La coureuse des vents de Louenas Hassani au Carrefour literraire de Montréal

Carrefour littéraire de Montréal — en collaboration avec ‘’Talsa-Aokas-Humanité’’— a invité à sa onzième édition, le vendredi 18 Mars 2016, de 18h30 à 21h, le romancier Louenas Hassani, auteur du roman La coureuse des vents

 

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Louenas Hassani, l’auteur de La coureuse des vents, et le philosophe Ali Kaidi

     L’auteur de La coureuse des vents, Louenas Hassani, a été le vendredi 18 mars l’invité de la onzième édition du Carrefour littéraire de Montréal. Devant un auditoire avide de débats et surtout curieux de voir et d’écouter le nouvel écrivain, l’auteur a exposé ses idées et précisé les  circonstances qui l’ont poussé à écrire ce roman. Son intervention était orientée par des questions bien précises sur son parcours, ses influences littéraires ainsi que sur les questions fondamentales qui tissent la trame de son récit relatives à l’identité, à l’altérité, aux souffrances des minorités opprimées et aux menaces de l’islam politique. Le contexte oblige, il a développé son opinion à propos de ces questions dans un style moins poétique que celui qu’il a choisi pour raconter les histoires de ses personnages. En fait, il s’est livré à une analyse qui repose sur un savoir académique qui en dit long sur sa formation universitaire et ses influences sociologiques et philosophiques et surtout sur son talent journalistique.  Il ne faut pas ignorer qu’avant qu’il soit écrivain, il est d’abord l’auteur de centaines d’articles traitant des sujets politiques, culturels et littéraires. Les lecteurs de Kabyle Universel connaissent assez bien la pertinence de ses analyses. Il a montré une habilité à utiliser les théories et les outils d’analyse des sciences sociales qui montre sa maîtrise des concepts, du ton, de la mesure et de la prudence que suscite une approche non dogmatique des questions taboues liées à la condition humaine.  

      Ce n’est pas effectivement anodin si l’auteur souligne dans son intervention qu’il est «un fruit typique des sciences humaines». En effet, en le lisant, on s’aperçoit facilement que ce caractère est très influent dans son écriture romanesque. Même si l’histoire qu’il nous raconte dans ce roman est une invention de son imagination, elle n’est pas dépourvue du réalisme sociologique et historique indispensables pour la construire et la saisir par le lecteur. Il a souligné que son écriture est hybride, elle «est une synthèse de l’Occident et d’Orient», «une écriture de pont qui essaye de lier ces deux mondes imaginaires». Pour lui, ces deux mondes rien ne les sépare sauf des conceptions de vérité qui sont dépassées aujourd’hui. En effet, cette vision qui réduit les distances culturelles par l’écriture hybride est au cœur des questions que l’auteur a soulevées dans son roman. Il revient sur l’origine du titre du livre, La coureuse des vents. Il informe ses lecteurs que ce titre était déjà présent dans un article qu’il a publié sur Kabyle Universel où il a parlé des Touaregs.    

    Après une demi-heure d’exposé, l’auteur s’est laissé prendre au jeu des questions-réponses et à l’interaction habituelle qui règne au sein du Carrefour littéraire. Parmi les intervenants, il y avait quelques personnes qui ont déjà lu La coureuse des vents. La plupart de leurs questions étaient des demandes de clarification de certaines idées qui restent à leurs yeux vagues; elles concernent des sujets que l’auteur a posés dans son roman et qu’il a laissés délibérément sans réponses. Ses réponses montrent qu’il a suspendu son jugement sciemment à la manière des phénoménologues afin d’éviter les jugements de valeur et les préjugés qui alimentent les stéréotypes et les clichés habituels des réflexions sur des sujets appartenant aux contextes des sociétés à majorité musulmane.

     Par ailleurs, il ne s’est pas retenu de nous montrer son talent de pédagogue lorsqu’il a été interpellé par une jeune fille qui a écouté son exposé avec des yeux grands ouverts au sujet de la signification de Touareg, cette société berbère nomade qui vit au fin fond du désert.     

     Bref, la prestation de l’auteur de La coureuse des vents dans Carrefour littéraire laisse chez ses lecteurs actuels et futurs le goût d’inachevé; elle a amplifié leur curiosité au lieu de la diminuer. Certainement, après la lecture du livre, ils auront une idée un peu plus claire sur le style, la pensée et les influences de l’auteur.

Par Ali Kaidi 

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Une vente dédicace le 16 avril 2016
L’auteur de La coureuse des vents, Louenas Hassani, organise une vente dédicace de son premier roman. L’événement aura lieu le samedi 16 avril 2016, de 15 h à 18 h, au Café Tikjda.
L’adresse : Café Tikjda. 3880 rue Bélanger, Montréal. 
Soyez nombreux! 

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