Le Parti Libéral du Québec, l’austérité et les pigeons

Une femme répondait sur ses animaux préférés ainsi : le crocodile pour mes bottes en cuir, le bison pour mon manteau et un pigeon. D’accord pour les premiers, mais tu ne dis pas pourquoi le pigeon ? l’interrogea-t-on. Pour qu’il paye le cuir et la fourrure, répondit-elle. Disons que c’est juste une tentative de parler plus concrètement de la générosité dont se gargarisent des gens sans scrupules…

austéritéhic

Des conservateurs défaits, des conservateurs redoublent de férocité !  

   Harper et les conservateurs d’une autre époque ont été défaits après dix ans de terreur idéologique, de feu-de-tout-bois contre la science et les scientifiques, la raison et le vivre ensemble ; après dix ans d’une peur solennelle imposée par des politiciens va-t-en-guerre qui ont fait du Canada – à l’instar de l’Amérique d’un certain Bush- un immense espace de l’expérimentation idéologique. On se souvient comme d’un mauvais rêve de ce ministre des sciences, fier créationniste, qui répondait à la question sur la théorie de l’évolution qu’il était chrétien ! On se souvient des milliers de scientifiques, des défenseurs des droits de la personne, des écologistes, de simples citoyens, bref, d’une société muselée comme dans les républiques bananières.

   Les Canadiens ont enfin porté au pouvoir la modernité, un homme au moins de son temps, Justin Trudeau en l’occurrence, et un gouvernement qui croit, c’est déjà ça, à la science, au vivre ensemble sans égard pour la couleur, l’origine, le sexe et la croyance des gens ; un homme enfin qui n’est pas un va-t-en guerre et qui ne pense pas qu’Israel en exterminant et étendant sa colonisation se défend quand même ; un homme qui a promis d’accueillir 25 000 réfugiés chaque année, et ce, pour tout son mandat de quatre ans. 

    Nous savons tous cependant la part de l’ivraie de l’utopie du grain du réel, mais un gouvernement avec des scientifiques, des chercheurs, des connaisseurs, des militants des droits universels aux commandes ne peut que réjouir l’intelligence et le vivre ensemble. Rares les pays au monde où un réfugié arrivé dans le pays d’accueil en 1996 est ministre en 2015. Maryam Monsef, oui, la réfugiée, est ministre des institutions démocratiques.

   81% des Québécois ont voté contre Harper. Mais, en a-t-on vraiment fini avec cette idéologie populiste de la reproduction normalisée des inégalités, ces gens souvent nantis qui n’aiment pas trop, disons-le, les livres, l’art et les choses douces, pour qui la souffrance de l’Autre n’est que simulation, paresse et appauvrissement? Non, bien évidemment. Il y en aura toujours de ces êtres pour qui sa vérité est de dieu ou de je ne sais quelle bétonnière de vérités.    Le parti libéral du Canada est un parti de centre gauche, le parti libéral du Québec, lui, est un parti qui a pris le toboggan pour reprendre l’expression d’un journaliste et écrivain français du centre droit vers la droite populiste, voire pire. Y a-t-il plus droitier que le FMI qui trouve que Québec fait fausse route[1] avec son austérité ?

   Le parti de Jean Charest que beaucoup désignaient déjà d’un tantinet réactionnaire irait se rhabiller devant ces zélateurs d’une engeance nouvelle.  Des gens pour qui l’État ne doit exister — puisque, n’est-ce pas, c’est leur obsession première, laisser le marché faire ce qu’il veut—  que pour augmenter son salaire pendant qu’on pinaille partout sur l’inéluctable serrement de la ceinture. Voyez-vous la chose ? Les gens qui reçoivent 600$ d’aide sociale pourraient désormais en être amputés de la moitié s’ils refusaient un emploi, et ce, même à des centaines de kilomètres loin de chez eux, pendant que les libéraux se gargarisent d’une augmentation de 30% de leurs salaires, c’est-à-dire de  90 000, ils passeront à 140 000$. Bref, le droit seigneurial de cuissage. Je rapporte la définition du Larousse : « Le droit de cuissage : droit légendaire attribué aux seigneurs de passer avec la femme d’un serf la nuit de noces.»[2].

   Les députés du Québec seraient les députés provinciaux les mieux payés au Canada. Autrement dit, la province la plus enfoncée dans l’austérité qui coupe jusque dans les organismes qui viennent en aide aux itinérants et aux plus vulnérables augmente de 30% ses députés ! Et le ministre Sam Hamad nous expliquait hier dans une sémantique propre aux politiciens de poche que c’était par compassion qu’ils coupaient les prestataires de cette modeste aide; c’est pour les sortir de la pauvreté ! Ah bon ! Obliger une famille à déménager des centaines de kilomètres pour un salaire de misère et forcer les enfants à déménager à n’importe quel moment de l’année… avec tous les dégâts qui peuvent en résulter, est de la compassion. C’est franchement digne d’une autre époque. Les pauvres peuvent mourir, disait-on alors. Pour Hamad,  la politique n’est pas pour un idéal pour tous, mais seulement pour d’aucuns. Pire, l’État est tout au plus une bonne entreprise mercantile. «Le gouvernement libéral a décidé de faire porter tout le poids de l’austérité aux plus démunis de la société. Ils en sont rendus à cibler les jeunes. (…) Le modèle du gouvernement semblait être celui du gouvernement conservateur à Ottawa, qui a causé un tort immense aux chômeurs» martelait le chef du PQ, Pierre Karl Péladeau.

Un peu de mathématiques… 

   Compassion, disions-nous. Quelque temps après, on nous informait que les députés du Québec allaient bientôt être les députés provinciaux les mieux rémunérés au pays. Du coton aux oreilles, un ministre arguait quelque temps plus tard sur les économies qu’engendrerait la mesure. 400 000$ par année. Ça fait combien tout ça en termes de sous? 140 000$ par mois et il y a 125 députés. Calculons : 140 000$× 125 = 17 500 000 (17,5 millions$). Le ministre expliquait que nonobstant l’augmentation, les députés perdraient de l’argent. Il aurait pu rajouter qu’ils en seraient plus pauvres ! Ok, monsieur le ministre, 400 000$ d’économie pour l’État. Calculatrice, dis ! 400 000$/125 députés= 3200$ par année pour un député. 3200$/12 mois=266.66$. Bravo ! Au lieu de 140 000$, c’est 140 000$ — 266=139733.34. Encore bravo pour la ceinture qui vous sangle l’estomac ! Ouaou… l’effort ! Coiteux qui dit aux enseignants, infirmiers, employés de l’état, il n’y a pas d’argent. Ah, la proposition est d’une commission indépendante ! Monsieur Coiteux, proposez un peu moins que ce que vous vous venez de vous offrir sur notre dos aux infirmières, enseignants, cadres… et il n’y aurait plus aucun manifestant ni banderole dans la rue.

   J’ai ri face aux députés, toutes couleurs politiques confondues, qui évoquaient tièdement la même austérité qui affame, anéantit et tue. L’être humain dans toute sa splendeur. En pourcentage dites-vous ? Même pas 0.2%. En fait, l’effort est de 0.19% pour les députés. Tiens, pourquoi ne pas appliquer la même chose aux assistés de l’aide sociale? 0.19% sur 600$ ne font même pas un café, 1.14$. Vous demandez aux Québécois de devenir pauvres fièrement et en contre partie vous faites le sacrifice de vous délester, vous aussi, de 1.14$. Il ne resterait qu’à le crier sur les toits! 

   Vous me diriez que c’est un peu trop simpliste. Oui, mais avouez qu’il y en a de la vérité. Beaucoup d’ailleurs.

Le Parti Libéral et les pigeons

   Une femme répondait sur ses animaux préférés ainsi : le crocodile pour mes bottes en cuir, le bison pour mon manteau et un pigeon. D’accord pour les premiers, mais tu ne dis pas pourquoi le pigeon ? l’interrogea-t-on. Pour qu’il paye le cuir et la fourrure, répondit-elle. Disons que c’est juste une tentative de parler plus concrètement de la générosité dont se gargarisent des gens sans scrupules.

   Il y a quelques mois, Les débrouillards, la revue scientifique célèbre pour enfants, était menacée de perdre 600 000$ de subvention l’année — La grogne populaire a dissuadé le gouvernement, heureusement. C’est exactement cela, il faut vraiment avoir le culot de la femme de la blague pour nous faire passer pour des pigeons. Le sérum pour les débiles que nous sommes et la profusion pour vous. On trouve des milliards pour Bombardier, mais pas un rond pour l’éducation : ce serait vraiment maladroit de réinvestir maintenant en éducation ! disait, François Blais, le ministre de l’éducation. L’argent, il y en a pour le dessert et non pas pour le nécessaire ; pour Bombardier et pour augmenter de plus de 30% le salaire de gens déjà nantis. Tiens, ce serait une bonne anecdote à diffuser dans les pays scandinaves pour qui l’éducation est aussi sacrée que la vie.  

La macdonaldisation de l’État

   Je reviens à l’aide sociale. Qui peut vivre –pas survivre- avec 600$ au Canada en 2015 ? C’est-à-dire se payer un chez soi, ses vêtements, son transport, ses abonnements et tout le reste. Personne. A moins qu’il arrondisse la fin de ses mois au noir. Et qui nous invite-on à la télé pour nous expliquer que c’était le projet de loi 70 adopté était salvateur pour le pays ? Un patron d’une organisation d’entreprises dieu sait quoi. Une bonne nouvelle pour l’économie, explique-t-il se pourléchant quasiment les babines. C’est quand l’État est macdonalisé et qu’il n’est plus la somme d’une réflexion pour vivre ensemble harmonieusement et dignement. Il ne resterait plus qu’à désigner des actionnaires et un président pour cette compagnie qualifiée d’État. Pourquoi les citoyens, la démocratie, le suffrage universel et toutes ces choses compliquées qui coûtent tant? C’est ironique, mais je suis convaincu que ça fait saliver le patronat. Un État pour une vie que l’on payerait à l’hamburger quotidien garanti !

   L’idéal, le vivre ensemble, l’utopie, toutes ces choses qui naguère encensaient le meilleur en l’homme, ne tentent plus grand monde. Le conservateur d’hier et un homme de gauche aujourd’hui. Brian Mulroney, ex premier ministre du Canada, ramasserait ses billes aujourd’hui et passerait pour un syndicaliste illuminé aux yeux de Couillard, Harper, Hamad, Barrette, Coiteux et acolytes.  

La gratuité de la santé, les pauvres, l’éducation… tout à la scierie idéologique

   Ce matin, les couples qui avaient un mince espoir d’avoir un jour un enfant tombent en larmes, abattus, défaits, tous leurs espoirs ruinés. M. Barrette vient de leur expliquer que c’est fini la générosité de l’État, finie la procréation assistée. C’est à se demander pourquoi on paye encore les taxes. Et se faisant passer pour un philosophe, il rajoute que l’universalité ne veut pas dire la gratuité. Une rime enfin dans la sécheresse de la couardise !  

    Oui, monsieur, quand on a touché ce que vous avez touché du contribuable, forcément que la gratuité est indécente… « Depuis mercredi, nous annonçons aux patients qui devaient commencer leur cycle que les traitements ne sont plus remboursés. Les gens fondent en larmes. Un seul cycle coûte au moins 5500 $. Voire plus. Déjà, des couples nous disent qu’ils ne pourront plus continuer. C’est très dur », souffle le Dr William Buckett, directeur médical du Centre de la reproduction du Centre universitaire de santé McGill (CUSM). « C’est la catastrophe. On reçoit plein de demandes de la part de couples paniqués. Et honnêtement, on ne sait pas trop quoi leur répondre », affirme le directeur médical de la Clinique Ovo, le DrFrançois Bissonnette[3].

   Demain, ce sera autour des assistés sociaux. Mais à la différence des infirmières, des enseignants, des fonctionnaires… ils n’auront même pas la panse assez pleine pour que le corps supporte une marche dans la rue et le cri à plein gosier. Ce ne sont que des crève-la-faim, édentés, des feignasses qui transmettent le gène de l’assistanat ! Ils n’intéresseront personne, même pas les journalistes, encore moins le reste. De toute manière, combien d’hommes et de femmes ont l’âme mortifiée par un déshérité vagabond et sans domicile fixe? Quelques uns de plus ou de moins n’ont jamais empêché le sommeil tranquille du juste.

Plus idéologique, tu… es en dictature !

   Mais ça n’a rien d’idéologique, entend-on déjà. Ah bon ? Appauvrir le pauvre quand on a les moyens de ne pas le faire et enrichir en même temps le riche n’a rien d’idéologique ? S’il n’y avait pas le voile idéologique pour flouer la raison, personne n’oserait s’attaquer aux plus vulnérables en société. Ce n’est pas idéologique d’amputer une misère pendant qu’on augmente de presque la moitié un salaire de quasi-nanti ?  Ces gens, gardent-ils encore un pas dans l’homme ?

   J’ai une petite pensée pour tous ces gens qui ont fait du parti Québécois un diable et qui ont été enfarinés par une rhétorique aussi simpliste que celle de Couillard et consorts. Que vaut la question du voile devant tous ces emplois menacés, ces attaques contre l’État de droit, cette austérité imposée par les fanatiques du capitalisme sauvage qui jette des milliers de gens dans la rue, ces garderies qui ferment, ces programmes sociaux qui disparraissent ? Et nous concernant comme immigrants, ne sommes-nous pas les premiers touchés par cette hache de la coupe tous azimuts ? On coupe le déshérité qui survit avec 600$ le mois et on donne plus de 1 milliard pour une entreprise comme Bombardier ? Et nos enfants ? Un État pour qui l’éducation n’est pas la première préoccupation s’en fout de demain et de l’Autre. Si tes enfants, les siens, les miens et les nôtres n’ont pas l’orthopédagogue pour les accompagner, une classe d’un nombre raisonnable afin que leur enseignant puisse individualiser son enseignement et puiser dans leurs intérêts, des services et des techniciens spécialisés pour s’occuper du surdoué parmi eux comme de l’autiste, de l’enfant qui a un trouble de comportement comme de celui qui a un handicap… si l’éducation pèse moins qu’un tissu c’est que nous méritons pire.

   Demain, vu des œillères dogmatiques du Parti Libéral du Québec, est sombre. La démocratie, sans l’éducation en bonne est due forme, agonit, vit ses ultimes espaces avant la fin du vivre ensemble comme sur les œufs fragiles. Des évangélistes, des islamistes, des juifs intégristes confessionnalisent sournoisement nos écoles. Les riches retirent leurs enfants et les mettent dans les écoles privées. Écoles, bien entendu subventionnées avec notre argent. Remarquez que c’est aussi le but ultime : descendre l’école publique, parce que cette école met à égalité leurs enfants et les nôtres. Dites-moi comment peuvent demain coexister nos certitudes, nos vérités religieuses s’il n’y pas une école publique forte pour les contenir ? On s’auto-chasserait !  

L’éducation est ce qui fait la différence entre la démocratie et la dictature

   Le Québec, le Canada, les pays scandinaves, tous les pays un tant soit peu démocratiques sont d’abord et avant tout le fruit d’une éducation à l’école qui explique aux mômes que leur vérité est le fruit de leur environnement, que la science a son espace et la foi le sien, que l’homosexuel ne l’a pas fait exprès d’être homosexuel, qu’il n’y pas une religion supérieure et autre inférieure, qu’on a le droit de croire ou de ne pas croire, que nous sommes égaux aussi soient nos origines, cultures, couleurs, confessions…

      Est-ce-que ça a effleuré la tête d’un politicien libéral que le 1.3 milliard donné à Bombardier produirait une richesse intellectuelle qui produirait des Bombardier d’aviation, des Bombardier de sciences et technologie, des Bombardier d’art et de savoir… s’il avait été investi en éducation? Je ne le pense pas. Pour ce genre de gens, aller à l’école c’est pour savoir compter ses sous… Ils sont à cent lieues de savoir que les pays scandinaves sont le fruit d’une école.

    Dans un article paru dans Le journal de Montréal, Josée Legault explique bien cette contradiction patronale qui souhaite réduire au cadavre l’État mais qui cependant y recourt à chaque pépin : «Une chose qui frappe chez Québec Inc. depuis la Révolution tranquille est à quel point ce milieu des affaires est toujours prompt à réclamer une réduction du rôle de l’État tout en s’attendant régulièrement à l’aide financière des contribuables pour ses propres entreprises… Une contradiction fondamentale avec laquelle nos gouvernements successifs semblent toutefois avoir fort bien vécu. Mais ça, c’est une autre histoire…»[4]

   Ceux qui en pâtissent sont bien entendu les plus vulnérables. Les petits salaires, les femmes, les immigrants dont surtout les femmes (infirmières, éducatrices, enseignantes…), les aînés, les autochtones, les handicapés…  

  Des questions. Je me demande par exemple, comme se demanderait un enfant, si Barrette n’avait pas touché plus d’un million de dollars sur notre dos, s’il n’avait pas été aussi gracieusement rémunéré par l’argent du contribuable, bref, s’il n’était pas aussi riche, est-ce qu’il ferait cette brèche inédite dans la santé ? Est-ce qu’il opterait pour cette privatisation insidieuse? La réponse : non. Tout part du Je le plus égotique au fond, tout sourd dans l’intérêt le plus individuel et que l’on pare et adjective comme bon il nous sied. Et si Hamad, lui aussi, était pauvre, menacerait-il l’obole de l’assisté? Non, évidemment…

   Ça veut dire quoi ? Que les gens qui nous bassinent en nous disant que ce n’est pas idéologique nous prennent vraiment pour des cons. Et le paradis fiscal de Couillard ! Personne n’en parle maintenant. Un ministre de l’éducation qui voit s’effondrer l’institution de l’éducation sans lever le doigt. Pire, qui applaudit à tout rompre…  

 Les organismes communautaires, les fondations et associations humanitaires, bref, tous ceux qui oeuvrent contre les inégalités, subissent le feu idéologique et la hache libérale, et ce n’est pas idéologique ! Un ministre pour qui le livre n’est pas important, un autre qui veut étatsuniser la santé, un troisième qui affame déjà l’affamé…

  Somme toute, la frontière entre la démocratie et la dictature est mince, très mince. Aujourdhui, la hache idéologique, demain la hache tout court. Aujourd’hui, la diabolisation de l’État solidaire, demain la diabolisation de l’État de droit et de la démocratie.  

Par Louenas Hassani

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[1]http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/441727/elimination-de-la-dette-le-quebec-fait-fausse-route

[2] http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/cuissage/20972

[3] http://www.lapresse.ca/actualites/sante/201511/12/01-4920383-procreation-assistee-des-couples-aneantis-par-le-projet-de-loi-20.php

[4] http://www.journaldemontreal.com/2015/10/29/bombardier-risquer-a-quel-prix

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