Massacre de Melouza (Melouza Massacre)

 Le massacre de Melouza fut un crime de masse perpétré par le FLN contre les 303 habitants du village de Melouza (Mechta-Kasbah) en 1957 sous prétexte qu’ils soutenaient le Mouvement national algérien (MNA) de Messali Hadj, rival du FLN. Par le biais de tracts de propagande, le FLN a accusé l’armée française d’avoir perpétré le massacre à sa place.

bellounis
Mohammed Ben Lounis, dit Bellounis et Olivier pour les français (Bordj Menaïel, 1912- Ksar el Hirane,  1958).Messaliste convaincuI,il adhère au parti du MNA et se distingue par son action contre le FLN en Kabylie, puis dans la région de Djelfa. Le massacre de Melouza perpétré par le FLN lui fait comprendre l’impérieuse nécessité de trouver allié. Bellounis s’engage à se rallier à la France à la condition que l’État français ne traite plus avec le FLN. Il fonde au printemps 1957 l’Armée Nationale du Peuple Algérien (l’ANPA), soutenue financièrement et militairement par le gouvernement français. Son despotisme, ses exactions dressent contre lui les populations. Devenu plus gênant qu’utile, et incontrôlable, les Français décident d’arrêter là l’expérience et de désarmer l’ANPA. Il est abattu vraisemblablement le 14 juillet 1958 par des éléments du 3eRPIMA, dans des circonstances restées mystérieuses.
mohammedi said
Saïd Mohammedi,à gauche(connu aussi sous son nom de guerre Si Nacer), né en 1912 à Aït Frah, commune de Larbaâ Nath Irathen, 1994 à Paris, fut l’un des dirigeants de la Révolution algérienne, en tant que colonel de l’Armée de libération nationale (ALN) en Wilaya III durant la guerre d’indépendance. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est d’abord aspirant de l’armée française. Il s’engage ensuite dans la Waffen-SS et laLVF et combat sur le front russe1. Mohammedi Saïd avait été militant de l’Étoile nord-africaine, du PPA et du MTLD. En 1956, il assurera la sécurité et le bon déroulement tout en participant au congrès de la Soummam, à l’issue duquel il devient colonel, commandant de la Wilaya III . En mai 1957, il organise le massacre de Melouza, bourg passé sous l’influence du Mouvement national algérien (MNA). Après avoir pris d’assaut le douar, tous les hommes du village (315) sont massacrés.

 

 

 

Melouza

MelouzaMelouza est un bourg situé sur les hauts plateaux au nord de la ville de M’Sila, à la charnière du Constantinois et de la Kabylie, Algérie.

Rivalité FLN / MNA

Melouza était pourtant gagnée aux idées nationalistes, mais dans les premiers mois de 1957 en pleine guerre d’Algérie, elle passe sous l’influence du Mouvement national algérien (MNA) qui se réclame de Messali Hadj et s’oppose au Front de libération national (FLN).

Les deux tendances s’affrontent très durement de 1955 à 1962. Tous les moyens sont bons pour semer la terreur au sein des populations villageoises : pièges, paroles trahies, infiltrations et assassinats.

Les violences en France métropolitaine entre ces deux mouvements causèrent, selon les chiffres officiels des autorités françaises entre le et le 23 janvier 1962, 10 223 victimes (dont 3 957 tués).

Les troupes du MNA commandées par le « général » Bellounis bénéficient de la neutralité, voire d’un soutien discret de l’armée française qui trouve là un moyen de contrer le FLN. Celui-ci, pour lequel la région de Melouza revêt une grande importance stratégique, s’en voit peu à peu éliminé. Certains émissaires sont abattus. Les clivages culturels enveniment le conflit, une grande partie de la population étant arabophone et supportant mal les exigences des maquisards kabyles.

Massacre

Une première expédition armée ayant été repoussée définitivement, le chef de la Wilaya III (Kabylie), le colonel Saïd Mohammedi, décide de reprendre, au matin du 28 mai 1957, la situation en main et de faire un exemple en employant les grands moyens. Six Katibas de l’Armée de libération nationale (ALN), branche armée du FLN, commandées par le capitaine Arab assisté du lieutenant Abdelkader El Bariki convergent sur Melouza et encerclent le douar. Elles regroupent au total 350 hommes bien armés. Les maquisards de Bellounis, présents sur les lieux, tentent de les stopper mais la résistance est brisée.

Au début de l’après-midi, les troupes du FLN, maîtresses des lieux, font sortir des gourbis (huttes) tous les hommes du village et les rassemblent sur la place. Les prisonniers sont conduits à Mechta Kasba, un hameau situé à proximité et qui était le QG de Bellounis. Là, ils sont systématiquement massacrés à coup de pioche, de couteau, de hache. Dans les maisons et les ruelles transformées en abattoir, l’armée française, à son arrivée sur les lieux deux jours plus tard, dénombrera 315 cadavres.

Bilan

Le martyre de Melouza provoqua une émotion mondiale et fut abondamment exploité par la propagande française qui organisa à bord de plusieurs hélicoptères un voyage de presse avec journalistes, magistrats et qui expliqua le massacre par les sentiments pro-français des habitants du village, alors qu’il s’agissait d’un conflit fratricide. Le résultat recherché par le FLN fut atteint. Le « général »Bellounis, effrayé par le carnage, demanda quelques jours plus tard un rendez-vous au capitaine Jean Combette, capitaine d’uneSAS, et lui annonça qu’il se ralliait à l’armée française, ce qui le discrédita aux yeux des nationalistes. Il fut conclu l’« opération Olivier » : en échange du ralliement de Bellounis, l’armée française lui fournit toute l’aide matérielle dont il a besoin.

Accusation de la responsabilité de l’Armée française par le FLN

Le FLN a tenté de faire porter la responsabilité du massacre à l’armée française par le biais de sa radio basée au Caire et de tracts accusateurs et mensongers, tel :

« Un drame affreux vient d’ensanglanter la terre algérienne déjà si éprouvée par les crimes sans nom d’un colonialisme aux abois. Toute la population mâle du douar de Melouza a été sauvagement assassinée. Si ce carnage s’inscrit normalement dans la longue liste des crimes collectifs organisés avec préméditation et exécutés froidement par l’armée française dite de « pacification », il dépasse de beaucoup tout ce que tout esprit sain peut imaginer. Aux crimes délibérés s’ajoute cette fois une exploitation politique savamment orchestrée. […] En fait, l’abominable machination politico-militaire tend à démontrer qu’avec le départ de la France, l’Algérie serait à feu et à sang. […] C’est pourquoi, le F.L.N. peut s’adresser solennellement à la conscience universelle pour proclamer à la face du monde civilisé son indignation devant la sauvagerie de cette tuerie dont seule l’armée française assume l’entière responsabilité. »

Revendication du FLN

Dans le documentaire Les années algériennes de Benjamin Stora, diffusé la première fois en septembre 1991 sur Antenne 2, le colonel Saïd Mohammedi reconnaît avoir donné l’ordre d’exécuter les villageois de Melouza, vus comme des traîtres.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Melouza

 

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