L’Algérie : le compte à rebours a commencé

Pendant ce temps-là, la basse cour s’agite. L’outarde gémit. L’émir jouit. Alger est dans sa zone de confort. Comme dans la tragédie grecque, Œdipe s’est retourné contre le père par amour et a donné la naissance à la psychanalyse qui guérit nos maux aujourd’hui. Daech, l’humanoïde sorti du laboratoire wahhabite se retourne contre le père géniteur par la haine… 

   L’Algérie va bien et elle le sera pour encore des jours. Les pronostics vont bon train et ont toujours été favorables au diagnostic. Mais ces temps sont comptés. Actuellement, la basse-cour politique constituée de la clientèle du régime et d’une opposition fébrile et atone  est prise de panique. La raison : non pas à cause de l’arrivée impromptue du renard mais à cause de la chute vertigineuse des prix des hydrocarbures, l’amaigrissement soudain et dramadique du fond de régulation des recettes. Cette matière noire servie de la mamelle nourricière  a toujours joué le rôle d’un enfant aimable pour son hilarité et joufflu parce que  synonyme de bonne santé. Dès qu’il tombe malade, la tristesse assombrit la demeure. Son absence disloque la famille qui  se voit aller se coucher bien avant l’heure. Pendant ce temps-là,  on remue ciel et terre pour sa guérison. Une fois l’enfant rétabli, retour à la case départ. On oublie tout. Le charivari reprend comme si de rien n’était.  

    Les plus optimistes ont tablé sur la durée de vie de ce pays. Les plus pessimistes aussi. Les premiers prévoient le chaos dans un quart de siècle, les seconds ont divisé cette espérance par huit. Pour cette dernière catégorie, si rien ne se fait d’ici trois ans, le plein d’essence et une baguette de pain coûteront chacun cent dollars. Dans tous les cas de figure, le sein finira par être rabougri et l’enfant succombera pour maladie répétitive.  La récente déclaration de la patronne du FMI n’est pas venue pour tempérer les ardeurs. Selon cette dame, la baisse des prix de l’or noir s’inscrit désormais dans la durée.

   Ce scénario loin d’être un psychodrame donne des vertiges au citoyen lambda mais jamais pour le régime qui le gouverne.  La clé de voûte est dans le secret des dieux. Ces derniers sont enfouis loin du pays, dans le golf persique.

   L’année dernière, l’Algérie a décrété trois jours de deuil  pour la disparition du roi Al Saoud. Il offre l’outarde, espèce en voie de disparition, pour ses vertus médicinales. La principale : sa viande multiplie rapidement les flagelles du spermatozoïde, avait prédit Claude Bernard. Ce mécanisme biologique aidera la procréation et par voie de conséquence la fertilité. Le but recherché est la perpétuation du trône et de la tribu.  L’idiologie wahhabite de cette contrée du globe a provoqué d’énormes dégâts pour le pays de la berbérité. Et il le fait encore. Le dernier en date est le départ massif des Algériennes pour le djihad sexuel en Syrie.

   C’est dans cet axe Deuil-Outarde-Identité que se joue l’avenir du pays. Il en explique la quiétude d’un régime aux abois.

  L’histoire est ancienne. Elle a commencé durant le mouvement national qui a conduit à l’indépendance de l’Algérie. L’épicentre des affrontements pour la liberté était la Kabylie  mais le destin se jouait en Orient. Et l’Histoire continue.

   Le cordon ombilical  qui lie la perle du Maghreb et le tombeau de l’Arabie est sans aucun doute le pèlerinage aux lieux saints. Et le lubrifiant relationnel en est le pétrole. Ce cinquième rite religieux qui s’est mué de caractère facultatif en critère obligatoire, l’Algérie en est une fervente adepte. Elle  y envoie des milliers de fidèles  annuellement. Entre le Hadj et la Oumra, faites le calcul ! Le prix du baril de pétrole a beau dégringoler, ces pérégrinations sont un investissement sûr pour le régime.

   Ce rite est d’abord financier, épargne ensuite. Religieux ? Il fut un temps. Le régime dispose de l’aide de deux frères jumeaux. L’un est établi  à Alger, l’autre à Ryad. Ce sont ces fameux fonds de régulation de recettes et de fond d’épargne. L’échange entre les deux frères est fructueux. Il échappe à tout contrôle.

   Les deux frères ne s’exigent rien. Sauf l’entente du marché de gré à gré. Celui de Ryad demande : l’appel à la prière à la télévision, l’école qui forme des fidèles. Celui d’Alger demande le retour d’impôt. 

   Ce dernier ne se fait pas comme le font le Québec et Ottawa annuellement lors du retour d’impôt au citoyen qui a su cotiser pendant les douze mois de travail, mais d’une manière brute et expéditive. C’est-à-dire lors des moments de disette. Ce transfert permettra au sachet de lait d’être subventionné et le fonctionnaire d’être payé.

   Le tour est vite joué. Pourquoi le régime se donnera des vertiges? Pourquoi chercher à savoir ou déterminer le sexe des anges?  Le sieur Saadani l’amorphe continue à faire ses emplettes à Châtelet-Les Halles à Paris. Et Sidi Saïd le consanguin consulte mensuellement son diabétologue à Bruxelles. Pendant ce temps-là, la basse cour s’agite. L’outarde gémit. L’émir jouit. Alger est dans sa zone de confort. Comme dans la tragédie grecque, Œdipe s’est retourné contre le père par amour et a donné la naissance à la psychanalyse qui guérit nos maux aujourd’hui. Daech, l’humanoïde sorti du laboratoire wahhabite se retourne contre le père géniteur par la haine. Comme nous le montre les images qui nous parviennent de cette région. La haine peut conduire aussi à l’apaisement. L’amour et la haine sont deux pulsions humaines qui ont fait et défait les civilisations. Tamazight est langue officielle malgré l’imbroglio juridico-constitutionnel qui l’entoure. Cette langue autochtone et plurimillénaire est le détonateur du compteur. L’espoir est permis. C’est l’essentiel.  

 

Par Kamel Merah

1 comment for “L’Algérie : le compte à rebours a commencé

  1. IRGAZEN
    January 19, 2016 at 11:02

    APPEL AU PEUPLE KABYLE.
    Je lance un appel au peuple KABYLE pour la millième fois de ne pas tomber dans le piège des Janissaires d’Alger, de ne plus participer à aucun mouvement visant soit disant à sauver l’Algérie.
    Souvenez vous de la guerre d’indépendance et ces conséquences dramatiques pour la région, qui depuis 1962 est sous embargo permanent, de l’occupation de l’AMP en 1963, des mois d’avril 1980 et 2001.
    Actuellement une guerre fratricide se prépare pour l’intronisation d’un nouveau Janissaire, le seul peuple vivant dans contrée qui s’appelle Algérie est le peuple Kabyle, les KDS sont déjà instruits pour organiser le match final dans cette région et faire des milliers de victimes.
    s’ils vous plait, pour une fois arrêter d’être de la chaire à canons pour une cause qui n’est nullement la votre.
    laissez les baathistes et les islamistes s’entre tuer entre eux, comme en 1991.
    Merci d’avance.

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