Malika Mezzane, un symbole encourageant du “Panberberism Revival”

En 2014, pour tourner en dérision le djihad sexuel proposé par ISIS aux « bonnes musulmanes » désireuses de dépanner sexuellement les soldats islamiques dans les maquis, la poétesse et activiste marocaine,  Malika Mezzane,  propose ironiquement, dans sa page FB, d’offrir ses services sexuels aux braves soldats de  l’armée kurde qui combattent ISIS. Cette dérision mal comprise  par certains, expressément mal interprétée par d’autres, lui a valu de la part des baiseurs de mains, au Maroc, et des pousseurs de fauteuil roulant, en Algérie, des attaques des plus virulentes.
Ici- bas, la traduction du marocain au français de son interview que vous pouvez visionner en vidéo en bas de la page.

mqlikaOn se dira, nous, marocains, ce n’est pas Maghreb arabe, ce n’est pas nation arabe, ce n’est pas monde arabe, ce n’est pas pays arabe, et rien de tout ça n’est arabe. Le terme arabo-islamique comme origine de ce pays n’existe pas, moi, j’appartiens au “Wahm”. Où est ce monde arabo-islamique, montre-moi ses frontières, où est-il ?

Ma berbérité c’est ma berbérité, même si les amazighs du monde entier venaient à disparaitre, je resterai toute seule à la porter. J’avais un élève venu de Marrakech, qui s’exprimait dans sa langue locale de Tamazight, ses camarades se mettaient à rire de lui, l’appelant “ya chelhi, ya chelhi”, et, lui, rouge de honte, baissait la tête, incapable de suivre les cours, comme s’il avait commis un crime. Et ça, ce n’est pas du racisme ? Je l’ai appelé, je lui ai dit: lève-toi et dis-leur, tête haute, que tu es un chelhi amazigh. Sinon je te mettrai zéro ou te porterai absent. 

L’amazighité, chez nous, ce n’est pas une race, mais une culture, c’est elle qui nous définit, c’est l’histoire qui nous définit ; nous, nous leur disons  “nous vous supplions, nous ne vous demandons rien d’autre que notre honneur et  notre dignité sur notre terre avec nos autres frères de la cohabitation, parmi lesquels, les arabes.”

(S’adressant à son interviewer), professeur, que Dieu te garde, moi je n’ai peur de rien, ni de personne, je dis la vérité telle qu’elle est, et la vérité est que les arabes ont dépassé leurs frontières et veulent bâtir un pays racial aux dépens des autres peuples qui ont leur droit à l’existence, à la dignité, à la liberté, à l’autodétermination. Qu’ils nous libèrent, mon cher, qu’ils nous libèrent  de l’arabité, c’est aussi, entre guillemets, une mouvance qui s’apparente à la mouvance  sioniste. Si les arabes veulent un état arabe, qu’ils le fassent à l’intérieur de leurs frontières reconnues comme leurs, et non pas en détruisant les frontières et en allant conquérir d’autres peuples pour leur besoin d’arabiser.

Et cette idée d’arabiser, d’où vient-elle ? Elle est venue de l’idée de l’anti-ottomanisation (…) les arabes avaient peur de l’ottomanisation, pour la combattre, ils ont créé l’arabisation. Mon cher, si les turcs veulent l’ottomanisation, les juifs, la judaisation, et vous l’arabisation, nous, aussi, on veut la berbèrisation, les kurdes, la kurdisation, et on verra où ça va aboutir avec toutes ces races. Mais, nous, on ne va pas faire ça, nous, on restera dans nos frontières, on ne va pas agresser d’autres races.  

Je ne laisse pas tomber mon frère,  ma mère, ma sœur ou mon père, ce qui m’appartient est à moi et je ne négocie pas là-dessus. Nous, imazignen, nous sommes éparpillés sur 5 ou 6 pays: les Iles Cannarie , l’ Espagne, la Mauritanie, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye, un peu en Egypte, les Touaregs; toute cette fragmentation repartie sur quelques huit pays, c’est quelque chose, on se ramasse et on se réapproprie notre souveraineté et nos droits.

L’interviewer : Ok, qu’est-ce que vous allez faire après.

Et bien, ça va être une nation amazighe et non arabe. Et la constitution ? Qui l’a créée ? C’est le peuple ou les responsables ? Et cette constitution n’est pas valable dès le départ, les imazighen n’y avaient pas participé.

L’interviewer : Ça, c’est un autre sujet.

Non, non, la justice est le fondement du pouvoir (el adlou assas el moulk), si la justice  triomphe au Maroc, triompheront le pouvoir, la stabilité (al istiqrar), l’amitié et la fraternité; ces choses-là qu’on ne retrouve pas dans d’autres pays.  Il est de notre devoir de marocains de protéger l’amazighité, mais nous, seuls, imazighen, on aura du mal à la protéger si les autres n’arrivent pas à nous respecter.  (…) Et nous les marocains, en particulier, les berbères, on veut que cesse cette ingérence de l’aroboislamisme sur les peuples amazigh, qu’elle en finisse, on en a marre !

Ou, alors, on fait autre chose: on ramène des enfants palestiniens chez nous, on les invite à  monter dans nos montagnes voir comment vivent nos enfants amazigh et nous examinons la réaction spontanée de ces enfants  pour déduire où sont les  pires conditions de vie. En Palestine et à Ghaza que l’ on dit assiégées et opprimées, ou bien celles chez les enfants amazigh, qui sont tout simplement lamentables.

S’il veut défendre le Maroc  ce monsieur (…) ou autre, s’il veut mériter le respect et rentrer dans l’histoire par sa porte la plus honorable…, autrement s’il persiste à importer d’autres tribus aux noms de l’arabité et de l’islamité, nous on n’est pas arabe, c’est la première des choses à comprendre, et on ne sera jamais arabe.

Et pour ce qui est de l’islam, on n’est pas obligé d’être musulman. Et le peuple berbère a toujours eu à faire  en toute liberté à cette complexité religieuse; on a été juif, chrétien…. Et personne, d’ entre nous, ne nous a imposé sa façon d’ être. Et s’il y a un islam auquel ils croient, c’est celui qu’on veut qu’ils traitent avec nous, avec, et qui dit : “On vous a créés des peuples et des tribus pour vous connaitre les uns les autres”. Ce n’est pas pour que l’un saute sur l’autre pour l’oppresser.

Que vivent les peuples amazighs, que vive le peuple marocain, que vivent tous les peuples autochtones dans le monde. Que vive l’être humain, généreux et aimé, que vivent la femme, en premier lieu, et la fille.
Et le verdict, laissons le pour l’histoire

(Traduit du Marocain par RC pour KU)

 

2 comments for “Malika Mezzane, un symbole encourageant du “Panberberism Revival”

  1. August 31, 2015 at 17:55

    dommage ceux qui ne suivent pas la page du combattante Malika Mezzane; elle amene le combat de Matoub Lounes,

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