Guerre algéro-américaine ou deuxième guerre barbaresque (1815)

La Libye (1ere guerre barbaresque, 1801-1805) et l’Algérie (2eme guerre barbaresque, 1815), les 2 pays contre qui l’Amérique livra les 2 premières guerres de son histoire.

À la suite du traité de paix et d’amitié entre les États-Unis d’Amérique et la régence d’Alger de 1795, un tribut de 12 000 sequins algériens (64 800 francs germinal) fut servi sans interruption jusqu’en 1810, le paiement est suspendu en 1811, la guerre devint officielle entre les deux nations en 1812.

Faites connaissance avec le vaisseau-amiral algérien, le Meshuda (Mes3ouda)

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Guerres barbaresques

Les Guerres barbaresques sont deux conflits opposant les États-Unis aux États barbaresques (possessions de jure de l’Empire Ottoman, mais de facto indépendantes, Tunis, Régence d’Alger et Régence de Tripoli), de 1801 à 1805 lors de la première guerre barbaresque et, en 1815, lors de la seconde guerre barbaresque.

En effet, ces derniers imposent un tribut aux navires marchands américains naviguant dans la mer Méditerranée. En cas de non-paiement, les pirates Barbaresques attaquent les navires, confisquent leurs biens, et asservissent les membres d’équipage et exigent une rançon pour leur libération. Lorsque Thomas Jefferson devient président des États-Unis, il refuse de payer tribut et envoie une flotte navale en Méditerranée. Cette dernière bombarde les différentes villes fortifiées de la côte barbaresque, et arrache finalement des concessions équitables de passage à ces états.

Quelques années après ce premier conflit, les pirates barbaresques profitent de l’augmentation des tensions entre les États-Unis, le Royaume-Uni et la France qui culmine avec la guerre anglo-américaine de 1812, pour reprendre leur activité de piraterie. À son tour, en 1815, l’administration du président James Madison entreprend une action militaire contre les villes des pirates de ce que sont aujourd’hui la Libye, la Tunisie et l’Algérie.

Contexte

Les barbaresques sont des pirates et des corsaires qui opèrent principalement à partir des ports de Tunis, Tripoli et Alger en Afrique du Nord. Cette région est connue en Europe sous l’appellation de côte des Barbaresques, terme dérivé du nom de ses habitants Berbères. Ils agissent dans toute la Méditerranée, mais aussi le long de la côte atlantique de l’Afrique de l’Ouest et même en Amérique du Sud. En plus de navires saisis, ils effectuent aussi des razzias et des raids sur les villes et villages côtiers européens, principalement en Italie, en France, en Espagne. Le but principal de leurs attaques est de capturer des esclaves chrétiens européens pour le marché aux esclaves arabo musulman en Afrique du Nord.

La marine marchande américaine était avant la révolution protégée par la marine britannique. Seulement, le traité de Paris impose le désarmement de la Continental Navy, les navires américains n’ont donc plus aucune protection contre les pirates. La jeune nation américaine n’a pas les fonds pour payer le tribut annuel réclamé par les États barbaresques, et, après 1785, ses navires deviennent vulnérables à la capture. En 1789, la nouvelle Constitution des États-Unis autorise le Congrès à créer une marine, mais pendant le premier mandat de George Washington (1787-1793) peu est fait pour réarmer la flotte. En 1793, les guerres issues de la Révolution française entre la Grande-Bretagne et la France débutent, et une trêve est négociée entre le Portugal et Alger. Cela met fin au blocus du Portugal sur le détroit de Gibraltar, ce qui permet aux pirates barbaresques d’agir aussi en Atlantique. Rapidement, les pirates s’en prennent à la marine américaine et capturent 11 navires marchands et plus d’une centaine de marins.

En réaction à la saisie des navires américains, le Congrès débat et approuve le Naval Act of 1794, qui autorise la construction de six frégates, quatre de 44 canons et deux de 36 canons. Les partisans de la loi sont pour la plupart des États du Nord et les régions côtières, qui soutiennent la Marine afin de protéger le commerce maritime et limiter le cout des rançons.

Première guerre barbaresque (1801-1805)

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Première Guerre barbaresque (1801-1805). L’USS Philadelphia (1799) en feu lors de la Seconde bataille navale du port de Tripoli pendant la première guerre barbaresque en 1804.

Le 10 mai 1801, alors que le nouveau président Thomas Jefferson refuse de payer une rançon toujours plus élevée, les Tripolitains déclarent la guerre aux États-Unis marquant le début de la Guerre de Tripoli. En 1803, lors du blocus de Tripoli mené par la marine américaine, l’USS Philadelphia est capturé par les Maures et emmenée à Tripoli. L’année suivante, un raid américain mené par Stephen Decatur à bord de l’USS Intrepid, permet de bruler le navire dans le port afin qu’il ne soit pas utilisé par l’ennemi. Les Américains multiplient les bombardement contre Tripoli en 1804 et en 1805, les Marines envahissent les rives de Tripoli, capturant la ville de Derna. C’est la première fois dans l’histoire des États-Unis que son drapeau flotte sur une conquête étrangère. Cette action militaire se montre suffisante pour inciter les dirigeants de Tripoli à signer un traité de paix.

Seconde guerre barbaresque (1815)

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Gravure représentant l’américain Decatur et le dey d’Alger.

Pendant la Guerre anglo-américaine de 1812, les États barbaresques profitent de la faiblesse de la Marine des États-Unis pour capturer à nouveau les navires marchands américains et ses marins. Après la signature du traité de Gand, les États-Unis veulent mettre fin à la piraterie en Méditerranée, qui s’attaque à ses navires depuis deux décennies. Le 3 mars 1815, le Congrès américain autorise le déploiement d’une force navale contre Alger dans le cadre du Mediterranean Squadron, ce qui marque le début de la Seconde guerre barbaresque. Deux puissants escadrons sont constitués sous le commandement des commodores Stephen Decatur. et William Bainbridge. La flotte qui fait route vers la Méditerranée comprend plusieurs frégates dont l’USS Guerriere (1814)(en), l’USS Constellation, et l’USS Macedonian (1810). Le 17 juin 1815, après le départ de Gibraltar, en route vers Alger, l’escadre de Decatur rencontre le vaisseau-amiral algérien le Meshuda et lors de la bataille qui s’ensuit, la Bataille du cap Gata, la flotte capture la frégate algérienne alors que Rais Hamidou est tué dans l’affrontement. Peu de temps après, l’escadre américaine capture aussi le brick algérien Estedio lors de la Bataille du cap Palos. Le 28 juin, l’escadre américaine atteint Alger et contraint le Dey à négocier la paix. Les Américains obtiennent la libération de leurs prisonniers et le droit de naviguer et commercer en Méditerranée en toute liberté.

Conséquences

Après l’élimination de Raïs Hamidou par les États-Unis, les Britanniques lancent à leur tour une expédition en 1816 qui permet de délivrer de nombreux esclaves. Après la Guerre de Tripoli, les conflits entre les nations occidentales n’ont pas permis de consolider la victoire contre les barbaresques. Mais l’extinction de ces conflits, après la seconde guerre barbaresque, permet enfin aux Européens de contester leur domination en Méditerranée. Mais si coup rude est porté à la piraterie en Méditerranée, cette dernière ne cessera totalement qu’en 1830 avec la prise d’Alger par les Français

En effet, dans les années qui suivent, Alger et Tunis sont colonisés par la France respectivement, en 1830, et en 1881. En 1835, Tripoli retourne sous le contrôle de l’Empire ottoman. En 1911, profitant du vide laissé par l’Empire ottoman, l’Italie prend le contrôle de Tripoli. Ces territoires sont demeurés sous contrôle européen jusqu’au milieu duxxe siècle tandis que la supériorité navale occidentale en Méditerranée est définitivement assurée par l’avènement des cuirassés à coque en fer et Dreadnought à la fin du xixe siècle et au début du xxe siècle.

Mort de Raïs Hamidou

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Statue de Rais Hamidou, Musée militaire d’Alger Hamidou ben Ali, dit Raïs Hamidou ), est un corsaire Algérien, né vers 1770 à Boumerdes et mort en mer le 17 juin 1815 près du cap de Gate (sud de la péninsule Ibérique)

Raïs Hamidou sillonna la Méditerranée et l’Océan. Il prit part entre 1808 et 1815 à des attaques en vue de butin contre des navires venant de Tunis, de la Grèce, du Portugal, des États-Unis, etc. Le 17 juin 1815, alors qu’il écumait la mer à bord d’un bateau de guerre appartenant au prince du Brésil – l’un des 200 voiliers dont il s’était emparé durant sa carrière – il rencontra une puissante escadre américaine qui venait demander raison au dey Omar des insultes faites au pavillon américain. Au début du combat qui fut engagé, un boulet tua le Raïs Hamidou sur son banc de quart, et la flottille algérienne ne tarda pas à être dispersée, après avoir perdu deux de ses navires.

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_barbaresques

3 comments for “Guerre algéro-américaine ou deuxième guerre barbaresque (1815)

  1. oukavache
    February 17, 2016 at 09:37

    je me demande pourquoi aujourd huit ils nous prennent pour des arabes

    • Anonymous
      February 22, 2016 at 23:26

      parce que vous vous faites passer pour des Arabes!!!

      • Amnakol
        November 12, 2017 at 09:54

        En générale beaucoup de Nord africains aiment se faire passer pour ce qui ne sont pas.
        D’abord ils se prenaient pour des turcs tout en étant esclaves ottomans, puis pour des français à partir de 1871 (défaite de Mokrani : écrasé par la coalition franco-arabe). Et enfin ils se prenne définitivement pour des arabes depuis 1962 date à laquelle, la France installa le tabor franco-marocain Ahmed Ben Bella au pouvoir, afin de préserver les intérêts français Afrique (indépendance dans l’inter-indépendance française, assurée aujourd’hui par un nain pseudo-arabe Bouteflika, de nationalité française).
        depuis l’avènement du nain royal Boutefklika, de nombreux algériens se sentent turcs au point de réclamer la nationalité turque a Erdogane, d’autres réclame la nationalité égyptienne, qatarie et saoudienne pour cause descendants des Beni Hilals, ou descendant d’un prophète arabe pédophile etc….., etc……,
        Emir Abdelkader traître franco-syriens, dont ses descendants sont fr identitéançais, mais perçoivent des pensions militaire à la fois de la France et de l’Algérie (c’est pas beau tout ça ….)
        Les autochtones ayant subi les frais de guerres pour rien, sont condamnés à l’arabo-islamisme rampant, doivent absolument revendiquer leur identité Berbère pour désarabiser un pays ruiné par le colonialisme arabe galopant.

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