Festival de la poesie kabyle à Montréal: le rendez-vous des poètes

 

    Douze poètes se sont apprêtés à pratiquer l’un des arts les plus affectionnés en Kabylie : la poésie. Le festival est ouvert par une joute oratoire de la poésie ancienne, bien connue des initiés, celle entre le grand poète Si Mohand U Mhend et Cheikh Muhand U Lhucine.

poesie kabyle

    Le Centre Africa a abrité, samedi 26 septembre, le Festival de la poésie kabyle baptisé à partir de cette année les Poésiades d’expression kabyle. Organisée par le Centre amazigh de Montréal (CAM), cette manifestation se tiendra dorénavant, chaque année, au dernier samedi du mois de septembre d’après le président du CAM, Kamel Serbouh. C’est à la demande des poètes dont le CAM a entretenu la proximité et du public que le maintien de l’activité est devenu officiel. Aussi, le CAM adopte cette activité en vue de promouvoir la poésie kabyle.

    Douze poètes se sont apprêtés à pratiquer l’un des arts les plus affectionnés en Kabylie : la poésie. Le festival est ouvert par une joute oratoire de la poésie ancienne, bien connue des initiés, celle entre le grand poète Si Mohand U Mhend et Cheikh Muhand U Lhucine. Ensuite,  l’animatrice Nouara a introduit les poètes pour déclamer leurs vers. Cette fois-ci, il s’agit de la poésie moderne avec des concepts revisités comme celui de l’immigration, de la vérité, du rapport entre l’homme et la femme, etc.

Le poète kabyle Arab Sekhi

Le poète kabyle Arab Sekhi

   À tour de rôle, chaque poète incarne une thématique et confronte son interlocuteur. Cinq  duos ont été formés et deux prestations individuelles prévues.  Chacun a mis en avant autant de talents que de savoir-faire artistique. L’Hassen Ziani avec Boussad Ouidja traitent de l’immigration à la lumière du vécu actuel. Farida Eldjamaa interpelle son duo et invite à la vérité Arab Sekhi qui la  rivalise d’adresse par une musicalité des mots, qui emballerait les plus sceptiques. Quant à Nasser Oukemoum avec Moussa Djafer ont lancé un appel au cœur et en l’interrogeant. 

 Par un accompagnement musical, le poète-chansonnier Moh Elaid Deflaoui se défend de l’insouciance de la jeunesse et se désole de l’incompréhension de la vieillesse tant louangée par Lyazid Laliam. Un duel, qui s’est terminé par une sage réconciliation des deux périodes de vie. Enfin, Samir Arbane et Farida Chabane incarnaient l’éternelle et l’indépassable querelle entre les femmes et les hommes et l’agitation qui les anime. Enfin, le festival s’est clôturé par les prestations individuelles de Taos Dahmoun et Mohamed-Ali Alioui, qui a conclu par « Awal », le « Mot », qui véhicule raison et passion.

Une joute poétique pendant le festival

Une joute poétique pendant le festival

     Lors de ce rendez-vous poétique, le public a eu son mot à dire en partageant l’exclusivité avec les poètes. Il était convié à s’exprimer sur le déroulement, l’organisation et même sur les prestations des invités pour opérer à l’avenir les changements nécessaires.

   Même s’il est à ses débuts, le festival promet d’être au rendez-vous chaque année. Quelques rencontres de plus, il trouvera ses marques.

Par Saliha Abdenbi 

 

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