Le roman « La coureuse des vents » de Louenas Hassani dans les librairies le 02 mars 2016

Le premier roman de Louenas Hassani est une véritable lumière dans le contexte du retour des religions dans l’espace public et plus précisément d’un Islam politique mondialisé qui infiltre les sociétés laïques et séculières, et remet en cause jusqu’à la plus simple des expressions humaines. Louenas Hassani possède une éblouissante écriture à mi-chemin entre la poésie et le roman.

    Ce roman, portant sur l’identité et la condition humaine dans le monde actuel, met en scène une historienne et poétesse francoafricaine. Évangeline, puis Addis liée à son origine touarègue, est un pur produit de l’hybridité. C’est une femme qui enquête sur ses racines, qui recueille les empreintes pour élucider ses origines. Louenas Hassani écrit un récit biographique où les ancêtres d’Évangeline / Addis jouent un rôle essentiel dans sa destinée. Que l’on soit en Éthiopie, dans les régions montagneuses du Sahara central, au Soudan, à Tel-Aviv, en Kabylie, à Alger, en France ou au Maroc, l’humanité, dans sa grandeur et sa misère, se déploie devant nous. Ce roman est un vif témoignage permettant de mieux comprendre les conflits qui agitent les sociétés musulmanes et les minorités en voie de disparition. Cette œuvre magistrale et visionnaire s’oppose à toute forme d’intégrisme(le quatrième de la couverture).  

   Le premier roman de Louenas Hassani est une véritable lumière dans le contexte du retour des religions dans l’espace public et plus précisément d’un Islam politique mondialisé qui infiltre les sociétés laïques et séculières, et remet en cause jusqu’à la plus simple des expressions humaines. Louenas Hassani possède une éblouissante écriture à mi-chemin entre la poésie et le roman.

   Ce roman s’adresse à un public large qui souhaite comprendre le monde actuel devant des tragédies qui se déroulent sous nos yeux. Cette œuvre redéfinit les frontières pour mieux les abolir ; elle rappelle la fragilité de la condition humaine ; elle célèbre l’altérité et le bonheur. Vous lirez un ouvrage qui prend ses distances par rapport aux clichés orientalistes.
       La coureuse des vents est un roman d’une grande beauté et d’une grande sensibilité. Un livre essentiel qui rappelle que vivre ensemble, dans la paix, est une valeur fondamentale à rechercher. Il nous ramène aussi à l’origine du hidjab.

     Louenas Hassani est un Algéro-Canadien d’origine kabyle. Il a quitté l’Algérie en 2001 pour continuer ses études à Paris. En 2006, il immigre au Canada. Il travaille actuellement comme enseignant en Ontario.(source)

 

Louenas

Quelques petits extraits

Sur la pluralité de l’Algérie :

« Il ne croyait pas en notre école. Il l’appelle toujours l’usine des oeillères ! Il disait qu’on y colportait du faux, qu’on y maçonnait l’uniformité ; pour lui, l’Algérie était d’abord algérienne et africaine ; oui, elle était musulmane et de culture arabe, mais elle était aussi berbère, chrétienne, juive, animiste, polythéiste, religieuse, areligieuse, etc. Somme toute, elle était son histoire, ses trajectoires collectives et individuelles, ses innombrables façons d’habiter le lieu et le temps, l’abondance de ses yeux comme des fenêtres originales pour multiplier le monde, l’être historique à la quotidienneté séculière qui n’est ni pur ni sale, mais qui est ce qu’il est et ce qu’il a toujours été ; une patrie faite de terre, de sable et de mer ; forgée dans la guerre et la paix ; qui a connu la noblesse et l’ignominie. Aujourd’hui, elle est un État qui s’appelle l’Algérie ; hier, elle était la Numidie et autres ; demain, elle sera une nouvelle entité, une géographie que n’expliqueront peut-être plus les frontières et un drapeau, une terre que l’on dira en d’autres mots. À l’époque déjà, mon père disait qu’une école qui puisait dans une mémoire victimaire fabriquait le ressentiment et inventait des boucs émissaires. À l’époque déjà, il était persuadé qu’à enseigner la vérité au lieu de sa recherche, on ouvrait la boîte de Pandore qui contenait tous les maux accumulés depuis l’histoire antédiluvienne pour qu’ils se répandent sur la terre des hommes. »

 

Tes yeux brillaient… Comme si tu avais bu un verre de pleine lune !

    « J’entendais le clapotis des eaux soyeuses sur sa jambe ferme. Une chevelure noire, olive mûre, déboulait sur la comète de ce dos et de ces reins. N’était-elle pas une chimère ? Son corps était un orpailleur d’orages.

     « Je regardais le corps majestueux, tamisé des draps de la Voie lactée. Elle était un atlas de sensualité. Elle chavira. Le lac était une baie de désir et d’onctueuses épines.

Tes yeux brillaient…

Comme si tu avais bu un verre de pleine lune.

Dans le bleu la grande bleue de tes yeux

Pour m’enivrer à l’alcool de l’azur

Et tes lèvres qui tanguaient sur une rosée de volupté

Préméditaient des colombes d’amnésie…

Pour la confession de nos soifs

Immémoriales

— Viens ! me héla-t-elle au loin après un plongeon en apnée.

Je plongeai. Il faisait chaud. J’étais transi de froid. Elle m’embrassa d’un baiser langoureux. Aucune eau ne pouvait plus nous éteindre.

Et le corps le pays des vaisseaux de l’âme

Et des bateaux intérieurs

Au baiser du port

Pour le plus lointain voyage en nous-mêmes.

Sourire invite

Rougeur eaux dormantes de l’amour.

Festin du verbe originel.»

Les simples rêves, les grands… 

«Les gens d’ici rêvaient de l’essentiel ; de la nourriture pour vivre, de sources d’eau pour boire et abreuver les bêtes, d’un peu d’herbe pour faire paître le cheptel et de temps clément pour que les hommes reviennent dans les tentes.»

Et le cyprès, Tarout, l’arbre orgueilleux des hommes libres du désert, là où tout a commencé…

 

«Aujourd’hui, je sais

Je sais que je suis du cyprès noueux dont l’écorce recense les millénaires

Je sais que je suis du cyprès rêveur dont l’oreiller est d’azur et de nuages

Je sais que je suis du cyprès rescapé des feux qui pour vivre se souvient de l’eau

 

Aujourd’hui, je sais

Que le jour de l’hécatombe, un cyprès m’a tenu la main, m’a offert le gîte dans son tronc, a probablement ondulé de ses cheveux et de ses branches pour jouer une musique du vent, tamiser le simoun et étouffer mes sanglots en attendant la caravane de l’espérance.»

Louenas Hassani, La coureuse des vents, 270 pages, Les Éditions l’Interligne

Sortie du roman dans les librairies: le 02 mars 2016.

 

3 comments for “Le roman « La coureuse des vents » de Louenas Hassani dans les librairies le 02 mars 2016

  1. a.karim
    February 25, 2016 at 11:18

    Enfin !
    vivement à awqas !

  2. Anonymous
    February 29, 2016 at 09:11

    L’extrait du roman est savoureux; je suis curieuse d’en savoir plus. J’espère le trouver à Montreal.
    Saliha

  3. Amine H. Aïdouni
    March 4, 2016 at 10:53

    Je suis directeur de l’école où enseigne Louenas.
    J’ai appris à le connaître. La personne est bien plus intéressante que les extraits pourtant très savoureux de son livre.
    Louenas et humble, gentil et affectueux…il a une âme de poète à une époque où le pragmatisme, le dogmatisme et le cynisme qui règnent trop souvent à l’échelle planétaire nous poussent parfois à oublier que la diversité, l’ouverture à l’autre et la tolérance nous permettent de nous élever. Il est mon concitoyen au pays de l’humanisme.

    Merci Louenas pour ce roman qu’il me tarde de lire.

    Amine

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