans les territoires qu’il occupe,  qu’il nomme l’Irak, et le lui offre comme royaume, en 1921.Fayçal en fait de l’Irak un pays indépendant en 1932 avant de mourir en 1933. Son fils ainé Ghazi, hostile à la présence anglaise en Irak et fervent défenseur du panarabisme, le remplace, il meurt en 1939 d’un « accident » de voiture. Son fils Fayçal II lui succède  à l’âge de 3 ans. Ses liens d’amitié qu’il développera avec son cousin Abdullah de Jordanie durant leurs études en Angleterre, le conduiront à l’ idée d’encourager la fusion des 2 royaumes hachémites d’ Irak et de Jordanie pour créer la Fédération Arabe Unie, proaméricaine, afin de contrer le nationalisme nassérien  qui s’est conclu en Egypte par la création de la République Arabe Unie, prosoviétique, entre l’Egypte et la Syrie. Mais sa signature, en 1955, du pacte de Bagdad, qui lui assure le soutien des anglais et, par conséquent, le rôle continu du Royaume Uni dans les affaires de Bagdad, lui attire la colère des nationalistes irakiens, ce qui conduira à son assassinassion par le général Kassem, lui et toute sa famille dans son palais, en 1958. De cette instabilité politique le pouvoir baath émergera comme la force dominante qui conduira Saddam Hussein au pouvoir.

Boumediene, un nom de triste mémoire pour les kurdes

Sous le régime baath, la cause kurde sous la conduite de Mustapha Barzani, a fait de sensibles progrès, les kurdes sont associés au pouvoir et leur projet autonomiste faisait bon chemin. En 1974, Mustapha Barzani, jugeant l’autonomie du Kurdistan insuffisante, relance la révolte kurde soutenue par l’Iran et les Etats-Unis. Mais, c’était  compter  sans l’obsession panarabiste et la haine de tout ce qui n’est pas arabe d’un certain algérien nommé Boumediene. En 1975, au cours du premier sommet de l’OPEP à Alger, le président de tous-les-algériens-qui-se-réclament-arabes réussit sur le dos des kurdes une formidable médiation entre le Shah d’Iran et le vice-président irakien, Saddam Hussein, les convainquant à signer les accords qui mettront fin au conflit frontalier de Chatt el Arab entre l’Iran et l’Irak, et dans lesquels l’Iran se serait engagé à cesser de fournir toute forme de soutien à la rébellion kurde en Irak,  qui se fera, aussitôt, après, réprimée dans le sang par les forces de Saddam. Et, aujourd’hui, de cet algérien nommé Boumediene, les kurdes se souviennent. 

Les hachémites de Jordanie tentent de sauver la face

Ayant perdu aux Saouds les 2 villes saintes de la Mecque et de Médine, les hachémites se lancent à la conquête de Jérusalem, la 3eme ville sainte de l’Islam, avec un moral saccagé par cette attitude zélée de Churchill qui déclara avoir créé la Jordanie avec un crayon, un certain après-midi au Caire.

Pour redorer le blason hachémite, l’autre fils de Hussein Ben Ali, Abdullah premier, Emir de Transjordanie créa la Légion Arabe et se lança à la conquête de Jérusalem, ce qui conduira à la guerre de Palestine en 1948. Après avoir héroïquement conquis Jérusalem et la Cisjordanie à la barbe de l’armée israélienne, il poussa son initiative plus loin pour proclamer, contre le gré des palestiniens, la naissance de l’union Palestino-Jordanienne, un pays rassemblant la Palestine et la Cisjordanie ; ceci irrita les palestiniens qui l’assassinèrent en 1951, alors qu’il visitait la mosquée Al Aksa à Jérusalem.

Tentant, tant bien que mal, de renaître, aujourd’hui, de la situation chaotique en Irak et, avec une Jordanie qui résonne dans l’histoire comme une créature de Churchill, et dont le positionnement politique à l’égard du conflit israélo-palestinien est dicté en grande partie par des lobbies américains, la famille hachémite a du mal à se faire respecter dans le monde arabe. Malgré la défaite de la guerre des Six Jours, en 1967, et la perte de Jérusalem et de la Cisjordanie qui s’ensuivit, les Hachémites de Jordanie supervisent toujours le Waqf qui gère toutes les mosquées de Palestine, dont celle d’Al-Aqsa à Jérusalem. En Arabie Saoudite, dans le Hedjaz, la région de Maan et la ville d’Aqaba leur furent cédées par la bénédiction saoudienne. Leurs ennemis de toujours étant les saouds, les hachémites  s’accrochent à l’histoire jusqu’à émouvoir, avec un œil sur le baril.

Traité de Lausanne, chute de l’empire ottoman et création de la république turque

En 1923, le traité de Lausanne crée sous les décombres de l’Empire Ottoman et de ses pierres les plus pointues, pour piquer ses voisins, la république turque moderne, laïque qui expulse 1.3 million de chrétiens vers la Grèce, qui vivaient en Anatolie depuis la haute antiquité. Pour purifier la Turquie, Mustapha Kamal procède à un nettoyage ethnique et crée sous le slogan exclusif, ‘’un peuple, une nation, une langue’’, un alphabet turc débarrassé de toutes les influences notamment arabe et perse, et déclara les minorités de la Turquie Moderne comme inexistantes, la Grèce comme ennemi héréditaire, les arabes comme les traitres de l’empire ottoman, et  à propos de la religion musulmane, on lui attribue cette phrase: « l’Islam, cette théologie absurde d’un Bédouin immoral, est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies.»

Ainsi, sur un fond de frustrations nationalistes, se construira la nouvelle république turque  et Mustapha Kamal se dote du titre Atatürk, un qualificatif à résonnance patérnaliste et  qui signifie comme le veut la rhétorique des grandeurs “sloganesques”, père des turcs. Tout au long du Moyen Orient se crée au nom du monde arabe une nouvelle mosaïque de pays qui, jusque-là n’avaient jamais existé, sous le leadership de rêveurs d’empire aussi frustrés que surexcités par le nationalisme arabe copié sur le nationalisme ottoman. Or, qui dit frustrations dit absence de raison, et là où la raison est absente le chemin emprunté ne mène nulle part, et celui qui l’emprunte arrivera ailleurs. Et cet ailleurs où nous sommes aujourd’hui s’appelle le Moyen Orient version Daech ou, d’un point de vue qui nous concerne, le Monde Arabe ou le ”Bornéo arabe” du fait qu’il est créé par des esprits émanant d’une élite arabe bornée, incapable de concevoir une quelconque cohabitation avec d’autres peuples. Un monde qui rêve d’un espace géographique  très étendu, qui exclut de facto les peuples qui ont des liens quasi génétiques avec leurs terres.

Conclusion

Aux hachémites, aux Al Rashid comme aux saouds, qui rêvent, à l’ancien mode impérialiste, d’un empire arabe s’étendant de l’océan indien à l’océan atlantique, nous, berbères, kurdes, coptes, assyriens et autres minorités, émules de la folie conquérante du panarabisme, vivant là où nous sommes  depuis bien avant la naissance de l’esprit de conquête arabe,  souhaitons  une dose de bon sens à ces élites arabes pour abandonner leur projet  follement impérialiste de conquête, de faire l’effort d’élever  leur  état d’esprit de quelques étages plus haut, de cultiver l’amour d’aimer l’autre ou, du moins, le respecter, afin de se donner  cette faculté conviviale à accepter de cohabiter avec des peuples qui ne sont ni de leur race ni de leur religion, ou  dans le cas échéant, que s’éternisent leurs conflits  et que tarisse leur pétrole pour que soient neutralisées  leurs  capacités de nuire à notre existence en tant que peuples différents d’eux, munis d’un noble désir d’être tout simplement pris pour ce que nous sommes. La signature de Dieu est dans nos gènes, vouloir nous changer en arabes c’est commettre le blasphème de contester la volonté de Dieu de nous avoir créés ainsi.
Ainsi soit-il.

Rachid C

5 comments for “Au tout début de l’Etat Islamique, les accords Sykes/Picot

  1. June 16, 2015 at 07:53

    Excellent article .
    Merci beaucoup pour le partage .
    Les infos sont génial . Bonne journée.

  2. June 17, 2015 at 07:25

    AZUL

    Un bon rappel historique tant succinct que clair et merci.En revanche ,cette dernière phrase m’interpelle ! (La signature de Dieu est dans nos gènes, vouloir nous changer en arabes c’est commettre le blasphème de contester la volonté de Dieu de nous avoir créés ainsi.Comment se fait -il que ce prétendu dieu qui, soi-disant,nous a tous crée différents ,acceptent-il que l’on soit dominés (nous les berbères) par le dernier peuple le plus inhumain de la terre ..? hein!

  3. inassen
    September 8, 2015 at 06:54

    Durant des siécles de la période ottomane ,point d’arabes…
    Beaucoup croient au monde arabe inventé par la l’occident alors que même le peuple arabe n’a jamis éxisté jusqu’à son invention dont vous rapporté son début de création.Vous pouvez chercher autant que vous le voudrait avant cette période point de début où d’istence d’arabes sinon dans les écritures mensongères.L’écriture ,l’alphabet et la langue que l’on dit arabe de nos joursc ne l’atainet pas durant plusieurs siècles,pas plus d’ailleurs de musulmans mais il était question de syriaque,afro-syriaque ,de sarrasin issus du punic.Dailleurs la grammaire syrique devenus arabes est une création des numides chrétiens anc^tres des kabyles.Zein edin surnommé ibn MALIK FILS DE IBN MUTI.Aflya en 1199.Etude de jacque lanfry sur izwawen.
    Même jacques lang confirle sa créarion au 19 siécle.Les Arabes au XIXe siècle : une invention française ?
    franceculture.fr/emission-concordance-des-temps-les-arabes-au-xixe-

  4. sem
    February 1, 2016 at 12:05

    Décidément les voraces ne se rassasient point
    Ce qui c’est passé après la création des nations zombies avec des dictateurs affiliés à leurs maîtres ne finira jamais.
    …..
    La France et l’Angleterre réédite le coups des accords Sykes-Picot (partage du monde)

    Le 2 novembre 2010 —c’est-à-dire avant le « Printemps arabe »—, la France et le Royaume-Uni signent une série de documents connus comme les Accords de Lancaster House. Si la partie publique indique que les deux États mettront en commun leurs forces de projection (c’est-à-dire leurs forces coloniales), la partie secrète prévoit d’attaquer la Libye et la Syrie, le 21 mars 2011. On sait que la Libye sera attaquée deux jours plus tôt par la France, soulevant la colère du Royaume-Uni qui était ainsi doublé par son allié. L’attaque de la Syrie n’aura, par contre, jamais lieu car le commanditaire, les États-Unis, changera d’avis.
    Les Accords de Lancaster House ont été négociés pour la France par Alain Juppé et le général Benoît Puga, un partisan enragé de la colonisation.
    Le 29 juillet 2011, la France créée l’Armée syrienne libre (les « modérés »). Contrairement à la communication officielle autour de son chef, le colonel Riyad el-Asaad, ses premiers éléments ne sont pas des Syriens, mais des Libyens membres d’al-Qaïda. Riyad el-Asaad n’est qu’une couverture chargée de donner le vernis syrien. Il a été choisi en raison de son homonymie avec le président Bachar el-Assad avec lequel il n’a aucun lien de parenté. Cependant, ignorant que les deux noms ne s’écrivent pas de la même manière en arabe, la presse atlantiste voit en lui le signe la « première défection au sein du régime ».
    L’Armée syrienne libre (ASL) est encadrée par des légionnaires français, détachés de leur corps et mis à la disposition de l’Élysée et du général Benoît Puga, le chef d’état-major privé du président Sarkozy. L’ASL reçoit comme drapeau celui de la colonisation française.
    Actuellement, l’ASL n’est plus une armée permanente. Mais sa marque est utilisée ponctuellement pour des opérations imaginées par l’Élysée et effectuées par des mercenaires des autres groupes armés. La France persiste à distinguer des jihadistes « modérés » et d’autres « extrémistes ». Il n’existe pourtant aucune différence de personnel ou de comportement entre les deux groupes. C’est l’ASL qui débuta les exécutions d’homosexuels en les jetant du haut des toits d’immeubles. C’est également l’ASL qui diffusa une vidéo de l’un de ses dirigeants cannibale mangeant le cœur et le foie d’un soldat syrien. La seule différence entre modérés et extrémistes, c’est leur drapeau : celui de la colonisation française ou celui du jihad.
    Début 2012, les légionnaires français escortent les 3 000 combattants de l’ASL à Homs, l’ancienne capitale de la colonisation française, pour en faire la « capitale de la révolution ». Ils se retranchent dans le quartier neuf de Baba Amr et proclament un Émirat islamique. Un tribunal révolutionnaire condamne à mort plus de 150 habitants qui étaient restés dans le quartier et les fait égorger en public. L’ASL tint un siège d’un mois protégée par des postes de tir de missiles anti-tanks Milan, mis à disposition par la France.
    Lorsque le président François Hollande relance la guerre contre la Syrie, en juillet 2012, il conserve —fait unique dans l’histoire de France— le chef d’état-major privé de son prédécesseur, le général Benoît Puga. Il reprend la rhétorique et la gesticulation coloniale. Ainsi, il déclare que la République arabe syrienne est une « dictature sanguinaire » (il faut donc « libérer un peuple opprimé ») et que le pouvoir est confisqué par la minorité alaouite (il faut donc « émanciper » les Syriens de cette horrible secte). Il fait interdire aux réfugiés syriens en Europe de participer aux élections qui se tiennent dans leur pays et décide à leur place que le Conseil national syrien —non élu— est leur représentant légitime. Son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, déclare que le président démocratiquement élu, Bachar el-Assad, « ne mérite pas d’être sur la Terre ».Jamais l’Onu n’a accordé de « mandat » depuis sa création. Ce simple mot renvoie aux affres de la colonisation. Jamais non plus un leader français n’avait ainsi évoqué publiquement l’ambition coloniale française depuis l’indépendance de l’Algérie, il y a 53 ans.
    Il importe ici de rappeler que Geneviève, la sœur de François Georges-Picot (celui des Accords Sykes-Picot après la chute de l’empire ottoman), épousa le sénateur Jacques Bardoux —membre du « Parti colonial »—. Leur fille, May Bardoux, épousa quant à elle le président de la Société financière française et coloniale, Edmond Giscard d’Estaing, le père de l’ancien président français.
    Ainsi, la solution du problème syrien, selon le petit neveu de l’homme qui négocia avec les Britanniques le mandat français sur la Syrie, c’est de recoloniser le pays.

Leave a Reply

Your email address will not be published.