Revenge of the Mozabites (revanche des mozabites)

Cet album dédié aux mozabites  est le premier album par le groupe Suns of Arka (Soleils d’Arka) fondé par Michael Albert Ward, plus connu sous son nom d’artiste, Michael Wadada ; il  a été enregistré pour la première fois sur vinyle en 1980 et sur CD en 1992. On connait peu de choses sur l’artiste lui-même, mais le village d’Arka, en question, est riche en évènements historiques. Situé au nord du Liban, le village sunnite de Arka est connu pour son site archéologique qui date du néolithique, un château qui date des croisades, il est cité entre autre, dans des textes assyriens et bibliques, et il a la distinction d’avoir été l’une des cités à avoir écrit l’une des 382 lettres au pharaon d’Egypte, une série de tablettes connue sous le nom de Lettres d’Amarna, du nom de cette ville Egyptienne  où siégeait le monarque.

Soleils d’Arka  a enquêté en permanence sur le surnaturel du Raga, un mode mélodique utilisé dans la musique classique indienne, avec les rythmes des tambours de la terre mère de Niyabinghi qui ont fait surfaçage en Angleterre sous le couvert de Dub Reggae.

Selon la légende, Nyabinghi était une reine qui avait vécu au 17 eme siécle AV JC dans la région Ouganda-Rwanda, elle possédait un tambour qui lui octroyait un pouvoir divin. En terme de mystique, ce nom  représente, aujourd’hui, la plus ancienne des Demeures des Rastafari. Ces Rastafari sont la plus stricte des six grands groupes qui la composent. Ils promettent «l’amour à tous les êtres humains», et ne croient pas en la violence, parce qu’ils croient que seul Jah a le droit de détruire. Ils font cette promesse en raison de la puissance des mots, croyant que seulement quand tous les enfants de Jah font le gage ensemble, les oppresseurs seront détruits. En outre, ils sont souvent non-violents ou suivent le principe de non-agression.

Qui a inspiré  the Suns of  Arka pour parler de  vengeance ou de revanche des mozabites ? Pourquoi et contre qui ? Seule la musique muette peut nous le dire, il faut, donc,  écouter entre les notes, ce qui n’est pas chose facile pour le commun des profanes de mon espèce. Dans la 2eme partie de l’album, Dark Side, un morceau intitulé Return of the Mozabites  (Retour des Mozabites) laisserait comprendre que l’auteur voudrait signifier, par-là, que ce peuple qui a toujours prôné la non-violence, à l’image des rastas de Nyabinghi, aurait été, quelque part dans le temps, contraint, d’adopter un profil bas par une hibernation historique calculée qui lui permet de continuer son petit bonhomme d’existence. Chassé par les fatimides il y’a 2 siècles des plaines fertiles du Sersou à Tihert, près de Tiaret, qu’il avait fondée de son propre labeur sous la dynastie des Rustumides, il a fini par céder ces terres trop convoitées pour aller trouver refuge dans un désert aride où rien ne pousse et que personne ne convoite. Il y bâtit la ville de Ghardaia, Thahgardait pour les amateurs de l’originalité, ainsi que 6 autres villes confédérées dans un style qui ne ressemble à aucun autre,ghardaia et se mit à pratiquer sa religion intimement et librement… jusqu’à ce que les banu hilal arrivent pour une seconde fois.

Wikipedia nous apprend qu’Après la conquête de Laghouat par les Français, les Mozabites concluent avec le gouvernement d’Alger une convention qui les engage à payer une contribution annuelle de 1800 francs pour obtenir l’autonomie. En 1853, la Fédération des sept cités du Mzab signe un traité avec la France, le texte garantit une autonomie à la région. Mais les incursions répétées de nomades poussent la France à annexer le territoire en 1882. Les Français ont à partir de cette date développé un système d’irrigation dans les  oasis.
Pendant la Guerre d’Algérie, les Mozabites adhèrent au mouvement du MNA de Messali Hadj. Par la suite, le FLN contrôle la région sous le colonel Mohamed Chabani.

Dans ce désert vide et aride, ils ont construit des villes et une façon de vivre qui va avec, pour vivre,  loin des agressions extérieures, leur religion et leur foi librement. Attirés par la prospérité économique de ces villes sorties du désert, des ex agresseurs qui n’ont rien foutu de leurs plaines pourtant étendues et fertiles, issus  de la majorité algérienne sunnite, y sont venus s’établir dans cette cité ibadite.  Chouchous idéologiques du système car ils répondent en toute docilité aux 2 critères de l’algérianité officielle définie par le pouvoir baathiste,  à savoir l’arabité et l’islamité sunnite, ils tirent sur les mozabites qui ne sont ni arabes, ni sunnites sans trop se faire inquiéter. Car, si dans les démocraties qui se respectent la démocratie passe d’abord par le respect des minorités, en Algérie celles-ci sont considérées comme nocives pour l’unité nationale. Ce qui revient à dire que quand c’est un algérien “arabe” et sunnite qui agresse le minoritaire, il le fait au nom de l’unité nationale, et quand un minoritaire revendique le moindre de ses droits, ses revendications sont prises pour du grabuge et sera déclaré comme un perturbateur au service du Mossad et de la France voulant porter  atteinte à l’unité nationale.

La revanche des mozabites a eu lieu  par le passé, elle aura lieu une seconde fois, voire une troisième et une énième fois, tant que les choses continuent à se faire de la même façon. Dans ce désert que personne ne veut, ils ont créé, grâce à leur conception d’un système d’irrigation adéquat, des oasis verdoyantes avec des palmeraies qui s’étendent à perte de vue, ceux qui les ont chassés de leurs plaines riches et fertiles n’arrivent même pas à produire de quoi se nourrir, et ce, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente. Tandis que le béton armé dévore, au nord, nos terres cultivables,  le pouvoir algérien arme les militaires pour dévorer  au nom d’une idéologie désalgerianisante  nos entités cultivées qui aspirent et qui militent pour une Algérie authentique et nord-africaine dont les réalités ne cadrent pas avec  le moule idéologique d’une Algérie Arabe.

Comme dit l’album, le retour des mozabites c’est pour bientôt, quand le pouvoir corrupteur et corrompu jusqu’à ne plus se concevoir sans la rente pétrolière,  ayant sa source tarie, n’a plus de quoi se payer des policiers en surnombre.

Rachid C

Tout l’album

 

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