Cervantès, l’auteur de Don Quichotte: Ses 4 tentatives d’évasion de la prison d’Alger

cervantes1cervantes La grotte de Cervantés ou grotte d’El Hamma est une grotte située dans la commune de Belouizdad, à Alger.
Elle se trouve sur une colline, entre Diar el Mahçoul et le boulevard du même nom, à l’ouest du bois des arcades et à l’est de la montée de Laaqiba, dans la quartier d’El Hamma.Elle est connue pour avoir permis à Miguel de Cervantes et à ses compagnons de se cacher en 1577, en espérant pouvoir s’échapper vers l’Espagne.

cervantes4cervantes3Miguel de Cervantes Saavedra ( à Alcalá de Henares – à Madrid) est un romancier,poète et dramaturge espagnol. Il est célèbre pour son roman L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche, publié en1605 et reconnu comme le premier roman moderne.

Miguel de Cervantes mène d’abord une vie aventureuse de soldat et participe à la bataille de Lépante en 1571, où il perd l’usage de la main gauche. Cette main paralysée lui vaut le surnom de « Manchot de Lépante ». Le , à son retour vers l’Espagne, il est capturé par les barbaresques avec son frère Rodrigo et, malgré quatre tentatives d’évasion, reste captif à Alger. En 1580, il est racheté en même temps que d’autres prisonniers espagnols et regagne son pays.

Marié, puis séparé de sa femme et occupant diverses fonctions, il se lance alors dans l’écriture par le roman pastoral La Galatea en 1585. En 1605, il publie la première partie de ce qui reste comme son chef-d’œuvre : L’ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche dont la deuxième partie ne paraît qu’en 1615. Sa parodie grandiose des romans de chevalerie et la création des personnages mythiques de Don Quichotte, Sancho Panza et Dulcinée, ont fait de Cervantes la plus grande figure de la littérature espagnole.

Captivité à Alger 

Le , Cervantès bénéficia d’un congé et il s’embarqua de Naples pour l’Espagne. Mais au large des Saintes-Maries-de-la-Mer, et alors qu’il naviguait à bord de la galère espagnole El Sol, le bateau fut attaqué par trois navires turcs commandés par le renégat albanais Arnaute Mamí, le . Miguel et son frère Rodrigo furent emmenés à Alger. Cervantès fut attribué comme esclave au renégat Dali Mamí, marin aux ordres d’Arnaute. Il fit le récit de sa mésaventure dans L’Espagnole-Anglaise, qui fait partie des Nouvelles exemplaires.

Miguel, porteur de lettres de recommandations de la part de don Juan d’Autriche et du Duc de Sessa fut considéré par ses geôliers comme quelqu’un de très important et de qui ils pourraient obtenir une forte rançon. C’était, selon l’expression de l’époque un « esclave de rachat » pour lequel on demanda cinq cents écus d’or de rançon.

Les sources permettant de retracer la captivité de Cervantès sont des écrits autobiographiques : ses comédies Los tratos de Argel, Los baños de ArgelLes Bains d’Alger») et Le Récit du Captif inclus dans la première partie de Don Quichotte, aux chapitres 39 à 41. Le livre du frère Diego de Haedo,Topographie et histoire générale d’Alger (1612), qui offre des informations importantes sur la captivité de Cervantès, a été donné pour une source « indépendante ». Cependant, l’attribution de cette œuvre à Diego de Haedo est erronée, chose que lui-même reconnut en son temps. Selon Emilio Sola, Antonio de Sosa, bénédictin et compagnon de captivité de Cervantès, a coécrit cet ouvrage avec son ami. En conséquence, le livre de Diego de Haedo n’est pas une confirmation indépendante de la vie de Cervantes à Alger, mais un écrit de plus de la part de Cervantès et qui porte aux nues son héroïsme.

Le récit de la captivité de Cervantès est épique. Pendant ses cinq ans d’emprisonnement, Cervantès, d’esprit fort et motivé, essaya de s’échapper à quatre occasions. Pour éviter des représailles sur ses compagnons de captivité, il assuma la totale responsabilité de ces tentatives devant ses ennemis et préféra la torture à la délation. Il n’a cependant jamais été châtié, peut-être pour des raisons politiques.

Première tentative

La première tentative de fuite fut un échec, car le complice maure qui devait conduire Cervantes et ses compagnons à Oran les abandonna dès le premier jour. Les prisonniers durent retourner à Alger, où ils furent enfermés et mieux gardés. En butte à de dures représailles, Cervantès fut alors employé aux carrières et aux fortifications du port. Il devint ensuite jardinier sous les murs de Bab El Oued pour son maître Hassan.

L’écrivain relate en partie ce dernier épisode dans L’Amant libéral inclus dans le tome I de Nouvelles espagnoles.

Cependant, la mère de Cervantès avait réussi à réunir une certaine quantité de ducats, avec l’espoir de pouvoir sauver ses deux fils. En 1577, après avoir traité avec les geôliers, la quantité de ducats se révéla insuffisante pour libérer les deux frères. Miguel préféra que ce soit son frère qui fût libéré. Rodrigo rentra alors en Espagne en possession d’un plan élaboré par Miguel pour se libérer, lui et ses quatorze ou quinze autres compagnons.

Deuxième tentative

Cervantès s’associa au renégat El Dorador (le Doreur) pour une deuxième évasion. Le plan prévoyait que Cervantès se cachât avec les autres prisonniers dans une grotte, en attendant une galère espagnole qui viendrait les récupérer. La galère, effectivement, vint et tenta de s’approcher deux fois de la plage ; mais finalement elle fut capturée à son tour. Le traître El Dorador dénonça les chrétiens cachés dans la grotte. Cervantès se déclara alors seul responsable de l’organisation, de l’évasion et d’avoir convaincu ses compagnons de le suivre. Le vice-roi d’Alger, Hassan Vénéziano, le racheta à son maître pour une somme de cinq cents écus d’or.

Dans le quartier algérois de Belouizdad, la « grotte de Cervantes » est réputée avoir été la cache de Cervantes et ses compagnons.

Troisième tentative

La troisième tentative fut conçue par Cervantes dans le but de joindre par la terre Oran alors sous domination espagnole. Il envoya là-bas un Maure avec des lettres pour Martín de Córdoba y Velasco général de cette place, en lui expliquant la situation et lui demandant des guides.

Le messager fut pris. Les lettres découvertes dénonçaient Miguel de Cervantès et montraient qu’il avait tout monté. Il fut condamné à recevoir deux mille coups de bâtons, mais la condamnation ne fut pas appliquée car de nombreuses personnes intercédèrent en sa faveur.

Quatrième tentative

La dernière tentative de fuite se produisit en 1579 avec la complicité du renégat Giron et à l’aide d’une importante somme d’argent que lui donna un marchand valencien de passage à Alger, Onofre Exarque. Cervantes acheta une frégate capable de transporter soixante captifs chrétiens.

Alors que l’évasion était sur le point de réussir, l’un des prisonniers, l’ancien dominicain le docteur Juan Blanco de Paz, révéla tout le plan à Azán Bajá Comme récompense, le traître reçut un écu et une jarre de graisse. Cervantes fut repris et condamné à cinq mois de réclusion dans le bagne du vice-roi. Azán Bajá transféra alors Cervantes dans une prison plus sûre, au sein de son palais. Il décida par la suite de l’emmener à Constantinople, d’où la fuite deviendrait une entreprise quasi impossible à réaliser. Une fois encore, Cervantes assuma toute la responsabilité.

Libération

En mai 1580, les frères Trinitaires, frère Antonio de la Bella et frère Juan Gil, arrivèrent à Alger. Leur Ordre tentait de libérer des captifs, y compris en se proposant eux-mêmes comme monnaie d’échange. Cinq cents captifs furent libérés par leur entremise. Les sources divergent sur les modalités d’obtention des fonds. Certaines biographies avancent que la famille fortunée de Cervantes paya sa rançon. Pour une autre source, Fray Jorge de Olivarès de l’ordre de la Merci resta en otage contre sept mille autres prisonniers. Enfin, pour d’autres biographes, les frères Antonio de la Bella et Juan Gil ne disposaient que de trois cents écus pour faire libérer Cervantès, dont on exigeait cinq cents pour la rançon. Frère Juan Gil collecta la somme qui manquait parmi les marchands chrétiens. Finalement, au moment où Cervantès était monté dans le vaisseau du Pacha Azán Bajá qui retournait à Constantinople avec tous ses esclaves, l’écrivain fut libéré le par un acte de rachat passé devant le notaire Pedro de Ribera, et il s’embarqua le en route pour Denia, d’où il gagna Valence en cherchant à gagner sa vie.

Retour en Espagne

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Statue de Cervantes sur la Place de l’Université de Valladolid

le 24 octobre, il revint enfin en Espagne avec d’autres captifs sauvés également. Il arriva à Dénia, d’où il partit pour Valence. Vers novembre ou décembre, il retrouva sa famille à Madrid. C’est à ce moment-là qu’il commença à écrire Le Siège de Numance, de 1581 à 1583.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Miguel_de_Cervantes

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