Djemila Benhabib au Carrefour littéraire de Montréal « Nous (immigrants) sommes assez nombreux pour faire un projet concret et viable. »

Le Carrefour littéraire de Montréal a reçu, vendredi soir du 29 avril, au Centre humaniste de Montréal, l’essayiste et l’écrivaine, Djemila Benhabib pour débattre de sa dernière publication « Après Charlie ».

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Djemila Benhabib

   Ainsi, le café littéraire a offert une occasion de réfléchir et d’analyser l’après-tragédie et d’en tirer les leçons. La douzième édition du café a présenté également le roman du jeune auteur Louenas Hassani, « La coureuse des vents ».

    Dès le début de sa conférence, Djemila Benhabib pointe du doigt l’unique responsable de la tragédie du journal satirique français Charlie Hebdo en janvier 2015 et rappelle l’ennemi de 2006 lorsqu’il a fait l’objet de violentes réactions à la suite de la republication des caricatures de Mahomet. Puis, elle attire l’attention sur les enjeux de la liberté de conscience et de la liberté d’expression, des libertés démocratiques visées par l’islam politique. L’expression « Je suis Charlie, mais… » dédouane les islamistes en Occident, dit-elle. « Ils ne seront jamais Charlie, car « Je suis Charlie » veut dire que je suis d’accord pour l’expression d’athées, la critique du prophète des musulmans… mais les journalistes ont peur et ont suivi la ligne rouge tracée depuis 2006 ».  

   L’attentat perpétré par les frères Kouachi contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, n’est qu’une « suite de 2006. C’est le prix de la liberté d’expression… Les embûches, il y en a beaucoup quand on dénonce l’islam politique », dit–elle. Elle ajoute que « Cette histoire n’est pas une histoire franco-française ». Elle évoque, entre autres, l’assassinat du premier journaliste algérien, écrivain et poète, Tahar Djaout, le 2 juin 1993 et le prix Nobel de littérature Naguib Mahfouz, qui a survécu à la tentative d’assassinat des groupes islamistes égyptiens, en 1994. Aussi, Mme Benhabib rappelle « l’indifférence et la solitude » dans lesquelles étaient cantonnées les victimes de la violence islamiste comme les Algériens en particulier, lors de la décennie noire 90 et les démocrates, les laïques en général dans les pays (dits) arabo-musulmans.

    De plus, elle déplore l’inaction des gouvernements, qui ont « subordonné les intérêts démocratiques aux intérêts économiques » et l’absence des partis politiques. Enfin, elle place tous ses espoirs dans l’engagement des populations et prône une large mobilisation des laïques à travers le monde, car dit-elle qu’avec « la pression des opinions publiques, on sent qu’il y a une réelle prise de conscience… ». La capitalisation des différentes expériences des laïques vivant en Occident d’origine algérienne, tunisienne, iranienne, égyptienne, etc. serait importante et porteuse d’espoir. « Ce débat ne se gagnera pas sans nous immigrants… nous sommes assez nombreux pour faire un projet concret et viable », conclut-elle.

   Lors du débat, des questions ont été soulevées touchant l’identité, identité religieuse, l’immigration, la judiciarisation des enjeux de société, le projet de loi 59, le rôle de l’école, etc.

Par Saliha Abdenbi

1 comment for “Djemila Benhabib au Carrefour littéraire de Montréal « Nous (immigrants) sommes assez nombreux pour faire un projet concret et viable. »

  1. AR-TUFAT
    May 3, 2016 at 06:22

    Ce à quoi doivent réfléchir les Kabyles de la diaspora, c’est la création des lobbys Kabyles en Europe et en Amérique à l’instar des juifs et soutenir l’ANAVAD sur le double plan politique et financier pour la réussite du projet d’indépendance de notre partie de ce qui s’appel Algérie. TANEMIRT.

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